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Vers un nouvel « ordre mondial » ?

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Un nouvel « ordre mondial » est-il en train de se mettre en place sur fond de « crise sanitaire » et de « crise climatique » ?

Ce terme a paraît-il été inventé par le roman­cier H.G. Wells, auteur de The New World Order en 1940. Il a été repris en 1990 par le président George H.W. Bush pour défi­nir (selon WikipediaN1) :

[…] une poli­tique étran­gère améri­caine fondée sur le respect du droit inter­na­tio­nal, la promo­tion de la paix et de la démo­cra­tie en s’appuyant sur l’ONU, dont le fonc­tion­ne­ment ne serait plus bloqué par l’antagonisme EU-URSS. Le symbole en aurait été la première guerre du Golfe en 1991.

Il a par la suite été adopté par des mili­tants alter­mon­dia­listes et anti­ca­pi­ta­listes — comme le linguiste, philo­sophe et penseur poli­tique Noam ChomskyN2 — pour criti­quer la mondia­li­sa­tion écono­mique et la « pensée unique » néoli­bé­rale ; mais aussi, de manière posi­tive, par ceux qui appellent à une coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, voire une gouver­nance mondiale, pour résoudre les crises alimen­taires, finan­cières et envi­ron­ne­men­tales. L’essentiel de l’ana­lyse critique repose sur la distinc­tion entre coopé­ra­tion et gouver­nance.

Le présent article n’aborde que certains aspects de ce débat, tels qu’ils sont appa­rus après dix-huit mois de crise sani­taire. Il a été conçu pour propo­ser un cadre plus géné­ral aux ques­tions abor­dées dans les articles Coronavirus — discussion et Club de Rome : la technocratie et les élites du monde.

Sommaire

Contrôle sanitaire

Source : Femme Actuelle

La crise sani­taire et écono­mique causée par la pandé­mie CoVID a ravivé le souhait (ainsi que la crainte) d’une gouver­nance mondiale envi­sa­gée comme une adap­ta­tion (un asser­vis­se­ment ?) du pouvoir poli­tique aux exigences de la préven­tion et du soin médi­cal. L’industrie phar­ma­ceu­tique (Big Pharma) est perçue par les uns comme un sauveur de l’hu­ma­nité, et vili­pen­dée par d’autres pour sa main­mise sur le pouvoir déci­sion­nel des indi­vi­dus et des institutions.

La lutte contre cette pandé­mie, dans un monde marqué par la libre circu­la­tion de personnes et de marchan­dises, néces­si­te­rait en théo­rie une coor­di­na­tion des mesures sani­taires qui restreignent (tempo­rai­re­ment ?) les liber­tés indi­vi­duelles. Les États-nations ont seuls l’au­to­rité de fixer le cadre légal de ces dispo­si­tifs, avec une délé­ga­tion partielle possible vers des enti­tés régio­nales (Länder, comtés, commu­nau­tés auto­nomes etc.) en cas de subdi­vi­sion territoriale.

La diver­sité des mesures mises en œuvre suscite de nombreux débats contra­dic­toires, entre autres autour des confi­ne­ments, de la suspen­sion de certaines acti­vi­tés commer­ciales, des « pass sani­taires » et de la vacci­na­tion — voir mon article Coronavirus - discussion pour plus de détails. Alors que les premières mesures citées sont asso­ciées à des terri­toires, la vacci­na­tion ne concerne que les personnes dans la mesure où celles-ci sont suscep­tibles de se dépla­cer hors de leur terri­toire de résidence.

Après trois ans de crise sani­taire CoVID, de nombreuses voix — entre autres, dans ce qu’on désigne comme la « droite liber­taire » aux USA — s’élèvent pour dénon­cer la mise en place d’un État sécu­ri­taire biomé­di­cal (Kheriaty A, 2022N3) appuyant sa légi­ti­mité sur les mesures mises en place pour lutter contre l’épidémie.

À titre d’exemple, le gouver­neur de Californie, Gavin Newsom, a signé, le 30 septembre 2022, un projet de loi qui devait entrer en vigueur le 1er janvier 2023. Cette loi inter­di­rait aux méde­cins de four­nir un trai­te­ment ou des conseils sur la CoVID-19 compor­tant de fausses infor­ma­tions, et/ou contre­di­sant le « consen­sus scien­ti­fique actuel », et/ou « contraire à la norme de soins ». Un méde­cin ayant enfreint cette loi se rendrait coupable de « conduite non profes­sion­nelle » et pour­rait faire l’ob­jet de mesures disci­pli­naires, y compris la révo­ca­tion de sa licence médi­cale (Grimes K, 1er octobre 2022N4).

Le terme « consen­sus », en lieu et place de « preuve », est à mes yeux emblé­ma­tique d’un renie­ment de la démarche scientifique…

Vacciner le monde entier

Les vaccins anti-covid ont été évalués (de manière sommaire) pour leur capa­cité à limi­ter l’in­ci­dence de formes graves de la mala­die (avec le virus d’ori­gine, version « Wuhan »), mais leur effi­ca­cité contre le portage du virus n’a été étayée que par les corré­la­tions issues d’études obser­va­tion­nelles, autre­ment dit hors du cadre scien­ti­fique d’études cliniques — voir mon article CoVID-19 : vaccins. Les phrases telles que « Le vaccin nous libè­rera de l’épi­dé­mie » et sa suren­chère « Seul le vaccin peut nous libé­rer » sont donc avant tout des slogans poli­tiques, en l’ab­sence de preuve ni même de consen­sus dans la commu­nauté scientifique.

À suppo­ser que la vacci­na­tion soit indis­pen­sable à l’éra­di­ca­tion de cette épidé­mie — ce qui implique de faire l’éco­no­mie des débats sur les trai­te­ments, voir mon article CoVID-19 : traitement —, dans le cas d’une pandé­mie elle ne peut avoir d’ef­fi­ca­cité qu’à l’échelle de la popu­la­tion de la planète. (Oublions aussi l’exis­tence de réser­voirs animaux des agents patho­gènes, encore un autre débat !)

La trans­mis­sion spec­ta­cu­laire du SARS-CoV‑2 a projeté sur la scène publique la ques­tion de l’ur­gence d’une coopé­ra­tion (gouver­nance ?) mondiale en matière de santé publique. Ce sujet est loin d’être nouveau, mais il concerne à présent les citoyens du monde entier, enjoints de parti­ci­per aux campagnes vacci­nales ou même, pour une partie de la popu­la­tion, de se soumettre à une obli­ga­tion vaccinale.

L’étendue du débat — ampli­fié par les réseaux sociaux, prin­ci­paux véhi­cules d’opi­nions radi­cales, par exemple « provax » ou « anti­vax » — suscite des craintes sur d’autres formes de contrôle que « l’élite » pour­rait exer­cer sous le prétexte d’ur­gence sani­taire. La poli­tique vacci­nale à l’échelle d’un État, d’une région comme la Communauté euro­péenne, ou d’un orga­nisme mondial comme l’OMS, est une illus­tra­tion (ou une anti­ci­pa­tion) de ce risque de contrôle de popu­la­tions qui seraient déchues de leurs liber­tés indi­vi­duelles et de tout débat démo­cra­tique sur son utilité.

Les oppo­sants au contrôle des popu­la­tions — et plus parti­cu­liè­re­ment aux campagnes de vacci­na­tion — posent la ques­tion : « À qui profite le crime ? » Ils y répondent en dénon­çant les liens d’in­té­rêt entre les déci­deurs et l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique qui ont certai­ne­ment contri­bué à orien­ter les choix des premiers (Gilbertie P, 23 janvier 2022N5).

Pour une analyse de ce proces­sus anté­rieu­re­ment à l’épi­dé­mie CoVID, on peut se réfé­rer au Plan d’ac­tion mondial pour les vaccins (Global Vaccine Action PlanN6) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

Le Plan d’ac­tion mondial pour les vaccins (GVAP) – approuvé par les 194 États membres de l’Assemblée mondiale de la santé en mai 2012 – est un cadre visant à préve­nir des millions de décès d’ici 2020 grâce à un accès plus équi­table aux vaccins exis­tants pour les personnes de toutes les commu­nau­tés.

Le GVAP est le fruit de la Collaboration DoV [Decade of VaccinesN7], un effort sans précé­dent qui a rassem­blé des experts et des parties prenantes du déve­lop­pe­ment, de la santé et de la vacci­na­tion. Les diri­geants de la Fondation Bill & Melinda GatesN8, de GAVI AllianceN9, de l’UNICEF, de l’Institut natio­nal des aller­gies et des mala­dies infec­tieuses des États-Unis [NIAIDN10] et de l’OMS, ainsi que tous les parte­naires – gouver­ne­ments et élus, profes­sion­nels de la santé, univer­si­taires, fabri­cants, agences mondiales, parte­naires du déve­lop­pe­ment, société civile, médias et secteur privé – sont déter­mi­nés à atteindre les objec­tifs ambi­tieux du GVAP.

Il est instruc­tif de lire trois atten­dus de la Résolution sur le Plan d’ac­tion euro­péen pour les vaccins 2015–2020 votée en 2014N11 :

Reconnaissant la contri­bu­tion des programmes effi­caces de vacci­na­tion à la réalisation des objec­tifs de santé aux niveaux mondial et régional, notam­ment la réduction de la morta­lité et de la morbi­dité infan­tiles, et leur poten­tiel de réduction de la morta­lité et de la morbi­dité à toutes les étapes de la vie ;

Préoccupé par la persis­tance des flambées épidémiques de mala­dies à prévention vacci­nale, et la présence de lacunes dans la couver­ture vacci­nale systématique aux niveaux natio­nal et sous-national dans la région [euro­péenne] ;

Reconnaissant qu’un enga­ge­ment poli­tique et une action accélérée sont nécessaires pour garan­tir l’accès univer­sel et équitable à des programmes de vacci­na­tion durables et de haute qualité, en vue de répondre aux besoins de la popu­la­tion générale, et plus particulièrement des popu­la­tions marginalisées et mal desser­vies, et d’agir sur la réticence face à la vaccination […]

Dans ce docu­ment, la Directrice régio­nale est char­gée « d’émettre des conseils sur la manière d’atteindre certains groupes à haut risque, notam­ment les popu­la­tions marginalisées et mal desser­vies, ainsi que les mouve­ments opposés à la vacci­na­tion ».

Dans sa décli­nai­son mondiale aussi bien qu’eu­ro­péenne, ce plan d’ac­tion rele­vait bien d’un « ordre mondial » en termes de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, mais pas (encore) d’une gouver­nance mondiale. L’intention n’était pas de soumettre les popu­la­tions à des direc­tives émises par une « élite » — ce que dénoncent les théo­ries de complot — mais plutôt d’as­su­rer leur accès aux soins médi­caux en « contour­nant » les diffi­cul­tés liées à l’iné­ga­lité d’ac­cès aux ressources. Ainsi, par exemple, mettre en place des dispo­si­tifs de four­ni­ture de vaccins, gratuits ou à bas prix, aux pays défavorisés. 

Les mala­dies infec­tieuses ciblées à cette époque étaient prin­ci­pa­le­ment la rougeole et la rubéole. Ce point est impor­tant puisque l’ef­fi­ca­cité de ces vaccins (en tant que barrières à la propa­ga­tion du virus) et leur sécu­rité ne sont géné­ra­le­ment pas remises en cause, à l’op­posé de celles des vaccins « expé­ri­men­taux » anti-covid. (Vu leur mode opéra­toire inno­vant, les vaccins à ARN messa­ger sont dési­gnés par certains comme de simples « théra­pies géniques », mais je n’en­tre­rai pas dans ce débat sémantique…)

La Fondation Melinda et Bill GatesN12 a joué un rôle impor­tant dans ce plan d’ac­tion mondial pour les vaccins, grâce au finan­ce­ment massif de campagnes de vacci­na­tion et d’ins­ti­tu­tions comme l’OMS. Cette omni­pré­sence a été criti­quée au sein même de l’OMS. Selon Amir Attaran, profes­seur de droit et de méde­cine à l’université d’Ottawa (Twohey M & N Kulish, 2020N13) :

La présence de la Fondation Gates a servi, au mieux, de complé­ment au travail de l’OMS, et au pire, a repré­senté une usur­pa­tion et une prise de pouvoir hostile.

L’objectif de Bill Gates était en réalité d’éra­di­quer toutes les mala­dies infec­tieuses en déployant un plan de vacci­na­tion sur la planète entière. La faisa­bi­lité de ce projet et sa perti­nence sur le plan médi­cal — voir CoVID 19 : vaccins dans le cas du SARS-CoV‑2 — sont en soi discu­tables ; mais la métho­do­lo­gie de Gates relève surtout d’une vision techno-scientiste : une solu­tion tech­nique (unique et univer­selle) exis­te­rait face à tout problème. Autrement dit, pour tous virus (humain comme infor­ma­tique) on pourra mettre au point un vaccin qui permet de l’anéan­tir — sans effets indé­si­rables… Ce prin­cipe s’ap­plique bien entendu à la tech­no­lo­gie infor­ma­tique, et plus large­ment au monde du numé­rique, mais on peut lui repro­cher d’écar­ter d’emblée les facteurs socio-économiques à la source de mala­dies chro­niques et de vulné­ra­bi­lité aux mala­dies infectieuses.

