Cardiovasculaires

Soigner ses artères

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Les mala­dies coro­na­riennesN1 étaient en 2010 la pre­mière cause de mor­ta­lité dans le monde (Lozano R et al., 2012A23). Le nombre d’an­nées per­dues (Years of Life Lost) en lien avec ces mala­dies avait dimi­nué de 32% en Europe occi­den­tale, entre 1990 et 2010, pen­dant qu’il aug­men­tait de 78% dans la même période en Asie du Sud (Moran AE et al., 2014A28).

Les dis­po­si­tifs de pre­mière urgence (défi­bril­la­teurs etc.), la rapi­dité de trans­fert aux ser­vices médi­caux spé­cia­li­sés et la haute tech­ni­cité des inter­ven­tions (angio­plas­tie etc.) ont permis une dimi­nu­tion de mor­ta­lité car­dio­vas­cu­laire dans les régions équi­pées d’une bonne infra­struc­ture médi­cale. Par contre, des ques­tions res­tent ouvertes sur les fac­teurs de risque — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ? — et la pré­ven­tion de ces acci­dents. Les équa­tions per­met­tant d’é­va­luer le risque de mala­die car­dio­vas­cu­laire (pas uni­que­ment coro­na­rienne) ont été construites au siècle der­nier sur des cohortes de patients nord-américains à rela­ti­ve­ment haut risque mais de faible diver­sité socio-économique et cultu­relle. L’étude de Pylypchuk M et al. (2018A32) sur une popu­la­tion repré­sen­ta­tive de la Nouvelle Zélande a montré par exemple que les patients maoris, du Pacifique et indiens ont un risque de mala­die car­dio­vas­cu­laire de 13 à 48% plus élevé que les Européens, et les Chinois ou autres Asiatiques ont un risque infé­rieur de 25 à 33% à celui des Européens.

Sommaire

Pathologies

Dans l’ar­ticle Statines et médicaments anticholestérol, j’ai ras­sem­blé un éven­tail de réfé­rences mon­trant les limites des études cli­niques qui ont permis la mise sur le marché une pano­plie de trai­te­ments des mala­dies coro­na­riennes. Article à consul­ter avec un regard cri­tique sans se pré­ci­pi­ter sur les conclu­sions !

Les fraudes scien­ti­fiques et la sur­va­lo­ri­sa­tion des résul­tats ont été mon­naie cou­rante, bien que ren­dues plus dif­fi­ciles après la mise en place d’une nou­velle règle­men­ta­tion des essais cli­niques suite au scan­dale sani­taire du VioxxN2 en 2004. La lec­ture de l’ou­vrage d’Alexis Clapin Enquêtes médi­cales & éva­lua­tion des médi­ca­ments : de l’er­reur invo­lon­taire à l’art de la fraude N3 est très utile pour com­prendre les dys­fonc­tion­ne­ments de la recherche sans se réfu­gier dans une pos­ture « anti-science ».

Les inté­rêts de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique sont à l’o­ri­gine de biais de sélec­tion des essais cli­niques pour leur pré­sen­ta­tion dans des confé­rences — spon­so­ri­sées par cette même indus­trie — ainsi que de biais de publi­ca­tionN4 dans les jour­naux de réfé­rence eux aussi dépen­dants de la publi­cité. La même pres­sion s’exerce sur les « comi­tés d’ex­perts » de socié­tés savantes et d’or­ga­nismes publics comme la Haute auto­rité de santé (HAS) en France : une partie de ces experts sont rému­né­rés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par les indus­triels sou­cieux d’aug­men­ter leurs parts de marché. La consul­ta­tion des décla­ra­tions de méde­cins sur la base de don­nées Transparence-SantéA36 permet en partie de quan­ti­fier ces liens d’in­té­rêt.

Les tra­vaux de recherche menés par des cher­cheurs indé­pen­dants pro­duisent un bilan net­te­ment moins favo­rable à l’u­ti­li­sa­tion de sta­tines en pré­ven­tion des mala­dies coro­na­riennes. Pour ne citer qu’un exemple traité dans mon article Statines et médicaments anticholestérol, un extrait de l’é­tude OMS/MONICA (Dujardin JJ & Cambou JP, 2005A11) indique que l’aug­men­ta­tion spec­ta­cu­laire de la consom­ma­tion de sta­tines (+18.9% par an en moyenne) dans la popu­la­tion étu­diée en France ne s’est pas tra­duite, en 10 ans, par une dimi­nu­tion obser­vable des évé­ne­ments coro­naires chez des hommes et femmes d’âge moyen.

Il est donc impor­tant d’ex­plo­rer d’autres pistes.

Les mala­dies car­dio­vas­cu­lairesN5 concernent le cœur et la cir­cu­la­tion san­guine. Il est ques­tion ici des mala­dies coro­na­riennesN1 liées à une dégra­da­tion des artères se tra­dui­sant par la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­roseN6.

D’autres modes de dégra­da­tion, aux consé­quences tra­giques, peuvent sur­ve­nir en l’ab­sence de plaque : c’est notam­ment le cas de la dis­sec­tion spon­ta­née de l’ar­tère coro­naireN7 qui touche majo­ri­tai­re­ment des femmes de moins de 40 ans, sou­vent en excel­lente santé, avec un fac­teur de risque aug­menté dans le mois qui suit un accou­che­ment.

Une autre patho­lo­gie qui n’est pas abor­dée dans cet article est l’ané­vrisme (N8 ; vidéoN9) — par­fois ortho­gra­phié ‘ané­vrysme’ confor­mé­ment à l’é­ty­mo­lo­gie, aneu­rysma signi­fiant « dila­ta­tion » en grec —, une dila­ta­tion loca­li­sée de la paroi d’une artère abou­tis­sant à la for­ma­tion d’une poche de taille variable dont la rup­ture peut entraî­ner une mort rapide. On estime que 1 à 4% de la popu­la­tion mon­diale serait por­teuse d’a­né­vrisme. Des signes pré­cur­seurs de la rup­ture existent (Massin F & M Guérin, 2018A26). Une inter­ven­tion médi­cale est indis­pen­sable (chi­rur­gie externe ou endo­vas­cu­laire, pro­thèse, etc.) ainsi que la pres­crip­tion de médi­ca­ments des­ti­nés à éviter toute aggra­va­tion. Les amé­lio­ra­tions de style de vie, bien que salu­taires, ne peuvent pas s’y sub­sti­tuer.

Les mala­dies car­dio­vas­cu­laires sont en France la pre­mière cause de mor­ta­lité chez les femmes, en partie liée au fait que leur risque est sous-estimé en com­pa­rai­son avec les hommes. Un « infarc­tus silen­cieux » peut passer inaperçu par confu­sion avec d’autres dou­leurs. (La dis­cri­mi­na­tion inverse existe pour d’autres mala­dies telles que l’ostéo­po­roseN10.)

Bien que la pré­ven­tion des mala­dies car­dio­vas­cu­laires puisse aussi amé­lio­rer le fonc­tion­ne­ment car­diaque, le trai­te­ment des affec­tions car­diaques (hyper­ten­sion arté­rielleN11, aryth­mie, fibril­la­tion atrialeN12, etc.) relève de soins médi­caux spé­cia­li­sés qui ne sont pas docu­men­tés sur ce site.

