Exercice

Exercice : pourquoi et comment ?

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Ce site n’est pas dédié aux spor­tifs sou­hai­tant per­fec­tion­ner leur entraî­ne­ment, bien que son conte­nu fasse sou­vent réfé­rence à des don­nées de méde­cine spor­tive. Il pro­pose une approche mini­male de l’exer­cice pour l’en­tre­tien de sa san­té, en com­plé­ment d’autres recom­man­da­tions sur la nutri­tion, l’hydra­ta­tion, le som­meil, etc.

Tous les méde­cins et les articles sur la « san­té » le disent : il faut faire de l’exer­cice ! Mais quand, com­ment, en quelle quan­ti­té ? La réponse n’est pas simple pour ceux ou celles qui souffrent de mala­dies car­dio­vas­cu­laires, d’o­bé­si­té, d’une mobi­li­té réduite, d’un âge avan­cé, ou tout cela à la fois… On a donc besoin d’ins­truc­tions mini­males qui n’ex­posent pas ces per­sonnes à du risque. Je les lis­te­rais ain­si :

  • Veiller à « dyna­mi­ser » en per­ma­nence sa masse mus­cu­laire. Prendre exemple sur nos ani­maux domes­tiques tou­jours prêts à se lever même quand ils sont en plein repos. Par exemple, assis à un bureau, mettre en mou­ve­ment régu­liè­re­ment le plus de muscles pos­sible, se lever et se ras­seoir fré­quem­ment, cor­ri­ger sa pos­ture en éti­rant le dos. Quand on marche, veiller à gar­der la colonne droite : les ennuis com­mencent quand on laisse le dos se voû­ter ! Et main­te­nir (sans for­cer) les muscles abdo­mi­naux comme si on s’at­ten­dait à rece­voir un coup.
  • Faire de l’exer­cice de résis­tance mini­mal. L’en­traî­ne­ment mus­cu­laire MAF de Phi­lip Maf­fe­tone est une excel­lente approche.
  • Pra­ti­quer la marche frac­tion­née et la course lente comme nos amis japo­nais qui prennent soin des per­sonnes âgées.

Contrai­re­ment à une idée reçue, l’ac­ti­vi­té « occu­pa­tion­nelle » déployée pen­dant l’exer­cice d’une pro­fes­sion ou d’un loi­sir — tra­vaux de force, mais aus­si soins à la per­sonne, ménage, jar­di­nage, etc. — n’ap­porte pas les mêmes béné­fices qu’un entraî­ne­ment « spor­tif » bien conduit. Andreas Hol­ter­mann et ses col­lègues (2018N1) ont mon­tré qu’une acti­vi­té occu­pa­tion­nelle intense peut au contraire avoir des effets délé­tères : aug­men­ta­tion des mala­dies car­dio­vas­cu­laires et de la mor­ta­li­té, même après ajus­te­ment du niveau socio-éco­no­mique, du temps de loi­sir et d’autres com­por­te­ments influant sur la san­té. En résu­mé : « Le tra­vail ce n’est pas la san­té ! »

Les méca­nismes expli­quant le « para­doxe de la san­té ».
Source : N1. CC BY-NC 4.0

Les auteurs iden­ti­fient six fac­teurs expli­quant ce para­doxe de la san­té (voir dia­gramme ci-des­sus) :

  • L’activité phy­sique pro­fes­sion­nelle est de trop faible inten­si­té ou de trop longue durée pour main­te­nir ou amé­lio­rer la forme car­dio­res­pi­ra­toire et la san­té car­dio­vas­cu­laire
  • Elle aug­mente le rythme car­diaque sur 24 heures
  • Une acti­vi­té pro­fes­sion­nelle qui implique de por­ter des charges lourdes ou de res­ter dans des posi­tions sta­tiques aug­mente la pres­sion arté­rielle sur 24 heures
  • L’activité phy­sique pro­fes­sion­nelle est sou­vent accom­plie avec un temps insuf­fi­sant de récu­pé­ra­tion
  • L’activité phy­sique pro­fes­sion­nelle est sou­vent mal contrô­lée en termes de sécu­ri­té
  • L’activité phy­sique pro­fes­sion­nelle aug­mente les niveaux d’in­flam­ma­tion

De manière géné­rale, toute pra­tique d’exer­cice aug­mente le stress. Alors que cette aug­men­ta­tion est le plus sou­vent béné­fique aux per­sonnes en bonne san­té, elle peut être « la goutte qui fait débor­der le vase » chez celles en situa­tion de fatigue chro­nique à cause d’un sys­tème ner­veux blo­qué en mode « sur­vie » (Mal­mas­son R, 2025N3).