On peut effec­ti­ve­ment s’in­quié­ter que des travaux de recherche visent à « recons­ti­tuer » (reverse engi­nee­ring) des virus ayant disparu — comme celui de la grippe espa­gnoleN14, qui en 1918 a tué près de 100 millions de personnes — ou/et augmen­ter leur léta­lité (par gain de fonc­tionN15) dans le but de créer à l’avance des vaccins qui permet­traient d’en­rayer des pandé­mies à venir. Mable Chan et collègues (2022N16) constatent à regret que le virus de la pandé­mie grip­pale de 1918 n’a pas réussi à tuer les macaques cyno­mol­gus et rhesus à qui ils l’avaient admi­nis­tré à fortes doses, et encou­ragent donc la recherche d’un nouveau « modèle animal » — proche du fonc­tion­ne­ment immu­no­lo­gique des humains — appro­prié à ce type d’ex­pé­ri­men­ta­tion (2022N16) :

[…] cet isolat n’est pas suffi­sam­ment patho­gène chez les macaques rhésus et les macaques de Maurice pour permettre de tester de nouvelles approches prophy­lac­tiques de la grippe, où la protec­tion contre une mala­die grave asso­ciée à une issue létale est souhai­tée comme une indi­ca­tion très stricte de l’ef­fi­ca­cité du vaccin. 

Le « complo­tiste » Tom Renz commente sur son blog (2022N17) :

Cela signi­fie que ces personnes affirment que nous devons créer une version plus dange­reuse de la grippe espa­gnole pour pouvoir fabri­quer de « meilleurs » vaccins contre elle… malgré le fait que jusqu’à ce qu’ils la recréent, elle n’exis­tait proba­ble­ment plus dans la nature. […]

Alors vous vous deman­dez peut-être quel crétin pour­rait être assez incons­cient pour soute­nir le travail du GoF [gain de fonc­tion] sur la grippe espa­gnole alors que le monde est encore aux prises avec le cauche­mar qu’est le COVID ? La réponse ne devrait pas être surpre­nante… Les NIH et NIAID sont impliqués.

Quelle est la proba­bi­lité qu’un nouveau virus appa­raisse natu­rel­le­ment, iden­tique à un de ceux créés arti­fi­ciel­le­ment pour lesquels un vaccin effi­cace aurait été inventé ?

Au-delà des éloges et critiques, de nombreux commen­taires, plus ou moins étayés par des faits, font état d’un glis­se­ment de « l’ordre mondial » de l’ap­pel à une coopé­ra­tion inter­na­tio­nale vers la propo­si­tion d’une gouver­nance mondiale. Le European Vaccine Action Plan 2015–2020N18 (page 42) abor­dait en ces termes le problème de la couver­ture vacci­nale maxi­male sans exer­cice de contrainte, sous le titre « Les indi­vi­dus comprennent la valeur des services d’im­mu­ni­sa­tion et des vaccins et exigent la vacci­na­tion » :

Pour susci­ter et main­te­nir la demande de services de vacci­na­tion et lutter contre l’hé­si­ta­tion à se faire vacci­ner dans la région euro­péenne, il faudra utili­ser les plate­formes de commu­ni­ca­tion sociale tradi­tion­nelles et nouvelles, opti­mi­ser le rôle des agents de santé de première ligne, iden­ti­fier les cham­pions de la vacci­na­tion et les agents du chan­ge­ment et en tirer parti, adap­ter les acti­vi­tés de sensi­bi­li­sa­tion et de commu­ni­ca­tion des programmes de vacci­na­tion aux popu­la­tions sensibles, notam­ment les popu­la­tions mobiles, margi­na­li­sées et migrantes, et faire connaître les avan­tages de la vacci­na­tion et les risques présen­tés par les mala­dies évitables par la vacci­na­tion.

Les obstacles à la demande de vaccins sont complexes et spéci­fiques au contexte. Les programmes doivent donc surveiller et évaluer plus fréquem­ment les atti­tudes, les connais­sances et les compor­te­ments du grand public et des sous-groupes, afin d’in­for­mer et d’adap­ter l’exé­cu­tion du programme et la réponse. Le succès de la lutte contre le senti­ment anti-vaccination et les préoc­cu­pa­tions en matière de sécu­rité dépen­dra en parti­cu­lier de cela.

Dans les docu­ments publiés à cette époque (donc avant la pandé­mie CoVID-19), l’ac­cent était mis sur une prise de conscience des citoyens suffi­sam­ment infor­més — d’autres diraient « embri­ga­dés » — pour déci­der par eux-mêmes d’être vaccinés.

Les années 2020–2021 ont montré que, en l’ab­sence de contrainte, la couver­ture vacci­nale n’at­tei­gnait pas les objec­tifs fixés (toujours révi­sés à la hausse) dans les pays béné­fi­ciant de stocks de vaccins pour toute la popu­la­tion. Parmi les « acti­vi­tés de sensi­bi­li­sa­tion » qui relèvent d’un soft power — défini comme un « pouvoir d’in­fluence » (voir plus bas) —, je pense à la diffu­sion quoti­dienne d’images de personnes de tous âges en train d’être vacci­nées. Intention (louable ?) de bana­li­ser cet acte médi­cal en étouf­fant les craintes d’ef­fets secon­daires diffu­sées par une horde de mauvais coucheurs — rapi­de­ment montrés du doigt comme « anti­vax », « anti-science », puis « complotistes ».

En mars 2020, le président Macron avait déclaré : « Nous sommes en guerre ». Or, en temps de guerre il devient éthi­que­ment accep­table de mêler infor­ma­tion et propa­gande… Les auteurs de la tribune Une nouvelle reli­gion vacci­nale est née en Occident (12 décembre 2021N19) décrivent la propa­gande autour de la pandé­mie CoVID-19 en citant Jacques Ellul (Propagandes, 1962) :

« En face de la propa­gande d’agitation [des révo­lu­tion­naires, des putschistes, des terro­ristes], nous trou­vons la propa­gande d’intégration, qui est la propa­gande des nations évoluées, et carac­té­ris­tique de notre civi­li­sa­tion. C’est une propa­gande de confor­mi­sa­tion. […]

[…] dans une démo­cra­tie, il faut asso­cier les citoyens aux déci­sions de l’Etat. C’est là le grand rôle de la propa­gande. Il faut donner aux citoyens le senti­ment d’avoir voulu les actes du gouver­ne­ment, d’en être respon­sables, d’être enga­gés à les défendre et à les faire réus­sir.« 

On recon­naît là le fonde­ment de ce qui est appelé nudge de nos jours, un mot anglais à la mode pour dési­gner de vieilles tech­niques de marke­ting et de publi­cité. […]

En outre, les gouver­ne­ments comme celui de la France utilisent massi­ve­ment un autre clas­sique de la propa­gande d’État qu’Etienne Augé appelle « le choix truqué ». Il consiste à « propo­ser à un public un choix, comme s’il lui reve­nait de tran­cher et de choi­sir la meilleure option, tout en sachant à l’avance quel sera le résul­tat de cette consul­ta­tion. Ainsi, le propa­gan­diste met l’auditoire devant l’alternative entre un choix inac­cep­table qui sera néces­sai­re­ment rejeté, et une option qui appa­raî­tra comme peu dési­rée mais inéluc­table devant l’ampleur du danger qui menace ». Vaccinés ou recon­fi­nés ? Vaccinés ou remas­qués ? Vaccinés, guéris ou morts ?

C’est aussi dans ce contexte que l’on peut situer l’op­po­si­tion des « experts » à la mise en pratique, ou même l’éva­lua­tion, de proto­coles de préven­tion ou de soins basés sur le repo­si­tion­ne­ment de médi­ca­ments exis­tants — voir mes articles CoVID-19 : traitement et Saga de la chloroquine.

Malgré ses limites en termes de couver­ture vacci­nale, cette propa­gande a réussi à rendre accep­table l’idée d’une obli­ga­tion vacci­nale — que le président Macron avait ferme­ment écar­tée quelques mois plus tôt — d’abord impo­sée au person­nel de santé, puis appli­quée à tous les citoyens : idée majo­ri­taire courant 2021 (souvent marte­lée avec violence par les vacci­nés) et reprise — campagne élec­to­rale oblige ! — par la majeure partie des poli­ti­ciens, entre autres écolo­gistes et socia­listes (fran­çais ou alle­mands) jusqu’ici soucieux des liber­tés indi­vi­duelles. Le soft power média­tique, fin 2021, perfuse l’idée que s’op­po­ser à l’obli­ga­tion vacci­nale, comme hier s’op­po­ser à la vacci­na­tion, équi­vaut à une adhé­sion aux idées de l’extrême-droite. Effectivement, seuls les partis qui n’ont rien à perdre élec­to­ra­le­ment osent abor­der le sujet ! 

Ce renon­ce­ment à la liberté, rappelons-le, a pour socle la convic­tion ferme que la vacci­na­tion serait l’unique voie de sortie de la pandé­mie CoVID-19. Croyance quasi reli­gieuse depuis que (fin 2021) l’ef­fi­ca­cité des vaccins pour éviter la conta­mi­na­tion — jamais véri­fiée dans des essais cliniques randomisés-contrôlés en double-aveugle — a été de plus en plus contre­dite par les faits. La justi­fi­ca­tion morale du « pass sani­taire » (proté­ger les autres) est donc deve­nue caduque…

Faux compte « geert vanden bossche » sur LinkedIn

Cette justi­fi­ca­tion morale n’a pas pour autant disparu avec le doute gran­dis­sant sur l’ef­fi­ca­cité et l’ab­sence de noci­vité des vaccins ARN messa­ger. Elle sert encore de justi­fi­ca­tif à la suppres­sion systé­ma­tique de tout discours déviant : suppres­sion de comptes Youtube, LinkedIn, Facebook, Twitter, etc. Le « complo­tisme » se nour­rit du fait (réel) que cette censure à grande échelle est orches­trée par les leaders du numé­rique. Exemple anec­do­tique mais signi­fi­ca­tif : le compte LinkedIn du vété­ri­naire, viro­logue et vacci­no­logue Geert Vanden BosscheN20 a été remplacé par un compte fictif du même nom (suivre ce lien). Le crétin chargé de cette basse besogne a même laissé des traces : il est affi­lié à la Bill & Melinda Gates Foundation.

L’OMS ne cesse de répé­ter (en 2021, 2022…) que les pays les plus dému­nis — parti­cu­liè­re­ment en Afrique — devraient béné­fi­cier d’un don massif de vaccins afin d’évi­ter une héca­tombe. Or ce concept d’« équité vacci­nale » ne semble pas tenir compte du fait que le conti­nent afri­cain, bien que vacciné à moins de 6 % (en novembre 2021) était aussi celui le plus épar­gné, en termes de décès, par l’épi­dé­mie de SARS-CoV‑2 ; alors même que le virus y a très large­ment circulé (Uyoga S et al., 29 juillet 2020N21 ; Cheng M & F Mutsaka, 19 novembre 2021N22). John Campbell a présenté à ce sujet, dans une vidéo No appa­rent covid in Africa, les témoi­gnages irré­fu­tables d’ac­teurs du terrain (28 décembre 2022N23).

À mi-2022, les auto­ri­tés sani­taires ont lancé des campagnes de vacci­na­tion des enfants (notam­ment les 0–5 ans) malgré l’aver­tis­se­ment que cette popu­la­tion est quasi­ment sans risque de CoVID et que de graves effets secon­daires ont été signa­lés. Le « complo­tiste anti­vax » Robert Francis Kennedy Jr. a fourni au média Thenewamerican​.com l’ex­pli­ca­tion suivante — dont on peut véri­fier les sources :

Si vous voulez savoir pour­quoi il y a une telle pres­sion pour vacci­ner les enfants, il faut comprendre comment la loi fonc­tionne. En vertu de la Loi CARES et de la loi PREP [aux USA], l’autorisation d’utilisation des vaccins est proté­gée par rapport à la respon­sa­bi­lité des entre­prises phar­ma­ceu­tiques. Tant qu’il s’agit d’un vaccin, ils ne peuvent pas être pour­sui­vis, même s’ils sont impru­dents, et quelle que soit la gravité des effets indé­si­rables ou le degré de négli­gence. Normalement, une fois qu’un vaccin est approuvé, cette protec­tion légale ou « immu­nité » dispa­rait, et c’est là que nous pouvons les pour­suivre, à moins qu’il s’agisse d’un vaccin recom­mandé pour les enfants, car selon la loi sur les effets indé­si­rables dus aux vaccins pour enfants, tout vaccin recom­mandé pour les enfants béné­fi­cie auto­ma­ti­que­ment d’une immu­nité de respon­sa­bi­lité, même lorsque ce même vaccin est admi­nis­tré à un adulte.