Stratégies de prévention

Cet article n’est pas un cata­logue exhaus­tif de méthodes « alter­na­tives » se sub­sti­tuant aux sta­tines et médi­ca­ments anti­cho­les­té­rol sous pré­texte d’i­nef­fi­ca­cité ou de dan­ge­ro­sité de ces médi­ca­ments. Ils sont effi­caces dans leur objec­tif affi­ché de dimi­nuer le « mau­vais cho­les­té­rol » (LDL‑C contenu dans les lipo­pro­téines de basse den­sitéN13) au béné­fice du « bon cho­les­té­rol » (HDL contenu dans les lipo­pro­téines de haute den­sitéN14). Toutefois, comme le montre la lit­té­ra­ture scien­ti­fique — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ? — le « mau­vais » cho­les­té­rol n’est pas un fac­teur pré­dic­tif per­ti­nent de mor­ta­lité toutes causes confon­dues, et l’ef­fet pro­tec­teur du HDL a aussi été remis en ques­tionN15. La cor­rec­tion d’une pré­ten­due dys­li­pi­dé­mieN16 ne conduit donc pas à une dimi­nu­tion de cette mor­ta­lité glo­bale.

Par exemple, l’é­tude de Potluri R (2014A31) basée sur le suivi pen­dant 14 ans d’un mil­lion d’Anglaises d’âge moyen 66 ans, a montré que, dans le groupe à haut cho­les­té­rol, l’in­ci­dence de cancer du sein avait été 40% infé­rieure à celle du groupe à faible cho­les­té­rol. Le groupe diag­nos­ti­qué à haut cho­les­té­rol au départ avait aussi une mor­ta­lité plus faible que celui à bas cho­les­té­rol (13.8% contre 23.7%) (Paddock C, 2017A30). On trouve de nom­breux exemples simi­laires pour d’autres mala­dies chro­niques comme le dia­bète de type 2N17 : aug­men­ta­tion rela­tive de risque jus­qu’à 46% sous trai­te­ment par sta­tines (Cederberg H et al., 2015A4).

On peut donc écar­ter a priori toute solu­tion pré­ten­du­ment pro­tec­trice d’ac­ci­dents car­dio­vas­cu­laires dont le seul effet obser­vable serait une « amé­lio­ra­tion du bilan lipi­dique ». C’est le cas par exemple d’as­so­cia­tions de pro­bio­tiques et extraits de plantes (Kumar M et al., 2013A21). Il se peut que ces com­plé­ments ali­men­taires aient un effet béné­fique sur la santé, mais il serait hasar­deux — en tout cas non prouvé par une étude cli­nique — de leur attri­buer une pro­tec­tion car­dio­vas­cu­laire.

La levure de riz rougeN18 est pres­crite par des natu­ro­pathes comme une sta­tine « natu­relle » — pré­su­mé­ment « sans danger ». En réa­lité, elle s’a­vère aussi inef­fi­cace que les sta­tines (pour les mêmes rai­sons) avec les mêmes effets indé­si­rables : myal­gies, etc. (Mazzanti G et al., 2017A27).

Les per­sonnes souf­frant de dia­bète sucréN19 se voient sou­vent pres­crire une petite dose quo­ti­dienne d’aspi­rine (100 mg) en pré­ven­tion d’un acci­dent car­dio­vas­cu­laire — auquel elles sont plus expo­sées. L’essai ran­do­misé ASCEND (A Study of Cardiovascular Events in Diabetes, 2018N20) au Royaume-Uni, por­tant sur 15480 par­ti­ci­pants dia­bé­tiques n’ayant aucun anté­cé­dent car­dio­vas­cu­laire a montré que cette pres­crip­tion aug­men­tait le nombre d’ac­ci­dents liés au sai­gne­ment — y com­pris des AVCN21 hémor­ra­giques — dans une pro­por­tion qui annu­lait son béné­fice escompté.

Même conclu­sion pour l’es­sai ran­do­misé ASPREE (Aspirin in Reducing Events in the Elderly, 2018N22) conduit en Australie et aux USA, cou­vrant 19 114 sujets de plus de 70 ans — ou 65 ans chez les sujets noirs ou his­pa­niques aux USAsans anté­cé­dent car­dio­vas­cu­laire ni démence ni han­di­cap à qui l’on admi­nis­trait 100 mg/jour d’aspi­rine ou un pla­cebo. Le résul­tat a été un sur­croît de mor­ta­lité chez les sujets ayant reçu le trai­te­ment, prin­ci­pa­le­ment par cancer à raison de 3.1% de décès dans le groupe traité contre 2.3% dans le groupe pla­cebo, soit un fac­teur de risque de 1.31 (95% CI, 1.10 à 1.56).

L’aspirine fait aussi partie d’une longue liste de médi­ca­ments qui ont pour effet secon­daire une aug­men­ta­tion du risque d’acci­dent vas­cu­laire céré­bral hémor­ra­gique (AVCN21), effet par­tagé avec les neu­ro­lep­tiques, les trai­te­ments hor­mo­naux (et pilules contra­cep­tives) à base d’œs­tro­gènes, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens et cor­ti­coïdes, les amphé­ta­mines, les vaso­cons­tric­teurs, le can­na­bis thé­ra­peu­tique à forte dose, les ocy­to­ciques et la bro­mo­crip­tineN23

Les solu­tions rai­son­nables selon les don­nées de la science aujourd’­hui — celle des ins­ti­tuts de recherche indé­pen­dants de l’in­dus­trie — ne sont pas du domaine de la pres­crip­tion médi­ca­men­teuse. Elles appellent une amé­lio­ra­tion de la qua­lité de vie, à com­men­cer par les fac­teurs de risque modi­fiables qui aug­mentent l’espé­rance de vie en bonne santéN24. Comme je l’ai exposé dans mon article Vivre bien et longtemps — et de manière répé­tée sur ce site — ces fac­teurs de risque ont un impact sur toutes les mala­dies chro­niquesN25 qui figurent au pre­mier plan des dépenses de soin et de pré­ven­tion dans les pays indus­tria­li­sés, avec une réponse jus­qu’ici majo­ri­tai­re­ment médi­ca­men­teuse.

Il est vital de mettre en place d’autres stra­té­gies de pré­ven­tion. Mais j’in­siste pour que les lec­trices et lec­teurs concer­nés ne prennent aucune déci­sion avant d’a­voir appro­fondi le sujet. Alors que Michel de Lorgeril conclut avec fer­meté que la pres­crip­tion de sta­tines est à la fois inutile et dan­ge­reuse (2015N26), il recom­mande de ne pas stop­per son trai­te­ment sans avoir pris l’avis de son méde­cin trai­tant — ne serait-ce que par cour­toi­sie — mais aussi parce qu’il est pré­fé­rable de stop­per la sta­tine pro­gres­si­ve­ment, sur­tout si mal­heu­reu­se­ment on a été traité à fortes doses (de Lorgeril M, 2013A6, p. 199).

Il faut aussi regar­der avec pru­dence l’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male sachant que (1) les souris et les humains n’ont pas les mêmes sites d’a­thé­ro­sclé­rose (artères coro­naires versus aorte) et (2) leurs micro­biomesN27 se res­semblent sans être iden­tiques, de nom­breux gènes et espèces de bac­té­ries intes­ti­nales étant pré­sents chez la souris mais pas chez l’homme.

