Diète cétogène – expérience (n = 2)

Publié il y a 9 mois - 10


Connue depuis un siècle pour le trai­te­ment de cer­taines épi­lep­sies, la diète céto­gène (lien:f9wb) est pro­po­sée sur cer­tains sites en pré­ven­tion ou trai­te­ment de troubles neu­ro­lo­giques graves, par exemple Alzheimer (lien:b1gp) grâce à la réduc­tion de méca­nismes inflam­ma­toires (lien:fqfa) et l’augmentation du fac­teur neu­ro­tro­phique issu du cer­veau (brain-derived neu­ro­tro­phic fac­tor, BDNF lien:jxbl). Cette diète est par ailleurs recom­man­dée en com­plé­ment de trai­te­ments du can­cer (voir mon article Cancer - traitement). Il n’est pas ques­tion ici d’un usage thé­ra­peu­tique mais plu­tôt d’une pra­tique inter­mit­tente pro­po­sée à des per­sonnes bien-portantes.

Cet article relate une expé­rience de trois semaines de diète céto­gène menée par mon couple — d’où l’attribut « n = 2 », clin d’œil aux sta­tis­ti­ciens pour rap­pe­ler que toute géné­ra­li­sa­tion à par­tir de cas par­ti­cu­liers serait abu­sive.

Depuis quelques années, notre équi­libre nutri­tion­nel se situe dans la caté­go­rie dénom­mée low-carb high-fat (LCHF) qui consiste à pui­ser les calo­ries dans les lipides (graisses) de bonne qua­li­té plu­tôt que dans les glu­cides (sucres) et les pro­téines (voir mon article Glucides ou Lipides ?). Notre régime quo­ti­dien est res­té assez proche de la chrono-nutrition (lien:10po). Il est asso­cié à d’autres choix de vie comme la pra­tique régu­lière d’exercice d'endurance et de haute intensité de courte durée, ain­si qu’une atten­tion par­ti­cu­lière à la qua­li­té du som­meil. Enfin, nous nous sommes appro­prié une variante du jeûne frac­tion­né (voir mon article Jeûne et restriction calorique).

Notre expérience (21 août – 14 sept 2017)

Le pro­jet d’essayer une diète céto­gène s’est concré­ti­sé à notre retour d’Auvergne. Un séjour de deux semaines en cam­ping sau­vage pour la conti­nua­tion d’une enquête sur les rebou­teux, avec de belles ren­contres mais un cer­tain laxisme au niveau des repas… Ceux qui connaissent la pâtis­se­rie Joubert à Langeac et les petits res­tau­rants des envi­rons com­pren­dront que nous soyons tous deux ren­trés avec l’envie de perdre quelques kilos et retrou­ver de saines habi­tudes !

Le pro­blème de la consom­ma­tion d’aliments sucrés est que l’on tombe très vite dans l’addiction même pour de faibles quan­ti­tés ingé­rées. On n’y prête guère atten­tion car ces ali­ments sont dis­po­nibles à tout moment de la jour­née, et le gri­gno­tage sucré n’est pas per­çu aus­si néga­ti­ve­ment que la consom­ma­tion d’alcool ou de tabac. Il fait même par­tie de tous les évé­ne­ments sociaux : petits gâteaux, bois­sons à bulles, jus de fruits… Nous savions que le seul moyen d’y échap­per serait l’abstinence totale jusqu’à ce que la sen­sa­tion de manque n’ait plus lieu.

Principe de la diète cétogène

Proportions diète cétogène
Répartition glu­cides (jaune) – pro­téines (vio­let) – lipides (bleu) dans l’apport calo­rique d’une diète céto­gène (clas­sic keto­ge­nic 4:1) com­pa­rée au régime Atkins et à celui habi­tuel des Nord-Américains

La diète céto­gène répon­dait exac­te­ment à notre besoin. Dans les grandes lignes, elle consiste à s’abstenir le plus pos­sible de glu­cides. Pas de sucres « rapides », bien enten­du, mais aus­si sup­pres­sion des fécu­lents, céréales, légu­mi­neuses, fruits, pro­duits de bou­lan­ge­rie etc.

À pre­mière vue, un régime très res­tric­tif si l’on en juge par tous les articles qu’il fau­drait reti­rer du cha­riot d’un client ordi­naire de super­mar­ché… Toutefois, pour nous qui étions déjà adeptes du low-carb high-fat (LCHF) la dif­fé­rence était de moindre impor­tance.

J’utilise le mot « diète » plu­tôt que « régime » car le chan­ge­ment reste iso­ca­lo­rique : l’énergie qu’on ne puise plus dans les sucres est com­pen­sée par celle four­nie par les graisses, en moindre pro­por­tion par les pro­téines.

L’hôpital Johns Hopkins parle de « diète 4:1 » pour le trai­te­ment des épi­lep­sies, ce qui signi­fie que la quan­ti­té en poids des glu­cides et pro­téines serait un quart de celle des lipides (lien:f9wb). Ce n’est qu’un choix par­mi d’autres : en pui­sant des graisses dans les fro­mages nous avons inévi­ta­ble­ment aug­men­té la ration de pro­téines. Une ver­sion lacto-végétarienne asso­ciant des fro­mages affi­nés à des com­plé­ments d’huile de pois­son serait peut-être envi­sa­geable.

