Maladies infectieuses

CoVID-19 : vaccins

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Le volume crois­sant d’in­for­ma­tions sur ce sujet m’a obligé à lui consa­crer une page parti­cu­lière en complé­ment de l’ar­ticle Coronavirus : discussion.

Sommaire

Vaccins, premiers débats

La pers­pec­tive d’un vaccin était restée loin­taine malgré la commu­ni­ca­tion média­tique des équipes enga­gées sur ce projet et les spécu­la­tions dont il faisait l’ob­jet sur les marchés finan­ciers (19 mai 2020A73) avant même son exis­tence — certains réus­sis­saient à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué

Christian Bréchot, viro­logue, ancien direc­teur de l’Inserm puis de l’Institut Pasteur, aujourd’hui président du Global Virus Network (GVNN1), décla­rait sur France Info le 11 avril 2020A80 : « Jusqu’à présent personne n’a fait un vaccin effi­cace contre un coro­na­vi­rus humain. Je pense qu’on y arri­vera, mais ça n’est pas simple. » Son pessi­misme s’est mué en certi­tude un an plus tard (Taddeï F, 21 juin 2021A33), mais il est révé­la­teur du degré d’in­cer­ti­tude de la commu­nauté scien­ti­fique au début de la pandé­mie. D’autres spécia­listes esti­maient que cette absence de résul­tat était plutôt liée au moindre inves­tis­se­ment sur les épidé­mies précé­dentes : une centaine de projets de vaccins CoVID étaient à l’étude début mai 2020. Les stra­té­gies corres­pon­dantes ont été décrites par Pandey SC et al. qui concluaient (12 juin 2020A68) :

[…] des études précli­niques sur les candi­dats vaccins SAR-CoV‑2 devront peut-être être menées paral­lè­le­ment aux essais cliniques. Mais en réalité, les vaccins contre le SARS-CoV‑2 ne seront pas dispo­nibles avant 12 à 18 mois en raison des limi­ta­tions telles que l’in­dis­po­ni­bi­lité de modèles animaux appro­priés pour véri­fier l’ef­fi­ca­cité et la toxi­cité avant de passer aux essais cliniques. De plus, ils doivent être conformes aux bonnes pratiques de fabri­ca­tion (cGMP) pour assu­rer la sécu­rité des humains.

Un article de RL Ropert & KE Rehm sur les tenta­tives précé­dentes de vacci­na­tion contre des coro­na­vi­rus SARS était cité à l’ap­pui (2009A86) :

La plus grande crainte chez les vacci­no­logues est la créa­tion d’un vaccin qui serait non seule­ment inef­fi­cace, mais qui exacer­be­rait la mala­die [Antibody Dependent Enhancement, ADEN2]. Malheureusement, les vaccins contre la CoV ont des anté­cé­dents d’aug­men­ta­tion de la mala­die, notam­ment avec les CoV félins.

Des articles comme celui publié dans Nature (21 avril 2020A78) renfor­çaient cette crainte. On peut lire sur Wikipedia Antibody Dependent Enhancement (ADEN2) :

L’ADE est peut-être la raison pour laquelle l’évo­lu­tion du SRAS et du COVID-19 est plus grave pour les personnes âgées que pour les personnes plus jeunes. Il est probable que chez les personnes âgées, la produc­tion d’an­ti­corps est plus lente et, au moment où les anti­corps sont déve­lop­pés avec un taux suffi­sant pour neutra­li­ser le virus, le virus a changé ses déter­mi­nants anti­gé­niques. Dans ce cas, les anti­corps neutra­li­sants immuno-dominants pour­raient commen­cer à former des complexes instables avec la nouvelle forme du virus et commen­cer à infec­ter les monocytes/macrophages, causant l’ADE. Ce proces­sus peut déclen­cher une infec­tion géné­ra­li­sée des cellules immu­ni­taires dans plusieurs organes et une tempête de cyto­kinesN3.

Autrement dit, un indi­vidu vacciné serait a priori jugé « immu­nisé » en raison du taux impor­tant d’an­ti­corps — seul critère d’ef­fi­ca­cité d’un vaccin — jusqu’au moment où il serait confronté au virus sauvage dont la péné­tra­tion serait au contraire faci­li­tée par les anti­corps de liai­son. C’est ce qui s’est produit avec des tenta­tives de vaccins contre la dengueN4, le virus respi­ra­toire syncy­tial (SRVN5) et le SARSN6. Quatre vaccins contre le SARS admi­nis­trés à des furets parais­saient parfai­te­ment effi­caces, vue l’aug­men­ta­tion de leurs taux d’an­ti­corps, jusqu’à ce que ces animaux soient expo­sés au virus et meurent à cause de ce renfor­ce­ment immu­ni­taire. Dans les années 1960, un essai de vacci­na­tion contre le SRV en urgence sur 35 enfants — sans expé­ri­men­ta­tion animale préa­lable — s’était déjà soldé par deux décès, susci­tant une vive émotion (1998A87).

Il est donc risqué de griller les étapes des essais, comme cela semble avoir été le cas dans la course aux vaccins CoVID-19. Toutefois, les travaux d’im­mu­no­logues ont vite tendu à mini­mi­ser ce risque de renfor­ce­ment de la mala­die par les anti­corps. Selon A Grifoni et collègues (14 mai 2020N7 page 8) :

Il y a eu des inquié­tudes au sujet de l’aug­men­ta­tion vacci­nale de la mala­die selon certaines approches vacci­nales de la COVID-19, via l’amé­lio­ra­tion immu­no­dé­pen­dante (ADE) ou le déve­lop­pe­ment de réponses TH2 […]. Ici, nous avons vu des réponses TH1 prédo­mi­nantes dans les cas de conva­les­cents de COVID-19, avec peu ou pas de cyto­kines TH2. Il est clair que d’autres études sont néces­saires, mais les données ici semblent repré­sen­ter prin­ci­pa­le­ment une réponse clas­sique du TH1 au SARS-CoV‑2.

Pour la diffé­rence entre TH1 et TH2, voir [N8].

En mai 2020, A Vojdani & D Kharrazian ont étudié, sur des échan­tillons sanguins, la possi­bi­lité d’une réac­ti­vité croi­sée anti­gé­nique entre le SARS-CoV‑2 et le tissu humain, avec un lien possible avec une augmen­ta­tion des mala­dies auto-immunes. Ils écri­vaient (24 mai 2020A72) :

L’auto-immunité induite par les vaccins à partir d’une réac­ti­vité croi­sée auto-immune est asso­ciée à la narco­lep­sie, au syndrome de Guillain-Barré, à la sclé­rose en plaques, aux neuro­pa­thies démyé­li­ni­santes, au lupus érythé­ma­teux dissé­miné et au syndrome de tachy­car­die ortho­sta­tique postu­rale dans des sous-groupes sensibles. […]

Il y a des raisons à toutes les précau­tions prises pour déve­lop­per un vaccin, dont les effets secon­daires indé­si­rables ne sont pas les moindres. À la lumière des infor­ma­tions susmen­tion­nées concer­nant la réac­ti­vité croi­sée des protéines du SRAS-CoV‑2 avec les tissus humains et la possi­bi­lité d’in­duire une auto-immunité, d’exa­cer­ber des condi­tions déjà malsaines ou d’en­traî­ner d’autres consé­quences impré­vues, il serait prudent de mener des recherches plus appro­fon­dies sur la capa­cité des anti­gènes du SRAS-CoV‑2 à induire une auto-immunité. La promo­tion et la mise en œuvre d’un tel programme agres­sif de « passe­port immu­ni­taire » dans le monde entier, en l’ab­sence d’études de sécu­rité appro­fon­dies et méti­cu­leuses, pour­raient avoir un coût monu­men­tal pour l’hu­ma­nité sous la forme d’une nouvelle épidé­mie, cette fois une marée montante de mala­dies auto-immunes accrues et les années de souf­france qui les accompagnent.

Administrés en mai 2020 à des volon­taires humains en parfaite santé, les nouveaux vaccins de Pfizer et BioNTech utilisent des tech­niques nouvelles de défense dont on igno­rait encore (en été 2021) les risques sur le long terme : aucune expé­ri­men­ta­tion animale n’au­rait précédé cet essai et les sujets n’ont pas été systé­ma­ti­que­ment expo­sés au virus sauvage après vacci­na­tion (5 mai 2020A76). Une étude sur les souris aurait été soumise (à véri­fier) par Pfizer en 2020 aux auto­ri­tés médi­cales du Japon, dont le contenu résume toutes les craintes au sujet de sa toxi­cité qui ont circulé par la suite (Palmer MP & S Bhakdi, 23 juillet 2021A21).

L’ADE n’est pas le seul effet indé­si­rable en cause. L Peeples écri­vait (14 avril 2020A79) :

Ce retour de flamme immu­ni­taire, ou « renfor­ce­ment immu­ni­taire », peut se mani­fes­ter de diffé­rentes manières, comme un renfor­ce­ment dépen­dant des anti­corps (ADE), un proces­sus dans lequel un virus utilise des anti­corps pour aider l’in­fec­tion ; ou le renfor­ce­ment cellu­laire, une caté­go­rie qui inclut l’in­flam­ma­tion aller­gique causée par l’im­mu­no­pa­tho­lo­gie Th2 [N9]. Dans certains cas, les proces­sus de renfor­ce­ment peuvent se super­po­ser. Un débat scien­ti­fique est en cours pour déter­mi­ner lesquels, le cas échéant, de ces phéno­mènes — pour lesquels les méca­nismes exacts restent flous — pour­raient être en jeu avec le nouveau coro­na­vi­rus, et comment ils pour­raient affec­ter le succès des candi­dats vaccins.

Un autre vaccin déve­loppé à l’Université d’Oxford (UK) avec l’aide d’AstraZeneca et testé en effi­ca­cité sur des macaques rhésusN10 devait être distri­bué dès septembre 2020 à plusieurs millions de doses. Commentaire (27 avril 2020A77) :

« Nous sommes seuls dans ce pays à souhai­ter que le nombre de nouvelles infec­tions reste élevé pendant quelques semaines, afin que nous puis­sions tester notre vaccin », a déclaré le profes­seur Adrian Hill, direc­teur du Jenner Institute et l’un des cinq cher­cheurs impli­qués dans le projet […]

Les règles d’éthique, en tant que prin­cipe géné­ral, inter­disent de cher­cher à infec­ter les parti­ci­pants aux tests humains avec une mala­die grave. Cela signi­fie que la seule façon de prou­ver qu’un vaccin fonc­tionne est d’ino­cu­ler les gens dans un endroit où le virus se propage natu­rel­le­ment autour d’eux.

Si les mesures de distan­cia­tion sociale ou d’autres facteurs conti­nuent de ralen­tir le taux de nouvelles infec­tions en Grande-Bretagne, a‑t-il déclaré, l’es­sai pour­rait ne pas être en mesure de montrer que le vaccin fait une diffé­rence : les parti­ci­pants qui ont reçu un placebo pour­raient ne pas être infec­tés plus fréquem­ment que ceux qui ont reçu le vaccin. Les scien­ti­fiques devraient rées­sayer ailleurs, un dilemme auquel tous les autres efforts de vacci­na­tion seront égale­ment confrontés.

Au sujet de ce vaccin, Anthony King écri­vait (30 juin 2020A66) :

Les résul­tats préli­mi­naires de six singes vacci­nés soumis à une expo­si­tion au Sars-CoV‑2 ont révélé qu’ils n’avaient pas déve­loppé de Covid-19 dans leurs poumons, mais les charges virales dans leur nez étaient les mêmes que celles des singes non vacci­nés. Cela pour­rait signi­fier que ceux qui reçoivent le vaccin seraient proté­gés mais pour­raient encore en infec­ter d’autres. Ce phéno­mène avait été signalé pour le vaccin anti­co­que­lu­cheux acellulaire.

Toutefois, un édito­rial de The Spectator (15 juillet 2020) était plus optimiste :

Une étude à venir dans le Lancet devrait montrer des résul­tats posi­tifs des essais jusqu’à présent, avec des anti­corps et des cellules T géné­rés en réponse au vaccin. […]

Le marché se sent confiant : les actions AstraZeneca ont connu une nette hausse après l’an­nonce de Peston. Mais dans quelle mesure sommes-nous proches du succès ? Les repré­sen­tants d’Oxford ont vanté la possi­bi­lité qu’un vaccin soit prêt dès septembre, mais c’est un scéna­rio extrê­me­ment opti­miste. Le vaccin devra faire ses preuves en dehors d’un labo­ra­toire contrôlé et fonc­tion­ner non seule­ment pour les plus aptes et les plus sains, mais aussi pour ceux dont le système immu­ni­taire est compro­mis. Il y aura égale­ment un déca­lage entre le test du vaccin sur l’homme et l’at­tente de voir quel est le taux d’in­fec­tion chez ceux qui l’ont reçu. Bref, avoir un vaccin prêt au début de l’au­tomne néces­si­te­rait non seule­ment un fonc­tion­ne­ment spec­ta­cu­laire, mais aussi une effi­ca­cité étonnante.

Bernard Guennebaud écri­vait dans un commen­taire (3 mai 2020N11) : « Des États ont déjà prati­que­ment acheté des vaccins qui n’existent pas, ils font un chèque en blanc. Le monde du vaccin joue ici à quitte ou double. » Ceux qui prennent un tel risque (finan­cier) ont inté­rêt à entre­te­nir la confu­sion au sujet de solu­tions « alter­na­tives », vite quali­fiées de fake news, ainsi qu’à discré­di­ter tout repo­si­tion­ne­ment de médi­ca­ments rele­vant du domaine public. Les lois du marché ne sont pas en phase avec les impé­ra­tifs de santé publique.

Anthony Fauci, conseiller de la Maison Blanche en matière de santé, crai­gnait que l’im­mu­nité acquise contre le SARS-CoV‑2 ne soit que de courte durée — quelques mois — de sorte que le vaccin devrait être admi­nis­tré de manière « saison­nière » comme celui contre la grippe (2 juin 2020A70).

La Chine a annoncé le 1er juillet 2020 qu’elle allait lancer une campagne de vacci­na­tion de BBIBP-CorV (6 juin 2020A69) dans son person­nel militaire.

