Maladies infectieuses

CoVID-19 : immunité, style de vie

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Source : N1

Les sites de « santé natu­relle » et les mar­chands de com­plé­ments ali­men­taires se déchaînent à dif­fu­ser leurs recom­man­da­tions dans le climat d’an­xiété lié à l’épi­dé­mie de coro­na­vi­rus CoVID-19N2. De leur côté, les médias « domi­nants » font briller l’es­poir de la mise au point de nou­veaux trai­te­ments anti­vi­raux et de vac­cins : la solu­tion du pro­blème serait donc dans la phar­ma­cie…

En l’ab­sence de trai­te­ment et de pro­tec­tion vac­ci­nale, la seule arme pour un indi­vidu qui prend soin d’é­vi­ter tout contact conta­mi­nant est de pos­sé­der un sys­tème immu­ni­taire « réac­tif »… Il faut quand même savoir que le syn­drome de détresse res­pi­ra­toire aigüe (SDRAN3) — phase avan­cée de la mala­die CoVID-19 — est en partie l’ef­fet d’une sur-réaction du sys­tème immu­ni­taireN2. Dans ce qui suit, la pro­po­si­tion n’est donc pas de « sti­mu­ler » le sys­tème immu­ni­taire mais d’a­dop­ter, si ce n’est déjà fait, un style de vie qui n’af­fai­blit pas les défenses immu­ni­taires : ce que j’ap­pelle « culti­ver sa santé » !

Il n’est pas exclu que notre orga­nisme doive affron­ter le virus SARS-CoV‑2 — le plus tard pos­sible si nous res­pec­tons les règles de confi­ne­ment et de dis­tan­cia­tion sociale — car les por­teurs asymp­to­ma­tiques n’au­ront pas tous été dépis­tés après la fin du confi­ne­ment. Il est donc avisé de veiller dès main­te­nant à ce que notre sys­tème immu­ni­taire soit en forme.

On ne connaît pas de remède miracle à cette infec­tion dans la phar­ma­co­pée tra­di­tion­nelle. Se gaver de vita­mines et d’huiles essen­tielles, c’est oublier que ces sub­stances pro­duisent, comme tout médi­ca­ment, des effets indé­si­rables. La sagesse dicte plutôt d’é­vi­ter toute carence, se pré­ser­ver du stress (malgré la situa­tion) et de faire de l'exercice de manière régu­lière.

Les points abor­dés ici viennent en com­plé­ment d’in­for­ma­tions, assez concor­dantes, dif­fu­sées sur les médias depuis le début de la pan­dé­mie.

➡ Je ne suis ni méde­cin, ni cher­cheur en méde­cine ou en bio­lo­gie… Les seules com­pé­tences que je reven­dique sont celles de la docu­men­ta­tion scien­ti­fique et de l’ar­chi­vage numé­rique. Les expli­ca­tions don­nées ici sont donc emprun­tées aux auteurs des docu­ments réfé­ren­cés, à lire avec un regard cri­tique. J’ai veillé à placer un maxi­mum de liens per­met­tant d’ap­pro­fon­dir le sujet et de véri­fier la confor­mité des sources. N’hésitez pas à ins­crire vos ques­tions, com­men­taires et cor­rec­tions au bas de la page !

Sommaire

Manger gras et protéiné !

Les recom­man­da­tions de l’AIMSIBN4 montrent en pre­mier que nos choix alimentaires veillent à la santé des défenses immu­ni­taires, plus par­ti­cu­liè­re­ment la pro­tec­tion anti­vi­rale assu­rée par les lipo­pro­téinesN5. En résumé, manger suf­fi­sam­ment « gras » (voir mon article) et « pro­téiné » (voir mon article), se sup­plé­men­ter si néces­saire en vita­mine D — selon le bilan san­guin, voir mon article. Veiller à une bonne hydratation avant ou pen­dant les repas riches en ces nutri­ments.

C’est un dis­cours dif­fé­rent de ceux des nutri­tion­nistes qui se contentent d’â­non­ner à la radio : « Ne mangez pas trop gras et sucré ! » Car, on l’a bien com­pris, leur seule obses­sion est de « garder la ligne » !

Compléments alimentaires

En France, l’Agence natio­nale de sécu­rité sani­taire de l’alimentation, de l’environnement et du tra­vail (ANSESN6) met en garde contre la consom­ma­tion irré­flé­chie de com­plé­ments ali­men­taires et autres remèdes « natu­rels » pour la pré­ven­tion et le trai­te­ment de symp­tômes attri­bués à l’in­fec­tion CoVID-19. Mais elle assène un dis­cours pater­na­liste qui s’af­fran­chit au besoin du savoir scien­ti­fique : l’armoise annuelleN7 est par exemple mise en exergue comme « faux remède contre le palu­disme » inef­fi­cace face au CoVID-19 — sans doute une allu­sion sub­tile à la chlo­ro­quine — alors qu’elle contient de l’arté­mi­si­nineN8 qui est la base des médi­ca­ments anti­pa­lu­diques les plus récents. Le prix Nobel de méde­cine a été attri­buée à Tu Youyou en 2015 pour avoir décou­vert les vertus anti­pa­lu­diques de l’ar­moise annuelle ; mais il est vrai qu’elle était chi­noise, et une femme en plus 😣 !

On peut tout de même espé­rer que les adeptes de « méde­cines natu­relles » ne vont pas finir par avaler une pleine bou­teille d’ex­trait de noix de mus­cade comme cet ado­les­cent qui par­ti­ci­pait à un Nutmeg chal­lenge sur le réseau TikTokN9

Un excès de sub­stances anti-inflammatoires pour­rait exer­cer un effet néfaste face à une attaque virale puisque l’in­flam­ma­tion fait partie des méca­nismes de défense de l’or­ga­nisme. Toutefois, comme je l’ai exposé dans l’ar­ticle Compléments alimentaires, l’ob­jec­tif d’une sup­plé­men­ta­tion n’est pas d’u­ti­li­ser le com­plé­ment comme un médi­ca­ment mais de com­pen­ser les carences qui peuvent appa­raître au fil des années.

