Vitamine D

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La vita­mine D est une vita­mine lipo­so­luble (soluble dans les graisses). C’est une hor­mone retrou­vée dans l’a­li­men­ta­tion et syn­thé­ti­sée dans l’or­ga­nisme humain à partir d’un dérivé du cho­les­té­rol sous l’ac­tion des rayon­ne­ments UVB de la lumière. [Wikipedia lien:n0jm]

Elle gou­verne plus de 200 gènes dans le corps humain, ce qui auto­rise à dire que son rôle est com­plexe. Son effet reconnu depuis plus d’un siècle concerne le méca­nisme d’os­si­fi­ca­tion : l’ab­sorp­tion du cal­cium et du phos­phore par les intes­tins, ainsi que leur réab­sorp­tion par les reins.

La carence en vita­mine D est une cause prin­ci­pale de poro­sité osseuse, de rachi­tisme chez les enfants ou d’ostéo­po­rose (lien:vsas). Moins fré­quent, un excès peut rendre les os fra­giles comme du verre.

Sommaire

Importance

La plu­part des « spé­cia­listes » qui s’ex­priment dans les médias fran­co­phones se contentent de rap­pe­ler cette asso­cia­tion entre une carence en vita­mine D et l’os­téo­po­rose, pour s’empresser de décla­rer, sur cette unique base, que la sup­plé­men­ta­tion serait le plus sou­vent inutile, voire dan­ge­reuse… Toutefois, de nom­breuses cor­ré­la­tions ont été obser­vées entre les taux san­guins de vita­mine D et les risques de cer­taines mala­dies.

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Les liens de cau­sa­lité res­tent dif­fi­ciles à éta­blir. Selon des tra­vaux récents, un taux élevé de vita­mine D serait plutôt le signe d’une bonne expo­si­tion solaire, et un taux faible serait causé par des pro­ces­sus inflam­ma­toires (lien:jovi). Les béné­fices attri­bués à la vita­mine D seraient donc prin­ci­pa­le­ment dus à l’ex­po­si­tion solaire dont elle serait un simple mar­queur. Il reste que, chez les per­sonnes âgées, une sup­plé­men­ta­tion des­ti­née à main­te­nir un taux accep­table aug­mente un peu la lon­gé­vité.

Dans La chrono-diététique (Odile Jacob, 2013 p. 64), Jean-Marie Bourre nous livre un « inven­taire à la Prévert » pro­ba­ble­ment loin d’être exhaus­tif (j’ai inséré les liens) :

D’une manière par­ti­cu­lière, la décou­verte est récente, la vita­mine D joue un rôle dans la régu­la­tion des bio­rythmes du cer­veau, et plus par­ti­cu­liè­re­ment au niveau de quelques neu­rones du noyau cen­tral de l’amyg­dale (lien:xup4), ceux de la région péri­ven­tri­cu­laire de l’hypo­tha­la­mus (lien:3fru). D’une manière géné­rale, elle est impli­quée dans la régu­la­tion de cer­taines fonc­tions de la bar­rière hémato-encéphalique (BHE lien:5cnv) chez des espèces tou­chées par les chan­ge­ments sai­son­niers.
La vita­mine D concerne direc­te­ment le rein, le pan­créas, le côlon, la para­thy­roïde, la pros­tate, les tissus adi­peux (adi­po­cytes), l’u­té­rus (ses cel­lules déci­duales lien:b85v), les macro­phages (lien:60vw) (inter­ve­nant dans l’im­mu­nité), les cel­lules den­di­triques (lien:pzc7).

Un deuxième inven­taire est celui des patho­lo­gies qu’on sait asso­ciées à des carences en vita­mine D (avec le doute déjà évoqué sur un lien de cau­sa­lité). Selon Dr. Joan Vernikos (lien:bhqn), ancienne direc­trice de la Division des Sciences de la vie (Life Sciences Division) à la NASA :

La vita­mine D concerne le corps de mul­tiples façons qui vont des patho­lo­gies auto-immunes comme la sclé­rose mul­tiple, la mala­die chro­nique d’obs­truc­tion pul­mo­naire et l’ar­thrite rhu­ma­toïde, à l’in­flam­ma­tion, le stress oxy­da­tif, l’au­tisme, la dépres­sion, la démence, la dou­leur et Alzheimer.

Vitamin D and Sunlight – What’s The Big Deal ? (lien:6f0s)

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Incidence du taux de vita­mine D sur l’oc­cu­rence de mala­dies
Source : lien:rpi9

L’étude de McDonnel SL et al. (2016 lien:dwhu) montre qu’un taux san­guin de vita­mine D (D‑25 hydroxy) supé­rieur à 40 ng/ml cor­res­pon­drait à une dimi­nu­tion de plus de 65% du risque de cancer chez des femmes, en com­pa­rai­son à celles dont le taux est infé­rieur à 20 ng/ml. L’étude a été menée sur 4 ans et concerne tous les can­cers inva­sifs à l’ex­cep­tion de celui de la peau. Pour ce qui concerne les hommes, l’é­tude de Nyame YA et al. (2016 lien:5xa2) a mesuré que les patients d’un cancer agres­sif de la pros­tate (âge moyen 64 ans) avaient un taux san­guin moyen de 23 ng/ml, net­te­ment infé­rieur au seuil recom­mandé de 30 ng/ml (voir lien:st42). Des taux bas de vita­mine D sont d’un mau­vais pro­nos­tic dans le méla­nome [malin], et cette consta­ta­tion reste valable après ajus­te­ment des taux de pro­téine C‑réactive (lien:c9jw) (Jim​.fr 4/7/2016, voir Fang S et al., 2016 lien:9tjo). Le seuil d’a­lerte était 20 mg/ml.