Lise Barnéoud (4 mai 2020A74) est reve­nue sur les taux de léta­lité qui étaient en France de 10% chez les plus de 80 ans et seule­ment 0.02% chez le moins de 40 ans. Il s’en­suit que la prio­rité du vaccin serait la protec­tion des personnes âgées. Mais problème : « Plus on vieillit, moins les vacci­na­tions sont effi­caces ». Elle citait David Dowling, immu­no­lo­giste au Boston Children’s Hospital, décla­rant : « Les équipes déve­loppent des vaccins conçus pour les adultes en bonne santé. Nous sommes en train de faire une gros­sière erreur ». Elle ajou­tait (4 mai 2020A74) :

Ce problème est bien connu pour le vaccin contre la grippe, dont la cible est égale­ment les personnes âgées. Cette vacci­na­tion ne dimi­nue que de 35 % en moyenne la morta­lité chez les plus de 65 ans. D’où la stra­té­gie de certains pays, comme la Finlande, le Royaume-Uni ou certains États des États-Unis, de vacci­ner les enfants, prin­ci­pal réser­voir de la grippe et chez qui le vaccin est beau­coup plus effi­cace, afin de limi­ter la circu­la­tion de ce virus et ainsi, proté­ger les personnes âgées. Toutefois, à l’inverse de la grippe, les enfants de moins de 10 ans pour­raient ne pas être les prin­ci­paux vecteurs actuellement.

Fin août, l’étude CoVaPredN12 en France, desti­née à « mieux comprendre les mesures de protec­tion adop­tées par la popu­la­tion contre le Covid-19, d’autre part, évaluer son inten­tion de se faire vacci­ner lorsqu’un vaccin sera dispo­nible », n’était acces­sible qu’aux personnes âgées de 18 à 64 ans, ce qui impli­quait qu’au­cun vaccin ne serait proposé aux personnes âgées les plus mena­cées par la CoVID-19.

En France, le taux de léta­lité de la CoVID-19 chez les moins de 20 ans était de 0.001%, nette­ment infé­rieur à celui de toutes les mala­dies infec­tieuses contre lesquelles les enfants sont actuel­le­ment vacci­nés (Barnéoud L, 4 mai 2020A74) :

Ce faible taux de léta­lité implique une contre­par­tie quasi impos­sible à assu­rer : pour que la balance bénéfice/risque d’un vaccin contre le Sars-CoV‑2 soit posi­tive pour cette caté­go­rie d’âge, il est néces­saire de s’assurer qu’il présente un taux d’événements indé­si­rables graves infé­rieur à 1 pour 100 000. Or, aucun essai clinique, a fortiori mené en urgence, ne porte sur une popu­la­tion si large. Les équipes enga­gées dans cette voie annoncent des essais sur quelques centaines d’individus, 2500 pour le plus ambitieux.

Ainsi, vacci­ner cette caté­go­rie d’âge posera inévi­ta­ble­ment une ques­tion éthique très déli­cate : non seule­ment les enfants n’auraient pas grand-chose à gagner à titre indi­vi­duel d’une telle vacci­na­tion, mais leur balance bénéfice/risque restera incon­nue tant que l’on ne béné­fi­ciera pas d’un recul sur plus de 100 000 personnes vaccinées.

D’autres problèmes ont été signa­lés dans le même article (4 mai 2020A74) qui fait état de nombreux débats scien­ti­fiques comme l’in­cer­ti­tude sur la présence d’anticorps neutra­li­sants à des niveaux compa­rables ou supé­rieurs à ceux d’individus conva­les­cents. Même si le vaccin protège l’in­di­vidu vacciné, il n’est pas garanti qu’il l’empêche de trans­mettre le virus (voir plus bas). C’est notam­ment le problème de ceux contre la polio­myé­lite et la diphtérie.

Un vaccin est un médi­ca­ment comme un autre, ce qui suppose que sa mise en circu­la­tion devrait être déci­dée sur la base de la balance bénéfice-risqueN13. Marc Girard écri­vait à ce sujet, en présen­ta­tion de la redif­fu­sion son ouvrage (publié en 2009) Alertes grip­pales – comprendre et choi­sir (mai 2020N14) :

Curieusement, alors que les auto­ri­tés sani­taires et poli­tiques s’acharnent à démon­trer que le risque des vaccins est telle­ment minime qu’on peut quasi­ment l’ignorer, il s’avère – on permet­tra au spécia­liste de phar­ma­co­vi­gi­lance de parler de ce qu’il connaît – que parmi tous les médi­ca­ments, les vaccins posent des problèmes de tolé­rance extrê­me­ment ardus à résoudre : i) un suivi sur le long terme (les vaccins sont géné­ra­le­ment suppo­sés exer­cer leur effet durant des années, voire des décen­nies) ; ii) un risque de réac­tion immu­ni­taire d’autant plus signi­fi­ca­tif que les expo­si­tions aux vaccins auront été multiples ou répé­tées (la “mosaïque de l’auto-immunité”) ; iii) l’effet d’échelle : une compli­ca­tion surve­nant chez un patient sur 10 000 n’a quasi­ment aucune chance d’être obser­vée si la population-cible est de 5000 patients, alors qu’elle va géné­rer une catas­trophe si la population-cible est de 68 millions de personnes (vacci­na­tion “univer­selle” ou “obli­ga­toire” à l’échelle d’un pays comme la France) : 68 000 victimes à peu près…

La course fréné­tique au vaccin pour­rait avoir un effet néfaste sur la pandé­mie. Richard Peto, profes­seur de statis­tique médi­cale à l’université d’Oxford et conseiller de l’OMS, décla­rait à The Guardian (30 août 2020A65) :

Même si le premier vaccin dispo­nible ne proté­geait qu’une mino­rité de la popu­la­tion, il serait pris comme réfé­rence à partir de laquelle l’efficacité des produits ulté­rieurs serait mesu­rée. Ce qui pour­rait conduire à la vali­da­tion de vaccins de qualité médiocre car ils n’auraient pas à démon­trer qu’ils sont meilleurs.

Ajoutons à cela l’ap­pa­ri­tion de variants du SARS-COV‑2 qui très vite ont occupé le terrain de la souche d’ori­gine, fin 2020, augmen­tant les doutes sur l’ef­fi­ca­cité des vaccins en termes de protec­tion contre la trans­mis­sion de la mala­die. Par exemple, le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 créé par AstraZeneca ne résis­te­rait pas au « variant sud-africain » (B.1.351) selon un essai rando­misé en double aveugle mené début 2021 en Afrique du Sud (Madhi SA et al., 16 mars 2021A49).

Le président Trump avait créé la surprise en annon­çant, début septembre 2020, qu’un vaccin contre la CoVID-19 pour­rait être dispo­nible avant le 3 novembre, jour de l’élec­tion prési­den­tielle améri­caine, et que pour cela la Food and Drug Administration (FDA) pour­rait déli­vrer une auto­ri­sa­tion excep­tion­nelle de mise sur marché avant la fin des essais cliniques de phase 3 suppo­sés mesu­rer l’ef­fi­ca­cité du vaccin. Cette annonce a suscité la réac­tion des diri­geants de 9 compa­gnies phar­ma­ceu­tiques — enga­gées dans la course au vaccin — décla­rant qu’elles n’ho­no­re­raient pas cette appro­ba­tion hâtive et qu’elles « s’en tien­draient à la science » (plutôt qu’au calen­drier électoral).

Jerry Avorn et Aaron S. Kesselheim écri­vaient dans le New England Journal of Medicine (15 septembre 2020A63) :

Les chefs de file de l’in­dus­trie qui ont signé cet enga­ge­ment ont compris que dans un pays déjà méfiant à la fois des vaccins et des fabri­cants de médi­ca­ments, l’ap­pro­ba­tion préci­pi­tée des vaccins suivie de consé­quences impré­vues pour­rait grave­ment nuire à la fois à leur crédi­bi­lité et à la confiance de la popu­la­tion dans la vaccination… […]

L’engagement des fabri­cants stipu­lait que toute demande d’ap­pro­ba­tion de vaccin ou d’au­to­ri­sa­tion de mise sur le marché en urgence (EUA) auprès de la FDA néces­si­te­rait des données « démon­trant l’in­no­cuité et l’ef­fi­ca­cité par le biais d’une étude clinique de phase 3 conçue et menée pour répondre aux exigences des auto­ri­tés régle­men­taires compé­tentes telles que [la] FDA. » Les direc­tives de la FDA publiées le 30 juin indiquent que pour appro­ba­tion, un vaccin doit démon­trer une réduc­tion de 50% ou plus de l’in­ci­dence ou de la gravité de l’in­fec­tion à Covid-19 par rapport au placebo, une barre rela­ti­ve­ment élevée. La combi­nai­son néces­saire de temps-personne et de l’in­ci­dence de la mala­die est décou­ra­geante : avec des taux de cas qui plafonnent ou chutent dans de nombreux endroits où des essais sont menés, il est plau­sible qu’à la fin octobre, aucun essai n’ait accu­mulé suffi­sam­ment d’évé­ne­ments cliniques pour démon­trer une diffé­rence statis­ti­que­ment signi­fi­ca­tive dans cette mesure d’efficacité.

Mais le docu­ment d’orien­ta­tion de la FDA auto­ri­sait égale­ment une EUA ou une appro­ba­tion accé­lé­rée si l’ef­fi­ca­cité est suggé­rée par des chan­ge­ments dans une mesure de substi­tu­tion « raison­na­ble­ment suscep­tible de prédire » la protec­tion contre le SARS-CoV‑2. Cette mesure pour­rait être simple­ment un chan­ge­ment des taux d’an­ti­corps – la variable la plus suscep­tible de démon­trer une diffé­rence statis­ti­que­ment signi­fi­ca­tive le jour du scrutin. […]

Mais si un titre d’an­ti­corps est utilisé comme preuve d’ef­fi­ca­cité pour une appro­ba­tion précoce, sa signi­fi­ca­tion clinique pour­rait être diffi­cile à évaluer, étant donné que la commu­nauté médi­cale connaît cette infec­tion depuis moins de 10 mois. Quel niveau d’an­ti­corps pour­rait être prédit de manière fiable pour confé­rer une immu­nité ? Quel anti­corps exac­te­ment ? Pour quelle durée ? Atteindre des niveaux simi­laires à ceux obser­vés chez les patients guéris peut ne pas être suffi­sam­ment convain­cant, car nous sommes encore en train d’ap­prendre dans quelle mesure une telle immu­nité natu­relle confère une protec­tion contre l’in­fec­tion et pendant combien de temps. Le lien entre une mesure de substi­tu­tion non vali­dée et un béné­fice clinique est au mieux diffi­cile, mais il l’est parti­cu­liè­re­ment pour une mala­die émer­gente avec laquelle nous avons une expé­rience clinique limi­tée. Et au-delà de l’ef­fi­ca­cité, un vaccin qui augmente les niveaux d’an­ti­corps ou réduit la gravité de la Covid-19 réduira-t-il égale­ment la conta­gio­sité chez un patient vacciné ? Pas néces­sai­re­ment — ques­tion impor­tante à consi­dé­rer pour évaluer son impact sur la santé publique. […]

Les essais cliniques de phase 3 sont géné­ra­le­ment dimen­sion­nés pour démon­trer l’ef­fi­ca­cité, mais ils ont une puis­sance limi­tée pour évaluer les événe­ments indé­si­rables. Ainsi, la promesse de mener à son terme un essai de phase 3 ne défi­nira pas en soi de manière adéquate la sécu­rité d’un vaccin. Les infor­ma­tions sur les événe­ments indé­si­rables prove­nant d’un essai de phase 3 dépen­dront des types de patients inscrits, de la durée de l’es­sai et de la manière dont les événe­ments indé­si­rables sont déter­mi­nés. Les réponses les plus claires sur les risques ne vien­dront qu’a­près une utili­sa­tion géné­ra­li­sée par des centaines de milliers de personnes, suivies de systèmes de surveillance post-approbation systé­ma­tiques capables de détec­ter et de quan­ti­fier les effets secondaires.

Le bruit courant qu’une vacci­na­tion anté­rieure par le BCG pour­rait proté­ger contre l’in­fec­tion CoVID-19 a été démenti par les statis­tiques (13 mai 2020A75). Par contre, les gouver­nants d’Australie (27 mai 2020A71) et du Royaume-Uni se sont appuyés sur la peur d’épi­dé­mie déjà présente pour promou­voir une vacci­na­tion massive contre la grippe, suppo­sée sauver des milliers de vies à défaut de proté­ger les indi­vi­dus contre le SARS-Cov‑2.

Il existe en fait un soup­çon d’ef­fet ampli­fi­ca­teur du risque d’in­fec­tion par coro­na­vi­rus suite à la vacci­na­tion anti­grip­pale. Un article de Greg G Wolff — soumis en septembre 2019 et publié le 10 janvier 2020A81 — révèle que la sensi­bi­lité aux coro­na­vi­rus (en géné­ral) aurait augmenté (en risque rela­tif) de 35% chez les personnes vacci­nées contre la grippe (voir table 5), alors que la protec­tion était renfor­cée pour d’autres virus y compris bien sûr celui de la grippe. Wolff signale que ce résul­tat est en désac­cord avec les conclu­sions de ME Sundaram et al. (2013A85). Toutefois, une étude statis­tique portant spéci­fi­que­ment sur la CoVID-19 conclut (16 juin 2020A67) :

Notre analyse indique que le fait d’avoir reçu des vaccins contre la grippe saison­nière dans le passé pour­rait être un facteur de risque supplé­men­taire pour les personnes âgées en termes de suscep­ti­bi­lité accrue à l’in­fec­tion par le SARS-CoV‑2 et de proba­bi­lité plus élevée d’une issue létale en cas d’infection.

Le seul point rassu­rant dans ce débat aurait pu être — je cite « Emma Khan » (nom d’emprunt) le 4 mai 2020A74 : « Un virus émergent évolue vite (les coro­na­vi­rus ont un fort poten­tiel évolu­tif) et s’adapte à son hôte en perdant viru­lence et trans­mis­si­bi­lité. » Ce qui rendait moins probable un rebond de l’épi­dé­mie, une deuxième vague justi­fiant un nouveau confi­ne­ment… Toutefois, cette hypo­thèse opti­miste n’a pas été véri­fiée à l’au­tomne 2020 !