Tabac et cannabis

Le taba­gisme aug­mente la mor­ta­lité par mala­die car­dio­vas­cu­laire, ce risque est bien connu. L’effet peut s’ex­pli­quer par l’inflam­ma­tion sys­té­mique chro­niqueN28 qui contri­bue à l’en­dom­ma­ge­ment de l’endo­thé­lium vas­cu­laireN29, entraî­nant la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­roseN6.

L’étude cas-témoins de Patel RS et al. (2019N30) sur 1694 sujets âgés de 15 à 22 ans ayant eu un infarc­tus du myo­carde, com­pa­rés à 9 mil­lions de témoins sans infarc­tus, a révélé une pré­va­lence de 28.4% de consom­ma­tion de tabac et 14.9% d’u­sage régu­lier de can­na­bis « récréa­tif »N31 chez les pre­miers. L’article de Franz CA et Frishman WH (2016N32) avait déjà signalé les risques asso­ciés à la consom­ma­tion de mari­juana (fleurs séchées du can­na­bis) :

Comparativement au pla­cebo, les ciga­rettes de mari­juana pro­voquent une aug­men­ta­tion de la fré­quence car­diaque, des pres­sions arté­rielles sys­to­lique et dias­to­lique en décu­bi­tus dorsal et du flux san­guin de l’avant-bras via une acti­vité accrue du sys­tème ner­veux sym­pa­thique. Ces actions aug­mentent la demande en oxy­gène du myo­carde à un degré tel qu’elles peuvent réduire le temps néces­saire à l’an­gine de poi­trine induite par des efforts chez les patients ayant des anté­cé­dents d’an­gine de poi­trine stable. De plus, la mari­juana a été asso­ciée au déclen­che­ment d’in­farc­tus du myo­carde chez les jeunes patients de sexe mas­cu­lin. Il a été démon­tré que fumer de la mari­juana aug­mente le risque d’ap­pa­ri­tion d’in­farc­tus du myo­carde d’un fac­teur de 4,8 pen­dant les 60 minutes sui­vant la consom­ma­tion de mari­juana et aug­mente le risque annuel d’in­farc­tus du myo­carde chez les consom­ma­teurs quo­ti­diens de can­na­bis de 1,5% à 3% par an.

Les dan­gers de l’u­sage récréa­tif du can­na­bis chez les jeunes gens ont fait l’ob­jet de plu­sieurs pré­sen­ta­tions, en novembre 2019, dans un congrès de l’American Heart AssociationN33.

Manger méditerranéen ?

L’essai cli­nique Lyon Diet Heart Study (de Lorgeril M et al., 1999A9) a prouvé qu’une pra­tique nutri­tion­nelle proche du régime médi­ter­ra­néenN34 asso­ciée à de l’exer­cice dimi­nuait signi­fi­ca­ti­ve­ment les effets dra­ma­tiques de l’a­thé­ro­sclé­rose (Campbell D., 2015A3). Ce régime est décrit dans l’ou­vrage Prévenir l’in­farc­tus et l’ac­ci­dent vas­cu­laire céré­bral (de Lorgeril M, 2011A5, p. 261–341) et plus en détail dans Le Nouveau Régime Méditerranéen (2015A7). Il figure à pré­sent dans les recom­man­da­tions de bonnes pra­tiques de la Société fran­çaise de car­dio­lo­gie (2011N35).

Un fac­teur déter­mi­nant du régime médi­ter­ra­néen est son équi­libre plus favo­rable des acides gras poly­in­sa­tu­résN36 oméga‑3/oméga‑6. Des tra­vaux ulté­rieurs ont révélé que cet équi­libre était per­turbé par la consom­ma­tion de sta­tines (de Lorgeril M. et al., 2013A8).

À ma connais­sance, il n’existe pas de réplique de « L’étude de Lyon ». La per­ti­nence des résul­tats de cette étude a d’ailleurs été mise en doute par Zeraatkar D et al. (2019N37) :

La Lyon Diet Heart Study a conclu un effet invrai­sem­bla­ble­ment impor­tant du trai­te­ment, peut-être en raison de l’ar­rêt pré­coce de l’es­sai et parce qu’elle por­tait sur un échan­tillon de taille (605 par­ti­ci­pants) plus de 80 fois plus petit que l’es­sai WHI (48 835 par­ti­ci­pants) [N38].

Il me paraî­trait donc illu­soire (voire impru­dent) de réduire la pré­ven­tion des acci­dents car­dio­vas­cu­laires à l’a­dop­tion d’un régime ali­men­taire, même assorti — selon l’air du temps — « d’un peu d’exer­cice ». Aujourd’hui, le terme Mediterranean diet est devenu un buzz­word facile à digé­rer, faute de claire défi­ni­tion, par les lec­teurs d’ar­ticles à grande dif­fu­sion.

Il est sur­pre­nant que les pro­mo­teurs de « diètes médi­ter­ra­néennes » insistent sur le fait qu’elles rédui­raient net­te­ment la consom­ma­tion de viandes rouges (bœuf, veau, porc, agneau, mouton, chèvre et cheval), ce qui selon elles expli­que­rait la réduc­tion du risque car­dio­vas­cu­laire et d’autres mala­dies chro­niques. L’étude PREDIMED d’Estruch R et al. (2013A12) annon­çait une réduc­tion de 30% du risque car­dio­vas­cu­laire chez les adeptes de diète médi­ter­ra­néenne… Elle a été rétrac­tée en 2018N39 puis repu­bliée après une rec­ti­fi­ca­tion d’er­reurs de pro­to­cole qui, selon les auteurs, donne sen­si­ble­ment le même résul­tat — ce dont doute John IoannidisN40. Mais c’est moins cet aspect qui pose pro­blème que l’in­ter­pré­ta­tion cir­cu­lant dans les médias : ils négligent de dire que dans cette étude, les sujets des deux groupes « diète médi­ter­ra­néenne » consom­maient plus de viande rouge ou trans­for­mée que ceux du groupe témoin ! Jusqu’à une fois par jour pour les pre­miers, contre une fois par semaine pour le groupe témoin, selon le tableau 1 page 1281, ramené à une dif­fé­rence de 15% dans les don­nées réelles four­nies en appen­diceN41.

Ici encore, ce n’est donc pas la consom­ma­tion de viande rouge qui est en cause dans l’é­va­lua­tion du risque car­dio­vas­cu­laire. Mais la mode dans les salons et sur les pla­teaux de TV est d’an­non­cer fiè­re­ment qu’on a rem­placé toute viande rouge par de la viande blanche ou des pro­téines végé­tales pour amé­lio­rer sa santé et « sauver le climat », deux affir­ma­tions qui n’ont aucune base scien­ti­fique — voir mon article Pour les végan·e·s.