Phil Maf­fe­tone à Lis­bonne en 2020. Source : N2

Les fac­teurs limi­ta­tifs sont à rete­nir lors­qu’on aborde l’en­traî­ne­ment spor­tif ou toute forme d’exer­cice visant le main­tien en bonne san­té. Des entraî­neurs comme Dr Phi­lip Maf­fe­tone (2015N4) ont mon­tré qu’une modé­ra­tion — soi­gneu­se­ment réglée — de l’exer­cice d’en­du­rance se révèle, sur le long terme, béné­fique pour les per­for­mances aus­si bien que la lon­gé­vi­té d’une car­rière spor­tive pro­fes­sion­nelle. Il n’y a donc pas de dis­pa­ri­té fon­da­men­tale entre les sou­haits d’être « en forme » et « en bonne san­té ».

Selon l’as­so­cia­tion Atti­tude Pré­ven­tionN5 sou­te­nue par la Fédé­ra­tion Fran­çaise de l’Assurance,

Chaque année depuis 2012, Atti­tude Pré­ven­tion recueille auprès des Fran­çais des don­nées com­por­te­men­tales (mesure du nombre de pas via un podo­mètre por­té pen­dant 7 jours) et des don­nées décla­ra­tives sur leur pra­tique d’APS [acti­vi­té phy­sique et spor­tive], leurs habi­tudes de vie, leur envi­ron­ne­ment… À l’issue de 5 ans d’observation, les résul­tats montrent, qu’avec une moyenne de 7 889 pas par jour, et même si ce nombre de pas pro­gresse (+386 pas en 2016 ver­sus 2015 par exemple), 3/4 des Fran­çais ont un niveau d’activité qui reste encore loin des 10 000 pas quo­ti­diens à atteindre pour se main­te­nir en forme et pré­ser­ver sa san­té (recom­man­da­tion de l’Organisation Mon­diale de la San­té).

On peut bien sûr dou­ter de la per­ti­nence d’une mesure de « nombre de pas » comme indi­ca­teur d’une acti­vi­té saine… Mais cette com­pa­rai­son peut être éten­due à d’autres acti­vi­tés moins faciles à quan­ti­fier.

À vou­loir faire trop et trop bien, on se lasse vite. Consa­crer plu­sieurs heures par jour à de l’exer­cice d’en­du­rance « au delà de sa zone de confort » per­met d’a­mé­lio­rer ses per­for­mances spor­tives et/ou d’af­fi­cher un phy­sique répon­dant à cer­tains cri­tères de beau­té. Tou­te­fois, en l’ab­sence de moti­va­tion ou faute de résul­tats visibles, on est ten­té de ces­ser l’en­traî­ne­ment sous n’im­porte quel pré­texte. Les pro­prié­taires de salles de fit­ness connaissent un taux d’a­ban­don éle­vé de leur clien­tèle après quelques jours ou quelques semaines…

L’a­ban­don pro­duit un sen­ti­ment d’é­chec car il conduit à la perte d’un acquis et sou­vent à une dégra­da­tion visible de l’é­tat de san­té.