Plus de la moitié des patients de mala­die de Crohn (lien:ajb0) seraient caren­cés en vita­mine D, selon une méta-analyse de Sadeghian M et al. (2016 lien:x3ix). L’association entre une carence en vita­mine D et l’in­ci­dence du syn­drome de l’in­tes­tin irri­table (lien:xjaa) a été obser­vée par Williams CE et al. (2018 lien:1n7h) avec une amé­lio­ra­tion notable chez les patients qui reçoivent une sup­plé­men­ta­tion pour rame­ner leur taux san­guin dans une four­chette accep­table (voir ci-dessous). Cette der­nière obser­va­tion réta­blit le lien de cau­sa­lité qui avait été mis en doute.

Un grand nombre d’é­tudes d’ob­ser­va­tion ont par ailleurs montré le lien entre la carence en vita­mine D et la pré­va­lence ou la sévé­rité de l’asthme (lien:26or). Les per­sonnes asth­ma­tiques auraient donc inté­rêt à faire contrô­ler leur taux de vita­mine D dans le sang et pro­cé­der à une sup­plé­men­ta­tion s’il est insuf­fi­sant (voir cette page de Nutriting lien:hjfu).

Avant la décou­verte des anti­bio­tiques, le trai­te­ment des patients tuber­cu­leux se résu­mait à une expo­si­tion au soleil en sana­to­rium. Il est aujourd’­hui reconnu que cette expo­si­tion per­met­tait d’aug­men­ter leur taux san­guin de vita­mine D, qui agit comme un agent anti-infectieux. Dans un rap­port à l’Académie des Sciences de New York, les auteurs (Borella E et al., 2014 lien:92sj) écrivent :

Une asso­cia­tion a été éta­blie entre de faibles niveaux de vita­mine D et les infec­tions enté­riques et des voies res­pi­ra­toires supé­rieures, la pneu­mo­nie, l’o­tite moyenne, les infec­tions à clos­tri­dium, les vagi­noses, les infec­tions des voies uri­naires, la sep­ti­cé­mie, la grippe, la dengue, l’hé­pa­tite B, l’hé­pa­tite C et les infec­tions à VIH.

Une étude pilote mono­cen­trique de Bashir M et al. (2016 lien:fon9) a montré que l’ad­mi­nis­tra­tion de vita­mine D3 — 140 UI quo­ti­diennes par kg de masse cor­po­relle pen­dant 8 semaines — à 15 per­sonnes en bonne santé de 18 à 40 ans avait modi­fié signi­fi­ca­ti­ve­ment le micro­biote (lien:ytli) de la partie supé­rieure de leur appa­reil diges­tif, au sens d’une plus grande bio­di­ver­sité et d’une dimi­nu­tion des gam­ma­pro­teo­bac­te­ria (lien:cls8), qui com­prennent des bac­té­ries patho­gènes comme les pseu­do­mo­na­da­ceae (lien:5yrf) et les esche­ri­chia (lien:gqpm)/shi­gelles (lien:zfcd). Le taux san­guin de ces sujets avait aug­menté de 22 ± 13 ng/ml à 55 ± 13 ng/ml. Cette étude confirme des obser­va­tions anté­rieures en expé­ri­men­ta­tion ani­male (Ooi JH et al., 2013 lien:bihx).

Un faible niveau de vita­mine D est un pré­dic­teur d’ac­ci­dents car­dio­vas­cu­laires graves, comme le signale une équipe de l’Intermountain Medical Center (2016 lien:ekhq).

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Nombre de semaines de ges­ta­tion en fonc­tion du taux de
vita­mine D mesuré 6 semaines avant l’accouchement
Source : lien:a71g

Un des impacts les plus alar­mants d’une carence en vita­mine D est le taux de pré­ma­tu­rité des femmes enceintes. La figure ci-contre indique le terme moyen (nombre de semaines de ges­ta­tion) en fonc­tion du taux de vita­mine D mesuré 6 semaines avant l’ac­cou­che­ment en Caroline du Sud (USA). Les courbes font appa­raître un seuil de 40 ng/ml en des­sous duquel le nombre de semaines de ges­ta­tion décroît signi­fi­ca­ti­ve­ment en des­sous des 39 semaines (voir article lien:a71g). Cette étude cor­rige les incer­ti­tudes d’une méta-analyse plus ancienne (voir article lien:mb41).

Les cher­cheurs des Pediatric Academic Societies aux USA recom­mandent donc une sup­plé­men­ta­tion quo­ti­dienne de 4000 UI (Unités inter­na­tio­nales) pour les femmes enceintes (voir com­mu­ni­qué de presse lien:wzrk). Cette recom­man­da­tion s’a­dresse aussi aux mères allai­tantes dont le taux de vita­mine D est insuf­fi­sant. Une sup­plé­men­ta­tion à forte dose (100 000 UI/mois) s’im­pose dans ce cas pour enri­chir le lait mater­nel et pro­té­ger leur enfant contre le rachi­tisme (Wheeler BJ et al., 2016 lien:nr0g). Toutefois, ces sup­plé­men­ta­tions ne devraient être pro­po­sées qu’a­près un contrôle des taux san­guins.

L’équipe de Navmotu L et al. (2016) a émis des hypo­thèses sur un lien pos­sible entre les taux de vita­mine D, liés à l’en­so­leille­ment et à la sup­plé­men­ta­tion, et le risque de mala­die cœliaque chez le nouveau-né (lien:6dua). Plusieurs méca­nismes contra­dic­toires semblent en œuvre, puisque le taux de mala­die cœliaque est plus élevé dans le sud du pays qui est plus enso­leillé. Par contre, il est aussi plus élevé pour les enfants nés au prin­temps, dont la mère avait un faible taux de vita­mine D en fin de gros­sesse. Si la sup­plé­men­ta­tion pour les femmes enceintes reste recom­man­dable, celle des jeunes enfants (sys­té­ma­ti­que­ment pro­po­sée en Suède) se révèle pro­blé­ma­tique car elle est asso­ciée posi­ti­ve­ment à une aug­men­ta­tion du risque de mala­die cœliaque.