Les variantes de diète médi­ter­ra­néenne adap­tées à d’autres cli­mats et cou­tumes ali­men­taires seraient nom­breuses, toutes béné­fiques car radi­ca­le­ment oppo­sées au régime SAD (Standard American Diet) ou sa décli­nai­son en « mal­bouffe » euro­péenne. Mais sur­tout, de nom­breuses don­nées signi­fi­ca­tives ont émergé depuis la Lyon Diet Heart Study publiée il y a vingt ans. On peut citer notam­ment les effets pro­bables d’une carence en vita­mine D (voir mon article Vitamine D et le site Intermountain Medical Center, 2016A16), les tra­vaux en chro­no­bio­lo­gie de la nutri­tion (voir la biblio­gra­phie Chrononutrition - publications) ainsi que sur le micro­biomeN27 qui syn­thé­tise des pro­téines, dont des hor­mones et des neu­ro­trans­met­teurs, et, éga­le­ment des pro­téines de l’inflammation pou­vant passer dans la cir­cu­la­tion san­guine et affec­ter la santé humaine (Margent P, 2016A25).

Compléments alimentaires

complements

L’inflam­ma­tion sys­té­mique chro­nique (inflam­ma­ging en anglais, N28) appa­raît aujourd’­hui comme une cause impor­tante de dégra­da­tion des artères et d’ac­cu­mu­la­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­rose. On peut y remé­dier par une meilleure hygiène de vie (abs­ti­nence du tabac, nutri­tion, exer­cice, anti-stress, som­meil…) enri­chie de com­plé­ments pres­crits en méde­cine ortho­mo­lé­cu­laireN42, notam­ment magné­siumN43, vita­mine C, sélé­niumN44, resvé­ra­trolN45, ubi­qui­nolN46, poudre de zéo­litheN47 et diverses pré­pa­ra­tions à base de plantes.

Pour la zéo­lithe cli­nop­ti­lo­lite, voir quelques expli­ca­tions sur ce lien com­mer­cial : N48. C’est prin­ci­pa­le­ment un ché­la­teur des métaux lourds qui, selon le méde­cin alle­mand qui me l’a pres­crite, contri­buaient à l’in­flam­ma­tion de l’endo­thé­lium vas­cu­laireN29. Sa com­po­si­tion est proche de miné­raux sili­ca­tés pré­sents dans l’eau de fonte des gla­ciers que les habi­tants de hautes mon­tagnes consom­maient sans la faire décan­ter (Allan NJR, 1990A2 page 406) : notam­ment bio­titeN49 et pla­gio­claseN50. Bien entendu, ces habi­tants avaient d’autres rai­sons de ne pas souf­frir de mala­dies car­dio­vas­cu­laires ! — voir mon article Hunza à perte de vue.

Il est sou­vent ques­tion de l’acide pal­mi­to­léiqueN51 — aussi dési­gné comme une ver­sion d’oméga‑7N52 — comme réduc­teur de l’in­flam­ma­tion sys­té­mique chro­nique, avec d’autres avan­tages : libé­ra­tion de la graisse dans les adi­po­cytes, réduc­tion du dia­bète de type 2 et amé­lio­ra­tion de la sen­si­bi­lité à l’in­su­line (voir articleN53). Cet acide est abon­dant dans l’huile d’ar­gou­sier (vendue en gélules) mais une source ali­men­taire immé­dia­te­ment acces­sible serait la graisse conte­nue dans les pro­duits lai­tiersN54.

Le jus de bet­te­rave rouge lacto-fermentée (à faible teneur en sucre) pro­tè­ge­rait l’endo­thé­lium vas­cu­laireN29 pour de mul­tiples rai­sons énu­mé­rées (et rému­né­rées !) sur un article de J. MercolaN55, parmi les­quelles la pro­duc­tion d’oxyde nitriqueN56 qui faci­lite la dila­ta­tion des artères et régule la pres­sion arté­rielle. On peut fabri­quer soi-même ce jus fer­mentéN57 pour éviter sa pas­teu­ri­sa­tion.

Je reste scep­tique quant à l’u­ti­li­sa­tion de com­plé­ments ali­men­taires sup­po­sés favo­ri­ser la pro­duc­tion d’oxyde nitrique au point d’a­mé­lio­rer la santé arté­rielle. Voir par exemple la vente à un prix « obs­cène » du mélange Niteworks™ (à base d’argi­nineN58, de citrul­lineN59, de vita­mines C et E, d’a­cide folique, d’ALAN60, de L‑taurineN61 et d’ex­trait de mélisse offi­ci­naleN62) n’ayant pas fait preuve de son effi­ca­cité mais promu dans une cam­pagne média­tique fra­cas­sante par l’ex-prix Nobel Louis J. IgnarroN63. Même chose pour Cardio Support™, pro­duit simi­laire sans effi­ca­cité prou­vée mis sur le marché par son ancien coéqui­pier Ferid Murad.

Une étude sur le thé vert a montré qu’un de ses com­po­sants (Epigallocatechin-3-gallate) pour­rait contra­rier la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­roseN6 en dis­sol­vant l’apo­li­po­pro­téine A‑1 (apoA‑1, N64) — voir publi­ca­tionN65 et articleN66. Toutefois, la quan­tité per­met­tant d’ob­te­nir un effet obser­vable n’est pas connue. C’est néan­moins une piste nou­velle qui inté­resse la phar­ma­co­lo­gie.

Problème de quan­ti­fi­ca­tion aussi pour ce qui concerne l’ef­fet pro­tec­teur d’une consom­ma­tion « modé­rée » (typi­que­ment 1 verre par jour pour les femmes, 2 pour les hommes) de bière ou de vin rouge, voir la méta-analyse de Costanzo S et al. (2011N67). Je rap­pelle qu’une méta-analyseN68 com­porte un biais inhé­rent de sélec­tion (d’é­tudes confir­mant l’hy­po­thèse à prou­ver) et fait dis­pa­raître la ran­do­mi­sa­tionN69 des popu­la­tions obser­vées, un des fon­de­ments de toute étude cli­nique pro­bante. Les 16 études étaient déjà uni­que­ment obser­va­tion­nelles, ce qui excluait toute ran­do­mi­sa­tion. Les auteurs affirment n’a­voir aucun lien avec l’in­dus­trie viti­cole mais cela ne pré­juge en rien de l’in­dé­pen­dance des études qu’ils avaient choi­sies… Si le vin rouge est qua­li­fié en raison de son apport en resvé­ra­trolN45, on ne sait pas quelle quan­tité serait néces­saire pour obser­ver un effet pro­tec­teur sans celui, délé­tère, d’une sur­con­som­ma­tion d’al­cool.

L’étude de Sembe RD et al. (2014N70) a par ailleurs contre­dit les argu­ments pré­cé­dents en mesu­rant, sur une cohorte de 783 per­sonnes de plus de 65 ans, que les taux uri­naires de resvé­ra­trolN45 n’é­taient liés à aucun déter­mi­nant de santé ou de mor­ta­lité. De même, l’é­tude de Gliemann, L et al. (2013A15) sur un groupe d’hommes sains d’âge moyen 65 ans, a montré que, contrai­re­ment à ce qu’on observe en expé­ri­men­ta­tion ani­male, une sup­plé­men­ta­tion en resvé­ra­trolN45 rédui­sait l’ef­fet posi­tif de l’en­traî­ne­ment phy­sique sur la ten­sion arté­rielle, le cho­les­té­rol san­guin et l’ab­sorp­tion maxi­male d’oxy­gène, et n’a pas contri­bué à retar­der l’a­thé­ro­sclé­rose.

Le syn­drome inflam­ma­toireN71 à « faible bruit »N28 devrait être quan­ti­fié par des mar­queurs plas­ma­tiques et cel­lu­laires comme la pro­téine C‑réactive, le fibri­no­gèneN72, la vitesse de sédi­men­ta­tion etc. — plus de détails dans mon article Vivre bien et longtemps.