La pri­va­tion de glu­cides induit un méca­nisme appe­lé cétose (lien:i60z) par lequel le foie uti­lise les graisses pour fabri­quer des corps céto­niques (lien:42pq) qui se sub­sti­tuent au glu­cose dans l’apport d’énergie aux organes, au cer­veau et à la masse mus­cu­laire. Par ailleurs, le foie, les reins et l’intestin main­tiennent la gly­cé­mie (lien:iuhf) au niveau vital — pour la sur­vie des glo­bules rouges — en trois étapes selon la durée de la res­tric­tion en glu­cides :

  1. Le foie libère du glu­cose en bri­sant les molé­cules de gly­co­gène (un poly­mère du glu­cose, lien:necd) qui consti­tuent sa réserve de glu­cose. Cette étape dure une dou­zaine d’heures, jusqu’à épui­se­ment du gly­co­gène.
  2. Le foie, les reins et l’intestin fabriquent du glu­cose par un pro­ces­sus appe­lé néo­glu­co­ge­nèse (lien:aua1) à par­tir des réserves de graisse. La durée de cette étape (typi­que­ment un mois) varie for­te­ment en fonc­tion des réserves de graisse sto­ckées dans l’organisme.
  3. Une fois les réserves de graisse épui­sées, la néo­glu­co­ge­nèse peut se pour­suivre en pui­sant dans les acides ami­nés (lien:9hqc) conte­nus dans la masse mus­cu­laire. C’est une étape dan­ge­reuse qui se tra­duit par une fonte de la masse mus­cu­laire et peut abou­tir à une défaillance car­diaque.

La diète céto­gène et le jeûne de longue durée se res­semblent par leurs effets béné­fiques : régu­la­tion de la gly­cé­mie (chez une per­sonne pré-diabétique), de la ten­sion arté­rielle, d’élimination du sur­poids etc., mais avec l’avantage que la diète céto­gène peut être pra­ti­quée sur une longue durée sans réduire l’activité phy­sique ni conduire à une fonte mus­cu­laire : on ne fran­chit pas la troi­sième étape puisqu’on conti­nue à four­nir des graisses à l’organisme.

Les méca­nismes de cétose et de néo­glu­co­ge­nèse sont indis­pen­sables à la vie dans de bonnes condi­tions. Leur bon fonc­tion­ne­ment doit être assu­ré dès le début de la diète. Ils étaient pré­pon­dé­rants dans les popu­la­tions de chasseurs-cueilleurs vivant dans des régions froides. On les retrouve à l’identique en cas de pri­va­tion de nour­ri­ture. Une expé­rience posi­tive du jeûne (de longue durée ou frac­tion­né) est donc le meilleur moyen d’évaluer la capa­ci­té de l’organisme à s’adapter à une diète céto­gène. La baisse du tonus ou une frin­gale insa­tiable sont des indi­ca­teurs d’incompatibilité.

Surtout ne pas insis­ter ! Je rap­pelle que chez une per­sonne dia­bé­tique (de type 1 ou de type 2 dans une phase avan­cée) ou sujette à un alcoo­lisme chro­nique, le pan­créas est inca­pable de sécré­ter suf­fi­sam­ment d’insuline pour limi­ter la pro­duc­tion de corps céto­niques (lien:42pq). Il s’ensuit une aci­do­cé­tose (lien:4mh2) qui peut être fatale (voir article lien:3qot).

La réduc­tion (ou quasi-suppression) des glu­cides n’est pas la seule manière de pro­duire la cétose (lien:i60z) en régu­lant l’insuline. Chris Masterjohn explique qu’un apport de tri­gly­cé­rides à chaîne moyenne (lien:i65s) — par exemple l’huile de coco, de palme ou le beurre — peut pro­duire les mêmes effets sans avoir à dimi­nuer la quan­ti­té de glu­cides (lien:095n). D’autre part, l’oxa­loa­ce­tate (lien:3isg) est un fac­teur limi­tant pour pro­duire de l’énergie dans les mito­chon­dries (lien:alc0) ; seuls les glu­cides et les pro­téines en sont pré­cur­seurs.

Une journée type…

Notre diète a été pro­gram­mée de manière à per­tur­ber le moins pos­sible les hor­loges chro­no­bio­lo­giques. La chrono-nutrition, en accord avec des tra­vaux en bio­lo­gie de la nutri­tion (voir mon article Chrononutrition - publications) recom­mande de consom­mer toutes les graisses satu­rées dans la période qui suit immé­dia­te­ment le réveil mati­nal. Nous avons donc sim­ple­ment sup­pri­mé le pain de notre petit-déjeuner habi­tuel, ain­si limi­té à des fro­mages affi­nés, un peu de beurre et un œuf. Ma dose per­son­nelle de fro­mage est pas­sée de 65 grammes à 80 pour com­pen­ser la perte calo­rique de la sup­pres­sion de pain. Nos rations étaient ajus­tées indi­vi­duel­le­ment de sorte que la faim sur­vienne à nou­veau à l’heure du déjeu­ner.