On peut connaître plus préci­sé­ment le posi­tion­ne­ment de RF Kennedy Junior en lisant la traduc­tion de son inter­ven­tion à Hillsdale College le 5 mars 2023 : voir l’ar­ticle Anthony Fauci et le système de santé publique.

Médias et libertés individuelles

La circu­la­tion de vraies/fausses infor­ma­tions pendant la crise sani­taire de 2020–2022 a été révé­la­trice de tenta­tives de prise de contrôle des canaux d’in­for­ma­tion — jour­naux, audio­vi­suel, sites web, réseaux sociaux — par des groupes de pres­sion ou des insti­tu­tions qui avancent en partie « masqués ».

C’est dans ce contexte qu’ont vu le jour des orga­nismes comme le Center for Countering Digital Hate (CCDHN24), centre de lutte contre la cyber-haine, et Atlantic CouncilN25. Le premier se présente comme « un orga­nisme à but non lucra­tif qui lutte contre la haine et la désin­for­ma­tion en pertur­bant l’ar­chi­tec­ture en ligne qui permet sa crois­sance rapide dans le monde entier ». Il ne s’agit donc plus de faire appel au débat public (et au bon sens des citoyens) en oppo­sant des contre-discours argu­men­tés à ceux jugés menson­gers ou/et dange­reux, mais plutôt d’éli­mi­ner les supports numé­riques de leurs auteurs.

Il va de soi qu’une telle stra­té­gie ne peut qu’a­li­men­ter les thèses « complo­tistes » et un discours « anti-système » que les « bien-pensants » ont vite fait de clas­ser dans l’extrême-droite — ou, au choix, l’extrême-gauche…

J’avais prévu d’in­sé­rer ici une section sur le trai­te­ment média­tique et poli­tique de la « crise clima­tique ». Mais dans ce domaine, comme dans celui de la « crise sani­taire », on ne peut se conten­ter d’af­fi­cher une opinion faisant écho, ou contra­dic­toire, à d’autres opinions taxées de « confor­misme » ou de « complo­tisme ». Il n’y a pas le camp du bien et le camp du mal, contrai­re­ment à une vision mani­chéenne entre­te­nue par certains médias. Il m’a fallu donc creu­ser le sujet en remon­tant aux sources primaires — articles scien­ti­fiques et ouvrages sérieu­se­ment docu­men­tés — pour rédi­ger un dossier que d’autres pour­ront appro­fon­dir ou criti­quer. Lire mon article : Discours sur le climat.

L’appel à l’ur­gence — clima­tique, sani­taire ou sécu­ri­taire — met-il en danger la démo­cra­tie ? Tim Black l’af­firme sans nuance dans un jour­nal anglais conser­va­teur (2020N26) :

Le décret d’ur­gence pour la protec­tion du peuple alle­mand, publié le 28 février 1933, a permis la suspen­sion des aspects démo­cra­tiques de la République de Weimar, qui allait bien­tôt dispa­raître, et a léga­le­ment sanc­tionné la répres­sion et la persé­cu­tion des oppo­sants poli­tiques par les nazis. Après tout, c’est ce que les états d’ur­gence tendent à impli­quer : une répres­sion des liber­tés civiles et démo­cra­tiques dans l’in­té­rêt de la préser­va­tion de l’État contre une menace exis­ten­tielle perçue. Et c’est égale­ment ce qu’im­plique l’état d’ur­gence climatique.

La tech­nique mani­pu­la­toire — utili­sée aussi par beau­coup de ceux qui prétendent lutter contre les mani­pu­la­tions ! — consiste à faire des amal­games entre indi­vi­dus, orga­ni­sa­tions et courants d’opi­nion. Ma cita­tion de Tim Black peut servir à trai­ter de « nazis » les acteurs du CCDHN24, et toute discus­sion s’ar­rête là…

Quoi qu’il en soit, le vécu de la pandé­mie CoVID-19 suggère que les mêmes restric­tions de liberté pour­raient être appli­quées à la gestion de la « crise clima­tique ». Ces solu­tions — confi­ne­ment, contrôle des dépla­ce­ments, etc. — sont pensées et promues par des personnes influentes. Au niveau de la fisca­lité envi­ron­ne­men­tale, oir par exemple l’ins­tau­ra­tion possible d’une carte carbone discu­tée par Antonin Pottier (2021N27). Patrice Poyet nous met en garde à ce sujet (2022N28 p. 435) :

Si vous pensez que vos liber­tés consti­tu­tion­nelles ne peuvent pas vous être reti­rées faci­le­ment, qu’un vote rapide en faveur de l’état d’ur­gence clima­tique ne peut pas y abou­tir, réflé­chis­sez à deux fois à ce qui vous est arrivé lorsque vous avez été enfermé pendant la crise du COVID-19 (Kotkin, 2020N29). N’oubliez pas d’être recon­nais­sant à Neil Ferguson et à ses programmes infor­ma­tiques de paco­tille qui ont prédit des millions de morts rien qu’au Royaume-Uni, et ne pensez pas qu’il s’agira d’un cas isolé de l’er­reur logi­cielle la plus dévas­ta­trice de tous les temps (Richard et Boudnik, 2020N30). Les programmes infor­ma­tiques de la science du climat permet­tront aux déci­deurs d’al­ler bien au-delà de ce que nous avons vécu jusqu’à présent. […] Le confi­ne­ment clima­tique fera de vous ses esclaves et l’ins­tau­ra­tion d’un pass carbone brisera vos vies (Le Quéré et al., 2021N31 ; Nerini et al., 2021N32), la peste verte sera encore pire que la peste brune, même tota­li­ta­risme avec de nouvelles idées délirantes.

Les personnes privées d’une « archi­tec­ture en ligne » — leurs comptes sur des réseaux sociaux ou des plate­formes d’hé­ber­ge­ment « cloud » — trouvent refuge auprès d’hé­ber­geurs (comme SubstackN33) répu­tés ne pas exer­cer de censure. Ces plate­formes qui échappent aux injonc­tions du CCDH abritent des conte­nus répon­dant aux agen­das les plus divers, mais que leur seule présence sur la plate­forme rend facile d’amal­ga­mer : messages de haine, racistes ou anti­sé­mites, conser­va­teurs nord-américains, ligues anti-avortement, mili­tants anti-vaccins, clima­tos­cep­tiques, reli­gieux fonda­men­ta­listes, mouve­ments sectaires, créa­tion­nistes, « terre plate », etc. La liste est en fait illi­mi­tée, car la démarche de ces héber­geurs s’ap­puie sur une lecture incon­di­tion­nelle du premier amen­de­ment de la Constitution améri­caine procla­mant la liberté d’expression.

L’amalgame entre indi­vi­dus est encore plus effi­cace pour décré­di­bi­li­ser (ou condam­ner) tout discours opposé au consen­sus véhi­culé par les médias « bien en vue » et les insti­tu­tions qu’ils soutiennent. Par exemple, dans un article inti­tulé « Les influen­ceurs extré­mistes génèrent des millions pour Twitter, selon un rapport », le Washington Post décla­rait (9 février 2023N34) :

Les 10 influen­ceurs visés par l’en­quête du CCDH sont Andrew Tate, Robert Malone, Andrew Anglin, Emerald Robinson, Rogan O’Handley, Peter McCullough, Stew Peters, Anthime Gionet, Rizza Islam et Gateway Pundit. Tous avaient vu leur compte supprimé de Twitter pour viola­tion des règles avant que Musk ne les rétablisse.

Le noms cités appar­tiennent à toutes les caté­go­ries de « désin­for­ma­tion » précé­dem­ment citées, sauf que, mêlés à des auteurs de messages et d’actes malveillants (néo-nazis, supré­ma­tistes blancs, etc.), appa­raissent deux scien­ti­fiques connus pour leur critique du discours domi­nant lors de la crise sani­taire du « CoVID » : Robert W Malone et Peter McCullough. Le premier — cher­cheur dans le domaine de la tech­no­lo­gie à l’origine de la vacci­na­tion à ARN messa­ger — a répondu à cette attaque dans son article La publicité prend les armes, qui donne un aperçu de l’his­to­rique du CCDH et des acteurs politiques/économiques à l’œuvre dans cet organisme :

Le CCDHN24 est fonda­men­ta­le­ment une opéra­tion poli­tique liée à la CIA qui cherche à faire respec­ter les objec­tifs de censure et de propa­gande du gouver­ne­ment fédé­ral, en influen­çant les déci­sions publi­ci­taires des entre­prises. […]

Le Center for Countering Digital Hate diffuse de fausses infor­ma­tions et des infor­ma­tions erro­nées à des fins poli­tiques et, ce faisant, promeut la « haine numé­rique » au lieu de la combattre.

Dans un autre article : Astroturfing : The Battle to control free speech on the Internet conti­nues (Malone RW, 14/02/2023N35), Robert Malone revient sur l’as­tro­tur­fingN36 :

[…] une pratique qui consiste à masquer les comman­di­taires d’un message ou d’une orga­ni­sa­tion pour faire croire qu’il provient et qu’il est soutenu par des parti­ci­pants de la base (grass­root). Il s’agit d’une pratique visant à donner de la crédi­bi­lité aux décla­ra­tions ou aux orga­ni­sa­tions en dissi­mu­lant des infor­ma­tions sur les liens finan­ciers de la source.

Malone expose, dans ce même article, que le CCDH était déjà à la manœuvre dans un groupe d’in­fluence, Stop Funding Fake News (SFFN) dont l’ob­jec­tif prin­ci­pal avait été (en 2019) d’empêcher l’ac­cès au gouver­ne­ment de Jeremy Corbyn, chef du parti travailliste au Royaume-Uni. Cette opéra­tion avait été entre­prise avec succès, en diffu­sant (selon Malone) de fausses accu­sa­tions indui­sant un courant d’opi­nion hostile à Corbyn, ainsi qu’en décou­ra­geant les annon­ceurs qui contri­buaient au finan­ce­ment du jour­nal The Canary.

Le CCDH et le groupe SSFN ont recruté leurs troupes dans une niche élec­to­rale commune au parti conser­va­teur et à la « droite » du parti travailliste. Quoi que l’on pense des accu­sa­tions visant Corbyn et l’aile « gauche » du parti travailliste, cette conver­gence montre que les fron­tières entre groupes d’in­fluence ne coin­ci­dent pas avec celles des partis poli­tiques traditionnels.

Aux États-Unis — et, par effet d’imi­ta­tion, dans la Communauté euro­péenne — un méca­nisme de contrôle de la circu­la­tion d’in­for­ma­tions a été progres­si­ve­ment mis en place depuis 2021. Il s’agit offi­ciel­le­ment de lutter contre la « mésin­for­ma­tion » (fausse), la « désin­for­ma­tion » (mani­pu­la­toire) et la « malin­for­ma­tion » (factuelle mais utili­sée hors contexte). D’où la créa­tion aux USA, en janvier 2021, d’une MDM Team” en rempla­ce­ment de la CISA (Countering Foreign Influence Task Force).

Un rapport inté­ri­maire d’un comité de la Chambre des Représentants des États-Unis (6 novembre 2023N37) expose sur 104 pages les moda­li­tés de ce contrôle sous le titre : The Weaponization of “Disinformation” Pseudo-experts and Bureaucrats : How the Federal Government part­ne­red with Universities to Censor Americans’ Political Speech. Il montre comment le premier amen­de­ment de la Constitution améri­caine (sur la liberté de parole) a été contourné en délé­guant le travail de « cura­tion » (de fait, censure) à des parte­naires privés : réseaux sociaux et universités.

La grande réinitialisation

Klaus Schwab

Le bascu­le­ment vers une gestion auto­ri­taire (anti­dé­mo­cra­tique) de cette pandé­mie (et de celles à venir) est en phase avec les constats (ou propo­si­tions ?) de deux fonda­teurs et diri­geants du Forum écono­mique mondial (ou forum de DavosN38) : Klaus SchwabN39 et l’éco­no­miste Thierry Malleret, ancien conseiller de Michel Rocard : La Grande Réinitialisation (The Great ResetN1).