➡ Les méde­cins alle­mands que j’ai consul­tés en octobre 2017 ont accordé la prio­rité à une réduc­tion du stress oxy­dant — voir mon article Je suis à l'hôpital !

L’effet du LDL oxydé sur la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­roseN73 a été montré, entre autres, par Li D & Mehta JL (2005N74). DiNicolantonio JJ & O’Keefe J (2018N75) confirment (p. 1) :

Il a été décou­vert […] que les LDL oxydés (oxLDL) avaient des effets toxiques directs sur la cel­lule, le recru­te­ment et l’en­trée de mono­cytes dans la couche sous-endothéliale et une for­ma­tion accrue de cel­lules en mousse condui­sant à une aug­men­ta­tion de l’a­thé­ro­sclé­rose et de l’in­flam­ma­tion.

L’oxydation du LDL est prin­ci­pa­le­ment causée par la consom­ma­tion de sucre et d’huiles végé­tales poly-insaturées. Elle serait mini­mi­séeN76·N77·N78·N79 par la consom­ma­tion d’acide oléique (oméga‑9N80) qu’on trouve notam­ment dans l’huile d’o­live et la graisse de canard. Les acides gras mono-insaturés pro­tègent aussi à long terme contre l’a­gré­ga­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­roseN81.

Les lipo­pro­téinesN82 assurent une fonc­tion immu­ni­taire en agré­gant les microbes inac­ti­vés et leurs toxines, ces agré­gats pou­vant être sto­ckés dans les vasa vaso­rum N83 des artères et donc contri­buer à la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­rose. Cette agré­ga­tion est accen­tuée par la pré­sence de LDL oxydé et d’ho­mo­cys­téine autre N84 :

La teneur en débris nécro­tiques et en leu­co­cytes et la tem­pé­ra­ture plus élevée que son envi­ron­ne­ment confèrent à la plaque vul­né­rable cer­taines carac­té­ris­tiques d’un micro-abcès qui, par rup­ture, peut déclen­cher une throm­bose occlu­sive. Cette chaîne d’é­vé­ne­ments sug­gé­rée explique pour­quoi de nom­breux symp­tômes cli­niques et résul­tats de labo­ra­toire dans l’in­farc­tus aigu du myo­carde sont simi­laires à ceux obser­vés dans les mala­dies infec­tieuses. Il explique la pré­sence de micro-organismes dans les plaques athé­ro­sclé­ro­tiques et pour­quoi la bac­té­rié­mie et la sep­ti­cé­mie sont sou­vent obser­vées dans l’in­farc­tus du myo­carde com­pli­qué d’un choc car­dio­gé­nique. Il explique les nom­breuses asso­cia­tions entre infec­tions et mala­dies car­dio­vas­cu­laires. Et cela explique pour­quoi le cho­les­té­rol s’ac­cu­mule dans la paroi arté­rielle. Certains fac­teurs de risque peuvent ne pas pro­vo­quer direc­te­ment de mala­die vas­cu­laire, mais ils peuvent alté­rer le sys­tème immu­ni­taire, favo­ri­ser la crois­sance micro­bienne ou pro­vo­quer une hyper­ho­mo­cys­téi­né­mie, condui­sant à des plaques vul­né­rables.

Une mode de plus en plus répan­due pour « manger sain » est de renon­cer à la viande rouge pour la rem­pla­cer notam­ment par du poulet. Ce choix peut avoir des consé­quences graves sur le long terme : les pou­lets — même « bio en plein air » — sont nour­ris au maïs qui entraîne un apport exces­sif d’a­cides gras poly­in­sa­tu­rés oméga‑6N85, prin­ci­pa­le­ment sous forme d’a­cide lino­léique qui a un impact néga­tif sur la santé arté­rielle (DiNicolantonio & O’Keefe, 2018A10). À l’in­verse, la viande rouge issue de pâtu­rages est une source (irrem­pla­çable) de car­no­sineN86. Ce dipep­tide, entre autres, piège les déri­vés réac­tifs de l’oxy­gène (ROSN87) et s’op­pose à la gly­ca­tionN88, deux fac­teurs impor­tants de for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­rose. « En raison de ses pro­prié­tés anti­oxy­dantes, et ses pro­prié­tés anti­gly­ca­tion ché­la­teur de métaux [N89], les sup­plé­ments de car­no­sine ont été pro­po­sés comme une thé­ra­pie géné­rale anti-vieillissement »N86. Il est inté­res­sant de rap­pe­ler qu’Emma Morano, doyenne de l’hu­ma­nité à 117 ans, consom­mait chaque jour 100 à 150 grammes de viande crue — voir mon article Régime de longévité — cuisine à l’italienne.

Les acides gras poly-insaturésN36n‑3 — ou oméga‑3N90 — qu’on trouve prin­ci­pa­le­ment dans les huiles de pois­sons, les noix et cer­taines graines, contri­buent à empê­cher la for­ma­tion de plaque selon un pro­ces­sus qui n’est pas plei­ne­ment expli­cité (Spiteller G, 2005A35). Toutefois, l’é­tude de Awoyemi A et al. (2019N91) a montré, sur un groupe de 484 hommes de 65 à 75 ans à haut risque car­dio­vas­cu­laire suivis pen­dant 36 mois, qu’une sup­plé­men­ta­tion en oméga‑3 n’a­vait pas dimi­nué le risque car­dio­vas­cu­laire ni les taux de bio­mar­queurs de l’inflammation intes­ti­nale qui semble être cor­ré­lée à ce risque.

L’homo­cys­téineN92 est un mar­queur d’une déré­gu­la­tion du cycle de méthy­la­tion (voir N93 ; autre N94) et peut pro­vo­quer des lésions des cel­lules endo­thé­liales. Un niveau exces­sif d’ho­mo­cys­téine peut être causé par une carence en vita­mine B12 chez un adepte de régime végé­ta­rien, a for­tiori végé­ta­lienN95.

Urban Alehagen et col­lègues (2015A1) ont montré qu’une sup­plé­men­ta­tion pen­dant 4 ans en sélé­niumN44 et coen­zyme Q10N96 avait réduit de moitié le risque de mor­ta­lité car­dio­vas­cu­laire chez des per­sonnes âgées, aussi bien celles en bonne santé que celles affec­tées d’une mala­die coro­na­rienne. Cette dimi­nu­tion de risque a été confir­mée par un suivi sur 10 ans. L’étude a été menée en Suède. Les auteurs rap­pellent que le taux de sélé­nium dans le sol ouest-européen est rela­ti­ve­ment peu élevé ; il se pour­rait donc que les carences soient fré­quentes car les sources ali­men­taires de sélé­nium sont faibles en regard des apports jour­na­liers recom­man­désN97. Pour ce qui est de la coen­zyme Q10, la consom­ma­tion de sa forme active (ubi­qui­nolN46) est pré­fé­rable — voir mon article Compléments alimentaires.