Dangers des vaccins CoVID ?

En décembre 2020, les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna ont reçu de la Food and Drug Administration, aux USA, leurs auto­ri­sa­tions d’uti­li­sa­tion en urgence (EUA) qui ont permis le lance­ment de vastes campagnes de vacci­na­tion. Les docu­ments présen­tés à la FDA indiquent que leur effi­ca­cité et leur absence de noci­vité n’ont pas été véri­fiées sur les sujets de moins de 17 ans, les femmes enceintes ou allai­tantes et les personnes immu­no­dé­pri­mées (10 décembre 2020A61 page 49 ; 17 décembre 2020A60 page 50). Seule la phar­ma­co­vi­gi­lance permet­tra d’es­ti­mer les rapports béné­fice sur risque pour cette popu­la­tion. Les effets indé­si­rables à court terme de ces deux vaccins, très rares, ont pu être iden­ti­fiés et quan­ti­fiés — par exemple l’in­ci­dence de myocar­dites (APMnews, 6 juillet 2021A27). Toutefois, sur le moyen et le long terme, les effets indé­si­rables sont décomp­tés à partir des décla­ra­tions de méde­cins pres­crip­teurs ou de patients. On assiste à un renver­se­ment de la charge de la preuve, en rupture avec le prin­cipe de précau­tion qui devrait préva­loir en situa­tion expé­ri­men­tale : ce n’est pas à la victime de l’effet indé­si­rable qu’il incom­be­rait de prou­ver un lien de causa­lité entre la vacci­na­tion et un inci­dent, mais au fabri­cant d’apporter la preuve de l’absence de lien.

Un flot consi­dé­rable de messages média­tiques ont circulé dès l’au­to­ri­sa­tion de mise sur le marché des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna, pour beau­coup des commu­ni­qués de presse, des résul­tats d’études à confir­mer et surtout des messages prophé­ti­sant la « fin du cauche­mar ». Or l’ef­fi­ca­cité contre la trans­mis­sion du virus n’a pas été démon­trée par les essais cliniques, bien qu’elle consti­tue l’ar­gu­ment prin­ci­pal en faveur d’une vacci­na­tion géné­ra­li­sée, repo­sant sur une inter­pré­ta­tion discu­table de corré­la­tions entre les taux de vacci­na­tion et l’évo­lu­tion des nombres de cas.

Les essais cliniques sur les vaccins sont conduits par les seuls labo­ra­toires car la confi­den­tia­lité des données brutes (secret indus­triel) ne permet pas leur analyse par des labo­ra­toires indépendants.

Des ques­tions métho­do­lo­giques ont été soule­vées, notam­ment l’ab­sence de procé­dure double aveugleN15 car ces deux essais ont été réali­sés en mode observer-blindN16, ce qui signi­fie unique­ment que « les personnes char­gées de mesu­rer, d’en­re­gis­trer et d’éva­luer les chan­ge­ments chez les parti­ci­pants à la recherche ne savent pas quels parti­ci­pants ont reçu un trai­te­ment et quels parti­ci­pants ont reçu un placebo. » Le patient, par contre, était donc informé du groupe auquel il appartenait.

Pour une analyse compré­hen­sible de ces deux essais, lire l’ar­ticle de Catherine Frade (30 mars 2021A44) et l’ou­vrage de Michel de Lorgeril (avril 2021A41 pages 341–366) — je précise que ce dernier n’a jamais été « anti­vax » contrai­re­ment aux accu­sa­tions de détrac­teurs qui ne lisent pas ses écrits. Détail révé­la­teur dans un commen­taire de blog : quand un·e inter­naute a abordé ce problème de l’observer-blinded en citant M de Lorgeril, il lui a été répondu (par un méde­cin qui n’est pas épidé­mio­lo­giste) : « Le Dr De Lorgeril devrait se canton­ner à la spécia­lité : la cardio­lo­gie » (17 juillet 2021). Quand on ne comprend pas le message, le plus simple est de disqua­li­fier le messager… 😣

Un concen­tré de théo­ries de complot
sur la CoVID-19 le 5 mai 2020…

Dans le camp ennemi, des mani­pu­la­teurs d’opi­nion répandent l’idée que « l’élite » qui cherche à rendre docile et domi­ner la popu­la­tion mondiale est consciente du fait que les vaccins — sans effet sur un virus « qui n’existe pas » — feraient partie de l’ar­se­nal utilisé pour cette prise de contrôle : nano­par­ti­cules acti­vées par la 5‑G (sic), injec­tion de puces infor­ma­tiques, etc. Pour prou­ver que les célé­bri­tés vacci­nées en public n’ont en réalité reçu qu’une substance inerte, une vidéo a circulé montrant le Dr Fauci vacciné au bras gauche, puis signa­lant, dans une inter­view, qu’il ressen­tait une douleur au bras droit. Seul détail : l’image a été inver­sée droite-gauche !

Le moindre scep­ti­cisme expose son auteur — surtout sans compé­tence dans les domaines scien­ti­fiques concer­nés — à passer pour « anti­vax » ou victime de propa­gandes complo­tistes. Or il est clair qu’au­cune affir­ma­tion ne peut être tenue pour scien­ti­fi­que­ment valable, pour ce qui concerne la capa­cité de tel vaccin à enrayer la trans­mis­sion des virus (dans toutes les variantes en circu­la­tion) ni la proba­bi­lité très faible d’ef­fets secon­daires à moyen terme — autres que le « bobo dans l’épaule » ou la « pous­sée de fièvre » dans les trois jours qui suivent… Seule la phar­ma­co­vi­gi­lance pourra four­nir des données fiables, si elle s’exerce dans les règles de l’art. Toutefois, nous aurons vrai­sem­bla­ble­ment ces données quand elles seront deve­nues inutiles, les circons­tances sani­taires ayant changé, espé­rons pour le mieux !

Le monde n’est certai­ne­ment pas divisé entre « provax », « anti­vax » et une marge de « scep­tiques ». Les mêmes argu­ments peuvent circu­ler d’un camp à l’autre, recy­clés pour atti­rer l’at­ten­tion des oppo­sants en même temps qu’af­fai­blir leur posi­tion. C’est semble-t-il ce qui s’est passé avec la vigou­reuse lettre ouverte « À toutes les auto­ri­tés, scien­ti­fiques et experts du monde entier, à qui cela concerne : la popu­la­tion mondiale entière » adres­sée le 6 mars 2011 à l’OMS par le viro­logue et vacci­no­logue Geert Vanden BosscheN17. Une traduc­tion — effroya­ble­ment médiocre bien que compré­hen­sible — circule dans le monde fran­co­phone (17 mars 2021A47) ; il est préfé­rable de lire le texte origi­nal en anglais (6 mars 2021A52).

La lettre de Vanden Bossche a été large­ment relayée par des opposants/sceptiques de la vacci­na­tion contre la CoVID-19, bien qu’elle se termine par un appel à une vacci­na­tion massive. Vanden Bossche est non seule­ment « provax », il l’af­firme d’emblée, mais ses liens d’in­té­rêt avec l’in­dus­trie font dire à ses détrac­teurs — par exemple Rosemary Frei (16 mars 2021A48) — qu’il cherche unique­ment à favo­ri­ser la concur­rence de vaccins à base de cellules NKN18. Selon lui, « les vaccins à base de cellules permet­tront prin­ci­pa­le­ment de mieux prépa­rer notre immu­nité natu­relle (mémoire !) et d’in­duire une immu­nité de groupe (ce qui est exac­te­ment le contraire de ce que font les vaccins Covid-19 actuels, qui trans­forment de plus en plus les personnes vacci­nées en porteurs asymp­to­ma­tiques qui excrètent le virus). » (6 mars 2021A52 page 5)

Le propos de Vanden Bossche est assez compré­hen­sible — ce qui faci­lite sa diffu­sion et l’adhé­sion de collec­teurs d’opi­nions sans examen critique — mais ses prédic­tions alar­mantes ne sont pas étayées par des données factuelles. Il se pose en lanceur d’alerte, « mettant en jeu toute [sa] répu­ta­tion et [sa] crédi­bi­lité » (2021A47). Ses propo­si­tions méri­te­raient d’être étudiées et discu­tées par des cher­cheurs indé­pen­dants plutôt que de se voir écar­tées, sur la simple suspi­cion de conflit d’in­té­rêts, par des personnes à leur tour accu­sées de mani­pu­ler leurs lecteurs — voir les nombreux commen­taires au pied de l’ar­ticle de Rosemary Frei (16 mars 2021A48, traduit en fran­çais le 24 mars 2021N19). Une analyse critique très claire a été publiée par Robert Verkerk, qui signale entre autres (18 mars 2021A46) :

Les vaccins expé­ri­men­taux à base de cellules NK sont loin d’être le seul moyen de renfor­cer la fonc­tion cyto­toxique des cellules NK. Ironiquement – et de manière bien plus avérée – les approches diété­tiques et liées au mode de vie améliorent la fonc­tion immu­ni­taire innée dans le cadre d’une stra­té­gie de préven­tion. Ainsi, la vita­mine D, la vita­mine C, le zinc, les bêta-glucanes et l’exercice ne sont que quelques-uns des éléments dont on a constaté qu’ils agis­saient comme des modu­la­teurs immu­ni­taires renfor­çant la fonc­tion des cellules NK.

L’hypothèse de Geert Vanden Bossche ne devrait pas tarder à être confir­mée ou infir­mée puis­qu’il décla­rait sur son fil LinkedIn (18 mars 2021N17) :

Dans les pays ayant mis en place un programme de vacci­na­tion de masse plus offen­sif, la forte baisse des infec­tions sera proba­ble­ment suivie d’un plateau prolongé. On peut s’at­tendre à ce que ce dernier se trans­forme en une augmen­ta­tion beau­coup plus forte des courbes de morbi­dité avec des pics beau­coup plus élevés. Il n’y a pas de précé­dent d’une telle situa­tion, donc personne ne peut vrai­ment prédire quand exac­te­ment cela va se produire. Cependant, je m’at­tends à ce que cela se produise assez rapi­de­ment, très proba­ble­ment dans les 2 à 4 semaines à venir.

La menace d’une extinc­tion de l’es­pèce humaine, du fait de la sélec­tion de variants de plus en plus viru­lents et résis­tant aux vaccins — « évasion immu­ni­taire » — induite par la « théra­pie génique » des vaccins à ARN messa­ger (2021N20) et accen­tuée par les mesures de distan­cia­tion sani­taire, devrait être envi­sa­gée ; en tout cas plus sérieu­se­ment que celle — annon­cée par des viro­logues depuis plusieurs décen­nies mais accueillie par un silence dubi­ta­tif et coupable — de la surve­nue de pandé­mies à l’échelle mondiale. Il n’est pas néces­saire d’être complo­tiste pour accor­der de l’at­ten­tion à des hypo­thèses, même quand celles-ci remettent en cause un consen­sus médiatico-politique.

Deux autres vaccins expé­ri­men­taux ont par la suite reçu de l’Agence euro­péenne du médi­ca­ment une auto­ri­sa­tion condi­tion­nelle d’uti­li­sa­tion : le Vaxzevria (29 janvier 2021A43), initia­le­ment appelé AstraZeneca, et le Janssen (11 mars 2021A50). Les socié­tés qui les commer­cia­lisent devront conti­nuer de « four­nir les résul­tats des essais cliniques, qui sont en cours », comme l’indiquent les rapports d’évaluation.

Une véri­table bataille média­tique — que certains quali­fient de « contrôle de l’in­for­ma­tion » — est en cours pour inci­ter la tota­lité de la popu­la­tion à se faire vacci­ner afin d’at­teindre « l’im­mu­nité de groupe » avant la surve­nue de « nouvelles vagues » causées par des variants. Des mani­pu­la­tions inquié­tantes ont effec­ti­ve­ment vu le jour, entre autres la censure des propos du Dr. Robert MaloneN21, cher­cheur dans le domaine de la tech­no­lo­gie à l’ori­gine de la vacci­na­tion à ARN messa­ger (de 1987 à 1989) et de manière contro­ver­sée (auto)désigné « l’in­ven­teur » des vaccins ARNm (Franklin A, 8 juillet 2021N22). Malone mettait en garde contre l’uti­li­sa­tion à grande échelle de « vaccins expé­ri­men­taux », déplo­rant le manque de trans­pa­rence et l’ab­sence de procé­dures de libre consen­te­ment éclairé — voir le flash diffusé par Fox News (23 juin 2021A32). Plus tard il a exposé clai­re­ment ce qu’il estime une stra­té­gie cohé­rente : (1) vacci­ner unique­ment les personnes très âgées ou à forts risques, (2) étendre cette vacci­na­tion à tous les pays, (3) éviter les réunions à forte densité humaine et (4) géné­ra­li­ser un trai­te­ment précoce avec des médi­ca­ments nouveaux ou le repo­si­tion­ne­ment de molé­cules anciennes (vidéo du 15 septembre 2021, 1:25:00). Au sujet du soin, il décla­rait en début d’en­tre­tien travailler en Inde à la mise au point d’un vaccin « clas­sique » (15 septembre 2021N23) ; plus loin, il citait l’exemple de l’Uttar Pradesh (230 millions d’ha­bi­tants) qui a vu le nombre de cas s’ef­fon­drer fin août 2021 avec 5 % de vacci­nés et la distri­bu­tion de 500 000 kits [voir proto­coleN24] conte­nant entre autres de l’iver­mec­tineN25 — voir détails (Campbell J, 22 septembre 2021A12).

Le compte LinkedIn de Robert Malone a été fermé et son nom défi­ni­ti­ve­ment effacé, le 15 juin, de l’his­to­rique de la page RNA vaccineN26 sur Wikipedia. La discus­sion ayant abouti à cette suppres­sion figure sur l’on­glet “Talk” (2 mars 2021), prenant pour seuls motifs que les infor­ma­tions seraient basées sur des « données primaires » et que Robert Malone n’a pas de page Wikipedia à son nom ! Une lecture critique de ses inter­ven­tions s’im­pose néan­moins ; il a par exemple relayé en septembre 2021 une fausse infor­ma­tion issue d’un article (retiré) de l’Université d’Ottawa (Kafil T et al., 24 septembre 2001A10) évaluant à 1 pour 1000 le risque de myopé­ri­car­dite après une vacci­na­tion ARNm (Miller A, 25 septembre 2021A9). Sur des sites récents comme TrialSiteNews il s’af­fiche de nouveau comme « inven­teur des vaccins ARNm ».