Ces auteurs ne proposent pas de chan­ger le système écono­mique mais seule­ment de l’amé­lio­rer comme un « capi­ta­lisme respon­sable » grâce à la mise en œuvre de mesures faci­li­tant « la reprise écono­mique […] et une nouvelle orien­ta­tion des prio­ri­tés mondiales ». Selon eux (Schwab K & T Malleret, juillet 2020N40 page 128) :

Les deux notions de gouver­nance mondiale et de coopé­ra­tion inter­na­tio­nale sont si étroi­te­ment liées qu’il est prati­que­ment impos­sible pour la gouver­nance mondiale de s’épa­nouir dans un monde divisé qui se retranche et se fragmente.

Ces idées ne sont pas nouvelles. Une analyse histo­rique permet d’en suivre la trace à partir de la fonda­tion du Club de Rome. Lire à ce sujet « Le Club de Rome : comment l’hys­té­rie clima­tique est utili­sée pour créer une gouver­nance mondiale » (Smith B, 2023N41) et un essai du géographe Jacob Nordangård (2023) : Club de Rome : la technocratie et les élites du monde. Ces écrits ont le mérite de mettre en pers­pec­tive les événe­ments et leurs prin­ci­paux acteurs ; un lecteur critique peut toute­fois leur repro­cher de les présen­ter sous un angle qui se prête à l’éla­bo­ra­tion de thèses « complotistes ».

Il est indis­pen­sable de lire entiè­re­ment l’ou­vrage de Schwab et Malleret — en version fran­çaise : COVID-19 : La Grande Réinitialisation (2020N40) avant d’abor­der les innom­brables commen­taires critiques qui ont fait croire que “Great Reset” était un complot ourdi par une société secrète ; thèse popu­la­ri­sée fin 2020 par le docu­men­taire Hold Up. Bien distin­guer l’ana­lyse du contenu de la recherche sur les inten­tions des auteurs…

Dans son analyse Le Great Reset : mythes et réali­tés (avril 2021N42 page 3), Éric Verhaeghe écrit :

Une grande partie de la presse mains­tream (pour ne pas dire toute la presse mains­tream) a observé un parfait silence sur ce projet de Great Reset au cœur des travaux menés par le Forum de Davos, au point que tous ceux qui en ont parlé ont été taxés de « complo­tisme », ce mot à la mode qui permet de stig­ma­ti­ser toute pensée ou toute expres­sion qui prend à rebrousse-poil le prêt-à-penser des élites. Dans un étrange délire idéo­lo­gique, certains jour­na­listes ont même pris pour réflexe d’ac­cu­ser de complo­tisme tous ceux qui évoquent l’exis­tence de ce Great Reset, ne serait-ce qu’en tant qu’objet-livre. […]

Ce silence observé par la presse sur les ques­tion du Great Reset a nourri de nombreux fantasmes (authen­ti­que­ment complo­tistes, ceux-là) sur une grande orches­tra­tion des malheurs qui marquent notre époque. […]

Ce que Schwab et Malleret écrivent effec­ti­ve­ment, c’est que la pandé­mie est une oppor­tu­nité pour chan­ger les habi­tudes de vie. […]

Schwab et Malleret citent l’exemple de la dispa­ri­tion de la monnaie fidu­ciaire, enfin permise par l’idée qu’un billet de papier peut être porteur du virus, et donc qu’il vaut mieux géné­ra­li­ser le paie­ment par Internet pour limi­ter la conta­mi­na­tion. […]

On voit bien que la part de fantasme et de réalité sera éter­nel­le­ment discu­tée par ceux qui auront décidé que l’en­chaî­ne­ment des séquences de 2020 obéit à un pur hasard, et ceux qui sont convain­cus qu’au contraire il obéit à une néces­sité secrète.

Rappelons, à propos du dernier para­graphe, la rumeur selon laquelle la pandé­mie de CoVID-19 aurait été déli­bé­ré­ment orches­trée pour la dissé­mi­na­tion d’une « arme biolo­gique » — voir Coronavirus — discussion, dans la section Origine ? Pour ce qui est de la théo­rie d’un complot des fabri­cants de vaccins — et leurs « complices » comme Bill Gates —, le méde­cin Michael Eades écrit dans un message (The Arrow #49, 10 décembre 2021) :

L’une des raisons pour lesquelles j’ai du mal à croire que les « élites » sont à l’ori­gine de cette « arnaque aux vaccins » (faute d’un meilleur terme) est que j’ap­par­tiens à une orga­ni­sa­tion qui regorge d’élites. On y trouve des diri­geants de grandes entre­prises, des gens immen­sé­ment riches et des personnes qui occupent des postes élevés au niveau fédé­ral et au niveau des États. Chacun d’entre eux est vacciné. […]

Si d’autres élites imposent ça au monde, mes élites n’en savent abso­lu­ment rien. Et étant donné la compo­si­tion de ce groupe, je doute sérieu­se­ment qu’elles soient dans l’igno­rance d’un plan pour nous soumettre le reste d’entre nous.

Les vaccins rapportent des fortunes consi­dé­rables. Je suis convaincu que les diri­geants des entre­prises qui font fortune avec les vaccins pensent faire du bien au monde. Je doute qu’au­cun d’entre eux ne croie qu’ils commettent une escro­que­rie ou qu’ils créent un cauche­mar immunologique.

Une dimen­sion impor­tante de la critique du projet Great Reset est la recon­fi­gu­ra­tion du système moné­taire inter­na­tio­nal, accu­sée de « dépos­sé­der de leurs biens » les citoyens ordi­naires, par le biais notam­ment de la numé­ri­sa­tion de toutes les tran­sac­tions, et la mani­pu­la­tion des marchés des produits déri­vés. Ce sujet est trop complexe pour être exposé ici ; les lecteurs anglo­phones peuvent lire l’ou­vrage de David Rogers Webb The Great Taking (2023N43) ainsi que les écrits de l’ex­perte finan­cière Austin Fitts sur son site The Solari ReportN44.

Hard complotisme

Quelques cita­tions du Dr Vladimir Zelenko, dans un entre­tien avec Joseph Mercola le 16 janvier 2022, sont révé­la­trices d’un récit complo­tiste en réac­tion aux injonc­tions auto­ri­taires des « élites » gouvernantes :

Au milieu des années 90, il est apparu évident que l’éco­no­mie améri­caine était condam­née. Les systèmes Medicare et de sécu­rité sociale allaient deve­nir insol­vables, et cela provo­que­rait un effet de tsunami au niveau natio­nal et inter­na­tio­nal. Et c’était impa­rable. C’était [mathé­ma­ti­que­ment inévi­table].

Medicare, selon le Congressional Budget Office, commen­cera en 2027 son proces­sus vers la faillite. Donc, la sécu­rité à partir d’au­jourd’­hui durera jusqu’à 2034. Actuellement, les prin­ci­paux acteurs des écono­mies mondiales ont vu une menace exis­ten­tielle. Ils ont compris que leur pouvoir et leur richesse étaient réel­le­ment en danger.

Un plan a donc été élaboré, qui dépas­sait la tech­no­lo­gie de l’époque, mais cette tech­no­lo­gie était en cours de déve­lop­pe­ment. Ainsi, par exemple, le projet du génome humain a été carto­gra­phié et achevé.

Puis la tech­no­lo­gie CRISPR a été déve­lop­pée, qui consiste à modi­fier ou à épis­ser les gènes de manière très précise. Elle a été vendue comme un moyen de guérir les mala­dies géné­tiques. Il y a un gène défec­tueux. Il suffit de le couper et de l’épis­ser, de couper et coller, en gros, un gène sain.

C’est le bon côté des choses. L’inconvénient est que cela crée des possi­bi­li­tés de faire de l’édi­tion de gènes pour des raisons néfastes. En 2015, Bill Gates a déclaré que la popu­la­tion mondiale devait être réduite de 15 % grâce à l’uti­li­sa­tion de vaccins, en raison du réchauf­fe­ment clima­tique.

En 2020, le même Bill Gates a déclaré que 7 milliards de personnes devaient être vacci­nées. Donc, la ques­tion rhéto­rique évidente est : « Pourquoi prendrais-je un vaccin pour ma santé de la part de quel­qu’un qui préco­nise l’uti­li­sa­tion de vaccins pour réduire la popu­la­tion mondiale ? ».

En 2016, Klaus Schwab, dans une inter­view, a dit quelque chose de très étrange. Il a dit que dans 10 ans, d’ici 2026, chaque être humain serait marqué d’un iden­ti­fiant numé­rique. Qu’est-ce que cela signi­fie, et pour­quoi ?

Passons en revue la séquence des événe­ments. Une arme biolo­gique est fabri­quée avec un anti­dote, qui est supprimé et caché. L’arme biolo­gique est libé­rée. C’est extrê­me­ment facile à trai­ter. Cependant, cette infor­ma­tion est suppri­mée, l’ac­cès à ces médi­ca­ments est supprimé, et les méde­cins qui défendent cette cause sont persé­cu­tés.

Tout ce qui semble donner de l’es­poir aux gens, réduire l’an­xiété, encou­ra­ger la réin­té­gra­tion avec vos proches, semble être immé­dia­te­ment vili­pendé, même l’in­ter­ven­tion précoce. Si vous regar­dez le NIH, ils recom­mandent, à partir d’au­jourd’­hui, de ne pas trai­ter le COVID à moins qu’ils ne soient à l’hô­pi­tal avec des dommages aux poumons. Ne faites pas ça.

Et donc, je me deman­dais, ce qui se passe vrai­ment ? Et pour­quoi cette pres­sion inces­sante pour vacci­ner tout le monde ? Pourquoi empri­son­ner les méde­cins qui utilisent des médi­ca­ments au travail ? Parce que ça encou­rage l’hé­si­ta­tion à se faire vacciner.

Suite de l’in­ter­ven­tion de Vladimir Zelenko :

Puis j’ai réalisé quelque chose. Il y avait deux brevets dont j’ai pris connais­sance. Ils sont sépa­rés par une année, mais ils sont liés dans le puzzle, dans le concept. Le premier, daté du 31 août 2021, décrit… l’in­gé­nie­rie des nano­tech­no­lo­gies. Il décrit essen­tiel­le­ment ce qui suit :

La capa­cité, la tech­no­lo­gie, qui existe déjà dans ces vaccins, permet de mesu­rer les données biomé­triques, c’est-à-dire le rythme cardiaque, le rythme respi­ra­toire, la tempé­ra­ture, puis de trans­mettre ces données et votre loca­li­sa­tion à un tiers.

Cela n’avait même pas de sens pour moi. Comme quoi ? Mais ensuite j’ai réalisé qu’il y avait un autre brevet appar­te­nant à Microsoft. Celui-là, je m’en souviens par cœur. C’est un brevet inter­na­tio­nal, WO202060606. Vous ne pouvez pas inven­ter ce genre de choses. Ce brevet décrit le lien entre la trans­mis­sion de données biomé­triques et la crypto-monnaie.

Alors je l’ai eu. Et d’ailleurs, 2026, quand tout le monde est censé être étiqueté avec une iden­tité numé­rique, appe­lons ça un tatouage interne d’Auschwitz, est un an avant le début de l’in­sol­va­bi­lité de Medicare et le début de l’ef­fon­dre­ment écono­mique. Donc le véri­table programme est devenu évident pour moi.

Il n’a jamais été ques­tion de santé. Le COVID-19 est facile à trai­ter. Il a toujours été ques­tion d’uti­li­ser la peur et la psychose de masse pour amener 7 milliards de personnes à se faire volon­tai­re­ment injec­ter la tech­no­lo­gie qui leur permet­trait de parti­ci­per au nouveau système basé sur les crypto-monnaies, le système que le monde utili­sera pour la finance.

La monnaie fidu­ciaire et tous les modes de tran­sac­tion tradi­tion­nels auront disparu. Le seul moyen de parti­ci­per à des tran­sac­tions, par exemple pour ache­ter du pain, sera de dispo­ser d’un capteur trans­met­tant des infor­ma­tions sur votre posi­tion. C’est la marque de la bête, si vous voulez vrai­ment savoir. Avec ça, vous pouvez ensuite ache­ter du pain pour votre famille…

Gates et Schwab parlent tous deux de la façon dont ces vaccins changent qui vous êtes. Qu’est-ce que cela signi­fie ? Ils l’ex­pliquent. Avec la tech­no­lo­gie de modi­fi­ca­tion des gènes, ils améliorent l’être humain. C’est du trans­hu­ma­nisme. Je l’ap­pelle l’hu­main 2.0. L’humain 1.0 est la version créée par Dieu. Notre code géné­tique est empreint de Dieu. Nous sommes faits à l’image de Dieu parce que nous avons son code en nous.

Maintenant, donneriez-vous à Bill Gates ou à Klaus Schwab le mot de passe de votre système de sécu­rité domes­tique ? Pourquoi lui donnerions-nous accès à notre code géné­tique ? L’humain 2.0, dans l’es­prit dément, dépravé, dérangé de ces gens, est la prochaine étape de l’évo­lu­tion des êtres humains. Et je dis que si vous permet­tez que cela vous arrive, vous n’êtes plus à l’image de Dieu. Vous êtes fait à l’image de Bill Gates et de Klaus Schwab.