De nom­breux com­plé­ments d’in­for­ma­tion et liens étaient dis­po­nibles sur la page Vitamine D du site reflexion​-sante​.ch (appa­rem­ment hors ser­vice). Un article très abor­dable et docu­menté par des liens se trouve sur Jen Reviews (lien:tyjb). Les lec­teurs anglo­phones liront aussi la trans­crip­tion d’un entre­tien (lien:b9nq) avec Dr. Michael Holick (lien:jpaa), figure média­tique (et contro­ver­sée) de la recherche sur ce sujet, ainsi que la sec­tion Overview of Vitamin D (lien:2zg1) dans l’ou­vrage Dietary Reference Intakes for Calcium and Vitamin D (Ross AC et al. eds., 2011 lien:o6ph)

La carence en vitamine D est très fréquente

Selon l’é­tude SUVIMAX-OS (SUpplémentation en VItamines et Minéraux Anti-oXydants) menée en France par Dr Serge Hercberg, le taux sérique de vita­mine D varie selon les régions, avec, comme attendu, les valeurs les plus basses dans le nord, les plus hautes dans le sud. 14% des sujets ont des valeurs de 25-(OH)-D infé­rieures ou égales à 12 ng/ml, limite infé­rieure chez l’a­dulte en hiver (voir source lien:c8fj). Selon l’Académie de Médecine, 80% des Français seraient défi­cients ou caren­cés en vita­mine D.

Ces chiffres sont alar­mants compte tenu de l’im­por­tance de cet élé­ment, de la dimi­nu­tion avec l’âge de la capa­cité d’as­si­mi­la­tion, et de sa bio­dis­po­ni­bi­lité variable selon le régime ali­men­taire. Les effets d’une insuf­fi­sance ou d’une carence en vita­mine D peuvent appa­raître au terme de plu­sieurs décen­nies. Le suivi annuel du taux est donc une démarche de pré­ven­tion salu­taire, bien que sous-estimée par de nom­breux méde­cins géné­ra­listes.

La syn­thèse de la vita­mine D dans notre orga­nisme se fait à partir de trois sources :

  • L'ensoleillement, plus précisément l'exposition aux rayons ultraviolets UVB (de plus haute fréquence) en milieu de journée
  • L'apport alimentaire, soit de source végétale (D2) soit de source animale (D3)
  • La supplémentation médicamenteuse

La vita­mine D étant sto­ckée dans l’or­ga­nisme, il n’y a pas lieu d’as­su­rer un apport jour­na­lier constant. La sup­plé­men­ta­tion, notam­ment, peut se faire par périodes. Les études donnent tou­te­fois la pré­fé­rence à une pério­di­cité courte (typi­que­ment 1 ou 2 semaines).

L’ensoleillement est pour beau­coup insuf­fi­sant à satis­faire nos besoins en vita­mine D, outre que l’ex­po­si­tion aux rayons UV aug­mente signi­fi­ca­ti­ve­ment le risque de cancer cutané. C’est un sujet de vives contro­verses, aux USA, entre spé­cia­listes de la vita­mine D et can­cé­ro­logues. Il reste qu’une expo­si­tion bien dosée a de nom­breux effets béné­fiques sans amé­lio­rer néces­sai­re­ment le taux de vita­mine D (voir article lien:hgig).

L’apport ali­men­taire est lui aussi très variable. Il peut s’a­vé­rer insuf­fi­sant pour des per­sonnes âgées chez qui la capa­cité d’ab­sor­ber la vita­mine D (et autres nutri­ments) dimi­nue signi­fi­ca­ti­ve­ment. La sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D est donc une de celles les plus recom­man­dées, y com­pris par des soi­gnants natu­ro­pathes, bien que les quan­ti­tés à admi­nis­trer soient à leur tour sujettes à contro­verse comme nous allons le voir !

Le mécanisme d’assimilation et les besoins

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Source : lien:fnlc

Le schéma ci-contre résume le pro­ces­sus de syn­thèse de la vita­mine D à partir des sources natu­relles.

Les rayons ultra­vio­lets per­mettent la for­ma­tion de vita­mine D3 (cho­lé­cal­ci­fé­rol lien:zdbh) à partir du 7‑déhydrocholestérol (lien:ono4), dérivé du cho­les­té­rol (lien:600f) pré­sent dans l’or­ga­nisme. C’est une raison parmi d’autres de ne pas cher­cher à dimi­nuer le taux de cho­les­té­rol — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?

Les ali­ments d’o­ri­gine ani­male apportent aussi de la vita­mine D3 alors que les végé­taux apportent en majo­rité de la vita­mine D2 (ergo­cal­ci­fe­rol lien:gej5). Ces apports sont gérés par le foie qui les trans­forme en 25-hydroxy-vitamine D (D‑25 hydroxy­lase), celle dont on peut mesu­rer le taux dans le sang.

La vita­mine D‑25 hydroxy­lase est à son tour trai­tée par les reins qui la conver­tissent en 1–25-dihydroxy-vitamine D, forme active de la vita­mine. L’efficacité de cette conver­sion dépend tou­te­fois du patri­moine géné­tique variable selon les indi­vi­dus. Certains poly­mor­phismes du gène CYP2R1 dimi­nuent son acti­vité et réduisent donc le niveau de l’hor­mone active (voir Barry EL et al., 2014 lien:xh2z ; Afzal L et al., 2014 lien:z3wr ; Ahn J et al., 2010 lien:2js9 cités par FoundMyFitness lien:yvo3).