Parmi les spécu­la­tions qui allaient bon train en fin d’an­née 2020, celle qui concerne un risque de modi­fi­ca­tion de l’ADN du patient ayant reçu un vaccin à ARN messa­ger. Tania Louis s’ex­pri­mait à ce sujet (28 décembre 2020A58) :

Le vaccin consiste à injec­ter un ARN messa­ger, dans une zone du corps, et une fois ces molé­cules détruites le stock n’est pas renou­velé. L’infection par le virus abou­tit à la produc­tion de plusieurs ARN messa­gers diffé­rents, simul­ta­né­ment dans diffé­rents organes, et le stock d’ARN est renou­velé en continu par les cellules infec­tées. Quelle que soit la proba­bi­lité qu’un ARN messa­ger modi­fie l’ADN de la cellule dans laquelle il se trouve, ce risque est beau­coup plus élevé pour les ARN messa­gers viraux produits en cas d’infection que pour l’ARN messa­ger injecté pour la vacci­na­tion. Ce n’est donc pas une raison de préfé­rer le risque d’infection à la vaccination.

Le 28 février 2021, douze méde­cins et scien­ti­fiques ont adressé une lettre à l’Agence euro­péenne du médi­ca­ment pour préve­nir des risques asso­ciés aux vaccins à ARN messa­ger (Bhakdi S et al., 2021A53). Ils deman­daient la preuve que ces produits injec­tés en intra­mus­cu­laire n’at­tein­draient pas le flot sanguin :

En l’ab­sence de telles preuves, il faut s’at­tendre à ce que les vaccins restent piégés dans la circu­la­tion et soient absor­bés par les cellules endo­thé­liales. Il y a des raisons de penser que cela se produira en parti­cu­lier aux endroits où la circu­la­tion sanguine est lente, c’est-à-dire dans les petits vais­seaux et les capil­laires […]. Nous deman­dons des preuves que cette proba­bi­lité a été exclue dans les modèles animaux précli­niques avec les trois vaccins avant leur appro­ba­tion par l’EMA pour une utili­sa­tion chez l’homme.

Si cette preuve n’est pas dispo­nible, il faut s’at­tendre à ce que, pendant l’ex­pres­sion des acides nucléiques des vaccins, les peptides déri­vés de la protéine spike soient présen­tés par la voie du CMH I à la surface lumi­nale des cellules. De nombreux indi­vi­dus sains possèdent des lympho­cytes CD8 qui recon­naissent ces peptides, ce qui peut être dû à une infec­tion anté­rieure par COVID, mais aussi à des réac­tions croi­sées avec d’autres types de coro­na­vi­rus […]. Nous devons suppo­ser que ces lympho­cytes vont atta­quer les cellules concernées. […]

[Si de telles preuves ne sont pas dispo­nibles] il faut s’at­tendre à ce que des lésions endo­thé­liales, avec un déclen­che­ment ulté­rieur de la coagu­la­tion sanguine par l’ac­ti­va­tion des plaquettes, se produisent en d’in­nom­brables endroits du corps. […]

[…] il faut s’at­tendre à ce que cela entraîne une baisse du nombre de plaquettes, l’ap­pa­ri­tion de D‑dimèresN27 dans le sang et une myriade de lésions isché­miques dans tout le corps, y compris dans le cerveau, la moelle épinière et le cœur. Des troubles hémor­ra­giques pour­raient surve­nir à la suite de ce nouveau type de syndrome de coagu­la­tion intra­vas­cu­laire dissé­mi­néeN28 y compris, entre autres, des saigne­ments abon­dants et des acci­dents vascu­laires céré­braux hémorragiques.[…]

Source : A43

En avril 2021 des critiques se sont fait entendre sur le décompte des effets indé­si­rables graves des vaccins anti-CoVID en circu­la­tion (AIMSIB, 11 avril 2021A43).

L’AIMSIB a repro­duit (image ci-contre) un tableau compa­ra­tif des effets indé­si­rables du vaccin Covid-19 AstraZenecaTM et du vaccin contre la grippe clas­sique, à partir des données de la base ADRreports​.eu. À noter que ces chiffres couvrent une période de 3 mois pour le vaccin anti-CoVID et une année entière pour celui contre la grippe. Cette compa­rai­son suggère qu’il serait diffi­cile de prou­ver que toutes les throm­boses avaient des causes étran­gères à la vaccination.

Un exemple de mani­pu­la­tion maladroite (voire mal-intentionnée) de données statis­tiques est l’ar­ticle The Safety of COVID-19 Vaccinations – We Should Rethink the Policy qui affir­mait, en résumé, que « pour trois morts évitées par la vacci­na­tion, il faut accep­ter deux morts causées par la vacci­na­tion » (Walach H et al., 24 juin 2021A31). Comme expli­qué dans les commen­taires de PubPeer, les auteurs ont calculé le NNTV (number needed to vacci­nate) sur les phases 3 des essais qui n’ont duré que quelques mois et dépen­daient de la préva­lence de la mala­die. Ils ont comparé ce nombre avec celui des décès après vacci­na­tions dans les bases de données, suppo­sant incor­rec­te­ment un lien de cause à effet entre vacci­na­tion et effet enre­gis­tré, alors que ces corré­la­tions ne servent qu’à produire des signaux de possi­bi­lité d’ef­fet adverse.

Plausibles ou exagé­rées, les évalua­tions d’ef­fets secon­daires graves des vaccins anti-CoVID offrent un boule­vard publi­ci­taire aux vendeurs de régimes ou produits « détox » — voir mon article Détoxination. À titre d’exemple, une vidéo de 56 minutes (Wirth N, septembre 2021N29) qui, sous prétexte d’un entre­tien avec un « spécia­liste » — en réalité kiné­si­thé­ra­peute et président d’une entre­prise luxem­bour­geoise maquillée en labo­ra­toire de recherche — se termine par l’offre excep­tion­nelle d’un dossier élaboré par un « collec­tif d’ex­perts » (dont aucun nom n’est cité) cédé gratui­te­ment contre… un an d’abon­ne­ment à la revue publiée par l’au­teur de la vidéo ! L’intervenant est d’un abord sympa­thique et fait preuve de péda­go­gie sur les risques des vacci­na­tions en ques­tion (sans se risquer au sujet de leur fréquence) mais les conclu­sions « détox » prêtent à confu­sion : le natu­ro­pathe propose par exemple des cures de poly­phé­nols et autres aliments ou complé­ments alimen­taires pour leurs proprié­tés chéla­tricesN30 — sans mention­ner l’ar­gile ni la zéolitheN31 — en mention­nant l’éli­mi­na­tion de l’alu­mi­nium et du graphèneN32, alors que l’in­ter­ve­nant a reconnu qu’ils étaient absents de ces vaccins. Malgré ma réserve sur cette gros­sière exploi­ta­tion publi­ci­taire, je crois utile d’écou­ter cette vidéo qui aurait pu se lire sur une simple page, avec l’avan­tage d’af­fi­cher des liens vers les sources scien­ti­fiques dont l’in­ter­ve­nant se réclame, et l’in­con­vé­nient de ne pas servir d’ap­pât publicitaire…

Les vaccins en circu­la­tion contre la CoVID-19 (début 2021) n’ont pas été testés sur des sujets immu­no­dé­fi­cientsN33. Leur utili­sa­tion sur cette popu­la­tion peut poser problème, comme signalé avec le vaccin Pfizer-BioNTech (BNT162b2) admi­nis­tré en Israël à des patients atteints de mala­dies auto-immunes ou inflam­ma­toires (avril 2021A39) dont 6 ont subi une réac­ti­va­tion d’herpes zoster (zonaN34) :

La préva­lence d’herpes zoster (HZN34) était de 1,2 % (n = 6) chez les patients atteints d’AIIRD, alors qu’elle était nulle chez les témoins. Six patientes âgées de 49 ± 11 ans et atteintes d’une mala­die auto-immune de rhuma­tisme inflam­ma­toire stable : poly­ar­thrite rhuma­toïdeN35 (n = 4), syndrome de SjögrenN36 (n = 1) et mala­die conjonc­tive indif­fé­ren­ciée (n = 1), ont déve­loppé la première infec­tion de leur vie à l’HZ peu de temps après l’ad­mi­nis­tra­tion de la première dose de vaccin dans 5 cas, et après la deuxième dose de vaccin dans un cas. Dans la majo­rité des cas, l’in­fec­tion à l’HZ était bénigne, à l’ex­cep­tion d’un cas de HZ ophtal­mique, sans atteinte cornéenne, chez une patiente atteinte de poly­ar­thrite rhuma­toïde trai­tée par tofa­ci­ti­nib. Il n’y a eu aucun cas de HZ dissé­miné ou de névral­gie post-zostérienne. Toutes les patientes sauf une ont reçu un trai­te­ment anti­vi­ral avec une réso­lu­tion des symp­tômes liés à l’HZ jusqu’à 6 semaines. Cinq patientes ont terminé la deuxième dose du vaccin sans autres effets indésirables.

La fin des essais cliniques de phase 3 est annon­cée le 27 octobre 2022 pour le vaccin de Moderna et le 2 mai 2023 pour Pfitzer. Ce qui n’empêchait pas le ministre de la santé fran­çais d’af­fir­mer en juillet 2021 : « Parmi les “fake news” que l’on entend, il y aurait celle qui consiste à dire que le vaccin serait encore en cours d’expérimentation, c’est abso­lu­ment faux. La phase 3 est termi­née depuis des mois, elle est vali­dée » puis que « l’es­sai de phase 3 se pour­suit » ! (Maad A, 8 juillet 2021A25) La réalité est que la première partie évaluant « l’ef­fi­ca­cité » (voir ci-dessous) était termi­née, et la levée de l’insu avait eu lieu à cet effet, alors que le volet « sécu­rité » restait à l’étude jusqu’à la fin des essais. Cette contra­dic­tion du ministre était parfai­te­ment assu­mée, noyée dans le flou artis­tique des « déco­deurs » du Monde qui concluaient que le ministre avait raison, tout en s’ap­puyant sur les propos d’un autre « expert » : « Les essais de phase 3 ont montré la qualité phar­ma­ceu­tique, l’efficacité, et la sécu­rité des vaccins ARN… » Alors que cette notion d’ef­fi­ca­cité est à géomé­trie variable (voir plus bas) et que la sécu­rité n’est pas encore évaluée, sauf à écar­ter d’emblée tout effet indé­si­rable qui pour­rait surve­nir au delà de six mois.

Une évalua­tion de la sécu­rité et de l’ef­fi­ca­cité à six mois du vaccin Pfizer-BioNTech (BNT162b2) a été pré-publiée fin juillet 2021 (Thomas et al., 28 juillet 2021A20). Au niveau « sécu­rité », on comp­tait 15 morts pour toutes causes dans le groupe vacciné, contre 14 dans le groupe placebo. Parmi ceux-ci, seule­ment 1 décès avait été attri­bué à la CoVID chez les vacci­nés, contre 2 dans le groupe placebo. Cette diffé­rence n’était pas signi­fi­ca­tive sachant que les groupes compre­naient chacun 22 000 sujets (dont la majo­rité avait moins de 55 ans). Néanmoins, l’ef­fi­ca­cité était affir­mée en mention­nant le décompte de 131 cas symp­to­ma­tiques chez les vacci­nés contre 1034 chez les non-vaccinés. Sachant que la morta­lité n’était pas impac­tée, la preuve était faite que ce vaccin protège des formes symp­to­ma­tiques, mais rien n’était établi avec certi­tude pour la protec­tion contre les formes graves. D’autres détails et objec­tions figurent dans la discus­sion de l’ar­ticle (Thomas et al., 28 juillet 2021A20).

L’article L. 1122–1‑1 du Code de la Santé Publique (2016A83), en France, stipule : « Aucune recherche mention­née au 1° de l’ar­ticle L. 1121–1 (“inter­ven­tion sur la personne non justi­fiée par sa prise en charge habi­tuelle”) ne peut être prati­quée sur une personne sans son consen­te­ment libre et éclairé, recueilli par écrit, après que lui a été déli­vrée l’in­for­ma­tion prévue à l’ar­ticle L. 1122–1. »

En mars 2021, un retraité de 83 ans vacciné, qui réside en Ile-de-France, a déposé un recours devant le Conseil d’État pour deman­der la levée du confi­ne­ment pour les personnes vacci­nées. Il lui a été répondu (Samson T, 30 mars 2021A45) :

[…] le ministre de la Santé estime qu’il est préma­turé en l’état des connais­sances scien­ti­fiques de diffé­ren­cier les « règles rela­tives aux limi­ta­tions de circu­la­tion selon que les personnes ont reçu ou non des doses des vaccins ». Olivier Véran invoque quatre argu­ments. D’une part, « l’ef­fi­ca­cité partielle des vaccins », et en deuxième lieu le fait que « l’ef­fi­ca­cité des vaccins est deve­nue parti­cu­liè­re­ment contin­gente du fait de l’apparition des nouveaux variants ». En troi­sième lieu, « les personnes vacci­nées sont aussi celles qui sont les plus expo­sées aux formes graves et aux décès en cas d’inefficacité initiale du vaccin ou de réin­fec­tion post-vaccinale ou de la viru­lence d’un variant. » Enfin, « le vaccin n’empêche pas de trans­mettre le virus aux tiers. L’impact de la vacci­na­tion sur la propa­ga­tion du virus n’est pas encore connu. »

Début juillet 2021 a été annon­cée, en France, l’obli­ga­tion vacci­nale de CoVID-19 pour les person­nels soignants et tout profes­sion­nel en contact avec des personnes faibles ou à risques. Le Gouvernement étudie la possi­bi­lité d’étendre cette obli­ga­tion à l’en­semble de la popu­la­tion, bien que cette dispo­si­tion risque d’être juri­di­que­ment impos­sible. Le profes­seur de droit Philippe Ségur écrit (1er juillet 2021A29) :

La formule « essai clinique » utili­sée par l’Agence euro­péenne est sans équi­voque. Cette notion est défi­nie par la direc­tive 2001/20/CE du Parlement euro­péen et du Conseil du 4 avril 2001 […]. Selon ce texte, un essai clinique est une « inves­ti­ga­tion menée chez l’homme, afin de déter­mi­ner ou de confir­mer les effets cliniques, phar­ma­co­lo­giques et/ou les autres effets phar­ma­co­dy­na­miques d’un ou de plusieurs médi­ca­ments expé­ri­men­taux (…) dans le but de s’assurer de leur inno­cuité et/ou effi­ca­cité ». On notera, par exemple, qu’en dehors même des incer­ti­tudes rela­tives à leur tech­nique spéci­fique — ARNm ou ADN recom­biné […] —, « aucune étude de cancé­ro­gé­ni­cité n’a été réali­sée » pour le vaccin Moderna et « aucune étude de géno­toxi­cité ou de cancé­ro­gé­ni­cité n’a été réali­sée » pour les vaccins Pfizer, AstraZeneca et Johnson & Johnson.