Cette rhéto­rique est sous-tendue par des consi­dé­ra­tions morales et reli­gieuses que Zelenko décli­nait ainsi :

Il y a ce que nous voyons, et puis il y a, disons, la physique spiri­tuelle en jeu. Karl Jung, le célèbre psycha­na­lyste, a écrit : « La dégra­da­tion morale de la société commence par la dégra­da­tion de l’in­di­vidu. » De cela, nous pouvons en fait apprendre que l’amé­lio­ra­tion morale de la société commence par l’amé­lio­ra­tion de l’in­di­vidu.

En tant que société, au cours des 50 ou 60 dernières années, nous avons fait de très mauvais choix. Par exemple, nous avons désa­cra­lisé ou défi­guré les rôles sexuels… Le mariage a perdu son carac­tère sacré. Les enfants à naître sont massa­crés. Dans la Bible, il y a deux villes qui ont été détruites, Sodome et Gomorrhe, et il existe une analyse qui explique pour­quoi cela s’est produit. Ce n’était pas à cause de l’im­mo­ra­lité, car le monde entier était immo­ral.

C’est parce qu’ils avaient codi­fié l’im­mo­ra­lité dans la loi du pays. C’est exac­te­ment ce qui s’est passé aux États-Unis. Nous avons dévié… Nous adorons le dieu de la science, le dieu de la tech­no­lo­gie, le dieu de l’argent, le dieu du pouvoir. Tout sauf le vrai Dieu. Et nous prati­quons clai­re­ment le sacri­fice d’en­fants.

Le Dr Michael Yeadon, ancien vice-président de Pfizer, m’a dit person­nel­le­ment, et il l’a ensuite rendu public, que pour chaque enfant qui meurt du COVID, 100 meurent du vaccin. Le vaccin COVID est 100 fois plus mortel pour les enfants que le COVID. Comment appelez-vous cela ? C’est un sacri­fice d’en­fants.

Donc, j’ai l’im­pres­sion que, par analo­gie, nous sommes la géné­ra­tion du déluge. La maison va être nettoyée, et chaque indi­vidu a le choix de monter sur l’Arche ou pas.

Ou, pour faire plus simple, devant qui vous prosternez-vous ? Vous prosternez-vous devant votre créa­teur, qui vous crée à chaque instant ? Demandez-vous à Dieu de la force, de l’en­du­rance, de la résis­tance, de la réso­lu­tion, la capa­cité de faire face à l’in­connu et à la peur ? Ou allez-vous céder à la peur et vous pros­ter­ner devant des socio­pathes corrom­pus, des oligarques, des gouver­ne­ments corrom­pus et la fausse promesse du veau d’or de ces vaccins ?

Parce qu’à ce stade, dans ce pays du moins, personne ne vous retient et ne vous plante une aiguille dans le bras. La majo­rité des gens veulent voya­ger en avion. Ils ne veulent pas perdre leur emploi. Ils veulent aller à l’école. Il s’agit de toutes ces déci­sions rela­tives à la qualité de vie. En d’autres termes, dans une société normale, les parents se sacri­fient pour le bien-être des enfants. Dans les socié­tés païennes, on sacri­fie les enfants pour le bien des adultes.

Il m’est paru impor­tant de citer en entier ce discours de Zelenko plutôt que d’en extraire une ou deux phrases. Peu importe que l’on réagisse posi­ti­ve­ment ou néga­ti­ve­ment à tel ou tel passage. C’est la struc­ture qui est édifiante. Elle rappelle en effet celle de récits qui circulent, influen­cés par les idées New-AgeN45. Il est bien plus diffi­cile de détec­ter une idée New-Age que celle issue d’une reli­gion comme l’af­fiche Vladimir Zelenko. Le New-Age est la nouvelle reli­gion qui, insi­dieu­se­ment, a pris posses­sion des esprits de ceux qui se croient affran­chis des croyances de leur éducation…

Le procédé de construc­tion est le même : à partir de faits consta­tés, et d’autres qui ne sont que des hypo­thèses, « connec­ter les points » de manière à former une image cohé­rente propo­sée comme unique expli­ca­tion du monde. C’est l’op­posé d’une démarche scien­ti­fique visant à évaluer chaque hypo­thèse en pesant le pour et le contre, et surtout recon­naître que certaines ne sont pas véri­fiables. Le New-Age, comme les reli­gions, a réponse à tout, et cherche plutôt des ques­tions qui justi­fient ses réponses.

Pour une analyse précise de cette construc­tion apoca­lyp­tique, je propose de visua­li­ser atten­ti­ve­ment The Greatest Reset : Beast Rising (TruNews, 2022N46). Réalisé par une secte évan­gé­liste chré­tienne, ce film arti­cule son récit sur la croyance que — confor­mé­ment aux prévi­sions de la Bible — l’Antéchrist aurait pris le pouvoir, selon un méca­nisme maté­ria­lisé par l’in­fil­tra­tion de l’Église par des franc-maçons gauchistes marxistes (sic).

Propulsée par le Great Reset et le contrôle sanitaire/social instauré par la pandé­mie, cette prise de pouvoir abou­ti­rait à l’ins­tal­la­tion, après l’ab­di­ca­tion forcée du pape Benoît XVI, d’un pape jésuite dont le prin­ci­pal agenda serait la disso­lu­tion de l’Église du Christ au profit d’une nouvelle reli­gion univer­selle (incluant l’is­lam et le judaïsme) exer­cée par une sorte d’ONG au service de l’élite. Le Pape François aurait pour cela été dési­gné comme guide moral du Council for Inclusive Capitalism dirigé par Mme Lynn Forester de Rothschild… La suite (et la fin) de l’his­toire étant bien entendu le retour du Christ !

Source : TruNews (2022N46 01:06:54)

Soft complotisme

Moyennant une lecture atten­tive, l’ana­lyse de The Great Reset par Éric Verhaeghe m’est aussi appa­rue comme un variant de théo­rie de complot, malgré son démar­quage des folles histoires qui gravitent sur les réseaux… Voir par exemple ses vidéos sur les suspi­cions de sata­nisme et pédo­phi­lie dans les milieux de pouvoir (2023N47).

Dans une instruc­tion menée à charge contre Schwab et Malleret, Verhaeghe n’a pas hésité à extra­po­ler les idées expri­mées dans cet ouvrage jusqu’à en modi­fier le sens pour leur substi­tuer son récit personnel.

Il présente pour commen­cer le soft powerN48 comme un « pouvoir d’in­fluence » qui « consiste non à impo­ser des normes, mais plutôt à perco­ler des idées comme on percole le café » (avril 2021N42 page 19). Si cette image reflète le concept tel qu’il est utilisé dans les rela­tions inter­na­tio­nales, la notion d’influence n’ap­pa­raît pas dans The Great Reset, et le terme “soft power” est même absent de sa décli­nai­son en français.

« Capitalisme parte­naire »
Source : Schwab K & P Vanham (2021N49)

Ce terme avait été défini ailleurs (Schwab K, 2014N50) comme un instru­ment du “stake­hol­der capi­ta­lism” (capi­ta­lisme parte­naireN51) :

La renta­bi­lité, la crois­sance et la protec­tion contre les risques exis­ten­tiels sont essen­tielles pour renfor­cer les pers­pec­tives à long terme d’une entre­prise. Mais si ces trois facteurs consti­tuent le “hard power” d’une entre­prise, celle-ci a égale­ment besoin du “soft power” : la confiance et l’ac­cep­ta­tion du public, obte­nues en assu­mant la respon­sa­bi­lité sociale de l’en­tre­prise. Ce n’est que lors­qu’une entre­prise a gagné la confiance du public — son « permis d’ex­ploi­ta­tion » — que sa direc­tion peut créer de la valeur à long terme pour toutes les parties prenantes, y compris les actionnaires.

Il existe donc une distance consi­dé­rable entre les objec­tifs « gagner la confiance du public » et « influen­cer », distance qu’Éric Verhaeghe n’a pas hésité à franchir.

Il extra­pole aussi (à contre­sens) en affir­mant (dans l’in­tro­duc­tion) : « Ils n’hé­sitent pas à recom­man­der aux leaders poli­tiques de faire durer autant que possible l’ur­gence sani­taire pour que les compor­te­ments soient modi­fiés en profon­deur, et pour que les réformes régle­men­taires dont la numé­ri­sa­tion a besoin aient le temps d’in­ter­ve­nir. Instrumentaliser la pandé­mie à des fins poli­tiques consti­tue même le fait géné­ra­teur du Great Reset, en tant que livre et en tant que projet décliné par le World Economic Forum […] ». S’il est possible que cette instru­men­ta­li­sa­tion de la pandé­mie à des fins poli­tiques soit appa­rue dans les décla­ra­tions d’ac­teurs du Forum écono­mique mondial, voire même soit endos­sée aujourd’­hui par Klaus Schwab, elle n’ap­pa­rais­sait nulle part dans The Great Reset.

L’argument de la vacuité intel­lec­tuelle des auteurs de l’ou­vrage, qui serait dissi­mu­lée par le jargon ambigu d’une pseudo-élite intel­lec­tuelle — en termes directs, du foutage de gueule ! — est resservi à toutes les sauces… (L’énarque qui sait parler au peuple) Éric Verhaeghe écrit par exemple (page 34) ➡ pagi­na­tion de Kindle qui ne coïn­cide peut-être pas avec celle de la version papier :

Si l’on admet ici l’hy­po­thèse que le prin­cipe univer­sel du monde orwel­lien dans lequel nous rentrons désor­mais à pas de géants repose sur la subver­sion des mots, alors on recon­naî­tra à Schwab et Malleret un certain talent dans la maîtrise de ce prin­cipe. Il faut comprendre que l’in­ter­dé­pen­dance dont ils parlent, c’est en fait le repli sur soi des élites. Il faut comprendre que la rapi­dité rime avec la suppres­sion des instances démo­cra­tiques qui font perdre du temps. Et il faut comprendre que la complexité du monde est mise en avant pour exclure des cercles de déci­sion tous ces citoyens imbé­ciles qui se croient capables de parler de tout sans jamais rien comprendre.

La prudence des auteurs est à son tour inter­pré­tée comme leur aveu impli­cite que l’af­faire est pliée, à l’écart de tout débat démo­cra­tique. Au sujet de la dimen­sion écono­mique du “Great Reset” telle qu’en­vi­sa­gée par Schwab et Malleret, Éric Verhaeghe écrit (page 47) :

Sur chacun des items, les auteurs du livre hésitent entre la descrip­tion de ce qui est et la prédic­tion de ce qui sera, comme si, au fond, un mouve­ment histo­rique était en marche, que nous ne pouvons contem­pler ou analy­ser, mais contre le sens duquel nous ne pouvons plus rien. Il s’im­pose à nous, et nous avons pour seul choix de l’ac­cep­ter dans ses grandes lignes et de l’ac­com­pa­gner.

Ce mouve­ment peut se décrire assez simple­ment, comme l’in­dique la phrase que nous mention­nons en exergue : les États deviennent les payeurs en dernier ressort (“payer of last resort”) et se substi­tuent au marché chaque fois qu’il le faut pour éviter des vagues de licen­cie­ment et des faillites d’en­tre­prises. On ne pouvait mieux décrire et fonder idéo­lo­gi­que­ment le triomphe final de capi­ta­lisme de conni­vence, où l’in­té­rêt de l’État et des hauts fonc­tion­naires se mêle, voire se confond avec celui des grands capi­ta­listes qui actionnent les leviers de l’éco­no­mie.

D’une certaine façon, le monde que Schwab et Malleret nous décrivent est celui où le modèle chinois se géné­ra­lise : les États ont voca­tion à struc­tu­rer l’éco­no­mie et à remettre au goût du jour une forme renou­ve­lée de planification.

Il convient de rappe­ler que l’éloge (non sans réserves) du modèle chinois a été rédigé par Schwab et Malleret au prin­temps 2020, donc pendant la première vague de la pandé­mie CoVID-19 que les Chinois avaient gérée avec succès, par des consignes dras­tiques d’iso­le­ment et sans dispo­ser de vaccins, suivie d’une reprise écono­mique immé­diate. Cela dit, au crédit de Verhaeghe, ce serait faire preuve de naïveté d’igno­rer que les acteurs et diri­geants du Forum écono­mique mondial n’ont de cesse de main­te­nir une présence inof­fen­sive de la Chine dans le marché des grandes puissances.

L’auteur en profite pour régler ses comptes avec les poli­ti­ciens fran­çais (page 60) :

Le gouver­ne­ment fort dont Schwab et Malleret se font les apôtres s’ins­crit dans une rupture complète avec la tendance décen­nale ouverte par Margaret Thatcher, qui consi­dé­rait que l’État était un écran toxique entre le gouver­ne­ment et la société civile. Pour Schwab, l’État doit désor­mais inter­ve­nir dans l’éco­no­mie pour struc­tu­rer le marché et créer de la crois­sance.