La mesure du taux san­guin de 25-hydroxy-vitamine D (D‑25 hydroxy) est celle qui sert à éva­luer les carences ou les excès. Une mesure de la 1–25-dihydroxy-vitamine D (1,25‑D) ne serait pas fiable car ce taux accuse de fortes fluc­tua­tions en fonc­tion du cal­cium, du phos­phate et de la para­thor­mone (PTH lien:yj3a) ; de plus, des tissus pro­duisent eux-mêmes de la 1,25‑D dans un méca­nisme de régu­la­tion, ce qui fait que les taux de D‑25 et de 1,25‑D ne sont pas cor­ré­lés.

Il existe, comme pour de nom­breux com­po­sants, une four­chette de sécu­rité au-delà de laquelle des risques aug­men­tés de patho­lo­gies ont été obser­vés. Le taux de D‑25 fré­quem­ment dési­gné comme opti­mal (dans la lit­té­ra­ture anglo­phone) serait de 50 à 70 ng/ml. Les recom­man­da­tions du GRIO (lien:yuca), en France, sont de 30 à 70 ng/ml, mais je constate que la moyenne (affi­chée comme « nor­male ») pour les clients d’un labo­ra­toire dans le Var — for­te­ment enso­leillé — est de 30 à 60 ng/ml. Cette four­chette ne fait pas l’ob­jet d’un large consen­sus, pour des rai­sons que nous allons expo­ser.

Quoi qu’il en soit, un taux infé­rieur à 25 ng/ml est vu comme un signe de carence. Un taux supé­rieur à 100 ng/ml est assez cou­ram­ment dési­gné comme patho­lo­gique : risque notam­ment d’hyper­cal­cé­mie (lien:mle8) pro­dui­sant des os fra­gi­li­sés et des coliques néphré­tiques (lien:hk0g) (voir Excess intake dans Ross AC et al. eds., 2011 lien:2zg1). Un tel excès ne se pro­duit qu’en cas de sup­plé­men­ta­tion exces­sive, et l’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male a mesuré un risque de toxi­cité moins grand pour une sup­plé­men­ta­tion en D3 qu’en D2. D’autre part, les symp­tômes attri­bués à un taux exces­sif de D‑25 seraient plutôt l’ef­fet d’une carence de vita­mine K (Masterjohn C., 2007 lien:ua4i).

L’exposition au soleil ne pro­duit jamais d’ex­cès de vita­mine D car ce méca­nisme est auto­ré­gu­la­teur, l’ab­sorp­tion dimi­nuant dès que le taux de cal­cium dans le sang dépasse une valeur limite. Le danger de cancer cutané est donc plus à redou­ter en cas d’ex­po­si­tion exces­sive.

Le pro­blème le plus récur­rent est celui de la carence, ou plus lar­ge­ment de l’in­suf­fi­sance.

Une grande disparité des mesures

Une étude com­pa­ra­tive des taux de vita­mine D‑25 dans le sang de popu­la­tions de divers groupes eth­niques a été publiée aux USA : Vitamin D status is a bio­lo­gi­cal deter­mi­nant of health dis­pa­ri­ties (Weishaar T, Vergili JM, 2013 lien:nvv2). Les résul­tats appa­raissent dans le dia­gramme ci-dessous. La courbe la plus à droite a été incluse, à titre de com­pa­rai­son, pour indi­quer les taux mesu­rés chez 60 indi­vi­dus à peau for­te­ment pig­men­tée vivant tra­di­tion­nel­le­ment en Afrique équa­to­riale.

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Source : lien:nvv2

Sans entrer dans les détails de ces résul­tats, on constate une varia­tion consi­dé­rable des courbes en cloche entre plu­sieurs groupes eth­niques vivant dans la même région du monde (USA), ainsi qu’entre popu­la­tions vivant sous diverses lati­tudes. Globalement, les Africains auraient des taux net­te­ment plus élevés que l’on serait tenté d’at­tri­buer à une plus forte expo­si­tion au soleil. Par ailleurs, à expo­si­tion égale, le taux dimi­nue pour les peaux les plus pig­men­tées, ce qui confirme la moindre faculté d’ab­sorp­tion.

Conclusion des auteurs de l’é­tude :

Nous avons trouvé que les fac­teurs socio-économiques sont le déter­mi­nant le plus fort des dis­pa­ri­tés de santé basées sur la cou­leur de peau dans la popu­la­tion des USA, mais qu’il n’est peut-être pas pos­sible d’é­li­mi­ner ces dis­pa­ri­tés de santé aux États-Unis sans éli­mi­ner celles d’ac­cès à la vita­mine D dans la nour­ri­ture.

Une inter­pré­ta­tion des résul­tats en termes exclu­sifs de pig­men­ta­tion de la peau et d’ex­po­si­tion au soleil serait insa­tis­fai­sante, car d’autres fac­teurs inter­viennent dans la capa­cité de l’or­ga­nisme à fabri­quer de la vita­mine D à partir du rayon­ne­ment solaire. Parmi ces fac­teurs :

  • le surpoids : une peau grasse "détourne" une partie des apports ;
  • l'âge de la personne : les personnes âgées sont moins réceptives, et généralement plus carencées.

Pour cette raison, les auteurs mettent l’ac­cent sur les dis­pa­ri­tés en termes d’ha­bi­tudes nutri­tion­nelles.

On constate sur ce dia­gramme que la four­chette opti­male de D‑25 selon les spé­cia­listes amé­ri­cains (50 à 70 ng/ml) est fran­che­ment en dehors des four­chettes moyennes mesu­rées : même les Non-Hispanic Whites (les « Blancs nor­maux » chers à Coluche) sont net­te­ment en des­sous. Seuls les Noirs d’Afrique équa­to­riale seraient dans la norme. On pour­rait y voir l’ef­fet d’une plus grande expo­si­tion au rayon­ne­ment solaire, mais d’une part les humains recherchent l’ombre dans les régions chaudes, d’autre part leur peau est for­te­ment pig­men­tée.