L’ensemble de ces infor­ma­tions suffisent à convaincre que la pandé­mie de covid-19 a conduit les auto­ri­tés sani­taires à auto­ri­ser une expé­ri­men­ta­tion vacci­nale à grande échelle inédite dans l’histoire de la méde­cine. En période d’urgence, rien ne paraît juri­di­que­ment s’y oppo­ser tant sur le plan de la santé indi­vi­duelle afin de proté­ger les personnes vulné­rables que sur le plan de la santé publique pour éviter la satu­ra­tion des struc­tures hospi­ta­lières. En revanche, le carac­tère expé­ri­men­tal de la vacci­na­tion invite le juriste à en recon­tex­tua­li­ser l’usage, car en cette matière, le droit interne comme le droit inter­na­tio­nal ont histo­ri­que­ment construit la notion de consen­te­ment du sujet comme garde-fou pour empê­cher toute dérive […]. Dès lors, ce prin­cipe du consen­te­ment semble suffi­sam­ment bien établi pour consti­tuer un obstacle à l’obligation vacci­nale aussi long­temps que les phases de tests cliniques ne seront pas terminées […].

En avril 2021, Pfizer-BioNTech a soumis à la FDA un memo­ran­dum pour béné­fi­cier d’une exten­sion de l’au­to­ri­sa­tion excep­tion­nelle en urgence de son vaccin chez les enfants de 12 à 15 ans (Pfizer, avril 2021A40). Une cher­cheuse en commu­ni­ca­tion des risques et char­gée d’en­sei­gne­ment au Centre inter­dis­ci­pli­naire Herzliya en Israël et à l’Université de Haïfa a signalé de nombreux manque­ments à l’éthique et à la vali­dité scien­ti­fique de cet essai clinique (Shir-Raz Y, 1er octobre 2021A5) :

• Violation des condi­tions du proto­cole : admis­sion dans le groupe de 1131 sujets de quatre enfants sous trai­te­ment psychia­trique (anti­dé­pres­seurs) dont trois ont subi de « sérieux effets adverses » attri­bués par Pfizer à leur état clinique anté­rieur à la vaccination.

• Conception du proto­cole pour mini­mi­ser les effets adverses : un suivi de six mois a été convenu alors que pour tout vaccin ce suivi devrait être entre un et quatre ans.

• Contournement du proto­cole : le rapport a été établi seule­ment 30 jours après le début de l’es­sai, un “cut-off point” destiné à compa­rer les effets entre classes d’âge. L’implication préoc­cu­pante de cette pratique est que les événe­ments indé­si­rables graves peuvent ne pas appa­raître dans le rapport sur la base duquel la FDA délivre l’au­to­ri­sa­tion d’ur­gence pour les enfants, de sorte que le suivi continu, même s’il est publié quelques mois ou années après la déli­vrance de l’au­to­ri­sa­tion tempo­raire, n’ai­dera pas les enfants qui seront lésés ou mour­ront après le feu vert de la FDA.

• Conception du proto­cole de manière à ce que les diag­nos­tics d’évé­ne­ments indé­si­rables graves donnés dans des hôpi­taux sans rapport avec le site de l’étude puissent être ignorés.

Réduction de risque absolu ?

L’article Outcome Reporting Bias in COVID-19 mRNA Vaccine Clinical Trials (Brown RB, 26 février 2021A54) explique très clai­re­ment la diffé­rence entre l’ef­fi­ca­cité rela­tive et abso­lue de la réduc­tion de risque induite par une vacci­na­tion, citant en exemple les docu­ments four­nis à la Food and Drug Administration (FDA aux USA) par les fabri­cants des vaccins Pfizer-BioNTech (10 décembre 2020) et Moderna (17 décembre 2020). Les mêmes expli­ca­tions se trouvent dans l’ou­vrage Enquêtes médi­cales & évalua­tion des médi­ca­ments (Clapin A, 2018N37) ; il n’est pas néces­saire de reve­nir sur les méthodes de calcul qui forment la base de l’épi­dé­mio­lo­gie clinique.

Le résul­tat est le suivant :

  • Le vaccin Pfizer-BioNTech se présente avec une effi­ca­cité (réduc­tion de risque rela­tif) de 95.1% (90 à 97.6% dans un inter­valle de confiance à 95%). La réduc­tion de risque absolu est de 0.7% (0.59 à 0.83% dans un inter­valle de confiance à 95%).
  • Le vaccin Moderna se présente avec une effi­ca­cité (réduc­tion de risque rela­tif) de 94.1% (89.1 à 96.8% dans un inter­valle de confiance à 95%). La réduc­tion de risque absolu est de 1.1% (0.97 à 1.32% dans un inter­valle de confiance à 95%).

Les chiffres four­nis aux médias sont ceux de la réduc­tion de risque rela­tif car il est plus attrac­tif de parler d’une « effi­ca­cité » de 95% que d’une réduc­tion de risque proche de 1% en absolu. Pourtant, dans la vie réelle c’est cette dernière qui devrait permettre de faire un choix éclairé.

Avec le vaccin Pfizer-BioNTech, sur 21 712 personnes réel­le­ment vacci­nées, 8 ont été « infec­tées », et sur 21564 ayant reçu le placebo, 162 l’ont été. Attention : ce groupe « infecté » est celui de personnes présen­tant des signes cliniques d’in­fec­tion, les porteurs « asymp­to­ma­tiques » (test PCR posi­tif sans signes cliniques) étant exclus de cette caté­go­rie comme nous le verrons plus bas. Donc la propor­tion de personnes infec­tées chez les vacci­nés de Pfizer-BioNTech était 8 / 21 712 = 0.036% contre 162 / 21 564 = 0.75% chez les non-vaccinés, la diffé­rence étant 0.7%. Calcul analogue 185 / 15 025 – 11 / 15 199 = 1.1% pour Moderna. Ces diffé­rences tendent vers zéro dans les popu­la­tions « à moindre risque de forme symp­to­ma­tique de CoVID », ce qui reflète la réalité. Alors que le rapport servant à calcu­ler la « dimi­nu­tion de risque rela­tif » peut rester stable, à première vue, alors qu’il perd toute signi­fi­ca­tion en tendant vers 0/0…

Autre critère évoca­teur : le « nombre de personnes à vacci­ner » qui est l’in­verse de cette réduc­tion de risque absolu, autre­ment dit envi­ron 142 personnes pour le Pfizer-BioNTech et 88 personnes pour le Moderna. C’est le nombre de personnes qu’il faut vacci­ner pour qu’une au moins ne soit pas dans le groupe « infecté ».

Or seules les réduc­tions de risque rela­tif ont été prises en compte par le comité d’éva­lua­tion des vaccins (VRBPAC) à la FDA pour l’at­tri­bu­tion d’une Emergency Use Authorization (EUA) qui permet d’uti­li­ser ces vaccins avant leur mise sur le marché. Ce qui est clai­re­ment en désac­cord avec les règles de bonne pratique de la FDA (Fischoff B et al., 2011N38) :

Fournir des risques abso­lus et pas seule­ment des risques rela­tifs. Les patients sont indû­ment influen­cés lorsque les infor­ma­tions sur les risques sont présen­tées selon une approche de risque rela­tif, ce qui peut entraî­ner des déci­sions sous-optimales. Il convient donc d’uti­li­ser un format de risque absolu.

Dans les articles publiés par le New England Journal of Medicine au sujet de ces deux vaccins (10 décembre 2020A59 ; 4 février 2021A55) et dans les docu­ments desti­nés au public, seules sont mention­nées les réduc­tions de risque rela­tif, quali­fiées d’effi­ca­cité des vaccins. Toute la commu­ni­ca­tion sur les perfor­mances « excep­tion­nelles » de ces vaccins s’ap­puie sur ces données qui induisent des biais d’in­ter­pré­ta­tion. Ronald B Brown conclut (26 février 2021A54) :

De tels exemples de biais dans la commu­ni­ca­tion des résul­tats induisent en erreur et déforment l’in­ter­pré­ta­tion par le public de l’ef­fi­ca­cité du vaccin à ARNm COVID-19, tout en violant les obli­ga­tions éthiques et légales du consen­te­ment éclairé.

Ce problème d’éva­lua­tion de l’ef­fi­ca­cité en termes de dimi­nu­tion du risque rela­tif est signalé par Michel de Lorgeril (avril 2021A41 pages 351 et 359) : « Cette façon de calcu­ler […] ne peut abuser que des amateurs. »

Protection vaccinale contre la transmission

L’argument le plus souvent invo­qué pour convaincre les personnes à se faire vacci­ner contre la CoVID est « l’effi­ca­cité » des vaccins à leur dispo­si­tion. Il est rare que la signi­fi­ca­tion de ce terme soit expli­ci­tée, la croyance la plus répan­due étant qu’elle mesu­re­rait la capa­cité d’un vaccin à proté­ger l’in­di­vidu contre la trans­mis­sion du virus. On entend dire (argu­ment égoïste) « je suis protégé·e à 95% », sous-entendu « je n’ai plus que 5% de risque d’at­tra­per la CoVID » ou encore (argu­ment altruiste) « j’ai 20 fois moins de risque de la trans­mettre »… Ce qui est double­ment faux ! D’abord, nous venons de le voir, parce que le 95% est une dimi­nu­tion RELATIVE, mais surtout parce que le risque en ques­tion n’est pas celui de la trans­mis­sion du virus.

En effet, le critère de trans­mis­sion ne figu­rait pas dans les études menées par les labo­ra­toires de recherche, comme l’in­diquent expli­ci­te­ment les rapports four­nis à la FDA. L’efficacité dont il est ques­tion est une évalua­tion du risque de la néces­sité d’une hospi­ta­li­sa­tion suite à une conta­mi­na­tion. Ce risque est en partie fonc­tion du niveau d’an­ti­corps neutra­li­sants (mesuré en labo­ra­toire) et de l’im­mu­nité cellu­laire acquise par la vacci­na­tion — voir par exemple une expli­ca­tion de l’ef­fi­ca­cité des vaccins contre le variant Delta (16 juin 2021A34).

Ce qui a été véri­fié est la protec­tion de l’in­di­vidu, non pas contre la trans­mis­sion du SARS-CoV‑2 et de ses variants, mais contre les symp­tômes de CoVID-19 en cas de conta­mi­na­tion. Peter Doshi préci­sait dans le British Medical Journal (20 octobre 2020A62) :

Peter Hotez, doyen de l’École natio­nale de méde­cine tropi­cale du Baylor College of Medicine à Houston, a déclaré : « Idéalement, vous voudriez qu’un vaccin anti­vi­ral fasse deux choses […] d’abord, réduire la proba­bi­lité que vous tombiez grave­ment malade et que vous alliez à l’hô­pi­tal, et ensuite, préve­nir l’in­fec­tion et donc inter­rompre la trans­mis­sion de la maladie. »

Pourtant, les essais actuels de phase III ne sont pas réel­le­ment mis en place pour prou­ver l’un ou l’autre […]. Aucun des essais actuel­le­ment en cours n’est conçu pour détec­ter une réduc­tion des résul­tats graves tels que les admis­sions à l’hô­pi­tal, le recours aux soins inten­sifs ou les décès. Les vaccins ne sont pas non plus étudiés pour déter­mi­ner s’ils peuvent inter­rompre la trans­mis­sion du virus. […]

Dans tous les essais de phase III en cours pour lesquels des détails ont été publiés, les infec­tions confir­mées en labo­ra­toire, même avec des symp­tômes légers, répondent à la défi­ni­tion du critère d’éva­lua­tion primaire […]. Dans les essais de Pfizer et Moderna, par exemple, chaque cas de personne ne présen­tant qu’une toux et un test de labo­ra­toire posi­tif rappro­che­rait l’es­sai de son terme.

À mi-juillet 2021 aux USA, une petite frac­tion des décès attri­bués à la CoVID-19 surve­naient chez des personnes vacci­nées, alors que la moitié de la popu­la­tion était vacci­née. Ce résul­tat est proba­ble­ment enta­ché de biais — le compor­te­ment des vacci­nés (volon­taires) étant proba­ble­ment très diffé­rent de celui de ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu se faire vacci­ner — mais il renforce l’idée que la protec­tion vacci­nale contre la forme grave de la mala­die serait effi­cace, bien que ne garan­tis­sant pas la durée de cette immunité.

En France, le 27 juillet 2021, la Direction géné­rale de la santé (DGS) émet­tait un Rappel de la procé­dure en lien avec l’évo­lu­tion de la circu­la­tion du variant Delta sur le terri­toire natio­nal (n° 2021_75) stipulant :

Un échec de vacci­na­tion contre la Covid-19 est défini comme une infec­tion symp­to­ma­tique au SARS-CoV‑2 confir­mée biolo­gi­que­ment par ampli­fi­ca­tion molé­cu­laire (RT-PCR ou RT-LAMP) ou par test antigénique.

Il s’en­suit que les porteurs asymp­to­ma­tiques vacci­nés — poten­tiel­le­ment conta­gieux — ne sont pas pris en compte dans cette évaluation.