Là encore, l’idéo­lo­gie du Great Reset se confond terri­ble­ment avec l’idéo­lo­gie portée par la France Insoumise, par exemple, pour ne trai­ter que le cas de la France. On y retrouve un éloge de la pres­sion fiscale outran­cière et de la « correc­tion » du marché par l’ac­tion admi­nis­tra­tive directe.

C’est en ce sens qu’il y a bien une orien­ta­tion socia­liste de la pensée de Schwab […]

Enfin, il n’hé­site pas à fran­chir le point GodwinN52 en faisant parler le passé de Schwab — « à son insu » — dans un procès d’in­ten­tion (page 61) :

L’Allemagne que Schwab a connue dans son enfance ne fonc­tion­nait pas autre­ment. Hitler ne serait pas arrivé au pouvoir sans un soutien des capi­ta­listes alle­mands, et sans une forme de passi­vité de la gauche face au « socia­lisme » d’un genre nouveau qui arri­vait. On y verra l’iro­nie de l’his­toire person­nelle de Klaus Schwab : cet ennemi obstiné de l’État-nation, qui semble trau­ma­tisé par l’his­toire alle­mande du ving­tième siècle, revient peut-être à son insu aux origines même de ses débor­de­ments : le national-socialisme, débar­rassé ici de ses oripeaux anti­sé­mites, mais plei­ne­ment convaincu que seule une alliance du capi­tal et du travail peut sauver la crois­sance et les profits.

Sur un ton nette­ment plus modéré, il écrit (page 86) :

On sait que Schwab prône de longue date une mise en avant des acteurs de l’en­tre­prise (les stake­hol­ders) au détri­ment de ses action­naires (les share­hol­ders). De ce point de vue, il s’ins­crit parfai­te­ment dans la logique sociale-démocrate du capi­ta­lisme alle­mand d’après-guerre, réti­cent à la finan­cia­ri­sa­tion anglo-saxonne, et parti­san d’un contrat social où la co-gestion avec les orga­ni­sa­tions syndi­cales est un prin­cipe fonda­men­tal. La filia­tion idéo­lo­gique alle­mande est ici évidente.

Peut-elle avoir valeur de prédic­tion ? Peut-on géné­ra­li­ser cette analyse et penser qu’elle domi­nera le capi­ta­lisme de demain ? Rien ne permet de l’af­fir­mer, mais Schwab le soutient et semble vouloir entraî­ner avec lui une kyrielle d’en­tre­prises bien-pensantes qui veulent favo­ri­ser l’émer­gence d’un capi­ta­lisme de conni­vence, où l’État dicte sa loi et impose des normes sociales et envi­ron­ne­men­tales au détri­ment de la logique de profit.

Éric Verhaeghe est donc souvent « hors sujet » dans son analyse Le Great Reset : mythes et réali­tés (avril 2021N42) présen­tée (sur Amazon​.fr) comme une « lecture litté­rale du livre » de Schwab et Malleret (2020N40). Par contre, il devient nette­ment plus inté­res­sant dans ces mêmes envo­lées hors-sujet, bien qu’il dissi­mule mal son inten­tion de mettre dans le même sac Schwab et collègues, les socio-démocrates, la « gauche » en géné­ral, et… le national-socialisme. Après de tels coups de machette frap­pés dans toutes les direc­tions (autres que la sienne), le chemin est tout tracé pour ses favo­ris (de la « droite répu­bli­caine » ?) (page 93) :

Ainsi, au fil du temps, on comprend que des esprits brillants comme celui de Bruno Le Maire, qui se pense comme un grand intel­lec­tuel, ou d’Emmanuel Macron, que la presse subven­tion­née a pensé grand intel­lec­tuel, sont d’une vacuité effec­tive suffi­sam­ment pronon­cée pour se nour­rir avec gour­man­dise du sabir de Schwab et Malleret.

Ces para­graphes résument bien la conclu­sion alar­miste de Verhaeghe au terme de sa « lecture litté­rale » — un « soft complo­tisme » attrape-mouches (pages 87, 89 et 107) :

Il est marquant de voir comment le Forum de Davos se fait ici l’auxi­liaire d’une mise en coupe réglée de la démo­cra­tie, telle qu’elle est garan­tie par la propriété privée, et comme il prend à son compte des objec­tifs marxi­sants. Ce que Marx avait rêvé (une orga­ni­sa­tion sociale où tous les acteurs sans résis­tance possible obéissent à la verti­ca­lité de l’État, avec des semblants de soviets mani­pu­lés par des acti­vi­tés into­lé­rants[?]), Schwab le prône. Avec le modèle chinois en ligne de mire. […]

La grande erreur en lisant ce livre consiste à le prendre comme un recueil de prédic­tions à la Nostradamus qui seraient sûres d’ar­ri­ver, de prendre forme, dans les mois à venir.

Au contraire même, lu ligne à ligne, le Great Reset révèle souvent sa fragi­lité, ou sa pauvreté de vues. Cet ouvrage n’a d’in­té­rêt que pour la grande bascule idéo­lo­gique qu’il illustre, dans les menta­li­tés élitaires, vis-à-vis de l’au­to­ri­ta­risme d’État en gesta­tion dans nos démo­cra­ties. Pour ce qui est de sa compré­hen­sion du monde, on restera beau­coup plus mesuré. […]

Le futur annoncé signe la dispa­ri­tion de l’es­prit critique, de la liberté indi­vi­duelle, de la vie privée, de l’hu­ma­nisme au profit d’un grand tout collec­tif dominé par des États puis­sants et poli­ciers, qui ressemblent furieu­se­ment au modèle chinois.

Il va de soi que ma critique d’une critique du « Great Reset » selon Schwab et Malleret est tout sauf une appro­ba­tion de l’ana­lyse, des propo­si­tions et de l’idéo­lo­gie tech­no­cra­tique du Forum écono­mique mondial. Mon inten­tion était de rappe­ler la néces­sité de comprendre dans son inté­gra­lité un énoncé théo­rique pour s’en tenir à son contenu exact, au lieu d’en extraire des passages dont on détourne le sens au profit d’un agenda personnel.

Sur ce thème du « nouvel ordre mondial », et plus parti­cu­liè­re­ment sa décli­nai­son comme “Great Reset”, je recom­mande donc la lecture préa­lable de l’ou­vrage de Schwab et Malleret, avant celle de tout écrit présenté comme une analyse critique de leur essai.

Trilemme de Rodrik

Selon le triangle (ou trilemme) d’incompatibilité de RodrikN53 évoqué dans le “Great Reset”, il serait impos­sible, sur un terri­toire, de combi­ner les trois dimen­sions d’in­té­gra­tion écono­mique, de démo­cra­tie et de souve­rai­neté natio­nale (l’État-NationN54) : « Des études subsé­quentes valident non seule­ment le trilemme de Rodrick, mais montrent aussi que le rejet de la mondia­li­sa­tion par les élec­teurs est une réponse ration­nelle lorsque l’éco­no­mie est forte et les inéga­li­tés élevées. » (Schwab K & T Malleret, 2020N40 page 121)

Ce triangle infer­nal peut servir de grille de lecture aux posi­tion­ne­ments actuels des partis poli­tiques dans le monde indus­tria­lisé. Pour la dimen­sion écolo­gique, on peut aller plus loin avec le film docu­men­taire Planet of the Humans (et sa critique) ainsi que d’autres réflexions clas­sées sur ce site au chapitre "écologie".

Hypnose collective

Professeur de psycho­lo­gie clinique à l’uni­ver­sité de Gand en Belgique, Mattias Desmet s’est spécia­lisé dans les phéno­mènes de masse typiques des régimes tota­li­taires. Dans un entre­tien avec Reiner Fuellmich (29 juillet 2021N55), il expose le méca­nisme des hallu­ci­na­tions collec­tives indui­sant des pulsions tota­li­taires des foules — et non des « régimes tota­li­taires », comme le fait remar­quer Taty Lauwers.

Elle commente (Lauwers T, 8 août 2021N56) :

Mattias Desmet est plus pointu encore que tous ceux que j’ai lus jusqu’ici sur la crise corona, sur la diffé­rence entre dicta­ture et tota­li­ta­risme, sur la mani­pu­la­tion des masses et l’hyp­nose de certains, etc. Il est plus posi­tif aussi : il donne les outils pour frei­ner une évolu­tion qui semble inéluctable.

Selon Mesmet, pour mani­pu­ler une foule à grande échelle — ce qu’il appelle « forma­tion de masse » — quatre condi­tions doivent être réunies :

  1. Isolement social (personnes qui manquent de liens sociaux)
  2. Assez de gens qui ne voient pas de sens dans la vie.
  3. Beaucoup de peur « flot­tante » gratuite
  4. Beaucoup d’in­sa­tis­fac­tion « flot­tante » gratuite

Ces condi­tions sont réali­sées dans la crise sani­taire, sociale et poli­tique asso­ciée à l’épi­dé­mie CoVID-19. Selon Mesmet (résumé par Lauwers, ibid.) :

Une massi­fi­ca­tion de l’opinion n’est pas proche de, elle est exac­te­ment équi­va­lente à l’hypnose.

Peu importe si le récit est juste ou incor­rect, éhonté ou non. L’essentiel est que le citoyen ne veut pas reve­nir à cet état préa­lable d’angoisse et d’insatisfaction flot­tante, mal dite, mal cernée.

La forma­tion d’une opinion de masse est donc une solu­tion symp­to­ma­tique à un vrai problème psycho­lo­gique. Selon le profes­seur Desmet, la crise corona est beau­coup plus une crise psycho­lo­gique, poli­tique, cultu­relle qu’une crise sani­taire : elle est venue révé­ler que nous sommes aux limites d’une vision méca­ni­ciste, machi­niste du monde, d’où l’humain se sent exclus.

La stupeur mentale conduit ensuite à une réduc­tion du champ d’at­ten­tion.

Un exemple : les hallu­ci­nés dénombrent les victimes « du virus » sans évaluer les innom­brables victimes des dommages colla­té­raux qu’entraînent imman­qua­ble­ment des mesures « sani­taires » impi­toyables et aber­rantes. Ils sont dans état de verrouillage émotion­nel qui les rend inaptes à ressen­tir de l’empathie pour les victimes colla­té­rales. Ils ne sont pas égoïstes, ils sont victimes d’un méca­nisme psycho­lo­gique d’autosauvegarde. […]

A la ques­tion de l’avocat Reiner Fuellmich sur l’état de psycho- ou socio-pathes des personnes qui manipule(raie)nt ces stra­té­gies, Desmet rappelle qu’en se réfé­rant à l’histoire récente des tota­li­ta­rismes (URSS et Allemagne nazie), on ne peut quali­fier leurs hauts fonc­tion­naires de crimi­nels ordi­naires.

Ces indi­vi­dus savent très bien comment se compor­ter selon les règles sociales. Ils respectent les règles, même lorsque ces règles elles-mêmes sont crimi­nelles.

Le champ de pensée des diri­geants d’un système tota­li­taire est aussi réduit, si pas plus, que celui de la popu­la­tion. Les élus cédant à la pulsion tota­li­taire croient vrai­ment à leur reli­gion, à leur idéo­lo­gie : il faut re-façonner la société, pour son bien, pour la mener « vers le paradis ».

Il faut lire, pour aller plus loin, la traduc­tion d’ex­traits d’une entre­vue de Mattias Desmet pour le jour­nal alter­na­tif flamand dewe​reld​mor​gen​.be, en février 2021 : « Les mesures contre le coro­na­vi­rus révèlent des traits tota­li­taires » (Lauwers T, 8 août 2021N56). Mattias Mesmet y rappe­lait entre autres le manque de fiabi­lité des études scien­ti­fiques qui conduit les poli­ti­ciens d’aujourd’hui à fonder leurs mesures anti-corona sur des hypo­thèses scien­ti­fiques erro­nées :

Ici aussi, nous voyons une sorte de croyance naïve en l’objectivité se trans­for­mer en son contraire : un manque radi­cal d’objectivité avec des masses d’erreurs et d’imprécisions. De plus, il existe un lien sinistre entre la montée de ce type de science abso­lu­tiste, et le proces­sus de forma­tion des masses et le tota­li­ta­risme dans la société. Dans son livre Les origines du tota­li­ta­risme, la philo­sophe et poli­to­logue germano-américaine Hannah Arendt décrit comment ce proces­sus s’est déroulé, entre autres, dans l’Allemagne nazie. Les régimes tota­li­taires en deve­nir se rabattent géné­ra­le­ment sur un discours « scien­ti­fique ». Ils montrent un grand inté­rêt pour les chiffres et les statis­tiques, qui se trans­forment rapi­de­ment en pure propa­gande, carac­té­ri­sée par un « mépris des faits » radi­cal. Le nazisme, par exemple, a fondé son idéo­lo­gie sur la supé­rio­rité de la race aryenne. Toute une série de soi-disant chiffres scien­ti­fiques soute­nait leur théo­rie. Aujourd’hui, nous savons que cette théo­rie n’avait aucune valeur scien­ti­fique, mais à l’époque les scien­ti­fiques ont défendu le point de vue du régime dans les médias.