L’étude de Amer & Qayyum (2013), Relationship bet­ween 25-Hydroxyvitamin D and All-cause and Cardiovascular Disease Mortality (lien:efiz) basée sur 10 000 par­ti­ci­pants du National Health and Nutrition Examination Survey aux USA (2001–2004 lien:0znb), montre que chez un indi­vidu en bonne santé toute sup­plé­men­ta­tion visant à dépas­ser le seuil de 21 ng/ml n’au­rait pas d’in­ci­dence sur le risque de mor­ta­lité par mala­die car­dio­vas­cu­laire.

La vitamine D n’est pas seule en cause…

Dans ses articles An Ancestral Perspective on Vitamin D Status (lien:ddh8) et dans la vidéo Resolving the Vitamin D Paradox (lien:y40z), Christopher Masterjohn sug­gère d’ac­cor­der moins d’im­por­tance au taux san­guin de D‑25 et de prendre en compte l’é­qui­libre des nutri­ments, notam­ment les vita­mines A, K1 et K2, dans l’en­semble de l’a­li­men­ta­tion. Il cri­tique l’hy­po­thèse for­mu­lée par Dr. Reinhold Vieth et Gloria Sidhom, selon laquelle les besoins opti­maux en vita­mine D auraient été assu­rés pour la vie d’un « singe nu » et ins­crits dans son génome par la sélection natu­relle. L’évolution ayant démarré sous un rayon­ne­ment solaire intense, des taux supé­rieurs à 40 ng/ml ont pu être nor­maux. On retrouve ces taux aujourd’­hui chez des per­sonnes tra­vaillant sous une forte expo­si­tion : voir les habi­tants d’Afrique équa­to­riale sur le dia­gramme de Weishaar et Vergili, plus haut.

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Source : lien:y40z

Masterjohn cite une étude obser­va­tion­nelle de Zitterman et al. (2013) dans l’European Heart Journal, selon laquelle le risque d’ac­ci­dent car­diaque majeur ou car­dio­vas­cu­laire chez des patients de chi­rur­gie car­diaque serait mini­mal pour des taux de D‑25 entre 20 et 40 ng/ml. Il cite ensuite des études d’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male indi­quant qu’un taux massif de D‑25 est la cause de cal­ci­fi­ca­tion des artères ou de cal­culs dans les reins, mais cette toxi­cité est inhi­bée par la vita­mine A. Par contre, la vita­mine A ne dimi­nue pas l’hy­per­cal­cé­mie du sang. Inversement, la cal­ci­fi­ca­tion des artères — for­ma­tion de plaque d’a­thé­ro­sclé­rose (lien:mnd6) — peut se pro­duire en l’ab­sence d’hy­per­cal­cé­mie dans un contexte dié­té­tique par­ti­cu­lier : un excès de vita­mine D par rap­port à la vita­mine A entraîne la pro­duc­tion de pro­téines défec­tueuses dépen­dant de la vita­mine K, qui sont sources de cal­ci­fi­ca­tion des tissus souples. C’est la sup­plé­men­ta­tion en K2 (ména­qui­none lien:1p65) et non en K1 qui est effi­cace dans ce pro­ces­sus (voir lien:g4jk) — voir mon article Compléments alimentaires.

L’observation d’une forte dis­pa­rité des taux san­guins de vita­mine D, qui n’est pas tou­jours cor­ré­lée avec les risques annon­cés en cas d’in­suf­fi­sance, peut s’ex­pli­quer en étu­diant plus en détail les équi­libres entre hor­mones et miné­raux dans le corps humain. Un exposé clair (en anglais) de ces méca­nismes est pro­posé sur cette page (lien:fnlc). Voici un résumé des points essen­tiels, com­plété par d’autres infor­ma­tions et liens. (Voir aussi cet article lien:epx5 sur le cal­cium et la vita­mine D.)

  1. La vitamine D et le calcium existent dans un équilibre subtil. Un faible taux de vitamine D pourrait s'expliquer par un taux élevé de calcium.
  2. Il existe une connexion étroite entre calcium et vitamine K : la vitamine K2 aide l'organisme à utiliser correctement le calcium (Gast GC et al., 2009 lien:tfum ; Kurnatowska I et al., 2015 lien:55ze). Par conséquent, il serait inutile de donner un supplément de vitamine D sans veiller à ce que l'apport en vitamine K2 soit suffisant. Sachant qu'il n'existe pas de test sanguin vérifiant le taux de vitamine K2, il faut veiller à un apport alimentaire suffisant (voir lien:g4jk).
    Cette vitamine contient de la protéine Matrix gla (lien:zczp) dont le rôle est déterminant pour éviter que le calcium soit accumulé dans les reins ou sur les artères (voir vidéo lien:020p).
    Dans une étude (commentée par Masterjohn lien:y40z) sur des gardes du corps israéliens fortement exposés à un soleil intense, des taux de 50 à 60 ng/ml ont été mesurés, mais leurs taux de calculs dans les reins étaient 20 fois plus élevés que dans le reste de la population. Certains en ont déduit que 50 à 60 ng/ml pourrait être un niveau toxique de vitamine D, mais une hypothèse plus crédible serait qu'ils étaient aussi en carence de vitamine K2, ou encore de vitamine A, bore, zinc ou magnésium.
  3. Un simple apport de magnésium a suffi à diminuer la mortalité liée aux carences en vitamine D sans supplémentation en vitamine D. Mais il important de préserver l'équilibre entre magnésium et calcium : le calcium stimule la contraction des muscles alors que le magnésium facilite leur relaxation ; le calcium favorise l'activation des plaquettes sanguines (thrombocytes lien:us2y) et leur coagulation, tandis que le magnésium les inhibe. Par ailleurs, un excès de calcium avec un faible taux de magnésium peut être à la source de dépôts de calcaire dans les artères — plaque d'athérosclérose (lien:mnd6) comme nous l'avons vu.
  4. Comme suggéré par Masterjohn (ci-dessus), la vitamine D interagit avec la vitamine A. La vitamine D a besoin de vitamine A pour être efficace, mais pas en excès (voir article lien:pmkt) car des mécanismes antagonistes entrent en jeu. Il a été constaté par exemple aux USA (voir page lien:hx5c et article lien:4a6v) que, bien qu'un taux plus élevé de vitamine D soit associé à une diminution de la mortalité par cancer du poumon chez des non-fumeurs, cette diminution a été moins forte chez ceux qui avaient un taux élevé de vitamine A — par supplémentation médicamenteuse ou consommation d'huile de foie de morue (avec précaution, voir lien:opep).
  5. Un régime faible en graisses saturées, conduisant à un faible taux de cholestérol, inhibe la synthèse de la vitamine D car le cholestérol est un précurseur de cette vitamine (voir source lien:vwcg).
vitamine-a-sources
Source : lien:emw7