Fromages, beurre frais, œufs : il s’agit prin­ci­pa­le­ment de graisses satu­rées, celles qui se soli­di­fient à la tem­pé­ra­ture ambiante. De même, pour la cuis­son nous uti­li­sons de pré­fé­rence l’huile de coco (lien:wobu) riche en acides gras satu­rés (lien:czsd). Contrairement à ce qui a été prô­né pen­dant plu­sieurs décen­nies, les graisses satu­rées ne consti­tuent pas un dan­ger pour la san­té car­dio­vas­cu­laire (voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?). La com­mu­nau­té scien­ti­fique recon­naît aujourd’hui que les cou­pables sont les graisses arti­fi­ciel­le­ment hydro­gé­nées ou acides gras trans (lien:q7py). Ce serait donc une erreur d’enrichir en graisses la diète céto­gène en uti­li­sant (sous pré­texte de « légè­re­té») des acides gras poly-insaturés (lien:s6oz), autre­ment dit des huiles végé­tales comme le soja, le tour­ne­sol ou le maïs. On peut par contre consom­mer en quan­ti­té rai­son­nable les huiles d’olive et de noix qui ne sont pas trop riches en acides gras poly-insaturés oméga-6 (lien:0y9v) aux dépens des oméga-3 (lien:kqzi).

Repas de midi avec des pro­téines ani­males (viande ou pois­son) et des légumes cuits ou crus, à l’exception de ceux riches en glu­cides comme les carottes ou les bet­te­raves. C’est à peu près le repas « chro­no » en rem­pla­çant tous les fécu­lents par des légumes. Pièce man­quante : les pro­téines végé­tales des légu­mi­neuses, ali­ments exclus parce qu’ils contiennent des glu­cides.

Les pro­téines doivent être soi­gneu­se­ment câli­brées. Les articles recom­mandent une « res­tric­tion de pro­téines » parce qu’ils s’adressent à des Nord-Américains moyens qui consomment beau­coup plus de viande que les Européens. En réa­li­té, la « res­tric­tion » dont il est ques­tion cor­res­pond aux quan­ti­tés cal­cu­lées dans mon article Protéines. Un régime sous-protéiné pour­rait entraî­ner une fonte mus­cu­laire, le foie allant cher­cher les acides ami­nés dans les muscles pour accom­plir la néo­glu­co­ge­nèse (lien:aua1).

À l’inverse, de nom­breux auteurs affirment que les pro­téines en excès pour­raient être sto­ckées en graisse, une affir­ma­tion qua­li­fiée de « dogme » (lien:mk3z) et infir­mée par Bray GA et al. (2012 lien:uy97) dont l’étude conclut : « Parmi les per­sonnes vivant dans un envi­ron­ne­ment contrô­lé, les calo­ries repré­sentent à elles seules l’augmentation des graisses ; la dépense éner­gé­tique affec­tée par les pro­téines et le sto­ckage de la masse maigre, mais pas le sto­ckage des graisses. » Il me paraît rai­son­nable de régler la quan­ti­té de pro­téines en fonc­tion de l’activité phy­sique, autre­ment dit la pro­duc­tion de masse mus­cu­laire. Une dis­cus­sion plus détaillée se trouve dans mon article Protéines.

J’insiste de nou­veau sur l’importance d’être suf­fi­sam­ment hydra­té pen­dant les repas (voir mon article Boisson). C’est encore plus cri­tique avec une diète céto­gène qui sans cela pour­rait être démi­né­ra­li­sante. Concrètement, mettre trois verres d’eau sur la table, à consom­mer pen­dant le repas.

Une quan­ti­té de sel (sodium) est néces­saire, à équi­li­brer par des ali­ments riches en potas­sium. La consom­ma­tion de fro­mages est pro­ba­ble­ment suf­fi­sante pour assu­rer cet équi­libre.

Au début nous avons essayé des « goû­ters », mais la sup­pres­sion de tout sucre rapide nous condui­sait à des mélanges un peu bizarres, comme des avo­cats avec des noix etc. On peut quand même consom­mer quelques fruits en se limi­tant à des baies sau­vages peu gly­cé­miantes.

Source : lien:ynck

Nous res­sen­tions net­te­ment moins la faim à l’heure du thé. Nous avons sou­vent rem­pla­cé le goû­ter par un dîner vers 18h basé sur des ali­ments riches en oméga-3 (pois­son fumé, sar­dines, maque­reaux, salade de pois­son cru…) et quelques cru­di­tés. Ce qui veut dire qu’après ce dîner avan­cé nous enta­mions une période de jeûne au mini­mum de 12 heures, nous rap­pro­chant de l’expérience de nutri­tion res­treinte dans le temps (TRF, Time-Restricted Feeding) répu­tée aug­men­ter l’efficacité de la diète céto­gène.