De nom­breux spor­tifs pro­fes­sion­nels font l’ex­pé­rience de cet effon­dre­ment lors­qu’ils renoncent à la com­pé­ti­tion suite à un acci­dent, une réorien­ta­tion de leur car­rière, ou sim­ple­ment sous la contrainte de la « limite d’âge »…

Ce qu’on peut y gagner…

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Amé­lio­ra­tion des facul­tés mémo­rielles
asso­ciée à la pra­tique d’exer­cice
(Moon HY et al., 2016N6)

L’exer­cice peut-il rajeu­nir le cer­veau de 10 ans ? C’est ce que semble démon­trer une publi­ca­tion de l’U­ni­ver­si­té de Mia­mi (Willey JZ et al., 2016N7). L’activité phy­sique est une option sédui­sante et facile à mettre en œuvre pour réduire la charge de la dété­rio­ra­tion cog­ni­tive en termes de san­té publique, car elle est peu coû­teuse et n’interfère pas avec les médi­ca­ments (voir article en fran­çais, 2021N8).

L’expérimentation ani­male puis humaine (Moon HY et al., 2016N6) a mis en évi­dence un lien cau­sal — la sécré­tion d’une pro­téine (CTSB cathep­sin BN9) — entre la pra­tique d’exercice et une amé­lio­ra­tion des facul­tés mémo­rielles (Hamil­ton J, 2016N10).

Deux études menées sur de grands nombres d’in­di­vi­dus d’âge moyen signalent qu’un accrois­se­ment signi­fi­ca­tif de la lon­gé­vi­té peut être atteint en consa­crant envi­ron 150 minutes par semaine à de l’exer­cice d’en­du­rance, avec un bonus lorsque 20 à 30 minutes sont occu­pées par de l’exer­cice contre résis­tance — plus pré­ci­sé­ment l’entraî­ne­ment frac­tion­né de haute inten­si­té ou l’en­traî­ne­ment mus­cu­laire MAF de Phi­lip Maf­fe­tone. Il est impor­tant de ne pas confondre les deux, bien qu’ils aient des effets com­plé­men­taires quand ils sont bien pra­ti­qués.

Cette confu­sion est par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reuse s’a­gis­sant de san­té car­dio­vas­cu­laire : tout le monde sait qu’on peut l’en­tre­te­nir en « fai­sant de l’exer­cice », mais de nom­breux « spor­tifs du dimanche » s’ex­posent à un risque éle­vé d’infarc­tus du myo­cardeN11 lié au sur­en­traî­ne­ment — voir Over­dose d’exercice ➜ dan­ger.

Des études (prin­ci­pa­le­ment en expé­ri­men­ta­tion ani­male) sug­gèrent que l’exer­cice de haute inten­si­té dimi­nue­rait le risque de can­cer et qu’il pour­rait aus­si aug­men­ter l’ef­fi­ca­ci­té de son trai­te­ment — voir mon article Can­cer – nou­velles pistes.

Contrai­re­ment aux dis­cours répan­dus dans les médias, je n’ai pas inclus la lutte contre le sur­poids et l’o­bé­si­té dans la liste des bien­faits atten­dus de l’exer­cice. Les rai­sons en sont expo­sées dans mon article Man­ger et bou­ger ? qui démontre l’ab­sence de fon­de­ment de ces pro­po­si­tions. Même des entraî­neurs spor­tifs répu­tés comme Phi­lip Maf­fe­tone (2015N4) ne cessent de répé­ter aux ath­lètes : “Exer­cize is inef­fec­tive for weight mana­ge­ment” (l’exer­cice est inef­fi­cace pour la sur­veillance du poids), esti­mant que cette sur­veillance relève « à 80 % de la nutri­tion et 20 % de l’exer­cice »…

Tou­te­fois, nous ver­rons dans l’ar­ticle Exer­cice d’en­du­rance qu’un entraî­ne­ment aéro­bieN12 pra­ti­qué à un niveau « sous-maxi­mal » (selon la for­mule « 180 – votre âge ») a pour effet de déve­lop­per la « machine aéro­bie » qui brûle des graisses en prio­ri­té sur les sucres. S’il est accom­pa­gné d’une nutri­tion saine, ce pro­ces­sus se pro­longe en dehors des heures d’en­traî­ne­ment pour libé­rer l’or­ga­nisme de sa graisse abdo­mi­nale en excès. Il en est de même pour le sprint cor­rec­te­ment pra­ti­qué qui libère un « flot d’hor­mones » (HGH et tes­to­sté­rone) réta­blis­sant l’é­qui­libre. Voir mes articles Entraî­ne­ment frac­tion­né de haute inten­si­té – pra­tique et Entraî­ne­ment mus­cu­laire à inten­si­té variable.