Certains trai­te­ments de méde­cine ortho­mo­lé­cu­laireN10 incluent au pro­to­cole de soin contre la CoVID-19 l’ad­mi­nis­tra­tion de vita­mine C à forte dose par voie intra­vei­neuse. C’est l’op­tion rete­nue par plus de 20 hôpi­taux new-yorkais en com­plé­ment du cock­tail hydroxy­chlo­ro­quine + azi­thro­my­cine promu par l’IHU de Marseille (Mongelli L et Golding B, 2020N11). Il ne s’agit pas d’un soin pré­ven­tif puisque cette injec­tion est réser­vée aux patients reçus en soins inten­sifs. La dose jour­na­lière de vita­mine C, dans ce pro­to­cole de soin, serait d’en­vi­ron 16 fois la dose ali­men­taire recom­man­dée — 90 mg pour les hommes et 75 mg pour les femmes. Des experts pro­testent tou­te­fois que ce pro­to­cole n’est pas validé par des études cli­niques (Bogart N, 2020N12) mais celles-ci ont lieu en Chine (Saul AW, 2020N13). Une étude pré­li­mi­naire aux USA sur des patients de sep­ti­cé­mie et de syn­drome res­pi­ra­toire aigu n’a­vait pas donné de résul­tat posi­tif (Fowler AA et al., 2019N14).

Les taux de vita­mine C chez les patients atteints de coro­na­vi­rus chutent dra­ma­ti­que­ment lors­qu’ils souffrent de sep­ti­cé­mie, une réponse inflam­ma­toire qui se pro­duit lorsque leur corps réagit de manière exces­sive à l’in­fec­tion. C’est la logique suivie pour jus­ti­fier le trai­te­ment. Dans un soin hors de l’hô­pi­tal ou en pré­ven­tion, la pro­cé­dure (contro­ver­sée) consis­te­rait à consom­mer de la vita­mine C par voie orale jus­qu’à ce que le rejet de l’ex­cé­dent se tra­duise par des coliques. Préférer de mul­tiples prises dans la jour­née à une seule admi­nis­tra­tion de forte dose.

La thia­mine (vita­mine B1N15) agit en syner­gie avec la vita­mine C. Il serait donc recom­mandé par les mêmes pra­ti­ciens d’en prendre, à titre pré­ven­tif, 50 à 100 mg quo­ti­diens répar­tis sur plu­sieurs doses, en uti­li­sant de pré­fé­rence la palette com­plète de vita­mines B.

Une sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D (typi­que­ment 50 000 UI par semaine ou par quin­zaine) jus­qu’à atteindre un taux san­guin de 25(OH)D de 40 à 60 ng/mL aide à éviter les infec­tions de grippe et de CoVID‑1 (Grant WB et al., 2020N16 ; Martineau AR et al., 2017N17). Un mail de FoundMyFitness (18 avril 2020) pré­cise :

Une carence en vita­mine D conduit à une sur­ex­pres­sion de la rénine [N18] (une enzyme pro­duite dans les reins) et à l’ac­ti­va­tion ulté­rieure du sys­tème rénine-angiotensine, un régu­la­teur cri­tique de la pres­sion arté­rielle, de l’in­flam­ma­tion et de l’ho­méo­sta­sie des fluides cor­po­rels. La perte de la fonc­tion ACE2 [enzyme de conver­sion de l’an­gio­ten­sineN19] dans le contexte d’une infec­tion par le SRAS-CoV‑2 per­turbe l’é­qui­libre de ce sys­tème cri­tique, favo­ri­sant l’in­fil­tra­tion des neu­tro­philes [N20], une inflam­ma­tion exces­sive et des lésions pul­mo­naires. Si la lésion pul­mo­naire évolue vers l’hy­poxie, les reins libèrent de la rénine, éta­blis­sant un cercle vicieux pour dimi­nuer l’ACE2.

Corrélation entre le taux san­guin de vita­mine 25(OH)D et le taux de mor­ta­lité par infec­tion au SARS-CoV‑2, ajusté sur l’âge. Document adressé à Angela Merkel le 18 mai 2020N21 par les bio­chi­mistes Bernd Glauner et Lorenz Borsche.

L’étude rétros­pec­tive de Glicio EJ (2020N22) sur 176 patients de CoVID-19 âgés de plus de 60 ans dans deux centres médi­caux asia­tiques a montré que plus de la moitié avaient des taux san­guins de vita­mine D — 25(OH)D — insuf­fi­sants (moins de 30 ng/ml), confir­mant que ces taux dimi­nuent avec l’âge. Bien qu’il ne s’a­gisse que de cor­ré­la­tion, ce résul­tat prêche en faveur d’une sup­plé­men­ta­tion en vita­mine D3 chez les per­sonnes âgées défi­cientes. J’ai abordé ce sujet plus en détail dans mon article Vitamine D.

L’activité de la vita­mine D (qui est une hor­mone) est condi­tion­née par celle de la vita­mine K2. Dofferhoff ASM et col­lègues (2020N23) ont mesuré une forte asso­cia­tion entre la carence en vita­mine K et l’é­vo­lu­tion de l’in­fec­tion CiVID-19 vers une forme plus grave, dans un panel de 123 patients d’âge moyen 68 ans, plus 184 dans le groupe de contrôle. La coa­gu­la­tion est un équi­libre com­plexe entre les pro­ces­sus de pro­mo­tion et de dis­so­lu­tion des caillots dans les­quels la vita­mine K joue un rôle bien connu. […] D’autre part, un faible taux de vita­mine K semble être asso­cié à une dégra­da­tion accé­lé­rée de l’é­las­tine. Ils sug­gèrent la mise en place d’une étude pros­pec­tive déter­mi­nant l’in­té­rêt d’une sup­plé­men­ta­tion. Toutefois, dans cette étude (en pre­print) ils ne font pas de dis­tinc­tion entre les formes K1 et K2 qui ont des fonc­tions dif­fé­rentes — voir mon article Vitamine D. Cette infor­ma­tion a été uti­li­sée pour la pro­mo­tion de vente de fro­mages hol­lan­dais ainsi que celle de com­plé­ments ali­men­taires par la société VitaK qui rému­né­rait deux des auteurs (For Better Science, 2020N24).