Après quelques jours, l’envie même de dîner s’est atté­nuée. Il nous est arri­vé de plus en plus sou­vent de faire un véri­table jeûne frac­tion­né (voir mon article Jeûne et restriction calorique) en ne consom­mant aucun ali­ment entre la fin du repas de midi et le petit-déjeuner sui­vant. Le soir nous buvions de l’eau, du thé etc., et pre­nions des cap­sules d’huile de krill comme source d’oméga-3 (lien:kqzi) et d’astaxan­thine (lien:zfyw).

Dès la deuxième semaine, j’ai res­sen­ti le besoin de pra­ti­quer ce jeûne frac­tion­né au quo­ti­dien, autre­ment dit d’adopter la nutri­tion res­treinte dans le temps avec une fenêtre de nutri­tion réduite à 6 heures. Pour com­pen­ser, nous avons plus fré­quem­ment consom­mé des pro­duits de la mer au repas de midi.

Premier constat sur la diète cétogène

Dès le début de l’expérience nous avons obser­vé deux phé­no­mènes inté­res­sants. Le pre­mier était une sen­sa­tion de satié­té très mar­quée qui entraî­nait une dimi­nu­tion des quan­ti­tés sans aucun sen­ti­ment de frus­tra­tion. Il est pos­sible que nos cer­veaux aient retrou­vé une plus grande sen­si­bi­li­té à la lep­tine (lien:sb4e) — l’hormone de signal de satié­té pro­duite par les cel­lules grais­seuses.

Deuxième phé­no­mène : l’absence de frin­gale entre deux repas, même pen­dant la période de jeûne inter­mit­tent, et une totale indif­fé­rence à l’offre d’aliments sucrés. La tablette de cho­co­lat, les pots de miel ou de confi­ture de châ­taignes n’ont pas exci­té ma convoi­tise ! Cette régu­la­tion de l’appétit, consta­tée dans de nom­breuses études, pour­rait se résu­mer à « c’est le sucre qui donne faim » par ana­lo­gie avec « c’est l’alcool qui donne soif ».

La régu­la­tion de l’appétit s’est clai­re­ment asso­ciée à celle des rythmes chro­no­bio­lo­giques, incluant celui du som­meil.

Le pas­sage de notre régime habi­tuel LCHF à la diète céto­gène s’est donc fait sans aucune dif­fi­cul­té, et le bien-être n’a ces­sé d’augmenter. L’expérience ini­tia­le­ment pré­vue pour durer une semaine a donc été pro­lon­gée deux fois.

Je suis convain­cu que ce qui a faci­li­té ce pas­sage était la pra­tique régu­lière du jeûne frac­tion­né tel que décrit dans mon article Jeûne et restriction calorique. Lors de cette tran­si­tion, l’organisme doit s’adapter à la qua­si absence de glu­cides dans son ali­men­ta­tion. La gly­cé­mie baisse mais la néo­glu­co­ge­nèse (lien:aua1) inter­vient pour réta­blir l’équilibre de glu­cose dans le sang. Les mito­chon­dries fabriquent des corps céto­niques (lien:42pq) qui nour­rissent le cer­veau (et le cœur) en l’absence de glu­cose, pui­sant pour cela dans les corps adi­peux.

Cette tran­si­tion vers une diète céto­gène n’est donc pas évi­dente pour tout indi­vi­du, sur­tout à par­tir du régime riche en glu­cides le plus répan­du chez les Européens et les Nord-Américains.

L’essai en « vol libre » d’une diète céto­gène est réser­vé aux per­sonnes qui ne souffrent d’aucune patho­lo­gie réper­to­riée dans le syn­drome méta­bo­lique (lien:kpej): dia­bète de type 2, obé­si­té sévère, forte hyper­ten­sion etc. Il peut tou­te­fois béné­fi­cier à ces per­sonnes, sous réserve d’être abor­dé avec un sui­vi médi­cal (lien:xjh1).

Quelques effets

Nous n’étions pas équi­pés pour mesu­rer de nom­breux para­mètres méta­bo­liques pen­dant cette expé­rience, mais nous l’avons fait pour le poids, la ten­sion arté­rielle, et de manière qua­li­ta­tive la régu­la­tion de l’appétit, la qua­li­té du som­meil, la résis­tance à l’effort et la capa­ci­té de concen­tra­tion.

Tous ces para­mètres se sont amé­lio­rés et conti­nuent de pro­gres­ser après le retour vers un régime LCHF dans lequel la quan­ti­té de glu­cides est plus faible qu’avant l’expérience de diète céto­gène. Ma consom­ma­tion de sucres « rapides », par exemple, se limite aujourd’hui à un car­ré de cho­co­lat noir avec le café en fin de déjeu­ner, et si néces­saire une cuillère à café de l’excellente confi­ture de figues offerte pen­dant la diète… Le matin je mange moins de 50 grammes de pain.

Souvent, à midi, nous ne pré­pa­rons aucun fécu­lent. Plutôt une bonne varié­té de légumes et cru­di­tés. Nous consom­mons en petite quan­ti­té des légu­mi­neuses — len­tilles, hari­cots blancs — qui apportent une bonne dose de potas­sium.