Le corps médi­cal recon­nais­sait, à mi-2021, qu’on ne dispose pas encore de données fiables sur l’ef­fet protec­teur des vaccins contre la trans­mis­sion du virus et de ses variants. C’est pour­quoi les personnes vacci­nées sont encore tenues de respec­ter les gestes barrières. « Les gens ne doivent pas se lais­ser aller simple­ment parce qu’ils ont reçu les deux doses. Ils doivent encore se proté­ger », a déclaré (le 25 juin 2021) Dr Mariangela Simao, sous-directrice géné­rale pour l’accès aux médi­ca­ments et aux produits de santé à l’OMS.

Une partie de l’im­mu­nité acquise après vacci­na­tion est due à l’ac­qui­si­tion d’an­ti­corps. Or cette acqui­si­tion est signi­fi­ca­ti­ve­ment plus faible chez les personnes atteintes d’obé­sité abdo­mi­nale, d’hy­per­ten­sion, de dysli­pi­dé­mie, ou/et consom­ma­trices de tabac (Watanabe M et al., 6 mai 2021A38). Les cher­cheurs concluent :

Nos résul­tats appellent donc à une approche vigi­lante, car les sujets souf­frant d’obé­sité centrale, d’hy­per­ten­sion et de taba­gisme pour­raient béné­fi­cier de rappels vacci­naux plus précoces ou de calen­driers vacci­naux différents.

Tous les respon­sables poli­tiques (et la plupart des médias) martèlent l’idée que la vacci­na­tion serait la seule issue de cette pandé­mie. La menace d’une quatrième vague du variant Delta a été surdra­ma­ti­sée en France fin juin 2021, au point que le direc­teur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine n’hé­si­tait pas à décla­rer sur BFMTV (4 juillet 2021A28) que « ce qui arrive actuel­le­ment dans les Landes va se produire partout en France » et que « chaque personne non vacci­née aura obli­ga­toi­re­ment le variant Delta, toutes les expé­riences inter­na­tio­nales le prouvent [sic]… Les personnes qui sont vacci­nées peuvent bien évidem­ment attra­per le virus. Mais lorsqu’elles sont conta­mi­nées, elles seront en mesure de conta­mi­ner moins d’une personne. C’est pour cela que le vaccin stoppe l’épidémie ! »

Christian Vélot proteste (8 juillet 2021A26) : « On nous garga­rise avec des chiffres sans nous appor­ter la moindre expli­ca­tion et en comp­tant sur l’imaginaire collec­tif pour une surin­ter­pré­ta­tion posi­tive de leur signification. »

De nombreux oppo­sants à la vacci­na­tion agitent comme « preuve de son inef­fi­ca­cité » (au niveau de la trans­mis­sion) le constat que, dans les popu­la­tions majo­ri­tai­re­ment vacci­nées, les personnes infec­tées peuvent comprendre un nombre de personnes vacci­nées égal ou supé­rieur à celui des non-vaccinées. En réalité c’est un résul­tat qui ne prouve rien sur l’ef­fi­ca­cité : si 100 % de la popu­la­tion était vacci­née, alors 100 % des personnes infec­tées le seraient aussi. L’infographie ci-dessous explique parfai­te­ment ce biais d’interprétation :

Le même raison­ne­ment appli­qué à des données diffé­rentes peut soute­nir une hypo­thèse inverse sur la protec­tion contre la contamination : 

Pourcentages de cas non-vaccinés et vacci­nés en Israël du 27 juin au 3 juillet 2021

En Israël dans la période du 27 juin au 3 juillet 2021, les pour­cen­tages de cas confir­més (symp­to­ma­tiques) vacci­nés étaient presque égaux à la propor­tion des vacci­nés dans la popu­la­tion, pour toutes les tranches d’âge (voir figure ci-contre) alors qu’ils auraient dû être nette­ment infé­rieurs pour prou­ver l’ef­fi­ca­cité vaccinale.

Des évalua­tions de la « non-contamination » ont bien été expo­sées dans quelques publi­ca­tions média­ti­sées, notam­ment début 2021 après les campagnes vacci­nales en Israël et au Royaume-Uni. Il s’agis­sait toute­fois de corré­la­tions sur des données obser­va­tion­nelles. Les facteurs de confu­sion étaient nombreux, notam­ment du fait que la campagne de vacci­na­tion faisait suite à une période de confi­ne­ment strict, entraî­nant auto­ma­ti­que­ment une dimi­nu­tion de l’in­ci­dence de la mala­die. Pour y remé­dier, on crée des sous-groupes, au risque d’être confronté au para­doxe de SimpsonN39 qui permet d’at­teindre les conclu­sions souhai­tées — exac­te­ment ce qui est repro­ché aux promo­teurs de médi­ca­ments miracles… Par exemple, en Angleterre, on a annoncé qu’il y avait moins de trans­mis­sions dans les familles où une personne au moins était vacci­née. Le biais est évident : c’est dans ces mêmes familles qu’on trou­vera le plus de personnes respec­tueuses des direc­tives sur la distan­cia­tion physique, et le moins de celles qui doute­raient de l’uti­lité de la vacci­na­tion ou même de la réalité d’une pandé­mie. Si c’est le cas, l’ef­fet (dimi­nu­tion de la trans­mis­sion) n’est pas spéci­fique du vaccin.

D’autres « études pros­pec­tives » — qui ne méri­te­raient pas un tel nom vue leur faiblesse métho­do­lo­gique — ne respectent même pas la règle fonda­men­tale de rando­mi­sa­tion, exemple celle de MG Thompson et al. (30 juin 2021A30). Il reste les modèles mathé­ma­tiques prédic­tifs qu’on utilise pour « prophé­ti­ser » l’évo­lu­tion de l’épi­dé­mie à partir de données obser­va­tion­nelles et d’hy­po­thèses. Les résu­més « pour les déci­deurs » manquent suffi­sam­ment de clarté pour faire la confu­sion entre hypo­thèses et résul­tats. Par exemple, en s’ap­puyant sur une modé­li­sa­tion de l’évo­lu­tion d’une quatrième vague en septembre (Bosetti P et al., version du 28 juin 2021N40), le président Macron et les médias fran­çais annoncent, à mi-juillet 2021, que les non-vaccinés trans­mettent 12 fois plus la mala­die que les non-vaccinés, alors que ce n’est qu’une inter­pré­ta­tion des hypo­thèses de calcul (Favionu, 15 juillet 2021A23, lire les commen­taires). Hypothèse ferme­ment contre­dite par la décla­ra­tion du Dr. Anthony Fauci, le 28 juillet 2021N41, sur les charges virales des vacci­nés et des non-vaccinés expo­sés au variant Delta — voir ci-dessous.

On peut espé­rer, sans en attendre la preuve, que le simple fait d’at­té­nuer la gravité de l’in­fec­tion élimi­nera le risque de trans­mis­sion ; mais ce serait la mise au rebut d’une autre croyance : la trans­mis­sion du virus par des personnes conta­mi­nées non-symptomatiques, argu­ment utilisé pour justi­fier la ferme­ture des écoles et, plus tard, la vacci­na­tion des enfants. Exit le « porteur sain »… De fait, toutes ces croyances anta­go­nistes coexistent dans les discours de diri­geants qui ont parfai­te­ment inté­gré la doctrine du « en même temps »

Une étude à grande échelle menée sur 500 000 soignants aux USA au prin­temps 2021 (14 mai 2021A36) concluait effec­ti­ve­ment à 94% « d’ef­fi­ca­cité », mais elle aussi ne dénom­brait que les patients symp­to­ma­tiques. En l’ab­sence de « porteurs sains » elle ne dit rien sur l’ef­fi­ca­cité en termes de propa­ga­tion du virus. Même problème avec une étude rétros­pec­tive au Danemark évaluant « l’ef­fi­ca­cité » des 2 injec­tions de Pfizer-BioNtech (Moustens-Helms IR et al., 9 mars 2021A51) et en Israël (Dagan N et al., 15 avril 2021A42). Ce qui n’empêche pas le Conseil d’orientation de la stra­té­gie vacci­nale (COSV, France) de décla­rer : « Les vaccins à ARNm sont les seuls pour lesquels existent des données sur l’efficacité de protec­tion contre l’infection, et donc contre la trans­mis­sion » (7 mai 2021A37 page 2).

L’enquête cas-témoins d’Alyson M Cavanaugh et al. (6 août 2021A17) portant sur des sujets du Kentucky âgés de plus de 18 ans ayant été infec­tés par le SARS-CoV‑2 avant décembre 2020, a estimé qu’ils avaient 2.35 fois moins de risque d’être de nouveau infec­tés s’ils avaient reçu au moins une dose de vaccin ARNm ou Janssen. Ce type d’en­quête peut être enta­ché de biais de sélec­tion, d’in­for­ma­tion et de confu­sion (Clapin A, 2018N42 pages 35–69) et ne peut donc pas établir un lien de causa­lité. Le résul­tat permet toute­fois d’ad­mettre l’exis­tence d’un facteur de protec­tion (Cavanaugh M et al., 6 août 2021A17) :

[…] parmi les rési­dents du Kentucky qui avaient déjà été infec­tés par le SRAS-CoV‑2 en 2020, ceux qui n’étaient pas vacci­nés contre le COVID-19 avaient une proba­bi­lité signi­fi­ca­ti­ve­ment plus élevée de réin­fec­tion en mai et juin 2021. Cette consta­ta­tion appuie la recom­man­da­tion des CDC selon laquelle toutes les personnes admis­sibles devraient se voir offrir la vacci­na­tion contre le COVID-19, quel que soit leur statut d’in­fec­tion anté­rieure par le SRAS-CoV‑2.

Les études menées sur les nouveaux vaccins présentent la même limi­ta­tion : les critères d’éva­lua­tion doivent en effet permettre de compa­rer leur « effi­ca­cité » à celle des vaccins déjà en circu­la­tion. Dans l’es­sai en phase II mené par Novavax™ en Afrique du Sud (Shinde V et al., 20 mai 2021A35) il était bien précisé (je souligne) :

Les critères d’éva­lua­tion primaires étaient l’in­no­cuité et l’ef­fi­ca­cité du vaccin contre la Covid-19 symp­to­ma­tique confir­mée en labo­ra­toire 7 jours ou plus après la deuxième dose chez les parti­ci­pants n’ayant jamais été infec­tés par le SRAS-CoV‑2.

Fin juillet 2021, en France, l’ob­ser­va­tion d’une augmen­ta­tion du nombre de personnes testées posi­tives permet aux déci­deurs d’an­non­cer une terrible « quatrième vague ». Toutefois, l’ob­ser­va­tion de cette vague au Royaume-Uni fait appa­raître que les cas ont bien augmenté tandis que les décès n’ont pas cessé de dimi­nuer — voir The Spectator Covid-19 data trackerN43. Explication : le vaccin protège contre l’ap­pa­ri­tion de formes graves. Or les mêmes prophètes affirment que la conta­mi­na­tion touche en premier les non-vaccinés. Ces derniers devraient donc être plus expo­sés aux formes graves et augmen­ter les statis­tiques de décès… Étrange raison­ne­ment contra­dic­toire bâti sur de pures hypo­thèses et « modé­li­sa­tions ». La réalité serait peut-être plus à cher­cher du côté de la conta­gio­sité accrue du variant Delta (d’où augmen­ta­tion de l’in­ci­dence) et de sa moindre léta­lité ; l’im­mu­nité natu­relle acquise par cette affec­tion bénigne pour­rait être plus effi­cace que celle de vaccins conçus pour des variants aujourd’­hui dispa­rus.

Le 28 juillet 2021N41, le Dr. Fauci décla­rait sur MSNBC : « La charge virale du variant delta dans le nez des personnes vacci­nées est la même que celle des personnes non vacci­nées, alors portez un masque, s’il vous plaît. » Voir le commu­ni­qué de Reuters (N Lapid, 2 août 2021A19). Ce qui signi­fie que les personnes vacci­nées sont pour beau­coup des conta­mi­nés asymp­to­ma­tiques (porteurs sains) qui se croient proté­gés et ne prennent plus aucune précau­tion, se compor­tant à leur insu en super­con­ta­mi­na­teurs. C’est ce qui pour­rait expli­quer la flam­bée de cas de CoVID-19 (variant Delta) dans des pays comp­tant le plus de vacci­nés, comme l’Islande (93% des plus de 16 ans en août 2021) qui s’in­ter­roge sur sa stra­té­gie d’im­mu­nité collec­tive (Bourdillon P, 10 août 2021A16). Mais surtout, cette donnée rend caduque l’ar­gu­ment « altruiste » en faveur de la vacci­na­tion, ainsi que la pensée magique (domi­nante) selon laquelle seule la vacci­na­tion géné­ra­li­sée (donc obli­ga­toire) pourra mettre fin à la circu­la­tion du virus, et donc à la pandémie :

Þórólfur Guðnason estime que la capa­cité des vaccins à empê­cher une réin­fec­tion des personnes inocu­lées est bien trop faible et qu’il faudrait lais­ser les gens se conta­mi­ner natu­rel­le­ment afin d’ob­te­nir à terme une immu­nité collec­tive. Tout en suivant atten­ti­ve­ment les groupes vulné­rables, que les vaccins protègent au demeu­rant des formes graves de la mala­die. (Bourdillon P, 10 août 2021A16)

Incidence de CoVID-19 au Royaume-Uni, 40e semaine de 2021,
selon le statut vacci­nal entre la 36e et la 39e semaine.
À partir de 30 ans, les personnes vacci­nées ont plus de risque d’être conta­mi­nées que les vacci­nées.
(Par contre, moins de formes graves et de décès chez les vacci­nées.)
Source : COVID-19 vaccine weekly surveillance reportsN44

S’appuyant sur des données publiées par Public Health England, le Pr Sir Andrew Pollard, direc­teur de l’Oxford Vaccine Group, a déclaré au Parlement anglais que l’im­mu­nité collec­tive était un « mythe » et ne devrait pas être invo­quée pour justi­fier les programmes de vacci­na­tion au Royaume-Uni et en Europe (10 août 2021A15) :

Ce virus n’est pas la rougeole. Si 95 % des personnes sont vacci­nées contre la rougeole, le virus ne peut pas se trans­mettre dans la popu­la­tion. Mais nous savons très clai­re­ment, avec le coro­na­vi­rus, que le variant Delta infec­tera toujours les personnes vacci­nées, ce qui signi­fie que toute personne non vacci­née rencon­trera le virus à un moment ou à un autre. […]

L’un des argu­ments les plus forts qui a été répété est de vacci­ner les enfants pour proté­ger les adultes. Mais la vacci­na­tion des enfants ne va pas bloquer complè­te­ment la trans­mis­sion, ce qui ne permet pas d’at­teindre cet objectif.