Veiller aussi à ne pas être carencé en vita­mine B12. Ce conseil s’a­dresse en pre­mier aux per­sonnes qui consomment très peu (ou pas) de pro­duits ani­maux. Comme pré­cisé dans mon article Bilan sanguin, quelques prévisions, le taux de B12 ne devrait pas être véri­fié par ana­lyse de sang mais par l’in­ter­mé­diaire d’un dosage de l’acide méthyl­ma­lo­niqueN25 dans l’u­rine (voir N26). Tenir compte du fait que, dans une popu­la­tion saine (18 à 65 ans) les hommes sont net­te­ment plus nom­breux que les femmes à affi­cher une forte carence en vita­mine B12N27 — voir mon article Compléments alimentaires.

J’ai pris l’ha­bi­tude — voir mon article Soigner ses artères — de boire à jeun un verre d’eau avec une pincée de zéo­lithe cli­nop­ti­lo­liteN28, un ché­la­teur des métaux lourds réputé assai­nir le micro­biote intes­ti­nal et ren­for­cer l’im­mu­nité. Quelques expli­ca­tions se trouvent sur ce lien com­mer­cial : N29. C’est semble-t-il une recons­ti­tu­tion du « lait gla­ciaire » que buvaient des habi­tants de mon­tagnes — je repense chaque matin à mes chers Hunzas. La com­po­si­tion chi­mique des zéo­lithes est simi­laire à celle de l’ar­gile mais avec un mode de cris­tal­li­sa­tion radi­ca­le­ment dif­fé­rent.

Il semble qu’une carence en zinc favo­ri­se­rait l’in­fec­tion. Une sup­plé­men­ta­tion en zinc est pres­crite par le Dr Zelenko, à New York, qui avait annoncé fin mars d’ex­cellent résul­tats de son trai­te­ment avec un pro­to­cole de trai­te­ment en début d’in­fec­tion par ailleurs simi­laire à celui de l’IHU de Marseille (26 marsN30). Le zinc a par la suite été inclus au pro­to­cole de l’IHU de Marseille (25 maiN31) et l’ef­fi­ca­cité de son admi­nis­tra­tion avait été sug­gé­rée par une étude rétros­pec­tive de Carlucci P et al. (8 mars 2020lien:jj).

Source : Jean-Dominique MichelN33

Le Dr Lagarde déclare (2020N33) :

Dans les carences en Zinc, l’un des signes obser­vés fré­quem­ment est la perte de l’o­do­rat et du goût. Il en est de même chez cer­tains patients actuels, entendu sur toutes les chaines. Leur Zinc est sur­con­sommé pour lutter contre l’in­fec­tion.

Le phé­no­mène serait encore plus pré­coce et plus grave chez les caren­cés très nom­breux, comme la plu­part des dia­bé­tiques, des hyper­ten­dus et suite à divers trai­te­ments lourds (Chimio, MAI etc.)

Or il a été démon­tré que l’Hydroxy-Chloroquine favo­rise la péné­tra­tion du Zinc dans les cel­lules, ce qui expli­que­rait en partie son effi­ca­cité par­tielle sauf pour les caren­cés…

Je suis per­suadé que la plu­part des malades actuels sont caren­cés en zinc et qu’il n’en faut pas énor­mé­ment en pré­ven­tion. Bien sûr il y en a aussi dans les ali­ments… mais tout dépend du régime de chacun.

Le pro­blème c’est l’ab­sorp­tion, éviter de l’as­so­cier à des céréales ou légu­mi­neuses riches en phy­tates, qui sont des ché­la­teurs, tout comme les conser­va­teurs des boites de conserve.

Un trem­page pen­dant 24 heures des céréales, légu­mi­neuses et fruits en coque permet de dimi­nuer leur charge en acide phy­tiqueN34 — voir mon article Régime de longévité - cuisine à l’italienne.

On trouve du zinc sur­tout dans des ali­ments riches en pro­téinesN35 : huîtres, foie de veau, viande de bœuf, œufs, cham­pi­gnons shii­take, len­tilles, graines de courge etc. Environ 10% de la popu­la­tion fran­çaise en serait caren­cée, plus par­ti­cu­liè­re­ment les végé­ta­riens, les per­sonnes âgées, celles qui souffrent de mala­dies intes­ti­nales, de mala­dies chro­niques du foie, des reins et celles qui ont eu une chi­rur­gie baria­triqueN36.

Attention aux médicaments

Au plan phar­ma­co­lo­gique, à dis­cu­ter avec votre méde­cinN4 :

Contrairement aux habi­tudes des méde­cins et de leurs patients, la prio­rité aujourd’hui face au COVID-19 n’est pas de pres­crire des médi­ca­ments nou­veaux ou anciens (anti­vi­raux ou autres) à propos des­quels on sait bien peu (sinon qu’ils sont toxiques) mais de plutôt dépres­crire des médi­ca­ments sou­vent inutiles (donnés de façon plus ou moins auto­ma­tique) et sus­cep­tibles de favo­ri­ser les patho­lo­gies infec­tieuses.

On sait déjà que l’âge n’est qu’un fac­teur de risque parmi d’autres de déve­lop­per une forme grave du CoVID-19. Des per­sonnes jeunes sont aussi en danger mais il sem­ble­rait (les sta­tis­tiques pour­ront le confir­mer) que la plu­part de celles admises en réani­ma­tion pré­sentent des comor­bi­di­tés — obé­sité, dia­bète, hyper­ten­sion… — ou ont des pou­mons en mau­vais état (Guan WJ et al., 2020N37).

Les articles de l’AIMSIB (2020N4 ; autre N38) sug­gèrent que les per­sonnes âgées seraient plus à risque du fait de leurs lourds trai­te­ments médi­ca­men­teux que de leur âge :

Il n’est plus dis­cuté aujourd’hui que SARS-Co-V2 se lie à sa future cellule-hôte par connec­tion à partir de ses récep­teurs mem­bra­naires ACE2 [enzyme de conver­sion de l’an­gio­ten­sineN19] qui pré­ci­sé­ment se retrou­ve­raient en nombres plus dis­po­nibles, et /ou modi­fiés, par l’adjonction de médi­ca­ments inhi­bi­teurs [de l’ACE].