Au goû­ter, sou­vent un avo­cat et un fruit, comme dans la « chro­no » offi­cielle.

Personnellement, je conti­nue à me pas­ser très sou­vent de dîner, voire de goû­ter, pour béné­fi­cier de la nutri­tion res­treinte dans le temps.

En trois semaines de diète céto­gène nous avons per­du cha­cun la moi­tié de notre sur­poids (voir annexe). La perte de poids conti­nue après la fin de la diète et nous espé­rons par­ve­nir à l’équilibre d’ici quelques semaines. Donc pas d’effet « yo-yo ».

Nous avons res­sen­ti le besoin, pen­dant cette période, de sol­li­ci­ter l’activation de graisse brune (lien:zvjy) en nous expo­sant au froid de diverses manières : pra­ti­quer de l’exercice nu sur une ter­rasse, dor­mir sans être cou­vert ou s’exposer à des douches froides. La graisse brune doit sa cou­leur à l’abondance de mito­chon­dries (lien:alc0) qu’elle trans­porte et qui par­ti­cipent à l’élimination de la graisse (blanche) vis­cé­rale.

Le plus inté­res­sant est que nous nous sommes sen­tis en plus grande forme pour ce qui est de l’activité phy­sique et intel­lec­tuelle. Le som­meil est deve­nu plus régu­lier, les réveils noc­turnes plus brefs, et je n’ai plus de dif­fi­cul­té à assu­rer une durée de som­meil mini­male de 7 heures.

Les bilans san­guins que nous avons faits le der­nier jour de la diète sont à peu près iden­tiques à ceux d’il y a quelques mois. La gly­cé­mie est au même niveau. Quelques para­mètres inquié­tants — comme un taux éle­vé de fer­ri­tine que je com­men­te­rai dans un autre article — sont liés à d’autres causes.

La pres­sion arté­rielle systolique/diastolique et la fré­quence du pouls sont res­tés inchan­gés. Ma « réha­bi­li­ta­tion » après un syn­drome coro­na­rien aigu (voir mon article Je suis à l’hôpital !) se pour­suit nor­ma­le­ment, avec un essouf­fle­ment de plus en plus tar­dif lors d’un effort pro­lon­gé.

Conclusion

Cette expé­rience nous a convain­cus d’effectuer régu­liè­re­ment des cycles de quelques jours en mode céto­gène. Cette pra­tique est béné­fique à l’organisme, entre­te­nant sa capa­ci­té à fonc­tion­ner sur deux modes de pro­duc­tion d’énergie : direc­te­ment à par­tir du glu­cose ou indi­rec­te­ment à par­tir des graisses.

Le cycle cétogène/LCHF me paraît pré­fé­rable à une adop­tion de la diète céto­gène sans limite de temps. Celle-ci ferait l’impasse sur les céréales et légu­mi­neuses riches en élé­ments nutri­tifs. Elle pour­rait induire une into­lé­rance au glu­ten par modi­fi­ca­tion de la flore intes­ti­nale. Elle nous pri­ve­rait enfin d’antioxydants conte­nus dans les fruits, ain­si que du béné­fice de légumes comme les bet­te­raves, carottes, courges etc. Je crois donc néces­saire de reve­nir à une plus grande diver­si­té après un pas­sage de quelques jours en diète céto­gène.

Pour ce qui est du glu­ten, évi­ter de som­brer dans une croyance en sa toxi­ci­té intrin­sèque dif­fu­sée par des « natu­ro­pathes » qui donnent voix à une indus­trie lucra­tive du « sans glu­ten ». C’est l’ajout (non règle­men­té) de glu­ten en grande quan­ti­té dans les farines de bou­lan­ge­rie qui les rend toxiques, et non pas une dégra­da­tion de la qua­li­té des blés culti­vés (voir lien:s41q, lien:fz3n et lien:kqgn). Il suf­fit, en Europe, de consom­mer des farines bio dans les­quelles l’ajout de glu­ten est inter­dit, et du pain au levain car ce mode de pro­duc­tion casse les molé­cules de glu­ten (lien:3ryt).

Induisant la mul­ti­pli­ca­tion de mito­chon­dries (lien:alc0) impli­quées dans le méca­nisme de cétose (lien:i60z), la diète céto­gène est une com­po­sante clé de ce qu’on désigne aujourd’hui par « san­té mito­chon­driale ». Rappelons qu’en plus d’être des « cen­trales d’énergie », les mito­chon­dries gou­vernent la mort cel­lu­laire pro­gram­méeapop­tose (lien:e3yx) —, méca­nisme seul pro­tec­teur de la pro­li­fé­ra­tion anar­chique de cel­lules (voir mon article Cancer - traitement). Il a été prou­vé qu’une réduc­tion de la consom­ma­tion de sucre dimi­nue­rait le risque de can­cer (lien:wgji). Les effets béné­fiques d’une bonne pra­tique s’étendent donc bien au-delà de l’élimination du sur­poids.