Une étude compa­ra­tive des taux de vacci­na­tion et de l’in­ci­dence de la CoVID-19 début septembre 2021 dans 68 pays, plus 2947 comtés aux USA, a mis en évidence l’ab­sence de corré­la­tion entre ces deux variables (Subramanian SV & A Kumar, 30 septembre 2021A7) :

Au niveau des pays, il ne semble pas y avoir de rela­tion discer­nable entre le pour­cen­tage de la popu­la­tion entiè­re­ment vacci­née et les nouveaux cas de COVID-19 au cours des 7 derniers jours […]. En fait, la ligne de tendance suggère une asso­cia­tion margi­na­le­ment posi­tive, de sorte que les pays dont le pour­cen­tage de la popu­la­tion entiè­re­ment vacci­née est plus élevé présentent un plus grand nombre de cas de COVID-19 pour 1 million d’ha­bi­tants. Notamment, Israël, dont plus de 60 % de la popu­la­tion est entiè­re­ment vacci­née, a enre­gis­tré le plus grand nombre de cas de COVID-19 pour 1 million d’ha­bi­tants au cours des 7 derniers jours. L’absence d’as­so­cia­tion signi­fi­ca­tive entre le pour­cen­tage de la popu­la­tion entiè­re­ment vacci­née et les nouveaux cas de COVID-19 est égale­ment illus­trée, par exemple, par la compa­rai­son entre l’Islande et le Portugal. Ces deux pays, dont plus de 75 % de la popu­la­tion est entiè­re­ment vacci­née, comptent plus de cas de COVID-19 pour 1 million d’ha­bi­tants que des pays comme le Vietnam et l’Afrique du Sud, dont envi­ron 10 % de la popu­la­tion est entiè­re­ment vaccinée.

Dans les comtés améri­cains égale­ment, la médiane des nouveaux cas de COVID-19 pour 100 000 personnes au cours des 7 derniers jours est large­ment simi­laire dans les caté­go­ries de pour­cen­tage de la popu­la­tion tota­le­ment vacci­née […]. Il est à noter que les nouveaux cas de COVID-19 varient consi­dé­ra­ble­ment d’un comté à l’autre dans les caté­go­ries de pour­cen­tage de la popu­la­tion entiè­re­ment vacci­née. Il semble égale­ment qu’il n’y ait pas de signal signi­fi­ca­tif de dimi­nu­tion des cas de COVID-19 avec des pour­cen­tages plus élevés de popu­la­tion tota­le­ment vaccinée.

[…]

Le recours exclu­sif à la vacci­na­tion comme stra­té­gie prin­ci­pale pour atté­nuer la COVID-19 et ses consé­quences néfastes doit être réexa­miné, surtout si l’on tient compte du variant Delta (B.1.617.2) et de la proba­bi­lité de futurs variants. D’autres inter­ven­tions phar­ma­co­lo­giques et non phar­ma­co­lo­giques pour­raient devoir être mises en place paral­lè­le­ment à l’aug­men­ta­tion des taux de vaccination.

L’immunité natu­relle est-elle supé­rieure à l’im­mu­nité vacci­nale ? La ques­tion a été posée, notam­ment à la suite d’une étude israé­lienne (Gazit S et al., 25 août 2021A14) esti­mant qu’une personne ayant contracté la CoVID-19 avait une immu­nité acquise 7 fois supé­rieure à celle d’une personne double­ment vacci­née. Cette étude (en prépu­bli­ca­tion) fait l’ob­jet de discus­sions sur PubPeer, mais la prin­ci­pale objec­tion est que cette immu­nité acquise après une infec­tion acci­den­telle serait encore renfor­cée par une dose de vaccin. Tout en recon­nais­sant ce fait, il n’est pas raison­nable de rendre cette vacci­na­tion dans certaines caté­go­ries de popu­la­tion (par exemple le person­nel soignant) au même prétexte que la vacci­na­tion des personnes qui n’ont jamais contracté la mala­die. C’est ce point de vue que défen­dait avec brio le séna­teur Dr Rand Paul face à Xavier Becerra, secré­taire du HHS (Department of Health and Human Services) aux États-Unis (30 septembre 2021A8).

Début août 2021, dans les pays forte­ment vacci­nés (Royaume-Uni, USA, Israël etc.) on explique que la flam­bée de l’in­ci­dence est due « au variant Delta », et dans ceux moyen­ne­ment vacci­nés comme la France la faute serait « aux non-vaccinés » ! Il faudra inven­ter d’autres argu­ments pour la cinquième « vague » corres­pon­dant (exemple pris au hasard) au variant « theta » décou­vert au Kirghizistan. Mais la disso­nance cogni­tive est plei­ne­ment assu­rée par les commu­ni­cants et prophètes adeptes de boules de cristal.

À la fin de l’été 2021, la DRESS (direc­tion réali­sant les statis­tiques pour le minis­tère de la santé en France) annon­çait fière­ment que les statis­tiques prou­vaient qu’une personne vacci­née a 8 fois moins de risque d’être conta­mi­née qu’une personne non-vaccinée — annonce desti­née à inci­ter à la vacci­na­tion les derniers récal­ci­trants… Or ce rapport n’est pas impu­table à l’ef­fi­ca­cité des vaccins mais au fait que, en raison de la mise en place du pass sani­taire, les non-vaccinés sont bien plus nombreux à faire des tests, tandis que les vacci­nés, suppo­sé­ment proté­gés, en sont dispen­sés pour toutes les acti­vi­tés liées à leur vie sociale.

Biais d’éva­lua­tion du ratio de posi­tifs selon le statut vacci­nal
Source : Pierre Chaillot

Ce biais est illus­tré par un schéma très simple (voir ci-contre) proposé par Pierre Chaillot (18 octobre 2021A1 1:28:25) avec des valeurs numé­riques simpli­fiées (qu’on pour­rait rempla­cer par des variables algé­briques). Supposons une popu­la­tion de 1000 personnes vacci­nées et 200 non-vaccinées. Chez ces dernières, 8 sur 10 ont été testées pendant une certaine période, contre seule­ment 1 sur 10 chez les vacci­nées. Supposons que le vaccin soit tota­le­ment inef­fi­cace et que les tests retournent 10 % de posi­tifs dans chaque groupe. On a donc 16 tests posi­tifs chez les 200 non-vaccinés (soit 80 ‰) contre 10 tests posi­tifs chez les 1000 vacci­nés (soit 10 ‰). On obtient donc 8 fois plus de posi­tifs chez les non-vaccinés que chez les vacci­nés alors que le vaccin est supposé inef­fi­cace. Ceci démontre clai­re­ment le biais statis­tique exploité par la DRESS et relayé par tous les médias !

Conclusion : le vaccin protège… du test !

La science a depuis long­temps quitté le terrain… Pour preuve, la Food and Drug Administration (FDA aux USA) auto­rise en septembre 2021 l’ad­mi­nis­tra­tion d’une troi­sième dose “boos­ter” du vaccin Pfizer aux personnes de plus de 65 ans après un « suivi » des effets adverses sur un groupe de 12 personnes pendant deux mois (FDA, 22 septembre 2021A11) :

La sécu­rité a été évaluée chez 306 parti­ci­pants âgés de 18 à 55 ans et 12 parti­ci­pants âgés de 65 ans et plus, qui ont été suivis pendant plus de deux mois en moyenne. Les effets secon­daires les plus fréquem­ment signa­lés par les parti­ci­pants à l’es­sai clinique ayant reçu la dose de rappel du vaccin étaient la douleur, la rougeur et l’en­flure au site d’in­jec­tion, ainsi que la fatigue, les maux de tête, les douleurs muscu­laires ou arti­cu­laires et les trem­ble­ments. Il convient de noter que le gonfle­ment des ganglions lympha­tiques à l’ais­selle a été observé plus fréquem­ment après la dose de rappel qu’a­près la série primaire de deux doses.

Efficacité en termes de mortalité et de gravité

Les vaccins anti-CoVID-19 ont été conçus pour limi­ter l’in­ci­dence de formes graves de la mala­die et limi­ter ainsi la charge des services hospi­ta­liers. L’interprétation des données statis­tiques fait l’ob­jet de contro­verses pour de multiples raisons, entre autres le fait que la « gravité » d’une mala­die peut diffi­ci­le­ment se traduire par une variable binaire. Par exemple, on prend comme variable une durée d’hos­pi­ta­li­sa­tion en soins inten­sifs supérieure/inférieure à une valeur choi­sie arbi­trai­re­ment. Ce qui est admis dans les études scien­ti­fiques (inter­ven­tion­nelles ou obser­va­tion­nelles) est plutôt la variable vivant/mort incon­tes­ta­ble­ment binaire. Par exemple, on mesure l’ef­fi­ca­cité d’un trai­te­ment contre une mala­die en compa­rant les nombres de morts dans le groupe traité et le groupe placebo, dans les cinq années suivantes, tout en faisant la distinc­tion entre les décès attri­buées à la mala­die et ceux pour d’autres causes.

Les courbes de morta­lité par CoVID-19 en fonc­tion du temps dans tous les pays sont dispo­nibles sur la page Coronavirus (COVID-19) DeathsN45 du site Our World in Data. Il suffit de cocher une sélec­tion de pays dans la colonne de gauche et de sélec­tion­ner une période tempo­relle sur le curseur. Voici par exemple les données d’in­ci­dence de décès jour­na­liers par million d’ha­bi­tants pour la France, Israël et l’Inde :

Incidence de décès jour­na­liers par million d’ha­bi­tants pour la France, Israël et l’Inde.
Source : Coronavirus (COVID-19) Deaths (N45)

Ces courbes font l’ob­jet d’in­nom­brables commen­taires en termes d’ef­fi­ca­cité de la vacci­na­tion. Par exemple, dans certaines popu­la­tions sur une certaine durée (où peuvent surgir des variants) il peut s’avé­rer que tel vaccin dimi­nue l’in­ci­dence de formes « graves » mais pas la morta­lité liée à la CoVID-19. Il impos­sible de se pronon­cer sur une base scien­ti­fique solide en raison des nombreux biais influen­çant l’ob­ser­va­tion de corrélations.

D’autre part — une objec­tion parmi beau­coup d’autres — les compa­rai­sons entre pays donnent lieu à des contro­verses sur la sous-déclaration (acci­den­telle ou inten­tion­nelle) de malades ou de décès dans certains pays. L’Inde est notam­ment la cible d’une telle accu­sa­tion vue la décrois­sance spec­ta­cu­laire des courbes à l’été 2021. Pour y avoir vécu l’épi­dé­mie de « peste pulmo­naire et bubo­nique » en 1994, j’ai entendu dire que les auto­ri­tés auraient eu plutôt tendance à gonfler les statis­tiques de décès pour béné­fi­cier de l’aide inter­na­tio­nale, mais quelques articles (en prépu­bli­ca­tion) soutiennent que la sous-déclaration des décès par CoVID-19 serait dans un facteur de 7 à 10 (Banaji M & A Gupta, 1er octobre 2021A6)…

En octobre 2021, le minis­tère de la santé fran­çais a publié deux « études en vie réelle […] l’une chez 15,4 millions de personnes âgées de 50 à 74 ans (7,7 millions vacci­nées compa­rées à 7,7 millions non vacci­nées) l’autre chez 7,2 millions de personnes âgées de 75 ans et plus (3,6 millions vacci­nées compa­rées à 3,6 millions non vacci­nées) ». Études d’EPI-PHARE qui n’ont fait l’ob­jet d’au­cune décla­ra­tion, ni évalua­tion par les pairs, ni cali­bra­tion au réel par compa­rai­son avec d’autres pays, et qu’on peut donc tout au plus quali­fier d’auto-évaluations. Leurs conclu­sions ont été large­ment relayées par les médias, présen­tées comme « preuve » de l’ef­fi­ca­cité à 90 % des vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca dans la protec­tion contre les formes graves (hospitalisation/décès) de CoVID-19 (Zureik M, 11 octobre 2021A3).

La « réduc­tion du risque d’hospitalisation à partir du 14e jour après l’injection de la seconde dose supé­rieure à 90% » est incom­pa­tible avec les données de pays voisins, comme on peut le véri­fier dans les statis­tiques au Royaume-Uni :

Taux d’ad­mis­sion en soins inten­sifs pour CoVID-19 au Royaume-Uni
selon le statut vacci­nal entre la 36e et la 39e semaine de 2021.
La « réduc­tion à plus de 90% » n’ap­pa­raît sur aucune tranche d’âge.
Source : COVID-19 vaccine weekly surveillance reportsN44

De telles enquêtes cas-témoins sont « au bas de la pyra­mide de la méde­cine fondée sur les preuves, juste au-dessus de l’avis d’ex­pert et du rapport de cas » (Clapin A, 2018N42 page 69). En aucun cas leurs conclu­sions ne peuvent se substi­tuer à la preuve de l’ef­fi­ca­cité d’un produit de santé qui doit être établie par une étude randomisée-contrôlée en double-aveugle. De nombreux biais ont été obser­vés, comme le fait que la France ne compte que 6.2 millions de personnes âgées de plus de 75 ans, de sorte que presque million ont été appa­riées deux fois (Gibertie P, 11 octobre 2021N46). Seuls les événe­ments décla­rés comme liés à la CoVID-19 ont été analy­sés ; or les non-vaccinés, bien plus souvent testés que les vacci­nés, ont plus de chances d’avoir un test posi­tif, et leurs événe­ments indé­si­rables seront clas­sés comme liés à la CoVID. « Sur la période du 30 août au 5 septembre, 619 personnes ont été décla­rées décé­dées de la Covid-19 à l’hôpital. […] Étonnamment, seuls 61% des non-vaccinés décla­rés décé­dés de la Covid avaient bien un test posi­tif contre 92% des vacci­nés » — voir Pierre Chaillot (13 octobre 2021A2) qui signale d’autres biais, entre autres celui lié à la sortie de l’étude des primo-vaccinés qui évite de détec­ter la baisse dans le temps de l’ef­fi­ca­cité vacci­nale recon­nue par les fabri­cants des vaccins. Autre biais lié au temps : au début de l’étude (fin décembre 2020) les nombreux morts étaient pour la plupart non-vaccinés, alors que par la suite (jusqu’à fin juillet 2021) la léta­lité avait dimi­nué alors que le nombre de vacci­nés avait augmenté.