Les médi­ca­ments Inhibiteurs de l’en­zyme de conver­sion les plus uti­li­sés sont le cap­to­pril, l’éna­la­pril, le lisi­no­pril (en) et le rami­pril ; une liste plus com­plète se trouve sur la page Wikipedia Inhibiteur de l’en­zyme de conver­sionN39. Ces recom­man­da­tions peuvent être tem­pé­rées par le fait que, dans l’es­sai cli­nique de MR Mehra et al. sur plus de 90 000 patients CoVID-19 de six conti­nents, seuls 4% des patients décé­dés et 8.8% des sur­vi­vants étaient soi­gnés par un inhi­bi­teur de l’ACE, ces taux étant res­pec­ti­ve­ment de 6.9 et 10% pour les sta­tines, et les risques de décès étaient même jus­qu’à 20% plus faibles (après ajus­te­ment) chez ces patients alors que les risques d’a­ryth­mie ven­tri­cu­laire étaient inchan­gés (2020N40 pages 4, 6, 7).

Les médias ont par­tagé beau­coup d’in­for­ma­tions sur les médi­ca­ments à éviter dans le contexte de cette épi­dé­mie : anti-inflammatoires, cer­tains cor­ti­coïdes etc. Voir par exemple la liste sur le site Santé des femmesN41. L’automédication est à éviter abso­lu­ment, sur­tout avec des pro­duits ache­tés via Internet !

Hygiène de vie

Le confi­ne­ment et les « gestes bar­rière » ont évité à une majo­rité de la popu­la­tion d’être infec­tée par le SARS-CoV‑2 au prin­temps 2020. Il est pro­bable que le virus conti­nue à cir­cu­ler même en l’ab­sence de vague épi­dé­mique. Chacun doit donc se pré­pa­rer à l’at­tra­per un jour ou l’autre sans pré­avis… Il n’existe pas aujourd’­hui (avril 2020) de remède miracle pour s’en pré­mu­nir, mais on peut à tout âge assu­rer un meilleur fonc­tion­ne­ment de son sys­tème immu­ni­taire en acqué­rant de bonnes habi­tudes.

La sous-représentation des fumeurs chez les malades sug­gère que la nico­tine pour­rait être pro­tec­trice de l’in­fec­tion bien que, à mi-avril 2020, il n’y ait pas encore de consen­sus sur ce point (Turban P, 2020N42).

Source : en6q

Éviter de jouer les gros durs face à cette pan­dé­mie. J’ai un sys­tème immu­ni­taire « en béton armé » hérité peut-être de mes parents. Autrefois testé posi­tif au palu­disme et à de vilaines amibes en Inde, je n’en ai connu aucun symp­tôme. Parfois une fièvre qui dure moins de 24 heures… Cela ne m’empêche pas, aujourd’­hui, de dés­in­fec­ter tout objet qui entre dans la maison et de net­toyer régu­liè­re­ment mes mains à la solu­tion hydro-alcoolique — faite maison — pen­dant les sor­ties en ville. Car le virus SARS-CoV‑2 est peut-être moins mortel qu’il le paraît, mais la tra­ver­sée de cette infec­tion peut être un enfer selon les témoins qui l’ont vécue.

La baisse d’ac­ti­vité causée par le confi­ne­ment et les mesures res­tric­tives peut être une occa­sion unique de faire le point sur son style de vie, qu’il s’a­gisse de nutri­tion, de som­meil, d’exer­cice ou de « ges­tion du stress ». On peut entre autres faire de l'exercice à un niveau suf­fi­sant, sans sortir de chez soi, avec un mini­mum d’é­qui­pe­ment qui peut être bri­colé sur place. De nom­breuses vidéos four­nissent des idées utiles (par­fois très amu­santes)… L’exercice bien conduit favo­rise la pro­duc­tion d’oxyde nitriqueN44 qui permet à la fois de dila­ter les artères et d’ac­croître la résis­tance aux infec­tions bac­té­riennes ou virales.

Pour les per­sonnes à risque car­dio­vas­cu­laire dont le trai­te­ment pré­sente un risque sup­plé­men­taire face à la CoVID-19, quelques expli­ca­tions utiles sur ce site :

  • Pourquoi diminuer le cholestérol ? ➡ le tableau cholestérol/mortalité en milieu d’ar­ticle affiche une aug­men­ta­tion de la mor­ta­lité par mala­dies infec­tieuses et para­si­taires asso­ciée à un faible niveau de cho­les­té­rol global.
  • Soigner ses artères ➡ com­ment éviter au mieux la case « médi­ca­ment ».

Bactéries, microbiotes

Prevotella

Notre sys­tème immu­ni­taire est indis­so­ciable des popu­la­tions bac­té­riennes (micro­biotesN45) actives dans les zones humides de notre orga­nisme. On parle beau­coup du micro­biote intes­ti­nal (N46 ; autre N47) mais l’in­fec­tion pul­mo­naire causée par le virus SARS-CoV‑2 affecte bien entendu le micro­biote pul­mo­naire. Ces micro­biotes ne sont pas homo­gènes — leur com­po­si­tion peut varier consi­dé­ra­ble­ment selon la région consi­dé­rée d’un même organe — et ils se diver­si­fient consi­dé­ra­ble­ment selon les indi­vi­dus. Caractériser un micro­biote exi­ge­rait d’i­den­ti­fier les mil­liers d’es­pèces de bac­té­ries dont il est consti­tué, ce qui est bien au-delà des pos­si­bi­li­tés tech­niques actuelles. Les cher­cheurs se contentent donc, au mieux, d’une image sta­tis­tique obte­nue par séquen­çage à haut débit d’un échan­tillon de la flore micro­bienne.