Les lec­teurs qui ne connaissent pas bien l’anglais pour­ront lire avec inté­rêt l’ouvrage récent de Joseph Mercola (titre ori­gi­nal “Fat for Fuel”) dans sa ver­sion fran­çaise sous le titre — peu appé­tis­sant ! — « La san­té par le gras » (Trédaniel, 2018, lien:nip2). Je par­ta­ge­rai pro­chai­ne­ment sur ce site un com­men­taire cri­tique détaillé de cet ouvrage ; la par­tie consa­crée à la « san­té mito­chon­driale » est à mon avis excel­lente.

Annexe

Courbe du poids mesuré quotidiennement

Cette courbe montre la dimi­nu­tion rapide de mon sur­poids pen­dant l’expérience de diète céto­gène (baisse de 60%) et sa conti­nua­tion (un peu moins régu­lière) pen­dant la période qui a sui­vi.

Ce résul­tat cor­ro­bore la thèse de Gregory RM (2017 lien:j9pr, à paraître) qui fait état d’une expé­ri­men­ta­tion de diète céto­gène avec des adeptes de CrossFit (lien:8sjt entraî­ne­ment croi­sé com­bi­nant l’exercice d’endurance à un entraî­ne­ment de haute inten­si­té) : il appa­raît à ce jour que seule la com­bi­nai­son diète + exer­cice per­met­trait d’évacuer le sur­poids, mais les méca­nismes en jeu sont com­plexes, comme sug­gé­ré par mon article Manger et bouger.

Des recettes ?

Voici deux recettes que nous avons inven­tées pen­dant l’expérience céto­gène… Elles consti­tuaient un repas com­plet, preuve qu’on peut se nour­rir agréa­ble­ment en sup­pri­mant les glu­cides. Bien enten­du, des pro­duits « bio » autant que pos­sible !

Salade de chou chinoix

Recette ins­pi­rée de celle de Gabriella Tamas (voir son site).

  1. Couper en fines lamelles du chou chi­nois, un peu de concombre, ajou­ter du chou fleur grat­té en poudre, ain­si que quelques cer­neaux de noix en petits mor­ceaux et des copeaux de branches de cébette. On peut inclure des graines de came­line ou de chia en rem­pla­ce­ment des noix.
  2. Dans un bol, mélan­ger 2 pots de yaourt de bre­bis ou chèvre au lait entier (pour 2 per­sonnes) à une cuille­rée à café de mou­tarde à l’ancienne, du papri­ka et le jus d’un citron.
  3. Mélanger le tout et ser­vir frais…

Keema

Cette recette s’inspire de la kee­ma pré­pa­rée tra­di­tion­nel­le­ment dans les familles du nord de l’Inde et du Pakistan. La prin­ci­pale dif­fé­rence est qu’on n’y inclut pas les petits pois ni les suc­cu­lents cha­pa­ti ou naan !

  1. Faire fondre len­te­ment dans une poêle, avec un peu d’huile de noix de coco, un mélange d’oignon, de gin­gembre râpé, de cur­cu­ma frais en fines lamelles, de poi­vrons et piments (selon le goût), un clou de girofle, de la can­nelle, de la noix de mus­cade, des graines de coriandre et de cumin écra­sées, des gousses de car­da­mone verte.
  2. Dans un bol, mélan­ger de la viande hâchée (mou­ton ou bœuf) à de la sauce tomate.
  3. Verser la viande dans la poêle, remuer à feu vif, ajou­ter des feuilles de coriandre hâchée, puis lais­ser mijo­ter 5 minutes à feu très doux le mélange cou­vert.

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9 thoughts on “Diète cétogène – expérience (n = 2)

  • Salut Bernard

    Tu ne parles pas des quan­ti­té de graisses ?
    Bises
    Stephanie, Perrine, Eleonore

    • Dans notre expé­rience, nous avons consom­mé à peu près les mêmes quan­ti­tés de graisses qu’en chro­no­nu­tri­tion. En aug­men­tant un peu la quan­ti­té de fro­mage le matin pour com­pen­ser (au niveau calo­rique) l’absence de pain. C’est la sen­sa­tion de faim et de satié­té qui per­met de régler ces quan­ti­tés.

  • Merci pour cet article inté­res­sant et bien construit ! Un erreur s’y est glis­sée, et non des moindres : le régime céto­gène est BON pour les dia­bé­tiques, SURTOUT pour les dia­bé­tiques. Les articles de vul­ga­ri­sa­tion accusent les corps céto­niques à tord.
    L’insuline est l’élément clé.
    Que le car­bu­rant soit glu­ci­dique ou non, c’est l’insuffisance d’insuline qui pro­voque l’acido-cétose. En l’absence d’insuline, aucun car­bu­rant ne peut être uti­li­sé et il s’accumule dans le sang.
    Glucose et cétones posent de sérieux pro­blèmes lorsqu’ils s’accumulent dans le sang, pas lorsqu’ils sont uti­li­sés pour pro­duire de l’énergie.
    L’acido-cétose ne se pro­duit pas par « manque de glu­cides » comme dans une céto­ge­nèse recher­chée (diète céto­gène ou jeûne), mais en pré­sence de glu­cides !
    C’est lorsque l’insuline est tel­le­ment insuf­fi­sante que les cétones ET le glu­cose s’accumulent dans le sang sans pou­voir ser­vir de car­bu­rant, que les consé­quences sont ter­ribles.
    Les dia­bé­tiques qui se soignent grâce au régime céto­gène peuvent pro­gres­si­ve­ment dimi­nuer leurs médi­ca­ments.