Toutes ces obser­va­tions sug­gèrent que la sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D doit être pra­ti­quée avec pré­cau­tion, en asso­cia­tion avec A, K2 et du magné­sium, tout en tenant compte de l’état de santé et du bilan san­guin du patient.

  • Sources de vitamine A : foie animal, huile de foie de morue, beurre, crème, jaune d'œuf etc. Pas de source végétale (lien:dofj).
  • Sources de vitamine K2  (lien:1p65) : fromages, œufs, beurre et surtout nattō (lien:r2oy) pour la forme la plus active (MK-7).

Mais il reste un pro­blème de taille à résoudre… 🙁

La supplémentation

La sup­plé­men­ta­tion médi­ca­men­teuse en vita­mine D se fait par un apport de vita­mines D2 ou D3 qui peuvent être natu­relles ou syn­thé­ti­sées. Pour les végé­ta­riens, un apport « natu­rel » de D2 serait pos­sible par la consom­ma­tion de cham­pi­gnons expo­sés à une intense lumière UVB (voir article lien:57en). Toutefois, la bio­dis­po­ni­bi­lité (lien:5suc) de la vita­mine D2 est contes­tée, et par ailleurs sa toxi­cité pour les femmes enceintes a été signa­lée (voir article lien:fsno). Les études de Armas LAG et al. (2004 lien:cn5h) et de Houghton LA & Vieth R (2006 lien:ef9d) démontrent que la sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D2 est bien moins effi­cace sur le long terme que celle en vita­mine D3.

Les sources les plus abon­dantes de D3 sont l’huile de foie de morue et les pois­sons gras (voir article lien:vwcg). Ces ali­ments sont par ailleurs riches en vita­mine A qui pro­tège contre la toxi­cité de la vita­mine D, et vice-versa.

Les quan­ti­tés des apports sont mesu­rées en micro­grammes (µg) ou en unités inter­na­tio­nales (UI). L’équivalence est 0.025 μg pour 1 UI.

En France, l’ap­port jour­na­lier recom­mandé (AJR) était jus­qu’à récem­ment de 5 µg, soit 200 UI. C’était la dose pré­co­ni­sée par l’Académie de méde­cine en 2012 (voir rap­port lien:8urd), mais elle a été par la suite « dou­blée » (sic) pour atteindre 800 à 1000 UI (voir article lien:qu2p).

Aux États-Unis, le National Institute of Health recom­mande 800 UI. La société d’en­do­cri­no­lo­gie amé­ri­caine pres­crit 1500 à 2000 UI… La dis­pa­rité entre les recom­man­da­tions peut s’ex­pli­quer par le fait que les don­nées ont été obte­nues à partir de moyennes et ne tiennent donc pas compte de la varia­bi­lité indi­vi­duelle. Une méta-analyse (lien:fihf) réa­li­sée à partir des don­nées indi­vi­duelles dans 7 essais ran­do­mi­sés contrô­lés montre que pour atteindre le seuil de 20 ng/ml il serait appro­prié de recom­man­der une prise quo­ti­dienne de 1000 UI plutôt que les 436 UI obte­nus par la méta­ré­gres­sion des don­nées moyennes.

La notion d’ap­port jour­na­lier recom­mandé n’a de per­ti­nence que pour énon­cer des mesures de santé publique. Un indi­vidu bien informé peut déter­mi­ner le dosage à partir de son bilan san­guin et de la cible à atteindre.

Dr. Michael Holick pres­crit 50000 UI chaque semaine pen­dant 8 semaines (voir entre­tien lien:b9nq pages 5–6) soit plus de 7000 UI par jour jus­qu’à faire monter le taux à 30 ng/ml. Il recom­mande ensuite 50000 UI par quin­zaine pour main­te­nir le taux. Son zèle mérite d’être tem­péré par des liens d’in­té­rêt : un article du New York Times (18 août 2018 lien:poi0) révèle qu’il a perçu près de 163 000 dol­lars de l’in­dus­trie des com­plé­ments ali­men­taires de 2013 à 2017…

On peut ache­ter à faible prix des cap­sules de 50 000 UI de vita­mine D3 pro­duites aux USA (suivre ce lien lien:m7i0).

Dr. Joan Vernikos (voir page lien:q40n) écrit que nous avons besoin quo­ti­dien­ne­ment de 5000 à 6000 UI en pro­ve­nance de toutes les sources (soleil, nour­ri­ture, sup­plé­men­ta­tion) et pro­pose de prendre 2000 UI (ou 4000 UI pour les seniors) jus­qu’à ce que le taux san­guin par­vienne à 50 ng/ml.