Ce constat permet de com­prendre qu’il est très dif­fi­cile de décrire avec cer­ti­tude les inter­ac­tions entre les bac­té­ries hôtes des micro­biotes de l’or­ga­nisme et celles poten­tiel­le­ment hos­tiles intro­duites par des méca­nismes d’in­fec­tion ou d’in­ges­tion ali­men­taire, sans oublier les bac­té­ries por­teuses de virus (bac­té­rio­phagesN48) ni les virus qui suivent leurs propres che­mins en uti­li­sant d’autres micro-organismes comme por­teurs.

Il est facile de dire que notre immu­nité dépend de la « santé » de nos micro­biotesN45, encore que cette notion reste vague pour beau­coup. On sait au moins que plus de 70% des cel­lules du sys­tème immu­ni­taire résident dans nos intes­tins. Voici un aperçu du fonc­tion­ne­ment de la défense immu­ni­taire. Lucie Mailing écrit (2020N49) :

Nous sommes encore à mi-chemin d’une épi­dé­mie durable de dys­biose [N50] intes­ti­nale et de mala­dies chro­niques. Et sachant qu’en­vi­ron 90 pour cent des patients qui doivent être hos­pi­ta­li­sés avec la COVID-19 ont une ou plu­sieurs condi­tions sous-jacentes (y com­pris l’o­bé­sité, l’hy­per­ten­sion, les mala­dies pul­mo­naires chro­niques, le dia­bète et les mala­dies car­dio­vas­cu­laires), je consi­dère tou­jours ce domaine comme celui de pré­di­lec­tion de mes connais­sances, de mon éner­gie et de mes efforts de pro­duc­tion de savoir.

Architecture du tissu lym­phoïde asso­cié au tube diges­tif (GALTN51). Le bleu clair au sommet est l’in­té­rieur de l’in­tes­tin.
Source : Brucklacher-Waldert V et al. (2014N49)

Lucie Mailing explique que, d’un point de vue immu­ni­taire, l’in­té­rieur de notre intes­tin pour­rait être vu comme situé « à l’ex­té­rieur du corps » : c’est à lui qu’il advient d’ab­sor­ber ce qui est utile à notre survie et de repous­ser ce qui pour­rait la mena­cer. Comment ce triage s’effectue-t-il ? La faculté qu’a notre intes­tin à résis­ter aux infec­tions micro­biennes est prin­ci­pa­le­ment liée à l’exis­tence de niches nutri­tion­nellesN52. Lorsque le micro­biote intes­ti­nal est en bonne santé, toutes ces niches nutri­tion­nelles sont déjà occu­pées par de « bons » microbes, de sorte que les intrus ne trouvent pas un envi­ron­ne­ment favo­rable à leur survie et leur repro­duc­tion. On peut ainsi parler de résis­tance à la colo­ni­sa­tion (Litvak Y, Bäumler AJ, 2019N53) :

La varia­tion géné­tique de l’hôte n’ex­plique qu’une petite frac­tion de la varia­tion taxo­no­mique du micro­biote entre les indi­vi­dus, alors que les influences envi­ron­ne­men­tales dominent ce trait. Une influence envi­ron­ne­men­tale impor­tante dans le trac­tus gastro-intestinal est le régime ali­men­taire, qui déter­mine la dis­po­ni­bi­lité d’un sous-ensemble de nutri­ments limi­tant la crois­sance, ajou­tant ou sous­trayant ainsi des niches nutri­tion­nelles.

Source : Litvak Y, Bümler AJ (2019N53)

Les prin­cipes de l’hy­po­thèse fon­da­trice sont sché­ma­ti­sés pour une seule niche nutri­tion­nelle. Les évé­ne­ments aléa­toires régis­sant l’ex­po­si­tion micro­bienne pen­dant la petite enfance déter­minent quelles espèces micro­biennes (repré­sen­tées par des bâton­nets rouges ou bleus) éta­blissent leur rési­dence dans la niche nutri­tion­nelle, géné­rant ainsi une diver­sité entre indi­vi­dus dans le trans­port des taxons [N54]. L’occupant fon­da­teur obtient un accès prio­ri­taire à la res­source limi­ta­trice de crois­sance qui défi­nit sa niche nutri­tion­nelle. Cet effet prio­ri­taire permet à l’oc­cu­pant de confé­rer une résis­tance à la colo­ni­sa­tion contre l’ex­po­si­tion envi­ron­ne­men­tale à des micro-organismes qui seraient des can­di­dats appro­priés à la même niche nutri­tion­nelle. La résis­tance au stress résul­tant de l’ex­po­si­tion envi­ron­ne­men­tale aux micro-organismes pro­duit une résis­tance du micro­biote.

Une nutri­tion inap­pro­priée, la fatigue chro­nique, la prise d’an­ti­bio­tiques ou des fac­teurs envi­ron­ne­men­taux peuvent alté­rer nos niches nutri­tion­nelles et par consé­quent dimi­nuer notre résis­tance aux infec­tions.

La consom­ma­tion de fibres permet de nour­rir les cel­lules qui forment la bar­rière intes­ti­nale et de pro­duire un mucus qui tient les microbes à dis­tance de la couche épi­thé­lialeN55. Par exemple, les BacteroidetesN56 empêchent la pro­li­fé­ra­tion de sal­mo­nellesN57. Lucie Mailing en cite d’autres exemplesN49. Elle men­tionne aussi une étude (Brucklacher-Waldert V et al., 2018N49) mon­trant que la consom­ma­tion de fibres ali­men­taires avait pro­tégé des souris contre les infec­tions virales et aug­menté leur espé­rance de vie en cas d’at­teinte de la grippe. Cette consom­ma­tion dimi­nuait aussi le risque d’une sur-réaction immu­ni­taire des­truc­trice des tissus pul­mo­naires — comme dans la phase la plus sévère de CoVID-19N49 :

Cela s’est prin­ci­pa­le­ment pro­duit à tra­vers un axe intes­tin – moelle osseuse – poumon. Les acides gras de courte chaîne (AGCC) déri­vés de l’in­tes­tin ont agi sur les récep­teurs de la moelle osseuse où de nou­velles cel­lules immu­ni­taires se sont for­mées. Les AGCC ont par­ti­cu­liè­re­ment aug­menté le nombre de mono­cytes spé­cia­li­sés dans la pro­tec­tion et la répa­ra­tion des tissus. Ces mono­cytes ont pro­duit moins de molé­cules de signa­li­sa­tion inflam­ma­toires, rédui­sant le recru­te­ment de neu­tro­philes [N20] poten­tiel­le­ment nocifs.