    • J’ai écrit que la diète céto­gène serait dan­ge­reuse (par aci­do­cé­tose) pour les dia­bé­tiques de type 1 et ceux de type 2 en phase avan­cée. Citant pour cela l’article de Michael O’Neill (https://​leti​.lt/​3​qot) qui écrit : « Because type-2 dia­be­tics tend to over­pro­duce insu­lin (because their cells need higher and higher doses of insu­lin to achieve the same effect), they typi­cal­ly are not at risk of ketoa­ci­do­sis, regard­less of diet. It is only when a type-2 dia­be­tic expe­riences pan­crea­tic beta cell death (and the resul­tant inabi­li­ty to pro­duce insu­lin), that they are at risk of expe­rien­cing ketoa­ci­do­sis. »
      Donc on ne peut pas recom­man­der sans risque une diète céto­gène à tous les dia­bé­tiques de type 2. Il faut au préa­lable connaître le stade d’avancement de leur dia­bète (capa­ci­té à pro­duire de l’insuline). Pour les autres, la diète céto­gène est effec­ti­ve­ment cura­tive, mais dans cet article j’ai volon­tai­re­ment lais­sé de côté les aspects thé­ra­peu­tiques, sinon il aurait fal­lu par­ler de can­cer et autres mala­dies chro­niques, sujet trop vaste et bien au delà de mes com­pé­tences !

      • J’ai bien com­pris le rai­son­ne­ment, il est faux.
        On n’a pas besoin de plus d’insuline en céto­gène qu’en high carb, donc dans le dia­bète 1 et 2 avan­cé le céto­gène est bon aus­si. Le risques d’acidéocétose chez les dia­bé­tiques se gère par l’insuline, en high carb comme en low carb.

      • Si vous reli­sez atten­ti­ve­ment mon article, j’ai écrit : L’essai en « vol libre » d’une diète céto­gène est réser­vé aux per­sonnes qui ne souffrent d’aucune patho­lo­gie réper­to­riée dans le syn­drome méta­bo­lique (lien:kpej): dia­bète de type 2, obé­si­té sévère, forte hyper­ten­sion etc. Il peut tou­te­fois béné­fi­cier à ces per­sonnes, sous réserve d’être abor­dé avec un sui­vi médi­cal.
        Je n’ai pas écrit que la diète céto­gène serait dan­ge­reuse pour les dia­bé­tiques type 1 ou 2 avan­cé, contrai­re­ment à ce que ce qui appa­raît dans mon com­men­taire pré­cé­dent, mais que « l’essai en vol libre » n’était pas recom­man­dé en situa­tion patho­lo­gique, autre­ment dit sans sui­vi médi­cal. Encore une fois, je ne pro­pose pas de thé­ra­pie…
        Quant à l’article de O’Neill, il est tota­le­ment com­pa­tible avec votre com­men­taire. Je ne vois pas où se situe le faux rai­son­ne­ment !
        Un pro­blème à anti­ci­per serait que des dia­bé­tiques uti­lisent la diète céto­gène en rem­pla­ce­ment de leur trai­te­ment à l’insuline. D’où la néces­si­té d’un sui­vi médi­cal.

  • Nous sommes d’accord. Le rai­son­ne­ment du com­men­taire était faux («J’ai écrit que la diète céto­gène serait dan­ge­reuse (par aci­do­cé­tose) pour les dia­bé­tiques de type 1 et ceux de type 2 en phase avan­cée.»), dans l’article il ne reste qu’une ambi­gui­té. Dans l’extrait sui­vant, on a l’impression que le régime en lui-même néces­site un sui­vi médi­cal, alors que les dia­bé­tiques sont presque tou­jours sous trai­te­ment bien avant de décou­vrir le régime céto­gène. Je sais, je pinaille… mais ça me fait mal au coeur, tous ces dia­bé­tiques qui pour­raient gué­rir ou beau­coup atté­nuer leurs troubles et ne le font pas parce qu’ils croient que la solu­tion est dan­ge­reuse !
    « L’essai en « vol libre » d’une diète céto­gène est réser­vé aux per­sonnes qui ne souffrent d’aucune patho­lo­gie réper­to­riée dans le syn­drome méta­bo­lique (lien:kpej): dia­bète de type 2, obé­si­té sévère, forte hyper­ten­sion etc. Il peut tou­te­fois béné­fi­cier à ces per­sonnes, sous réserve d’être abor­dé avec un sui­vi médi­cal. »

    • Certains malades aban­donnent leur trai­te­ment et renoncent à tout sui­vi médi­cal une fois qu’ils ont décou­vert une méthode « alter­na­tive»… D’autres se contentent de ne plus suivre les pres­crip­tions de leurs méde­cins, ce qui évite toute contro­verse mais fausse les termes du contrat de soin. Tout cela relève du choix indi­vi­duel — j’y suis confron­té en ce qui concerne la san­té car­dio­vas­cu­laire — mais je ne tiens pas à recom­man­der un com­por­te­ment aus­si radi­cal quelles que soient mes convic­tions per­son­nelles. À titre d’exemple, même pour les sta­tines dont il ne cesse de mon­trer l’inefficacité et la dan­ge­ro­si­té, Michel de Lorgeril recom­mande « de ne pas stop­per son trai­te­ment sans avoir pris l’avis de son méde­cin trai­tant ».