Nous avons vu plus haut que les Pediatric Academic Societies aux USA recom­mandent une sup­plé­men­ta­tion quo­ti­dienne de 4000 UI pour les femmes enceintes.

Le sur­do­sage cor­res­pon­drait à une sup­plé­men­ta­tion quo­ti­dienne dépas­sant 77000 UI (voir Wikipedia lien:0d52).

Publié par GrassrootsHealth (lien:rpi9), le tableau ci-dessous indique les doses recom­man­dées pour atteindre un taux de 40 à 60 ng/ml pour une per­sonne pesant 68 kg (voir tableaux com­plets lien:0kex) :

chart-serum-level-intake-vitamin-D
Supplémentation en vita­mine D
pour atteindre un taux de 40 à 60 ng/ml selon le taux san­guin ini­tia­le­ment mesuré.
(Cliquer lien:0kex pour télé­char­ger l’en­semble des tableaux.)

Ces esti­ma­tions de doses devraient être aug­men­tées chez les per­sonnes obèses : envi­ron 17% pour 10 kilos de poids en excès (Ross AC et al. eds., 2011 lien:o6ph) ainsi que chez les per­sonnes âgées.

D’autres fac­teurs devraient être pris en compte pour éviter un sur­do­sage, notam­ment l’o­ri­gine eth­nique et le taux san­guin de para­thor­mone (PTH lien:yj3a), selon Chris Kresser (lien:zg8w) : pour un taux de D3 entre 20 et 35 ng/ml, il est inutile de sup­plé­men­ter si le taux de PTH est infé­rieur à 30 pg/ml. Un taux élevé de PTH asso­cié à la sup­plé­men­ta­tion en D‑25 hydroxy peut en effet entraî­ner un taux exces­sif de vita­mine D active (1,25(OH)2) qui extrait du cal­cium de la masse osseuse pour en élever le taux dans le sang, indui­sant une fra­gi­lité osseuse (lien:7hfp et lien:6zu8).

Des ajouts de vita­mine D sont obli­ga­toires dans le lait et la mar­ga­rine en Amérique du Nord, condui­sant à un apport quo­ti­dien qui peut appro­cher 400 à 600 UI (voir Diet dans Ross AC et al. eds., 2011 lien:o6ph). Cette pra­tique est peu répan­due en Europe du Nord, et les pro­duits concer­nés sont signa­lés à l’é­ti­que­tage.

Statistiques à revoir…

Une raison de la dis­pa­rité entre recom­man­da­tions a été révé­lée en 2014 par la publi­ca­tion de deux sta­tis­ti­ciens cana­diens : A Statistical Error in the Estimation of the Recommended Dietary Allowance for Vitamin D (Veugelers PJ & Ekwaru JP, 2014 lien:kf8i) — voir PDF en libre accès (lien:cv2i). Je reprends ici le com­men­taire qu’en a publié Dr. Robert Haney, spé­cia­liste de la vita­mine D, dans son article The IOM Miscalculated Its RDA For Vitamin D (2015 lien:vfud).

Les recom­man­da­tions d’ap­port jour­na­lier de vita­mine D ont été basées sur une étude à grande échelle menée par l’Institute Of Medicine (IOM) à la demande des gou­ver­ne­ments amé­ri­cain et cana­dien. L’objet de cette étude était de déter­mi­ner le niveau de sup­plé­men­ta­tion néces­saire (AJR) pour atteindre un taux san­guin mini­mal de 20 ng/ml consi­déré comme le seuil de carence. Techniquement, l’AJR est la quan­tité garan­tis­sant à 97.5% de la popu­la­tion d’at­teindre un cri­tère spé­ci­fique de nor­ma­lité nutri­tion­nelle. Cette défi­ni­tion implique que l’AJR est net­te­ment plus élevé que l’ap­port jour­na­lier néces­saire à la moyenne des indi­vi­dus. Ainsi, une grande impor­tante de la popu­la­tion rece­vrait une sup­plé­men­ta­tion supé­rieure à celle néces­saire, mais nous avons vu que le risque de sur­do­sage était très minime avec la vita­mine D. En outre, la mesure du taux san­guin permet d’a­jus­ter les quan­ti­tés.

Le panel de l’IOM avait cal­culé que, pour des adultes jus­qu’à 70 ans, une sup­plé­men­ta­tion quo­ti­dienne de 600 UI serait la quan­tité recom­man­dée. (Il faut noter que cette esti­ma­tion de l’AJR était déjà 3 fois supé­rieure à la pré­co­ni­sa­tion en France…)

Les deux chiffres avaient déjà fait l’ob­jet de contro­verses, mais les désac­cords por­taient essen­tiel­le­ment sur leur inter­pré­ta­tion et non sur leur calcul. Les sta­tis­ti­ciens sont donc allés jus­qu’à véri­fier les cal­culs à partir des don­nées source, et à leur grande sur­prise ils ont décou­vert que les résul­tats étaient incor­rects d’un fac­teur supé­rieur à 10… L’AJR pour les adultes de moins de 70 ans serait selon leurs cal­culs de 8895 UI et non 600 UI (voir expli­ca­tion de cette erreur lien:vfud) !

Heaney et col­lègues, repre­nant les mêmes don­nées, sont par­ve­nus à 7000 UI. Cette fraude scien­ti­fique invo­lon­taire a eu des consé­quences incom­men­su­rables, puisque les recom­man­da­tions de l’IOM servent de réfé­rence aux poli­tiques de santé de nom­breuses ins­ti­tu­tions, en Amérique du Nord comme à l’é­tran­ger.

Politique de l’autruche en France

alberteinstein
Source : lien:76on

La com­pi­la­tion des recom­man­da­tions inter­na­tio­nales démontre que les taux pré­co­ni­sés aujourd’­hui par les spé­cia­listes sont net­te­ment plus élevés que les 200 UI de la pra­tique domi­nante en France.