La res­tric­tion calo­rique — voir mon article Jeûne et restriction calorique — est une pra­tique effi­cace pour lutter contre le vieillis­se­ment, mais l’ex­pé­ri­men­ta­tion ani­male a montré qu’elle avait un effet néga­tif chez des souris âgées atteintes de grippe. Elle serait notam­ment asso­ciée à une abon­dance plus grande de pro­téo­bac­té­riesN58 pro-inflammatoires dans le contexte par­ti­cu­lier de cette infec­tion (Bartley JM, 2017N59) et elle rédui­rait l’ac­ti­vité de cel­lules pro­tec­trices dans les pou­mons (Gardner EM, 2005N60).

Il est donc impor­tant de bien se nour­rir et en quan­tité suf­fi­sante pen­dant l’é­pi­dé­mie (de grippe ou de SARS). Ce n’est pas le moment, une fois infecté, de se lancer dans de la « détox » (voir mon article Détoxination) ni un régime res­tric­tif pré­ten­du­ment puri­fi­ca­teur — voir mon article Pour les végan·e·s. Le plus sage serait de rester à dis­tance de tout « natu­ro­pathe » ! 😀

La plu­part des mar­chands de pro­bio­tiquesN61 exploitent les failles de connais­sances en émet­tant des théo­ries fan­tai­sistes assises sur des don­nées expé­ri­men­tales non-probantes. Yael Litvak et Andreas J Bäumler exp­pliquent pour­quoi la simple consom­ma­tion de pro­bio­tiques est inef­fi­cace (2019N53) :

Il est dif­fi­cile pour les microbes nou­vel­le­ment arri­vés d’é­ta­blir une rési­dence per­ma­nente parce que les meilleures places dans la maison sont déjà occu­pées (voir figure), ce qui explique pour­quoi l’in­ges­tion de pro­bio­tiques n’a qu’un impact tran­si­toire sur la struc­ture de la com­mu­nauté micro­bienne chez les indi­vi­dus en bonne santé […]

Une façon de sur­mon­ter la résis­tance à la colo­ni­sa­tion consiste à net­toyer une niche nutri­tive en reti­rant son occu­pant avec un anti­bio­tique puis en rem­plis­sant le vide résul­tant avec un micro-organisme appro­prié. Ce méca­nisme explique pour­quoi l’an­ti­bio­thé­ra­pie peut pro­lon­ger l’ex­cré­tion fécale de pro­bio­tiques chez l’homme […] et pré­dis­po­ser les patients à une infec­tion par des agents patho­gènes enté­riques.

Une autre stra­té­gie consiste à créer une nou­velle niche nutri­tion­nelle adap­tée au micro-organisme (pro­bio­tique) qu’on sou­haite appor­ter. C’est le rôle des pré­bio­tiquesN62.

Les tra­vaux scien­ti­fiques menés en Chine depuis le débit de l’é­pi­dé­mie CoVID-19 ont ouvert des pistes pro­met­teuses au trai­te­ment et à la pré­ven­tion de l’in­fec­tion. Un exposé com­pré­hen­sible et bien docu­menté de ces avan­cées a été publié le 8 avril par Jacques Dimitri dans Alternative santéN63. En voici les points essen­tiels :

  • Le séquen­çage du micro­biote a révélé chez les patients décé­dés une dimi­nu­tion signi­fi­ca­tive des bifi­do­bac­té­riesN64 et des lac­to­ba­cillesN65, prin­ci­pales familles de bac­té­ries sym­bio­tiques, ainsi qu’une aug­men­ta­tion de bac­té­ries oppor­tu­nistes telles Corynebacterium ou Ruthenibacterium (Feng Z et al., 2020N66 ; Yu L et al., 2020N67)
  • Le micro­biote intes­ti­nal et le micro­biote pul­mo­naire sont inter­con­nec­tés, même à dis­tance. Les lipo­po­ly­sac­cha­rides (LPSN68), molé­cules pro­duites par les bac­té­ries à Gram néga­tifN69, entraînent l’instauration d’un climat pro-inflammatoire dans l’ensemble de l’organisme.
  • Les per­sonnes âgées ne sont pas seule­ment dénu­tries. Elles ont aussi un micro­biote plus dés­équi­li­bré qui tend vers l’inflam­ma­tion sys­té­miqueN70.
  • Des bac­té­ries du genre PrevotellaN71 semblent ren­fer­mer de l’ADN du virus SARS-COV‑2, comme si le virus avait infecté les bac­té­ries. Le SARS-COV‑2 se com­porte comme un bac­té­rio­phage, un virus infec­tant les bac­té­ries (Chakraborty S, février 2020N72 ; autre N73). Les infec­tions impli­quant Prevotella sont déjà connues pour pro­vo­quer des symp­tômes res­pi­ra­toires aigus (Larsen JM, 2017N74).
  • S’il s’avère que la Covid-19 est bien une infec­tion mixte — à la fois virale et bac­té­rienne — alors l’intérêt d’as­so­cier l’hydroxy­chlo­ro­quineN75 et l’antibiotique azi­thro­my­cineN76 prend tout son sens.

La suite de l’ar­ticleN63 décrit les expé­riences menées en Chine avec des pro­bio­tiques.

La thèse de la double affec­tion — virale et bac­té­rienne — dans l’é­pi­dé­mie CoVID-19 est expo­sée en détail par Bernard Dugué qui sug­gère notam­ment (7 avril 2020N77) :

En plus des symp­tômes obser­vés chez les patients en phase 2, l’affection bac­té­rienne pour­rait expli­quer les dif­fé­rences obser­vées d’un patient à l’autre, entre homme et femme, entre groupe san­guins (anec­do­tique) ainsi que les jeunes appa­rem­ment épar­gnés par le Covid-19. Ces dif­fé­rences cli­niques semblent cor­res­pondre à des dif­fé­rences micro­bio­tiques.