      Je me limite donc à pré­sen­ter les « don­nées de la science » qui peuvent inclure des études ran­do­mi­sées contrô­lées et l’expérience cli­nique de patients et méde­cins en grand nombre, en évi­tant ce qui est anec­do­tique, du moins en le pré­sen­tant comme tel, comme c’est le cas de nos ten­ta­tives de diète céto­gène.

      Bien sûr, j’aimerais aver­tir toutes les per­sonnes que je croise et qui se détruisent la san­té avec le tabac (78000 morts chaque année en France), don­ner des conseils nutri­tion­nels à toutes celles en sur­poids (50% des Français), recom­man­der de l’exercice aux per­sonnes âgées… Mais j’ai acquis la convic­tion qu’on ne peut pas faire mieux que mettre à leur dis­po­si­tion des infor­ma­tions, car les recom­man­da­tions sont sou­vent mal com­prises et peuvent conduire à des catas­trophes. La plu­part des gens qui adoptent un régime « low-carb » (a for­tio­ri céto­gène) ne veillent pas à s’hydrater suf­fi­sam­ment, ce qui se tra­duit à la longue par des pro­blèmes hépa­tiques ou rénaux qu’ils attri­bue­ront à la méthode, sans exa­men cri­tique de leur pra­tique. Ce n’est qu’un exemple par­mi les nom­breuses erreurs que com­mettent les adeptes « en roue libre », comme j’ai pu le consta­ter sur un forum de chro­no­nu­tri­tion. Le forum, un coa­ching ou un sui­vi médi­cal per­mettent de cor­ri­ger ces erreurs.

      Je recon­nais qu’il est dif­fi­cile de trou­ver un pra­ti­cien à la fois ouvert au dia­logue et au cou­rant de publi­ca­tions scien­ti­fiques pos­té­rieures à son doc­to­rat de méde­cine : la plu­part ne font que rabâ­cher (à leur insu) les élé­ments de lan­gage dic­tés par l’industrie phar­ma­ceu­tique et repris par les comi­tés « d’experts » des socié­tés « savantes ». Mais cette confron­ta­tion de points de vue (appuyés par des réfé­rences pré­cises) est indis­pen­sable à l’amélioration du sys­tème de san­té.

      Pour ce qui est de la diète céto­gène en trai­te­ment du dia­bète de type 2, toutes les études qui ont obser­vé son effet pour le contrôle de la gly­cé­mie (exemple : https://​leti​.lt/​x​jh1) aver­tissent de la néces­si­té d’un sui­vi médi­cal en rai­son de la baisse signi­fi­ca­tive du niveau de glu­cose. C’est d’autant plus vrai que le dia­bète est plus avan­cé. Dans notre expé­rience fami­liale, le taux de glu­cose n’a pas dimi­nué après 3 semaines de diète céto­gène, sans doute parce qu’il était déjà en des­sous du seuil d’alerte. Mais il serait ris­qué d’extrapoler notre cas aux per­sonnes en hyper­gly­cé­mie.

      Au final, aucun régime ali­men­taire pra­ti­qué iso­lé­ment ne peut amé­lio­rer la san­té sur le long terme. J’insiste sur la néces­si­té d’une com­bi­nai­son savam­ment dosée de nutri­tion, d’hydratation, de qua­li­té de som­meil, de réduc­tion du stress et d’exercice — sous les deux formes aéro­bie et HIIT, pas uni­que­ment « faire du sport ». Les cher­cheurs (comme Valter Longo) qui s’intéressent à la diète céto­gène en expé­ri­men­ta­tion ani­male ou humaine ont mon­tré que son action (en trai­te­ment du can­cer) n’était effi­cace que si on la com­bi­nait avec des périodes de res­tric­tion calo­rique (Fasting Mimicking Diet https://​leti​.lt/​s​94t), un bon cali­brage des pro­téines et de l’exercice de haute inten­si­té (HIIT). Les sou­ris de labo­ra­toire font tout cela très bien, mais les humains… ont pour le moins besoin d’être enca­drés. Le dia­bète est moins grave que le can­cer, en termes d’espérance de vie, mais son trai­te­ment (ou sa pré­ven­tion) par une amé­lio­ra­tion du méta­bo­lisme est sen­si­ble­ment iden­tique.

  • Bonjour,

    Dans le cadre d’un diète ceto­gene, le corps reconstitue-t-il ses stocks en gly­co­gène dans les muscles ? Certain

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