Hannah Arendt décrit comment ces scien­ti­fiques se sont dété­rio­rés pour atteindre un niveau scien­ti­fique douteux, et elle utilise le mot « char­la­tans » pour le souli­gner. Elle décrit égale­ment comment l’essor de ce type de science et de ses appli­ca­tions indus­trielles s’est accom­pa­gné d’un chan­ge­ment socié­tal typique. Les classes ont disparu, et les liens sociaux normaux se sont dégra­dés, avec beau­coup d’anxiété et de malaise indé­ter­mi­nés, de perte de sens et de frus­tra­tion. C’est dans de telles circons­tances qu’une masse se forme, un groupe aux quali­tés psycho­lo­giques très spéci­fiques. En prin­cipe, lorsqu’une masse se forme, toute la peur qui enva­hit la société est liée à un seul « objet » — les Juifs, par exemple — de sorte que la masse s’engage dans une sorte de lutte éner­gique avec cet objet. Sur ce proces­sus de forma­tion de masse se forme alors une orga­ni­sa­tion poli­tique tota­le­ment nouvelle : l’État tota­li­taire.

Aujourd’hui, on constate des phéno­mènes simi­laires. Il y a une énorme souf­france psycho­lo­gique, un manque de sens et une absence de liens sociaux dans la société. Puis vient une histoire qui pointe vers un objet de peur, le virus, après quoi la popu­la­tion lie en masse sa peur et son malaise à cet objet de peur. Entretemps, l’appel à unir ses forces pour combattre l’ennemi meur­trier est constam­ment entendu dans tous les médias. Les scien­ti­fiques qui apportent l’histoire au peuple reçoivent en retour un pouvoir socié­tal impres­sion­nant. Leur pouvoir psycho­lo­gique est si grand, qu’à leur sugges­tion, toute la société renonce brus­que­ment à toute une série de coutumes sociales et se réor­ga­nise d’une manière que personne n’aurait cru possible au début de l’année 2020. […]

Je ne peux pas l’expliquer en détail ici, mais le proces­sus de massi­fi­ca­tion est intrin­sè­que­ment auto­des­truc­teur. Une popu­la­tion qui a été saisie par ce proces­sus est capable d’une énorme cruauté envers les autres, mais aussi envers elle-même. Elle n’hésite pas du tout à se sacri­fier elle-même. Cela explique pour­quoi un État tota­li­taire — contrai­re­ment aux dicta­tures — ne peut pas conti­nuer à exis­ter. Il finit par se dévo­rer, pour ainsi dire. Mais le coût de ce proces­sus est géné­ra­le­ment un très grand nombre de vies humaines. […]

(Question) Aujourd’hui, le virus crée la peur néces­saire sur laquelle repose le tota­li­ta­risme. La dispo­ni­bi­lité d’un vaccin, et la campagne de vacci­na­tion qui s’ensuivra, n’élimineront-elles pas cette peur et mettront-elles ainsi fin à cette flam­bée totalitaire ?

Un vaccin ne résou­dra pas l’impasse actuelle. Cette crise n’est pas une crise sani­taire, c’est une profonde crise socié­tale, et même cultu­relle. D’ailleurs, le gouver­ne­ment a déjà indi­qué qu’après la vacci­na­tion, les mesures ne dispa­raî­tront pas auto­ma­ti­que­ment. Un article dans la presse […] disait même qu’il était remar­quable que des pays qui sont déjà bien avan­cés dans la campagne de vacci­na­tion — comme Israël et la Grande-Bretagne — sont étran­ge­ment en train de renfor­cer encore les mesures. Je prévois plutôt ce scéna­rio : malgré toutes les études promet­teuses, le vaccin n’apportera pas de solu­tion.
Et en raison de la cécité qu’entraînent la massi­fi­ca­tion et le tota­li­ta­risme, la respon­sa­bi­lité sera impu­tée à ceux qui ne se conforment pas au discours domi­nant et/ou refusent de se faire vacci­ner. Ils seront utili­sés comme boucs émis­saires. On tentera de les faire taire. Et si cela réus­sit, le point de bascu­le­ment redouté dans le proces­sus du tota­li­ta­risme vien­dra : ce n’est qu’après avoir complè­te­ment éliminé l’opposition que l’État tota­li­taire montrera son visage le plus agres­sif. Il devient alors — pour reprendre les mots de Hannah Arendt — un monstre qui mange ses propres enfants. En d’autres termes, le pire est proba­ble­ment encore à venir.

Comment sortir d’une telle impasse ?

Selon Desmet, cité par Taty Lauwers (2021N56), la solu­tion est de conti­nuer à parler ouver­te­ment, afin de réduire la profon­deur de l’état d’hypnose. Sans polé­mique, cela s’entend. De préfé­rence avec humour, léger. Il ajoutait :

Le proces­sus du tota­li­ta­risme est basé sur l’effet hypno­tique d’une histoire, d’un discours, et il ne peut être rompu que si une autre histoire est enten­due. C’est pour­quoi j’espère que davan­tage de personnes se pose­ront des ques­tions sur le danger réel du virus et sur la néces­sité des mesures corona actuelles. Et oseront en parler publi­que­ment. […]

Dans un avenir proche, nous allons assis­ter à ce qui, histo­ri­que­ment, sera proba­ble­ment la tenta­tive la plus ambi­tieuse de tout contrô­ler d’une manière tech­no­lo­gique et ration­nelle. À terme, ce système s’avérera inef­fi­cace et montrera que nous avons besoin d’une société et d’une poli­tique tota­le­ment diffé­rentes. Le nouveau système sera davan­tage fondé sur le respect de ce qui est fina­le­ment insai­sis­sable pour l’esprit humain, et sur le respect de l’art et de l’intuition qui étaient au cœur des reli­gions. […]

Cette crise annonce la fin d’un para­digme histo­rique cultu­rel. La tran­si­tion a déjà été faite en partie dans les sciences. Les génies qui ont jeté les bases de la physique moderne, de la théo­rie des systèmes complexes et dyna­miques, de la théo­rie du chaos et de la géomé­trie non-euclidienne ont déjà compris qu’il n’y a pas une, mais plusieurs logiques diffé­rentes. Qu’il y a quelque chose d’intrinsèquement subjec­tif dans toute chose, et que les gens vivent en réso­nance directe avec le monde qui les entoure et toute la complexité de la nature. De plus, l’homme est un être qui, dans son exis­tence éner­gé­tique, est dépen­dant de son prochain. Eux le savaient déjà depuis long­temps, main­te­nant c’est aux autres ! Nous assis­tons aujourd’hui à une ultime résur­gence de l’ancienne culture, fondée sur le contrôle et la compré­hen­sion logique, qui montrera à un rythme rapide à quel point elle est un énorme échec, et à quel point elle est inca­pable d’organiser réel­le­ment une société de manière décente et humaine.

L’emprunt d’idées à la « physique moderne », à la « géomé­trie non-euclidienne » etc., est pour moi une singe­rie New-Age que l’on peut ranger au placard des impos­tures intel­lec­tuellesN57 chères à Sokal et Bricmont… Mais celle-ci a le vent en poupe, aujourd’­hui, comme préten­due réponse aux incer­ti­tudes, erreurs (et fraudes) dans les sciences biomé­di­cales, ainsi que pour flat­ter un lecto­rat inca­pable d’ana­ly­ser ration­nel­le­ment ce qu’il critique. Les pseudo-scientifiques ont cette obses­sion de four­guer de la méta­phy­sique pour combler les vides lais­sés par les zones obscures des sciences, alors que ces lieux d’igno­rance ou d’in­cer­ti­tude font partie inté­grante de la démarche scientifique.

Que l’on invite « Dieu », la « Conscience » ou la « Création » — tout ce qui se pare de majus­cules —, le proces­sus de conta­mi­na­tion intel­lec­tuelle est le même. On le rencontre aussi chez des scien­ti­fiques de haut niveau, par exemple Stephen Hawking qui réha­bi­li­tait sa foi chré­tienne : « Au big bang et aux autres singu­la­ri­tés, toutes les lois se seraient effon­drées, de sorte que Dieu aurait encore eu toute liberté de choi­sir ce qui s’est passé et comment l’Univers a commencé. » (S Hawking & G Ellis,The Large Scale Structure of Spacetime, 1973) C’est donc ici que se limite mon adhé­sion au discours prophé­tique de Mattias Mesmet.

Dans un commen­taire du même entre­tien, au titre (et surtout au style) apoca­lyp­tique Des milliards de personnes sont affec­tées par cela et ne le réalisent pas (27 novembre 2021N58), Robert Malone concluait que le seul espoir pour démon­ter cette hypnose collec­tive serait de « penser globa­le­ment et agir loca­le­ment », autre­ment dit rebâ­tir à l’échelle locale des réseaux de personnes capables d’in­te­ra­gir sans se compor­ter comme de simples marion­nettes. Ce slogan avait été popu­la­risé dans les années 1970, donc rien de nouveau sous le soleil !

Attaques personnelles

L’ouvrage de Mattias Desmet, The Psychology of Totalitarianism (2022N59) a suscité un écho impor­tant, outre-atlantique, dans le milieu des contes­ta­taires du discours domi­nant sur la « crise sani­taire ». Un écho qui est aussi la source de frac­tures dans ce milieu.

Robert Malone utilise le terme « psychose de forma­tion des masses » plutôt que « hypnose de masse », tout en adhé­rant plei­ne­ment à la vision de Desmet, dans son ouvrage Les mensonges que m’a dit mon gouver­ne­ment — et le meilleur avenir en marche (Lies My Gov’t Told Me : And the Better Future Coming, Malone RW, 2022N60).

Dans son article J’accuse (13 septembre 2022N61) il ajoute :

[…] parmi les choses qui m’in­quiètent quoti­dien­ne­ment, il y a la montée du jaco­bi­nisme. Le risque de voir se déve­lop­per une culture qui favo­rise et se nour­rit de pelo­tons d’exé­cu­tion, et de théo­ries du complot. Nous avons bien d’autres choses à nous mettre sous la dent sans ce genre de drame. Nous voyons le début du jaco­bi­nisme se déve­lop­per chez nos oppo­sants hypno­ti­sés, comme l’avait prédit depuis long­temps mon ami et spécia­liste des mouve­ments de masse, le Dr Mattias Desmet. Ceux qui parti­cipent à la « messe » commencent à atta­quer les leurs, la jeune diri­geante formée par le Forum écono­mique mondial, le Dr Leana [Sheryle] Wen, une des premières cibles, pour le péché impar­don­nable d’être deve­nue plus raison­nable en ce qui concerne les masques et les règles sani­taires dans les écoles. Et je l’ai aperçu, surgis­sant de temps en temps, dans nos rangs égale­ment. Mais une cellule parti­cu­lière de conspi­ra­teurs semble avoir investi pas mal d’éner­gie pour lancer des grenades contre moi, ces derniers temps.

Le terme « psychose de forma­tion des masses » a été vigou­reu­se­ment criti­qué par Peter et Ginger Breggin dans plusieurs articles, notam­ment L’idéologie Desmet/Malone de la psychose de masse rejette la faute sur les citoyens et non sur les préda­teurs mondiaux (The Desmet/Malone Ideology of Mass Psychosis Blames the Citizens and Not the Global Predators, Breggin P & G, 22 août 2022N62) :

Que Desmet ou Malone l’aient ou non consciem­ment voulu, leur idéo­lo­gie a des effets grave­ment néfastes semblables à une psyops — une opéra­tion psycho­lo­gique — visant à para­ly­ser le mouve­ment pour la liberté en matière de santé, et les mouve­ments de liberté dans le monde entier. […] Ces concepts nous font perdre de vue les préda­teurs mondiaux tota­li­taires qui s’emparent de l’hu­ma­nité et l’ex­ploitent. Ils nous empêchent d’ac­cu­ser ces préda­teurs d’as­so­cia­tion de malfai­teurs si nous gagnons la bataille contre eux. […]

[…] ceux qui croient qu’il existe des colla­bo­ra­tions orga­ni­sées sous-jacentes en arrière-plan de catas­trophes telles que les poli­tiques du COVID-19 (et même l’Allemagne nazie) sont décrits par Desmet comme étant émotion­nel­le­ment pertur­bés (p. 126–128). Comme les masses, ces « penseurs de la conspi­ra­tion » se concentrent sur des menaces non éten­dues — telles que les élites orga­ni­sées, les classes poli­tiques mondiales ou les personnes dispo­sant d’une richesse et d’un pouvoir énormes — afin de se soula­ger d’une anxiété intense en obser­vant la psychose de masse qui les entoure. Pire encore, selon Desmet, ces penseurs poussent les gens à la psychose de masse avec leurs théo­ries de la conspi­ra­tion (p. 137). Tout le monde est blâmé, sauf les vrais coupables.