Dugué cite à ce propos la fiche Wikipedia en anglais de PrevotellaN71 :

Soit les Prevotella ou les BacteroidetesN56 dominent l’in­tes­tin et elles ont été jugées anta­go­nistes. Prevotella est plus fré­quente dans les popu­la­tions non occi­den­ta­li­sées consom­mant une ali­men­ta­tion riche en végé­taux. Dans les popu­la­tions occi­den­tales, elle a éga­le­ment été asso­ciée à des régimes végé­ta­riens ou médi­ter­ra­néens riches en fruits et légumes. […]

Dans une étude sur les bac­té­ries intes­ti­nales des enfants au Burkina Faso (en Afrique), Prevotella repré­sen­tait 53% des bac­té­ries intes­ti­nales mais était absente chez les enfants euro­péens d’âge égal. Des études indiquent éga­le­ment que le régime ali­men­taire à long terme est for­te­ment asso­cié à la com­po­si­tion du micro­biome intes­ti­nal — ceux qui mangent beau­coup de pro­téines et de graisses ani­males typiques du régime occi­den­tal ont prin­ci­pa­le­ment des bac­té­ries Bacteroidetes, tandis que pour ceux qui consomment plus de glu­cides, en par­ti­cu­lier des fibres, les espèces de Prevotella dominent. Prevotella a éga­le­ment été asso­cié à une inflam­ma­tion intes­ti­nale.

La « piste Prevotella » a été évo­quée plus en détail par un prof de SVT en lycée qui a pro­fité du confi­ne­ment pour appro­fon­dir le sujet. Selon lui, cette hypo­thèse pour­rait expli­quer trois phé­no­mènes (7 avrilN78) :

  • Les por­teurs sains ont un micro­biome très pauvre en Prevotella comme les enfants ou cer­tains adultes qui n’ont jamais connu de pro­blèmes den­taires ou d’in­fec­tions à Prevotella dans d’autres tissus. Le SRAS-Cov‑2 ne peut alors effi­ca­ce­ment colo­ni­ser nos cel­lules humaines. C’est pour­quoi la mala­die ne se déve­loppe pas.
  • Les patients dont les symp­tômes sont minimes et de manière très vio­lentes évo­luent vers cet orage de cyto­kines… Cela s’ex­plique par le rôle ambi­va­lent de Prevotella qui va dans un pre­mier temps inhi­ber l’in­flam­ma­tion avant de l’exa­cer­ber.
  • Les faux néga­tifs seraient alors des patients dont les virus seraient encap­su­lés dans Prevotella et donc indé­tec­tables.

À mi-avril, plu­sieurs équipes médi­cales admi­nistrent déjà de l’azi­thro­my­cineN76 en France. Un méde­cin témoigne (13 avrilN79) :

Comme on ne pou­vait pas uti­li­ser l’hy­droxy­chlo­ro­quine dans le pro­to­cole du Pr Didier Raoult (NDLR : les géné­ra­listes ne sont pas auto­ri­sés à pres­crire cette molé­cule), on s’est demandé si l’a­zi­thro­my­cine ne pour­rait pas être la base du trai­te­ment. D’autant qu’on s’a­per­çoit que l’hy­droxy­chlo­ro­quine n’est pas si mira­cu­leuse que ça. L’azithromycine a l’a­van­tage d’être un anti­bio­tique, mais d’a­voir aussi une action sur les virus et une acti­vité anti-inflammatoire sur le paren­chyme pul­mo­naire.

On a réflé­chi sur ce qui pou­vait aug­men­ter l’ef­fet de ce médi­ca­ment. Le zinc est très effi­cace pour cela. On ajoute deux gélules d’Effizinc dans le pro­to­cole. Toujours de manière empi­rique, on a ajouté du Singulair, uti­lisé chez les per­sonnes asth­ma­tiques, pour son rôle d’anti-inflammatoire sur les tissus inter­sti­tiels pul­mo­naires. Chez les formes sévères, on ajoute de l’hé­pa­rine à faible dose, pour pré­ve­nir les throm­boses, les phlé­bites et les embo­lies pul­mo­naires, fré­quentes avec le coro­na­vi­rus. Une des condi­tions sine qua non, c’est de démar­rer ce trai­te­ment dès les pre­miers symp­tômes, ne pas d’at­tendre d’être en réani­ma­tion.

Se protéger

Le gel ou la solu­tion hydro-alcoolique sont pra­tiques quand on ne dis­pose pas d’eau cou­rante, mais le savon est bien plus utile pour le lavage des mains et des objets : il dis­sout la mem­brane grasse du virus — ce que l’é­tha­nol ne peut pas faire — et le détruit donc avec une grande effi­ca­cité. Ne pas uti­li­ser de savon anti­bac­té­rien puis­qu’on a affaire à un virus… Les autres agents net­toyants sont plutôt réser­vés aux objets et sur­faces dures.

Pour la dés­in­fec­tion d’ob­jets, il sem­ble­rait qu’une vapo­ri­sa­tion d’eau oxy­gé­née soit plus effi­cace (en tout cas plus rapide) qu’un séjour sous une lampe UV ou dans un four (conven­tion­nel) à plus de 70°C. Par contre, la congé­la­tion n’ap­porte aucune sté­ri­li­sa­tion.

Une étude ita­lienne (21 marsN80) sug­gère que les micro­par­ti­cules (pous­sières) de l’air pollué des grandes villes pour­raient contri­buer à la trans­mis­sion du virus SARS-CoV‑2. En la rap­pro­chant du gra­phique repro­duit dans mon article Coronavirus - discussion qui montre que des régions du monde où le port du masque est très fré­quent ont net­te­ment moins été frap­pées par la pan­dé­mie CoVID-19, on peut envi­sa­ger que le port d’un masque à l’ex­té­rieur en zone pol­luée mini­mi­se­rait la conta­mi­na­tion par voie aérienne. Il ne s’agit donc pas seule­ment de se pro­té­ger des pos­tillons, mais un écran « anti-postillons » bien conçu limite aussi l’ex­po­si­tion aux pous­sières.