Une question de santé publique

Dans son ouvrage Exer­ci­sed – The Science of Phy­si­cal Acti­vi­ty, Rest and Health (2021N13 p. 272), Daniel Lie­ber­man signale qu’aux États-Unis, l’u­ti­li­sa­tion de la cein­ture de sécu­ri­té évite envi­ron 10 000 morts par an dans les acci­dents de la cir­cu­la­tion. Tou­te­fois, par ailleurs, le manque d’ac­ti­vi­té phy­sique, le séden­ta­ri­té, cau­se­raient envi­ron 300 000 décès. Or la cein­ture de sécu­ri­té est obli­ga­toire, mais pas l’exer­cice phy­sique !

Il a donc sug­gé­ré, dans son uni­ver­si­té d’Har­vard, d’a­jou­ter une obli­ga­tion de culture phy­sique au cur­ri­cu­lum de tous les étu­diants. Mais cette pro­po­si­tion a tou­jours essuyé un refus. Les motifs du refus sont emblé­ma­tiques d’une men­ta­li­té domi­nante — cer­tains diraient “woke” — dans le milieu édu­ca­tif (Lie­ber­man D, 2021N13 p. 276) :

Jus­qu’à pré­sent, mes efforts pour réta­blir une sorte de pro­gramme d’ac­ti­vi­té phy­sique pour nos étu­diants de pre­mier cycle ont échoué. Les cri­tiques les plus cou­rantes sont que rendre l’exer­cice obli­ga­toire est coer­ci­tif, que notre tra­vail consiste à édu­quer les esprits, pas les corps, que les étu­diants n’ont pas assez de temps, et que les recom­man­da­tions d’exer­cice peuvent être trau­ma­ti­santes et dis­cri­mi­na­toires pour les étu­diants han­di­ca­pés ou ceux qui sont en sur­poids ou qui ne se sentent pas à l’aise dans leur corps.

Comment s’y prendre ?

Dans un article du Cana­dian Medi­cal Asso­cia­tion Jour­nal, Tam­my C Hoff­mann et ses col­lègues (2016N14) déplorent que la pres­crip­tion « faire de l’exer­cice » fasse trop rare­ment par­tie du bagage thé­ra­peu­tique. Les rai­sons de ce manque peuvent être trou­vées dans une for­mu­la­tion trop vague de cette pres­crip­tion (CMA, 2016N15).

L’exer­cice est sou­vent négli­gé dans les pres­crip­tions au béné­fice de solu­tions médi­ca­men­teuses ou chi­rur­gi­cales, en dépit du fait qu’il est d’une effi­ca­ci­té com­pa­rable. Les fac­teurs contri­buant à ce manque de pres­crip­tion sont une mécon­nais­sance des méde­cins et de leurs patients sur l’ef­fi­ca­ci­té des dif­fé­rents types d’exer­cice, une des­crip­tion som­maire des exer­cices dans les études, et un manque d’é­du­ca­tion des pra­ti­ciens de san­té.

Dans son article Le genre dans le dis­cours médi­cal et reli­gieux sur les sports au Qué­bec, 1920–1950, Élise Detel­lier ajoute (2009N16) :

Concer­nant les seules acti­vi­tés phy­siques adap­tées (APA) pres­crites aux malades en ALD [Affec­tions de longue durée], l’application de la loi a lar­ge­ment été pha­go­cy­tée par le milieu spor­tif qui l’a détour­née pour mieux s’emparer des fonds alloués et trans­for­mer l’idée ini­tiale de lutte contre la séden­ta­ri­té des malades vers la pro­mo­tion du « sport-san­té ». Ce tiret qui asso­cie sport et san­té ren­force la négli­gence quant à la prise en charge spé­ci­fique des femmes. Il for­ma­lise une concep­tion ancienne, nor­mée et uti­li­taire, des sports en tant que moyens de garan­tir la san­té des socié­tés indus­trielles, les hommes étant des­ti­nés à affer­mir leur puis­sance et les femmes à assu­rer leur « bonne san­té » ain­si que celle de « leurs enfants ».