Ces théo­ries consti­tuent un double coup dur pour les personnes qui luttent pour leur propre libé­ra­tion et celle de l’hu­ma­nité face à des tota­li­taires mondiaux de plus en plus puis­sants et orga­ni­sés. Premièrement, le concept de psychose de masse rend les victimes respon­sables de leur sort. Deuxièmement, le fait d’éti­que­ter les histo­riens et les analystes poli­tiques épris de liberté comme étant menta­le­ment déran­gés et à l’ori­gine de la psychose de masse, les dénigre. […]

Selon Desmet et Malone, les conspi­ra­tions ne sont pas un élément impor­tant du tota­li­ta­risme. Desmet a souvent rejeté l’idée de conspi­ra­tions dans ses inter­views. Au contraire, les théo­ries de conspi­ra­tion, d’une manière simi­laire à la psychose de masse, sont géné­rées par les personnes elles-mêmes qui ressentent une anxiété, une confu­sion et une para­noïa sévères, et qui essaient de soula­ger leurs senti­ments doulou­reux, et leurs « besoins », en imagi­nant des conspi­ra­tions (pages 126–128).

Mattias Desmet a répondu à cette critique (voir aussi Breggin P & G, 27 juillet 2022N63) dans un article relayé par Malone : Is Mattias Desmet an expert in Mass Formation or a Trojan Horse ? (Malone RW, 4 septembre 2022N64).

Il est exact que dans mon livre, je décris la dyna­mique socié­tale de la crise du corona comme un phéno­mène émergent, mû par un certain récit de l’homme et du monde — l’idéo­lo­gie mécaniste-rationaliste-matérialiste — qui a créé une certaine élite et placé la popu­la­tion dans un certain état qui l’a rendue vulné­rable à la forma­tion de masse. […] Dans ce proces­sus, tant l’élite que la popu­la­tion elle-même portent une respon­sa­bi­lité — la première parce qu’elle mani­pule acti­ve­ment la popu­la­tion, et la seconde parce qu’elle préfère rester aveugle et, fina­le­ment, commettre des atro­ci­tés envers ceux qui ne se joignent pas à elle.

Cependant, je n’ai jamais prétendu qu’il n’y avait pas de mani­pu­la­tion ou de plani­fi­ca­tion inten­tion­nelle. Bien au contraire, à la page 100 de mon livre, par exemple, j’af­firme que la forma­tion de masse à long terme, telle qu’elle exis­tait lors de la crise du corona, ne peut être main­te­nue sans endoc­tri­ne­ment et propa­gande distri­bués par les médias de masse. Je n’ai pas non plus prétendu qu’il n’y avait pas de conspiration.

Desmet cite son livre (2022N59 page 100 et suivantes) :

Les plans et les visions d’ave­nir ne sont pas tant « impo­sés » à la popu­la­tion. À bien des égards, les diri­geants des masses — la soi-disant élite — donnent au peuple ce qu’il veut. Lorsqu’elle a peur, la popu­la­tion veut une société plus contrô­lée. Pour beau­coup de gens, les confi­ne­ments étaient une libé­ra­tion de la routine insup­por­table et insi­gni­fiante de la vie profes­sion­nelle, la société frag­men­tée avait besoin d’un ennemi commun, etc. Les « plans » ne précèdent pas les déve­lop­pe­ments, comme le suggère la logique du complot. Ils les suivent. Ceux qui guident les masses ne sont pas de véri­tables « leaders » dans le sens où ils n’ont pas la capa­cité de déter­mi­ner où les masses vont aller. Au lieu de cela, ils sentent ce que les gens dési­rent et ils ajustent leurs plans dans cette direc­tion. […]

Il existe d’in­nom­brables autres exemples qui semblent aller dans le sens de la mise en œuvre d’un plan, tels que : le fait que la défi­ni­tion de « pandé­mie » a été modi­fiée peu avant la crise du corona ; la défi­ni­tion de « l’im­mu­nité de groupe » pour impli­quer que seuls les vaccins peuvent l’at­teindre ; la méthode de comp­tage des décès dus au corona a été ajus­tée par l’OMS pour qu’elle soit supé­rieure au nombre de décès dus à la grippe ; la méthode d’en­re­gis­tre­ment des effets secon­daires des vaccins a conduit à une grave sous-estimation (en quali­fiant par exemple de non liés au vaccin ceux qui se mani­festent au cours des quinze premiers jours après la vacci­na­tion) ; tous les postes poli­tiques clés au début de la crise étaient occu­pés par des poli­ti­ciens favo­rables à la tech­no­cra­tie (toutes les personnes dési­gnées comme les Young Global Leaders du Forum écono­mique mondial).

Ce sont des exemples de la manière dont une idéo­lo­gie s’empare de la société, et non des preuves de l’exé­cu­tion d’un complot. […]

Cependant, à certains moments, les pratiques susmen­tion­nées peuvent se trans­for­mer en quelque chose qui a effec­ti­ve­ment la struc­ture d’une conspi­ra­tion. Les grandes insti­tu­tions utilisent toutes sortes de stra­té­gies douteuses pour impo­ser leurs idéaux à la société, et les moyens pour le faire ont augmenté de façon spec­ta­cu­laire au cours des derniers siècles. Toute la méca­ni­sa­tion, l’in­dus­tria­li­sa­tion, la « tech­no­lo­gi­sa­tion » et la « média­ti­sa­tion » du monde ont en effet conduit à la centra­li­sa­tion du pouvoir, et aucune personne saine d’es­prit ne peut nier que ce pouvoir s’exerce sans une atten­tion scru­pu­leuse à l’éthique et à la mora­lité. C’est bien docu­menté : que ce soit dans les gouver­ne­ments, l’in­dus­trie du tabac ou le lobby phar­ma­ceu­tique, il y a corrup­tion, mani­pu­la­tion et fraude. Si vous ne parti­ci­pez pas à ces pratiques, il est diffi­cile de rester au sommet.

Desmet conclut (Malone RW, 4 septembre 2022N64) :

Je me demande simple­ment : Peter et Ginger Ross Breggin ont-ils vrai­ment relu ces para­graphes et d’autres de mon livre ? Croient-ils vrai­ment que je prétends que la forma­tion de masse à long terme se produit de manière complè­te­ment spon­ta­née, sans que quel­qu’un ne dirige et ne mani­pule jamais inten­tion­nel­le­ment les masses ? Ont-ils vrai­ment négligé le fait qu’il y a un chapitre entier dans mon livre sur les leaders des masses ? […]

Je crois que nous devons toujours être prudents avec les inter­pré­ta­tions en termes de plani­fi­ca­tion inten­tion­nelle et malveillante. Avant d’ac­cu­ser les gens de conspi­ra­tion et de mauvaise inten­tion, nous devons élimi­ner les autres possi­bi­li­tés. Sinon, nous commet­tons une grave erreur éthique. En outre, je pense que c’est une erreur de croire que le mal n’est le fait que de l’élite. Sans ceux d’entre nous qui apportent leur argent à la banque — igno­rant volon­tai­re­ment comment cet argent est utilisé pour spécu­ler et créer la famine et la guerre — il n’y aurait pas de banquiers ultra-riches et puis­sants. […]

Et peut-être même, plus impor­tant encore, à suppo­ser que la révo­lu­tion violente contre l’élite soit couron­née de succès et que l’élite soit détruite, le problème ne serait pas résolu. Pas du tout. La popu­la­tion recrée­rait immé­dia­te­ment une autre élite avec les mêmes tendances tota­li­taires, si elle conti­nue à être sous l’emprise de la même idéo­lo­gie mécaniste-rationaliste. C’est ce que j’ex­plique sur la forma­tion des masses, dans La psycho­lo­gie du tota­li­ta­risme : l’en­nemi n’est pas un autre être humain, l’en­nemi est avant tout une certaine vision de l’homme et du monde, un mode de pensée mécaniste-rationaliste-matérialiste ; pas un autre être humain.

La tension s’est par la suite accrue entre les Breggin et Robert Malone, les premiers étant accu­sés de mener une campagne de déni­gre­ment du second, à laquelle se seraient joints d’autres person­nages publics — du monde « anti­vax » — comme Dr Judy Mikovits.

Malone a répondu avec fermeté dans son article More Fever Swamp (Malone RW, 19 septembre 2022N65). Il y réfute notam­ment les allé­ga­tions selon lesquelles il aurait reçu de l’argent de la DARPA, et qu’il aurait même parti­cipé à des projets de déve­lop­pe­ment d’armes biologiques :

Je n’ai reçu aucun finan­ce­ment de la part de la DARPA, je n’ai jamais rédigé de propo­si­tion pour la DARPA, je n’ai jamais aidé un client à obte­nir un finan­ce­ment de la part de la DARPA, je n’ai jamais travaillé avec la DARPA.

Je n’ai pas travaillé sur des programmes d’armes biolo­giques. J’ai travaillé sur le déve­lop­pe­ment de vaccins contre le VIH, Ebola, la grippe, VEE, WEE, la tula­ré­mie, la variole, le SARS-CoV‑2 et de nombreux autres agents. Je suis un expert en déve­lop­pe­ment de vaccins. Et un expert en déve­lop­pe­ment clinique. Et un expert en affaires régle­men­taires. Et un expert en contrats gouver­ne­men­taux. Et un expert en gestion de programmes et de projets. C’est ce que je faisais avant. J’ai passé des décen­nies à déve­lop­per cette exper­tise. Et j’ai aban­donné mon acti­vité de consul­tant pour dénon­cer la corrup­tion et l’in­ca­pa­cité du gouver­ne­ment améri­cain à respec­ter des normes bien établies, y compris les normes bioé­thiques, dans le cas des vaccins géné­tiques contre le SARS-CoV‑2. Et j’ai passé litté­ra­le­ment des centaines d’heures sur des podcasts à essayer d’édu­quer les gens sur ces ques­tions. […]

Le terme « Psychose de masse » ainsi que le terme « Formation des masses » étaient bien établis avant que je ne les apprenne par le Dr Mattias Desmet. Et le Dr Desmet n’a pas inventé ces termes, contrai­re­ment ce que le Dr Breggin affirme. Ces termes sont utili­sés dans la litté­ra­ture depuis plusieurs décen­nies. Le Dr Desmet a fait l’ob­jet de calom­nies et de diffa­ma­tions inces­santes dans la presse euro­péenne pour ses travaux univer­si­taires publiés en anglais sous le titre “Psychological basis of Totalitarianism”. Il s’agit d’un faux récit que le Dr Breggin devrait savoir qu’il ne doit pas promou­voir, puisque c’est en théo­rie sa spécia­lité profes­sion­nelle. Un compor­te­ment non profes­sion­nel ne fait qu’ef­fleu­rer la surface de ce qu’il a fait derniè­re­ment avec sa tour­née d’at­taques contre moi-même et le Dr Desmet. […]

C’est ce que je vis depuis le début du mois d’août, lorsque les Breggins, Stew Peters, Jane Ruby et Judy Mikovits semblent s’être mis d’ac­cord entre eux pour dire que je suis un meur­trier de masse, un oppo­sant sous influence [du gouver­ne­ment], le diable incarné ou un mélange de tout cela.

D’un jour à l’autre, je m’at­tends à ce que cette équipe exige que je prouve au monde entier que j’ai cessé de battre ma femme. Parce que ce groupe veut juste de la trans­pa­rence, bien sûr. Rien à voir avec le fait de créer une contro­verse pour obte­nir plus de clics, vendre plus de vita­mines, de filtres à air et de livres, etc. […]

Je préfère éviter les maré­cages de fièvre du pays de la conspi­ra­tion, et rester basé sur les faits.

Mattias Desmet a publié sur son substack un article titré Why Robert Malone didn’t make up the term “mass forma­tion psycho­sis” (Desmet M, 2023N66) qui est traduit sur ma page Qu’est-ce que la « formation des masses» ?


➡ Klaus Schwab et Thierry Malleret ont publié un deuxième ouvrage, The Great Narrative (2021N67) — version fran­çaise Le Grand récit : Pour un avenir meilleur (2022N68) — un océan de plati­tudes qui fera (peut-être) l’ob­jet d’une étude ultérieure.

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Article créé le 9/12/2021 - modifié le 12/01/2024 à 18h12

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