Comme je l’ai exposé dans Compléments alimentaires, une forte sup­plé­men­ta­tion en anti­oxy­dants n’est pas une pana­cée uni­ver­selle. Elle contre­di­rait même les effets béné­fiques de l’exer­cice chez les humains (Ristow M et al., 2009A33) en se sub­sti­tuant à leur fabri­ca­tion natu­relle par l’or­ga­nisme. Tout en rédui­sant les mar­queurs du stress oxy­da­tifN98, elle dimi­nue la sen­si­bi­lité à l’insuline qui est un des béné­fices de l’activité phy­sique.

Toute sup­plé­men­ta­tion devrait donc être limi­tée aux sub­stances dont on soup­çonne une carence en dépit d’une acti­vité phy­sique bien régu­lée. On peut par exemple éva­luer les besoins en ubi­qui­nol et vita­mine D3 à partir des taux san­guins de coen­zyme Q10 et de vita­mine D‑25 hydroxy­lase — voir mon article Vitamine D.

➡ Une liste de dosages san­guins sus­cep­tibles de guider le choix de com­plé­ments ali­men­taires est pro­po­sée dans mon article Bilan sanguin, quelques suggestions.

Endotoxémie

Escherichia coli. Source Wikimedia (Y_tambe). CC BY-SA 3.0

L’inflammation est for­te­ment liée à un dés­équi­libre (dys­bioseN99) de notre micro­biote intes­ti­nal (voir l’ar­ticleN100). Comme les autres mala­dies asso­ciées au syn­drome méta­bo­liqueN101 — dia­bète, hyper­ten­sion, obé­sité etc. — elle peut être pro­vo­quée par de l’endo­toxé­mieN102 asso­ciée à la pré­sence exces­sive de bac­té­ries à Gram néga­tifN103. Ces bac­té­ries issues de sub­stances nutri­tives — comme la lec­tineN104 des végé­taux ou le gluten des farines — ou d’in­fec­tions buc­cales (plaque den­taire) colo­nisent l’in­tes­tin grêle si les bar­rières de la flore buc­cale et de l’es­to­mac sont insuf­fi­santes, ce qui est le plus sou­vent le cas des per­sonnes qui consomment beau­coup d’al­cool ou de tabac. Wiedermann CJ et col­lègues (1999N105) ont mesuré que chez des indi­vi­dus de 5 à 79 ans qui avaient dans le sang un taux élevé de lipo­po­ly­sac­cha­rides (LPSN106) — aussi appe­lés des endo­toxines — pro­duits par ces bac­té­ries, les taux d’a­thé­ro­sclé­rose et de car­dio­pa­thie avaient aug­menté de 3 fois au cours des cinq années de leur étude, mais jus­qu’à 13 fois chez les fumeurs ou anciens fumeurs.

Ray Medina explique en détail com­ment les bac­té­ries à Gram néga­tif contri­buent à la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­rose, notam­mentN107 :

Je suis sûr que cer­tains d’entre vous ont entendu parler des cel­lules en mousse. Ces cel­lules sont com­po­sées de macro­phages, de cel­lules mus­cu­laires lisses et de cho­les­té­rol LDL oxydé et forment des stries grais­seuses appe­lées plaques arté­rielles. Si le capu­chon fibreux qui les main­tient se brise, une crise car­diaque ou un acci­dent vas­cu­laire céré­bral peut sur­ve­nir si le caillot bouche l’artère menant au cœur.

Cependant, ce n’est pas tout ce qu’on trouve dans les cel­lules en mousse. Les bac­té­ries sont éga­le­ment sys­té­ma­ti­que­ment pré­sentes dans ces struc­tures et je crois qu’elles sont la prin­ci­pale raison de la for­ma­tion de ces cel­lules. Chlamydia pneu­mo­niae est une cause cou­rante de pneu­mo­nie dans le monde et se trouve sou­vent en tant que consti­tuant de la plaque arté­rielle. Je suis sûr que la plu­part d’entre vous ne seraient pas cho­qués de savoir que cet agent patho­gène appar­tient à la famille des bac­té­ries à Gram néga­tif. Cependant, vous serez peut-être sur­pris d’ap­prendre qu’un pré­cé­dent épi­sode de pneu­mo­nie consti­tue un fac­teur de risque de crise car­diaque. Maintenant vous savez pour­quoi.

Dans un autre articleN108, Ray Medina explique que les bac­té­ries à Gram néga­tifN103 résident dans le micro­biote buccal en asso­cia­tion à des infec­tions den­taires ou de l’in­flam­ma­tion gin­gi­vale liées à une mau­vaise nutri­tion. Ainsi, la santé den­taire est un mar­queur fort de la santé en géné­ral comme l’a­vait observé Weston A. PriceN109

Mais cette pré­sence n’est pas suf­fi­sante pour per­mettre un pas­sage dans le sang, compte tenu de la réac­tion immu­ni­taire et des soins aux­quels le patient aura recours rapi­de­ment pour sou­la­ger sa dou­leur. C’est plutôt l’in­suf­fi­sance de la bar­rière gas­trique qui leur permet d’at­teindre l’in­tes­tin grêle où elles trouvent un milieu favo­rable à la repro­duc­tion — dys­biose intes­ti­naleN99 — et peuvent faci­le­ment passer dans le sang pour atteindre en pre­mier le foie. La dys­biose de l’in­tes­tin grêle entraîne une mau­vaise diges­tion de pro­téines, glu­cides et graisses qui peut se tra­duire par une dys­biose du côlon : pro­li­fé­ra­tion de bac­té­ries, de levures etc.

Il est encou­ra­geant d’ob­ser­ver que la chi­rur­gie baria­triqueN110 met fin à ce pro­ces­sus — malgré son coût post-opératoire élevé pour les patients. Il est donc plus rai­son­nable d’es­sayer de résoudre le pro­blème en amont, à partir d’une com­pré­hen­sion intime des méca­nismes d’as­si­mi­la­tion des acides gras à courte, moyenne et longue chaîne. On y apprend que toutes les lipo­pro­téines — chy­lo­mi­cronsN111, VLDL, LDL, HDL — inac­tivent les lipo­po­ly­sac­cha­ridesN106 et nous pro­tègent aussi de patho­gènes à Gram posi­tif, de virus et de para­sitesN112, autre­ment dit du risque de mala­dies car­dio­vas­cu­laires. Voir une confir­ma­tion sur le dia­gramme de Ricardo CarvalhoN113 com­menté dans mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?

Le TMAO, un nouveau « cholestérol » ?

image TMAO
TMAO

Issue de la mou­vance « végé », l’ar­gu­men­ta­tion contre la consom­ma­tion de viande s’est vue récem­ment ren­for­cée par l’hy­po­thèse d’une modi­fi­ca­tion de l’é­qui­libre du micro­biote intes­ti­nal qui condui­rait, chez les car­ni­vores, à une pro­duc­tion aug­men­tée de TMAO (oxyde de tri­mé­thy­la­mine, N114) cor­ré­lée à des mala­dies car­dio­vas­cu­laires selon Wang Z et al. (2011A37, com­menté par Giess JP, 2017A14). Un taux san­guin élevé de TMAO asso­cié à une consom­ma­tion élevée de L‑carnitineN115 serait de même asso­cié à un risque aug­menté d’a­thé­ro­sclé­rose (Koeth RA et al., 2013A17). Toutefois, dans la publi­ca­tion de Wang Z et al., le lien sup­posé de cau­sa­lité entre TMAO et mala­die car­dio­vas­cu­laire est établi par une étude obser­va­tion­nelle por­tant sur quelques sujets humains (donc impos­sible à expur­ger de ses fac­teurs de confu­sionN116 étayée par une étude pros­pec­tive sur une popu­la­tion de souris à qui l’on admi­nis­trait un sup­plé­ment de car­ni­tine, et non des ali­ments riches en L‑carnitine. Il n’a pas été prouvé que les ali­ments carnés aug­men­taient le taux san­guin de TMAO, à l’ex­cep­tion des chairs de pois­sons répu­tées favo­rables à la santé car­dio­vas­cu­laireN117… Guy-André Pelouze ajoute (2019N118) :