Dans les stages San­té – Décou­verte, nous pri­vi­lé­gions des exer­cices à la por­tée du plus grand nombre qui n’exigent pas un coa­ching par­ti­cu­lier, ni l’ac­cès une salle de fit­ness. Libre à chacun·e, bien enten­du, de com­plé­ter la gamme en uti­li­sant les ins­tru­ments qui lui conviennent.

Bien que l’ap­proche pré­sen­tée ici puisse rap­pe­ler celle du Cross­FitN17 (entraî­ne­ment croi­sé com­bi­nant l’exer­cice d’en­du­rance avec un entraî­ne­ment de haute inten­si­té), l’ob­jec­tif prin­ci­pal n’est pas une aug­men­ta­tion des per­for­mances spor­tives, mais une amé­lio­ra­tion de la san­té chez des per­sonnes de tous âges et toutes condi­tions, avec un éven­tail d’exer­cices sans dan­ger si on les aborde sans esprit de com­pé­ti­tion — ni avec d’autres ni avec soi-même. Au sujet du Cross­Fit, l’his­to­rien Daniel Kunitz recon­naît « une accep­ta­tion géné­ra­li­sée de la souf­france pour des rai­sons autres que reli­gieuses. » Son inven­teur Greg Glass­man le décri­vait même comme « une reli­gion diri­gée par un gang de motards » ! (Hart M, 2021N18)

Dans l’ar­ticle Exer­cice d’en­du­rance, je pré­sente un « indi­ca­teur », le MAF testN19 per­met­tant de mesu­rer chez soi (un vélo d’ap­par­te­ment suf­fit) l’é­vo­lu­tion de sa capa­ci­té aéro­bie, para­mètre essen­tiel de la san­té car­dio­vas­cu­laire.

L’en­traî­neur Taw­nee Pra­zak écri­vait dans l’a­vant-pro­pos de Phil Maf­fe­tone (2015N4 page viii) : « La per­for­mance ath­lé­tique, la san­té et le style de vie — tous sont imbri­qués. » Il sous-enten­dait que, pour deve­nir un ath­lète, il faut être en bonne san­té et main­te­nir un bon style de vie. Je ren­verse sa pro­po­si­tion en affir­mant que pour être en bonne san­té il faut avoir un bon style de vie et s’en­traî­ner… comme un ath­lète ! On l’a déjà pré­ci­sé : sans com­pé­ti­tion.

Les tech­niques d’en­traî­ne­ment décrites sur ce site sont com­pa­tibles avec d’autres pra­tiques issues d’en­sei­gne­ments tra­di­tion­nels. Je songe notam­ment au Dǎo YǐnN20 de la Chine ancienne que j’ai le bon­heur de pra­ti­quer occa­sion­nel­le­ment sous la direc­tion d’un excellent ins­truc­teur — voir nos stages San­té – Décou­verte.

Ce n’est pas qu’une affaire de muscles !

Source : N21

Dans mes articles Entraî­ne­ment frac­tion­né de haute inten­si­té – pra­tique et Deve­nir fort !, plus géné­ra­le­ment dans les publi­ca­tions trai­tant de l’en­traî­ne­ment phy­sique, il est sur­tout ques­tion de « mus­cu­la­tion ». C’est pas­ser sous silence que la plu­part des exer­cices pro­po­sés agissent aus­si sur les ten­donsN22, ain­si que sur les fas­ciasN23 dont les contrac­tions influencent la dyna­mique mus­cu­laire. L’é­mis­sion « Fas­ci­nants fas­cias : les alliés secrets de notre orga­nisme » dif­fu­sée sur ARTE le 27/1/2018N24 pré­sen­tait un champ de recherche récent, encore mécon­nu du public, mais ren­du visible par les pro­grès de l’i­ma­ge­rie médi­cale.