Un masque ‘NP95’ uti­lisé pour le bri­co­lage serait suf­fi­sant pour blo­quer les pous­sières. Voir ce site pour la fabri­ca­tion domes­tique de masques : N81.

Selon Lydia Bourouiba (2020N82), le coro­na­vi­rus SARS-CoV‑2 pour­rait se trans­mettre bien au-delà de la dis­tance de sécu­rité de 2 mètres recom­man­dée par l’OMS. Les nuages de gout­te­lettes peuvent en effet par­cou­rir 8 mètres, même si la pro­ba­bi­lité de trans­mis­sion est réduite du fait de la petite taille des par­ti­cules. Le port de masque ‘FFP2’ en espace clos et en pré­sence de malades est donc indis­pen­sable, comme l’a montré la conta­mi­na­tion impor­tante du per­son­nel de soin confronté à la pénu­rie de maté­riel de pro­tec­tion.

Ces obser­va­tions sont en phase avec le rap­port des National Academies of Sciences, Engineering and Medicine aux USA (Droegemeier K, 1er avril 2020N83) qui pré­cise :

Les recherches actuel­le­ment dis­po­nibles sou­tiennent la pos­si­bi­lité que le SRAS-CoV‑2 puisse se pro­pa­ger via des bio­aé­ro­sols géné­rés direc­te­ment par l’ex­pi­ra­tion des patients. Il faut être pru­dent en impu­tant les résul­tats d’un virus res­pi­ra­toire à un autre virus res­pi­ra­toire, car chaque virus peut avoir son propre ino­cu­lum infec­tieux effi­cace et ses carac­té­ris­tiques d’aé­ro­so­li­sa­tion dis­tinctes. Les études qui s’ap­puient sur la PCR pour détec­ter la pré­sence d’ARN viral peuvent ne pas repré­sen­ter un virus viable en quan­tité suf­fi­sante pour pro­vo­quer une infec­tion. Néanmoins, la pré­sence d’ARN viral dans les gout­te­lettes d’air et les aéro­sols indique la pos­si­bi­lité d’une trans­mis­sion virale par ces voies.

Une étude des CDC amé­ri­cains a révélé d’autre part que des virus SARS-Cov‑2 auraient sur­vécu 17 jours sur des objets non net­toyés du navire Diamond Princess où 712 per­sonnes avaient été infec­tées. Il s’en­suit que cette conta­mi­na­tion pour­rait être issue du voyage pré­cé­dent. La dés­in­fec­tion des locaux et des objets est donc une pro­cé­dure indis­pen­sable.

Dans mon vil­lage nous avons mis en place un forum d’é­change de ser­vices qui pro­pose entre autres de grou­per des com­mis­sions afin d’é­vi­ter tout dépla­ce­ment aux per­sonnes à risque.

Femmes enceintes, accouchement, IVG

Une équipe a suivi 33 femmes enceintes de la ville de Wuhan, où le virus a été iden­ti­fié pour la pre­mière fois, et décou­vert que trois bébés avaient été infec­tés à la nais­sance, soit un taux de 9%N84. « Sachant que des pro­cé­dures strictes de contrôle et de pré­ven­tion de l’in­fec­tion avaient été prises pen­dant l’ac­cou­che­ment, il est pro­bable que les souches de SARS-CoV‑2 dans l’ap­pa­reil res­pi­ra­toire supé­rieur et l’anus des nouveaux-nés soient d’origine mater­nelle », pré­cisent les auteurs.

Source : N85

En France, des pro­to­coles ont été mis en place pour ce qui concerne le suivi des femmes enceintes, les accou­che­ments en mater­nité et les inter­rup­tions volon­taires de gros­sesseN86 :

Pour le moment [fin mars 2020] la pré­sence de l’accompagnant(e) est accep­tée pen­dant l’accouchement, sous réserve de condi­tions dras­tiques à res­pec­ter. En revanche, aucune visite n’est auto­ri­sée : le/la conjoint(e) ne peut accom­pa­gner la mère et l’enfant dans la chambre de suite de couches.

Le CIANE a mis en place une écoute télé­pho­nique béné­vole et gra­tuite au ser­vice des femmes qui s’inquiètent des condi­tions de suivi de gros­sesse, d’accouchement et de retour à la maison dans ce contexteN85.

Surveillance

Les symp­tômes de CoVID-19 cou­ram­ment cités sont la fièvre ou la sen­sa­tion de fièvre et des signes de dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires de type toux ou essouf­fle­mentN87. La perte d’o­do­rat (sans obs­truc­tion nasale) et de goût se mani­fes­tait aussi chez plus de 80% des per­sonnes qui ont été tes­tées posi­tives.

Une étude mul­ti­cen­trique menée sur 204 patients dans la pro­vince de Hubei, en Chine, a montré que la moitié pré­sen­taient aussi des symp­tômes diges­tifs : diar­rhée, ano­rexie, vomis­se­ments et dou­leurs abdo­mi­nales. De plus, ces patients avaient mis plus de temps à déve­lop­per des symp­tômes res­pi­ra­toires et avaient donc été admis tar­di­ve­ment, donc avec un pro­nos­tic vital moins bon que ceux sans symp­tômes diges­tifs. Les auteurs (Lai Pan et al., 2020N88PDF) ont conclu :

Les cli­ni­ciens doivent recon­naître que des symp­tômes diges­tifs tels que la diar­rhée peuvent être une carac­té­ris­tique de pré­sence de COVID-19, et que l’in­dice de sus­pi­cion peut devoir être aug­menté plus tôt chez les patients à risque pré­sen­tant des symp­tômes diges­tifs, plutôt que d’at­tendre l’ap­pa­ri­tion de symp­tômes res­pi­ra­toires .


▷ Liens

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Article créé le 18/03/2020 - modifié le 2/07/2020 à 06h18

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