Une fois consom­mée la viande est digé­rée et deux acides aminés, la cho­line et la L car­ni­tine, sont méta­bo­li­sés par des bac­té­ries de la flore intes­ti­nale. Ces bac­té­ries pro­duisent de la TMA qui est ensuite oxydée en TMAO. Cette molé­cule est asso­ciée à l’athérogénèse comme l’a décou­vert Stanley Hazen en 2011. Mais pour autant il est dif­fi­cile de faire coller cette décou­verte avec la réa­lité épi­dé­mio­lo­gique. On sait main­te­nant pour­quoi. Dans le régime médi­ter­ra­néen, l’ail, le vin rouge et l’huile d’olive (sur­tout non fil­trée) contiennent des phy­to­nu­tri­ments qui bloquent la pro­duc­tion de TMA par les bac­té­ries de la flore. Le poten­tiel athé­ro­gène de votre gigot à l’ail cuit avec un peu d’huile d’olive et consommé avec un verre de vin rouge est anni­hilé. C’est pas­sion­nant. Des six molé­cules chi­miques impli­qués dans cette voie, seule la cho­line est rap­por­tée dans les études nutri­tion­nelles. Les cinq autres ne sont pas recher­chées.

Voir la dis­cus­sion par Chris Kresser (2013A20) et mon article Choline.

La bac­té­rie Eubacterium limo­sum, connue pour limi­ter l’in­fec­tion intes­ti­nale, exerce aussi un effet pro­tec­teur de la santé car­dio­vas­cu­laire. Yann Contegat écrit (2020N119) :

[…] les cher­cheurs [Kountz DJ et al., 2020A19] ont décou­vert que E. limo­sum inter­agis­sait avec la L‑carnitine de manière dif­fé­rente dans l’intestin, en empê­chant le nutri­ment de jouer son rôle dans la pro­duc­tion de TMA.

Le com­por­te­ment béné­fique de la bac­té­rie a été attri­bué à la pro­téine MtcB, une enzyme impli­quée dans la démé­thy­la­tion, pro­ces­sus modi­fiant la struc­ture ou la fonc­tion d’un com­posé en éli­mi­nant un groupe méthyle par­ti­cu­lier. Lorsque E. limo­sum était exposé à la L‑carnitine, les cher­cheurs on en effet constaté que la bac­té­rie syn­thé­ti­sait la pro­téine MtcB pour cibler et neu­tra­li­ser spé­ci­fi­que­ment le groupe méthyle de ce nutri­ment, limi­tant ainsi la pro­duc­tion de TMA sans pro­duire d’autres com­po­sés nocifs dans le pro­ces­sus.

DiNicolantonio et col­lègues (2019N120) ont aussi sug­géré qu’un taux élevé de TMAO serait un mar­queur de résis­tance à l’in­su­lineN121 au niveau hépa­tique et d’in­suf­fi­sance rénale. Ils écrivent (p. 5) :

En fait, une méta-analyse d’é­pi­dé­mio­lo­gie nutri­tion­nelle per­ti­nente n’a pas permis d’ob­ser­ver un impact de la cho­line ali­men­taire sur le risque car­dio­vas­cu­laire. La sup­plé­men­ta­tion en car­ni­tine a permis de réduire la mor­ta­lité et les risques d’a­ryth­mie et de reprise d’an­gine de poi­trine chez les patients ayant déjà souf­fert d’un infarc­tus du myo­carde, a fait preuve d’u­ti­lité cli­nique dans l’an­gine de poi­trine, la clau­di­ca­tion inter­mit­tente et l’in­suf­fi­sance car­diaque, ainsi que des effets anti-athérogènes chez des ron­geurs nour­ris à des niveaux modé­rés com­pa­rables à la dose de sup­plé­men­ta­tion chez l’homme. Et la consom­ma­tion de pois­son est cor­ré­lée dose-dépendante avec des résul­tats vas­cu­laires favo­rables. Ces consta­ta­tions mènent iné­luc­ta­ble­ment à la conclu­sion que le TMAO n’est pas un fac­teur de risque média­teur, du moins aux concen­tra­tions obser­vées chez les per­sonnes dont la fonc­tion rénale n’est pas gra­ve­ment défi­ciente.

Un taux de TMAO modé­ré­ment élevé doit donc être consi­déré comme un mar­queur d’autres fac­teurs qui la font aug­men­ter et qui aug­mentent le risque de mala­die vas­cu­laire et de dia­bète. Les taux plas­ma­tiques de TMAO reflètent for­te­ment la fonc­tion rénale. Par consé­quent, une partie du risque asso­cié à une TMAO élevée est pro­vo­quée par une insuf­fi­sance de la fonc­tion rénale ou par des fac­teurs réno­toxiques éga­le­ment vas­cu­lo­toxiques ou favo­ri­sant le dia­bète.

[…] Pour conclure, il y a lieu de penser que le risque élevé d’é­vé­ne­ments vas­cu­laires et de dia­bète de type 2 asso­cié à un TMAO élevé, après cor­rec­tion des fac­teurs de risque recon­nus, est lar­ge­ment influencé par la résis­tance à l’in­su­line au niveau hépa­tique et par les fac­teurs méta­bo­liques qui l’in­duisent.

Régime ?

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La pres­crip­tion de « régime sans sel » mérite un examen cri­tique. La véri­table raison d’être de cette pres­crip­tion des car­dio­logues est que la pri­va­tion de sel dimi­nue la ten­sion arté­rielle à cause de la déshy­dra­ta­tion chro­nique qu’elle pro­voque. Le besoin quo­ti­dien pour un adulte serait de 3 à 4 grammes plutôt que les 2.3 grammes recom­man­dés par la Food and Drug Administration aux USA. Selon Dr. James DiNicolantonio, la carence en sel exci­te­rait le sys­tème de récom­pense dans le cer­veau, avec pour effet d’aug­men­ter le risque d’ad­dic­tion au sucre, aux drogues etc.N122 — voir la pré­sen­ta­tion de son ouvrage dans mon article Le sel est-il notre ami ?

Le plus impor­tant pour la santé car­dio­vas­cu­laire serait donc de res­tau­rer un bon équi­libre sodium/potassium en com­pen­sant (par la nutri­tion) une carence en potas­sium plutôt qu’un excès de sodium. Voir à ce sujet les apports jour­na­liers recom­man­dés et les sources ali­men­taires de potas­siumN123.

En évi­tant tout ali­ment trans­formé indus­triel­le­ment, on réduit aussi consi­dé­ra­ble­ment l’ap­port de sodium. Certains ali­ments comme les fro­mages affi­nés peuvent néan­moins conte­nir une quan­tité impor­tante de sel. S’ils sont au menu, il est donc sou­hai­table de limi­ter les ajouts de sel dans d’autres plats, sans oublier tou­te­fois que le sel (non raf­finé) est aussi une source de magné­sium, d’oligo-éléments et d’iode (ajou­tée).