Les cher­cheurs de ce domaine ont mis au point des séries d’exer­cices inter­ve­nant direc­te­ment sur les fas­cias, bien évi­dem­ment en sol­li­ci­tant aus­si les muscles : voir l’ou­vrage de Sieg­bert Tem­pel­hof et al. (2016N21). L’in­té­rêt de ce livre est de pro­po­ser des tests d’é­va­lua­tion des chaînes fas­ciales pour les­quelles des exer­cices spé­ci­fiques sont décrits avec péda­go­gie. La pre­mière par­tie est consa­crée à une pré­sen­ta­tion de don­nées sur les fas­cias qui per­mettent de sai­sir la logique des éva­lua­tions et des exer­cices.

Dǎo Yǐn. Source : N20

Une pra­tique de soin manuel comme le yukidōN25 agit aus­si sur les fas­cias, prin­ci­pa­le­ment pour la récu­pé­ra­tion de trau­ma­tismes liés à des chutes ou des chocs. Ces trau­ma­tismes induisent une perte de mobi­li­té (trop sou­vent attri­buée à « l’âge ») et des désordres méta­bo­liques qui peuvent se mani­fes­ter long­temps après le choc ini­tial — voir « Le sou­ve­nir du corps »N26.

Récem­ment (été 2019) j’ai décou­vert avec grand bon­heur la pra­tique du Dǎo YǐnN20, un ancêtre du qìgōng chi­nois, dans le cadre de nos stages San­té – Décou­verte. Telle qu’en­sei­gnée, cette technique/philosophie couvre lar­ge­ment les objec­tifs des tech­niques « occi­den­tales » décrites sur ce site, avec une vision héri­tée de celle de l’éner­gé­tique chi­noise. À la lisière entre pos­ture et mou­ve­ment, le Dǎo Yǐn se marie aus­si par­fai­te­ment aux pra­tiques d’éveil des sen­sa­tions et des muscles dans le yukidōN25 — voir mon article Gym­nas­tique invo­lon­taire.

Ces pra­tiques com­plètent ou rem­placent avan­ta­geu­se­ment celles de mas­sages, sou­vent exer­cés avec peu de dis­cer­ne­ment, qui peuvent conduire à des gestes intru­sifs et nuisent à la san­té ou la digni­té des per­sonnes — voir mon article à ce sujet.

La balle est dans votre camp

Phi­lip Maf­fe­tone recon­naît qu’il n’a aucune gamme d’exer­cices ni « pro­gramme » à vendre aux ath­lètes. C’est à chacun·e qu’il appar­tient d’ac­qué­rir les com­pé­tences lui per­met­tant d’é­la­bo­rer un pro­gramme adap­té à ses dis­po­si­tions et ses besoins (2015N27 page 7) :

Mon expo­si­tion à de plus en plus de cou­reurs m’a conduit à faire du coa­ching per­son­nel, mais j’ai fait en sorte que ce coa­ching n’o­béisse pas au sché­ma tra­di­tion­nel consis­tant à four­nir aux ath­lètes des pro­grammes d’en­traî­ne­ment et à les encou­ra­ger à cou­rir plus vite. Au lieu de cela, mon style d’entraînement consis­tait à les aider à deve­nir leur propre entraî­neur, tout en leur offrant un retour objec­tif. Ils s’en­traî­naient eux-mêmes avec ma contri­bu­tion, ce qui les a aidés à deve­nir plus intui­tifs et ins­tinc­tifs à pro­pos de leur corps.

➡ Comme en matière de nutri­tion, si vous êtes en quête de recettes vous les trou­ve­rez sur d’autres sites !

Mark Sis­son (2016N28 page xii) pro­pose aus­si de renon­cer à la régu­la­ri­té (consis­ten­cy) pour pri­vi­lé­gier un entraî­ne­ment « intui­tif ». Ce terme fait écho aux pro­po­si­tions de mon article Gym­nas­tique invo­lon­taire, bien qu’il soit for­mu­lé de manière éva­sive — l’in­vo­lon­taire res­tant une terre inex­plo­rée des entraî­neurs spor­tifs comme des dan­seurs.