Les méde­cins fran­çais, au mieux, pres­crivent donc des pla­ce­bos à leurs patients en défi­cience de vita­mine D. Ce qu’ils ne peuvent pas véri­fier puisque l’Académie de méde­cine pro­pose de ne plus rem­bour­ser le dosage en rou­tine, jugé inutile (voir com­mu­ni­qué du 5 mai 2014 lien:ot1c) !

Vue la fré­quence et la gra­vité des carences, la ques­tion méri­te­rait d’être étu­diée par des gens sérieux.

Alors, que faire ?

À titre de conclu­sion, la déci­sion de faire appel à un sup­plé­ment de vita­mine D dépend du taux san­guin de D‑25. La pre­mière chose à faire est donc un test san­guin. Si le taux est infé­rieur à 25 ng/ml chez un adulte, on peut suivre les indi­ca­tions du tableau de GrassrootsHealth (lien:0kex voir ci-dessus) en vue d’at­teindre au mini­mum 40 ng/ml, puis refaire un test après 3 à 6 mois pour en véri­fier l’ef­fet.

L’utilisation de doses de 50000 UI à une ou deux semaines d’in­ter­valle me semble être une bonne pra­tique. Si ce dosage n’est pas dis­po­nible en phar­ma­cie, on peut com­man­der de la vita­mine D3 aux USA ou au Royaume-Uni.

Sachant que les vita­mines A, D, E et K sont lipo­so­lubles (lien:n28h), elles doivent être absor­bées avec des matières grasses pour être cor­rec­te­ment assi­mi­lées dans l’in­tes­tin.

On asso­ciera la sup­plé­men­ta­tion à une ali­men­ta­tion plus riche en vita­mines D2 et D3, ainsi que, si pos­sible, un enso­leille­ment rai­son­nable (tête cou­verte) aux heures chaudes. La sup­plé­men­ta­tion peut être réduite ou inter­rom­pue dès que le taux san­guin satis­fait la recom­man­da­tion de 40 à 60 ng/ml.

Il est impor­tant de noter que l’as­si­mi­la­tion de la vita­mine D est lar­ge­ment condi­tion­née par la pro­duc­tion d’hor­mone de crois­sance humaine (Human Growth Hormone, HGH lien:v2fc) qui dimi­nue dra­ma­ti­que­ment avec l’âge. Un bon moyen de retrou­ver un niveau satis­fai­sant de pro­duc­tion est la pra­tique de l’entraînement fractionné de haute intensité (High Intensity Interval Training, HIIT).

Enfin, ne pas oublier de com­plé­ter la sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D par des apports en vita­mine K2, vita­mine A et magné­sium. Personnellement, je pré­fère les favo­ri­ser par la consom­ma­tion d’a­li­ments appro­priés, afin d’é­vi­ter tout sur­do­sage et de garan­tir qu’ils sont asso­ciés aux nutri­ments per­met­tant leur assi­mi­la­tion. À titre d’exemple, la chrononutrition (ver­sion Delabos et col­lègues) répond aux besoins de vita­mines K2, A, et de cal­cium grâce aux fro­mages consom­més le matin.

Pour ce qui est des sources ali­men­taires de vita­mine D, une requête dans un moteur de recherche donne toutes les réponses néces­saires (voir tableau lien:mrbj).

Fournisseurs de vitamine D

À ma connais­sance, les cap­sules de D3 en dosage 50 000 UI ne sont pas encore dis­po­nibles sur le marché fran­çais. Des dosages moins élevés sont dis­po­nibles à un prix élevé. Par contre, des cap­sules de 50 000 UI sont pro­duites aux USA par le labo­ra­toire Biotech Pharmacal (lien:swus) et leur fabri­ca­tion béné­fi­cie du label Good Manufacturing Practice (GMP lien:4hma). La vita­mine est condi­tion­née sans corps gras de sorte que sa conser­va­tion ne néces­site pas de réfri­gé­ra­tion.

➡ Ne pas oublier de la consom­mer avec des ali­ments gras. Attention de ne pas sto­cker la boîte à côté de com­plé­ments ou médi­ca­ments à prise quo­ti­dienne, pour éviter une intoxi­ca­tion par sur­do­sage !

J’ai passé une pre­mière com­mande de boîtes de 100 gélules au four­nis­seur GreenVits (lien:6c4d), dis­tri­bu­teur de Biotech au Royaume-Uni (lien direct vers ce pro­duit lien:85r9). Le pre­mier envoi ne m’é­tant pas par­venu après une quin­zaine, je l’ai signalé à GreenVits. Ils ont pro­cédé à un deuxième envoi en colis suivi (tra­cked post­ing) sans sup­plé­ment de frais. Le pre­mier est aussi arrivé peu après… Suite à ma demande, GreenVits a ajouté l’op­tion “tra­cked” à son for­mu­laire de com­mande. Il est pru­dent de la choi­sir pour éviter tout retard de livrai­son ou perte de colis.

J’ai pu véri­fier l’ef­fi­ca­cité de ce pro­duit : après 6 mois de trai­te­ment en hiver (50 000 UI par semaine) mon taux de vita­mine D3 est passé de 27.2 ng/ml à 44 ng/ml, et celui de ma com­pagne de 18 ng/ml à 59 ng/ml. Nous avons alors dimi­nué la dose (25 000 UI par semaine) et mon taux a atteint 59 ng/ml six mois plus tard. Les mesures fluc­tuent car un mois plus tard (19/12/16) il est à 49.6 ng/ml — voir figure ci-dessous — mais tou­jours dans l’in­ter­valle recom­mandé. Nous conti­nuons à 16 600 UI par semaine jus­qu’au pro­chain test.

vit-d-bb

Article créé le 23/08/2015 – modi­fié le 9/02/2020

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