Des études sont menées sur le rôle que peuvent jouer les corps céto­niquesN124 dans le trai­te­ment de l’in­flam­ma­tion, et donc indi­rec­te­ment de l’a­thé­ro­sclé­rose (Sirtoli R, 2017A34). Ces sub­stances sont pro­duites par un orga­nisme soumis à un régime ali­men­taire faible en glu­cides et donc rela­ti­ve­ment riche en lipides pour assu­rer l’é­qui­libre calo­rique (low-carb high-fat). La ver­sion la plus radi­cale de ce régime s’ap­pelle la diète céto­gèneN125 dont les effets sont simi­laires à ceux d’un jeûne de longue durée. Depuis sep­tembre 2017, je pra­tique par inter­mit­tence une diète céto­gène asso­ciée à de la res­tric­tion calo­rique, avec un bon résul­tat au niveau des mar­queurs d’in­flam­ma­tion — voir mon article Diète cétogène – expérience.

Enzymes

La piste des enzymes fibri­no­ly­tiques a été ouverte par Hans Alfred NieperN126 — voir sa lettre à Townsend Letter for Doctors and Patients (1997A29) et la page A Silky Solution to Heart DiseaseN127. Ce méde­cin uti­li­sait la ser­ra­pep­taseN128, une enzyme pro­duite dans l’in­tes­tin des vers à soie qui a pour pro­priété de dis­soudre les cel­lules des cocons dont ils ont besoin de se libé­rer. Cette dis­so­lu­tion serait utile pour détruire des agré­gats ou des plaques d’a­thé­ro­sclé­rose, la com­po­si­tion chi­mique de la fibrineN129 étant proche de celle de la soie. Les tra­vaux de Nieper ont été dis­qua­li­fiés en l’ab­sence de preuves d’ef­fi­ca­cité de trai­te­ments qu’il pré­co­ni­sait pour le cancer et la sclé­rose en plaque, mais la ques­tion du soin de l’a­thé­ro­sclé­rose reste ouverte.

Un article de Kotb E (2014A18) pré­sente les enzymes fibri­no­ly­tiques en trai­te­ment de mala­dies car­dio­vas­cu­laires. L’effet fibri­no­ly­tique de ces enzymes les réservent à des patients à risque de throm­boseN130, qui pré­sentent un taux assez élevé de fibri­no­gèneN72. De plus, il doit être balancé, sur avis médi­cal, avec celui des anti­agré­gants pla­quet­tairesN131.

Certaines enzymes effi­caces se trouvent dans les pré­pa­ra­tions fer­men­tées de la cui­sine asia­tique, comme le nattō au JaponN132. Ce der­nier est aussi la source la plus riche de vita­mine K2 impli­quée dans le méta­bo­lisme du cal­cium, sus­cep­tible d’é­vi­ter une cal­ci­fi­ca­tion des vais­seaux san­guins (Gast GC et al., 2009A13 ; Kurnatowska I et al., 2015N133) qui contri­bue à la for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­rose. Cette vita­mine contient de la pro­téine Matrix glaN134 dont le rôle est déter­mi­nant pour éviter que le cal­cium soit accu­mulé dans les reins ou sur les artères — voir une vidéo (Tufano F, 2019N135) et ma page Compléments alimentaires.

Une pré­pa­ra­tion enzy­ma­tique d’un autre genre (HORVI C300) m’a été pres­crite à Wiesbaden (Allemagne) par un méde­cin qui m’a cer­ti­fié qu’elle béné­fi­ciait de 70 années d’ex­pé­rience cli­nique pour la réduc­tion de l’a­thé­ro­sclé­rose. Elle contient — en très petites quan­ti­tés ! — des venins de bothrops jara­raca et lache­sis muta. Snake oil ? 😉

Exercice

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Les pra­tiques d’exer­cice inten­sif de courte durée méritent une atten­tion par­ti­cu­lière, sachant que la seule recom­man­da­tion de pro­fes­sion­nels de santé formés à la vieille école serait de « faire du sport ». Il faut veiller à res­pec­ter le temps de récu­pé­ra­tion mini­mum (48 heures) et la brève durée des séances (15 à 30 minutes) pour assu­rer leur plein effet — voir mon article Entraînement fractionné de haute intensité - pratique. Parmi leurs effets immé­diats, la pro­duc­tion d’oxyde nitriqueN56 déjà citée. On peut faire pré­cé­der chaque séance par la consom­ma­tion de jus de bet­te­rave rouge lacto-fermentée.

L’exer­cice d’en­du­rance (voir mon article) com­plète sans le rem­pla­cer l’en­traî­ne­ment de haute inten­sité. La modé­ra­tion est de mise, notam­ment sur­veiller le rythme car­diaque et ne pas dépas­ser une durée quo­ti­dienne adap­tée à ses capa­ci­tés — voir mon article Overdose d’exercice ➜ danger. La pra­tique, aujourd’­hui très répan­due, de sprint au niveau le plus élevé de fré­quence car­diaque — pro­to­cole Tabata, voir mon article Entraînement fractionné de haute intensité - pratique — cor­res­pond à un pic excep­tion­nel de stress qui se tra­duit par la pro­duc­tion de nora­dré­na­lineN136 pou­vant induire la dis­so­lu­tion d’un film bac­té­riel (pseu­do­mo­nas aeru­gi­nosaN137) contenu dans la plaque et donc sa frag­men­ta­tion (Lanter BB et al, 2014A22).

Selon Dr. Philip Maffetone (2015A24, p. 286–287), la fré­quence car­diaque opti­male dans un entraî­ne­ment aéro­bie serait (180 – votre âge) avec un fac­teur cor­rec­tif dépen­dant de la forme phy­sique : voir mon article Entraînement d'endurance pour plus de détails. Il s’agit d’acti­vité aéro­bie à faible niveauN138. La fré­quence cal­cu­lée selon Maffetone est net­te­ment infé­rieure à celle de la plu­part des adeptes d’un entraî­ne­ment d’en­du­rance, et son dépas­se­ment sur une longue durée est pré­ju­di­ciable à une per­sonne en mau­vaise santé car­dio­vas­cu­laire.

Conclusion

Le seul défaut de tous ces pro­duits et pra­tiques est de ne pas être des molé­cules bre­ve­tables, qui aurait pu moti­ver les indus­triels finan­ceurs d’es­sais cli­niques. 🙁

Il s’en­suit que la plu­part de ces recom­man­da­tions se situent en dehors du cadre de la méde­cine fondée sur les preuvesN139, ce qui permet aux « experts » de les dis­qua­li­fier sous cou­vert de rigueur scien­ti­fique… au béné­fice d’une phar­ma­co­pée qui, nous l’a­vons vu, repose trop sou­vent sur des études cli­niques fal­si­fiées ou sur­in­ter­pré­tées.

➡ Je rap­pelle que le contenu de ce site ne se sub­sti­tue pas aux recom­man­da­tions des pro­fes­sion­nels de santé consul­tés par les lec­teurs.

✓ Références

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Article créé le 30/12/2017 - modifié le 17/07/2020 à 10h20

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