Invitation

Lec­teurs et lec­trices pour­ront pui­ser ici des don­nées utiles — et contri­buer à leur amé­lio­ra­tion en inter­ve­nant dans les com­men­taires — sans être spor­tif pro­fes­sion­nel ni spa­tio­naute…

Le plus impor­tant me paraît de retrou­ver confiance en soi, à la manière d’Ar­thur Boor­man, un vété­ran GI qui avait été « condam­né » au han­di­cap et a retrou­vé la san­té par la pra­tique d’un yoga (DDPN29) asso­cié à de l’exer­cice de haute inten­si­té et une nutri­tion saine :

Mais n’es­sayez pas d’i­mi­ter les Ross Sis­ters !

▷ Liens

🔵  Notes pour la ver­sion papier :
- Les iden­ti­fiants de liens per­mettent d’atteindre faci­le­ment les pages web aux­quelles ils font réfé­rence.
- Pour visi­ter « 0bim », entrer dans un navi­ga­teur l’adresse « https://leti.lt/0bim ».
- On peut aus­si consul­ter le ser­veur de liens https://leti.lt/liens et la liste des pages cibles https://leti.lt/liste.

  • N1 · cis0 · The phy­si­cal acti­vi­ty para­dox : six rea­sons why occu­pa­tio­nal phy­si­cal acti­vi­ty (OPA) does not confer the car­dio­vas­cu­lar health bene­fits that lei­sure time phy­si­cal acti­vi­ty does
  • N2 · l6ku · My secret life – Phil Maf­fe­tone
  • N3 · kro9 · Vidéo “Vous faites tout bien… mais la fatigue est tou­jours là ? Voi­ci pour­quoi” – Robin Mal­mas­son
  • N4 · yys4 · The Endu­rance Hand­book : How to Achieve Ath­le­tic Poten­tial, Stay Heal­thy, and Get the Most Out of Your Body (Phi­lip Maf­fe­tone, 2015). Sky­horse Publi­shing.
  • N5 · r4t0 · Le niveau d’ac­ti­vi­té phy­sique ou spor­tive des Fran­çais : résul­tats du baro­mètre 2016 et bilan de 5 ans d’é­tude
  • N6 · 8d02 · Moon HY et al. (2016). Run­ning-Indu­ced Sys­te­mic Cathep­sin B Secre­tion Is Asso­cia­ted with Memo­ry Func­tion
  • N7 · 8gd9 · Willey JZ et al. (2016). Lei­sure-time phy­si­cal acti­vi­ty asso­ciates with cog­ni­tive decline : The Nor­thern Man­hat­tan Stu­dy
  • N8 · 9dvd · voir article en fran­çais, 2021. voir article en fran­çais, 2021. voir article en fran­çais (2021). L’exercice peut rajeu­nir le cer­veau de 10 ans
  • N9 · u288 · Cathep­sin B – Wiki­pe­dia
  • N10 · lzxy · Hamil­ton J (2016). A Pro­tein That Moves From Muscle To Brain May Tie Exer­cise To Memo­ry
  • N11 · 5m77 · Infarc­tus du myo­carde – Wiki­pe­dia
  • N12 · kpsf · Aéro­bie – Wiki­pe­dia
  • N13 · yrh2 · Book “Exer­ci­sed : The Science of Phy­si­cal Acti­vi­ty, Rest and Health” – Daniel Lie­ber­man
  • N14 · 8bne · Pres­cri­bing exer­cise inter­ven­tions for patients with chro­nic condi­tions
  • N15 · so67 · How-to guide to pres­cri­bing exer­cise for chro­nic health condi­tions
  • N16 · sa5h · “Boni­fier le capi­tal humain”. Le genre dans le dis­cours médi­cal et reli­gieux sur les sports au Qué­bec, 1920–1950 – PDF
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Article créé le 21/08/2015 – modi­fié le 4/10/2025 à 14h03 • 6 573 visites

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