Controverses sur les variants

Les variants du SARS-CoV‑2 sont-ils « produits » par la vacci­na­tion ? Ou par les personnes non-vaccinées ? Cette contro­verse circule sur les réseaux sociaux, avec des argu­ments plus rhétoriques/émotionnels que scientifiques.

Le raison­ne­ment des promo­teurs de la vacci­na­tion est simple : (1) la vacci­na­tion dimi­nue ou empêche la circu­la­tion du virus ; (2) le virus circule chez les non-vaccinés ; (3) les muta­tions de ce virus peuvent engen­drer des variants poten­tiel­le­ment plus viru­lents. La faiblesse de ce raison­ne­ment est que le point (1) ne serait pas véri­fié, en août 2021, en raison de la charge virale signi­fi­ca­tive de personnes vacci­nées qui ont été infec­tées par le variant Delta. La réponse à cette objec­tion est que l’in­fec­tion est beau­coup moins fréquente chez les vacci­nés, ce qui malheu­reu­se­ment ne peut pas être prouvé en l’ab­sence de données véri­fiables : en France, par exemple, les personnes vacci­nées ne sont plus testées et sont bien heureuses de fréquen­ter sans masque des lieux publics sous la protec­tion du pass sani­taire

Les vaccino-sceptiques objectent que le point (3) repré­sente une réalité incom­plète : les muta­tions ne sont pas le seul méca­nisme à l’ori­gine de variants. La recom­bi­nai­son de maté­riel géné­tique (voir ci-dessous), bien que raris­sime, devrait être prise en compte. Un autre argu­ment est la coin­ci­dence appa­rente d’ap­pa­ri­tion de variants avec, non pas avec le début des campagnes vacci­nales, mais avec les essais de type 3 qui les ont précé­dées : juillet 2020 aux USA, en Argentine, au Brésil, en Afrique du sud et en Turquie pour le vaccin Pfizer (FP Polack et al., 10 décembre 2020A59), novembre 2020 pour le Covaxin de Biotech en Inde. Cette coin­ci­dence est peut-être un « signal » mais elle ne pour­rait consti­tuer un lien de causalité.

Un argu­ment plus solide à l’ap­pui d’un lien possible entre la vacci­na­tion et l’ap­pa­ri­tion de variants est celui de l’ex­pé­ri­men­ta­tion animale qui met en évidence (du moins pour certaines souches virales et dans certaines condi­tions) un méca­nisme de « pres­sion sélec­tive » libre de s’exer­cer lorsque la protec­tion contre la trans­mis­sion est insuf­fi­sante — ce qui paraît être le cas en août 2021 pour le variant Delta du SARS-CoV‑2. Andrew F Read et ses collègues avaient observé ce proces­sus pour le virus de la mala­die de MarekN47 dans les élevages de poulets (Read AF et al. , 2015A84) :

Il existe une attente théo­rique selon laquelle certains types de vaccins pour­raient favo­ri­ser l’évo­lu­tion d’agents patho­gènes plus viru­lents (« plus chauds »). Cette idée découle de la notion selon laquelle la sélec­tion natu­relle élimine les souches patho­gènes qui sont si « chaudes » qu’elles tuent leurs hôtes et, par consé­quent, elles-mêmes. Les vaccins qui permettent aux hôtes de survivre mais n’empêchent pas la propa­ga­tion de l’agent patho­gène relâchent cette sélec­tion, ce qui permet l’évo­lu­tion d’agents patho­gènes plus dange­reux. Ce type de vaccin est souvent appelé vaccin « à fuites ».

Lorsque les vaccins empêchent la trans­mis­sion, comme c’est le cas pour presque tous les vaccins utili­sés chez l’homme, ce type d’évo­lu­tion vers une viru­lence accrue est bloqué. Mais lorsque les vaccins fuient, permet­tant au moins une certaine trans­mis­sion de l’agent patho­gène, ils pour­raient créer les condi­tions écolo­giques qui permet­traient aux souches chaudes d’émer­ger et de persister.

Cette théo­rie a été très contro­ver­sée lors­qu’elle a été propo­sée pour la première fois il y a plus de dix ans, mais nous rappor­tons ici des expé­riences menées avec le virus de la mala­die de Marek chez la volaille, qui montrent que les vaccins commer­ciaux modernes qui « fuient » peuvent avoir préci­sé­ment cet effet : ils permettent la trans­mis­sion de souches qui seraient autre­ment trop mortelles pour persister.

Ainsi, l’uti­li­sa­tion de vaccins à fuites peut faci­li­ter l’évo­lu­tion de souches patho­gènes qui exposent les hôtes non vacci­nés à un risque accru de mala­die grave. Le défi à venir consiste à déter­mi­ner si d’autres types de vaccins utili­sés chez l’ani­mal et chez l’homme peuvent égale­ment géné­rer ces risques évolutifs.

Ce problème a été discuté, pour ce qui concerne la vacci­na­tion des humains avec d’autres vaccins à fuites (contre la coque­luche, la mala­ria etc.) bien avant la pandé­mie CoVID-19 (Wenner Moyer M, 10 mai 2018A82) :

Les biolo­gistes de l’évo­lu­tion ne sont pas surpris que cela se produise. Un vaccin est une nouvelle pres­sion de sélec­tion exer­cée sur un agent patho­gène, et si le vaccin n’éra­dique pas complè­te­ment sa cible, les agents patho­gènes restants ayant la meilleure apti­tude — ceux capables de survivre, d’une manière ou d’une autre, dans un monde vacciné — devien­dront plus courants. « Si ces agents patho­gènes n’évo­luent pas en réponse aux vaccins, a déclaré Paul Ewald, biolo­giste de l’évo­lu­tion à l’uni­ver­sité de Louisville, nous ne compre­nons pas vrai­ment la sélec­tion naturelle ». […]

Mais le besoin le plus crucial à l’heure actuelle est que les spécia­listes des vaccins recon­naissent la perti­nence de la biolo­gie de l’évo­lu­tion dans leur domaine. Le mois dernier, lorsque plus de 1 000 spécia­listes des vaccins se sont réunis à Washington, D.C., à l’oc­ca­sion du Congrès mondial sur les vaccins, la ques­tion de l’évo­lu­tion induite par les vaccins n’était au centre d’au­cune session scien­ti­fique. Selon [Andrew F] Read, une partie du problème est que les cher­cheurs ont peur : ils se sentent nerveux à l’idée de parler et d’at­ti­rer l’at­ten­tion sur les effets évolu­tifs poten­tiels, car ils craignent que cela n’ali­mente la peur et la méfiance du public à l’égard des vaccins — même si l’ob­jec­tif est, bien sûr, d’as­su­rer le succès à long terme des vaccins.

Le méca­nisme de pres­sion sélec­tive est illus­tré par le schéma simple ci-dessous commenté orale­ment par Geert Vanden Bossche (21 septembre 2021N48 0:34:50) :

Mécanisme de pres­sion sélec­tive d’un variant V illus­tré sché­ma­ti­que­ment (corrigé).
À gauche une personne vacci­née contre le virus souche Wuhan (W) et à droite une non-vaccinée. Chacune est expo­sée à 100 parti­cules virales compo­sées de 80 W et de 20 V (un variant résis­tant au vaccin). On suppose que chacune dispose d’une immu­nité (vacci­nale ou/et natu­relle) fonc­tion­nant à 90% pour le nombre total de virus, mais à 100% du W pour la personne vacci­née. La suite du calcul de Bossche est discu­table, mais le résul­tat corrigé est aussi convain­cant, voir ci-dessous…

Suite de l’ex­pli­ca­tion : après infec­tion il reste 2 V chez la personne vacci­née (et non 10 comme l’in­di­quait Bossche) contre 2 V + 8 W chez la non-vaccinée. Supposons que le taux de vacci­na­tion est de 25 %. Après l’in­fec­tion de 4 personnes (dont 1 vacci­née) il restera 8 V + 24 W (soit une propor­tion de V de 25 %). Avec un taux de vacci­na­tion de 75%, l’in­fec­tion de 4 personnes conduit à 8 V + 8 W (soit une propor­tion de V de 50 %). Dans le premier cas, la propor­tion du variant résis­tant V a augmenté de 20 % à 25 %. Par contre, avec un taux de vacci­na­tion élevé, elle a augmenté de 20 % à 50 %, donc une pres­sion sélec­tive plus forte. À l’étape suivante (2e niveau d’in­fec­tion) on attein­drait 30 % de V pour un taux de vacci­na­tion de 25 %, contre 80 % pour un taux de vacci­na­tion de 75 %.

Cette modé­li­sa­tion simpli­fiée du méca­nisme de pres­sion sélec­tive dans une popu­la­tion partiel­le­ment vacci­née pour­rait être repro­duite avec le même résul­tat quali­ta­tif en rempla­çant les 90 % d’im­mu­nité pour les souches V et W chez les vacci­nés et non-vaccinés par des coef­fi­cients diffé­rents. Dans tous les cas, la pres­sion sélec­tive augmente avec le taux de vacci­na­tion, comme on a pu l’ob­ser­ver avec le variant Delta en été 2021 au Royaume-Uni, en Israël et aux États-Unis.

Quelques points méritent d’être souli­gnés, car les « anti­vax » aussi bien que les « provax » — deux clans fana­tiques qui polluent les blogs et réseaux sociaux — déforment gros­siè­re­ment les propos de Geert Vanden Bossche comme ceux de Robert Malone cité précé­dem­ment. La discus­sion qui vient d’être présen­tée ne conclut pas à l’inu­ti­lité ni au danger des campagnes de vacci­na­tion contre la CoVID-19, mais à la néces­sité de réduire la propor­tion de personnes vacci­nées afin de ralen­tir la proli­fé­ra­tion des variants par pres­sion sélec­tive. Des fana­tiques ont fait dire à ces cher­cheurs que les vaccins seraient la « cause » de l’ap­pa­ri­tion de variants, alors qu’ils ne parlent que d’un méca­nisme d’am­pli­fi­ca­tion. Bossche, Malone (comme beau­coup d’autres, notam­ment Didier Raoult) proposent de ne vacci­ner que les personnes « à risques » (âge, comor­bi­di­tés) et d’étendre cette vacci­na­tion à tous les pays tout en l’as­so­ciant à des soins précoces pour les personnes conta­mi­nées, ainsi qu’à des mesures d’hy­giène pour limi­ter la circu­la­tion des virus. Il faut vision­ner inté­gra­le­ment la vidéo où ils inter­viennent ensemble (15 septembre 2021N23) plutôt que de faire siennes les opinions « d’influenceurs »…

Recombinaisons ?

Une inquié­tude concer­nant plus parti­cu­liè­re­ment les vaccins à ARN messa­ger est le risque de recom­bi­nai­son de maté­riel géné­tique au cas où l’ARN intro­duit par le vaccin entre­rait en contact avec celui d’un autre virus dans la même cellule. Ce point a fait l’ob­jet d’une polé­mique, le 3 décembre 2020, entre Alain Fischer, président du Conseil d’orien­ta­tion de la stra­té­gie vacci­nale en France, et le géné­ti­cien Christian Vélot, auteur d’une Note d’ex­per­tise grand public sur les vaccins ayant recours aux tech­no­lo­gies OGM (septembre 2020A64). Voir la réponse complète de C. Vélot : (21 janvier 2021A56). Ce dernier explique (Vélot C, 8 juillet 2021A26) :

Ce phéno­mène de recom­bi­nai­son n’est pas réservé à l’ADN ou l’ARN viral mais les séquences virales sont connues pour faire l’objet de nombreuses recom­bi­nai­sons (on dit qu’elles sont très « recom­bi­no­gènes »). Il résulte de ces échanges entre maté­riels géné­tiques viraux, des virus dits « recom­bi­nants », c’est-à-dire dont le génome est consti­tué de segments prove­nant des deux virus parentaux. […]

Bien sûr, ce phéno­mène ne peut se produire que si du maté­riel géné­tique prove­nant d’au moins deux virus se retrouve dans les mêmes cellules, ce qui est fort heureu­se­ment extrê­me­ment rare dans la nature puisque cela implique que des mêmes cellules soient co-infectées par au moins deux virus. Mais dès lors qu’on intro­duit volon­tai­re­ment et chez un très grand nombre d’individus du maté­riel géné­tique viral — ici à des fins de vacci­na­tion —, il suffit chez ces personnes d’une infec­tion par un seul virus pour que de tels échanges (entre le génome du virus infec­tant et le maté­riel géné­tique vacci­nal) se produisent et puissent ainsi donner lieu à des virus recombinants.

Or dans ses réponses à cette note d’expertise, M. Fischer réfute ce risque au prétexte que « l’ARN viral ne peut-être converti en ADN ». Outre le fait que cette allé­ga­tion est tota­le­ment gratuite car il n’est pas du tout exclu que, dans certaines condi­tions, l’ARN viral de Sars-Cov2 puisse être converti en ADN au sein de nos cellules comme cela a été montré sur des cellules humaines en culture (Zhang et al, 2021), il est abso­lu­ment impen­sable que M. Fischer puisse ainsi lais­ser croire que des évène­ments de recom­bi­nai­son entre ARN viraux néces­si­te­raient une conver­sion préa­lable de ceux-ci en ADN. La recom­bi­nai­son virale existe aussi bien entre ADN viraux d’une part qu’entre ARN viraux d’autre part. Et dans ce dernier cas, cela ne néces­site nulle­ment une conver­sion de l’ARN viral en ADN. Les ARN viraux recom­binent direc­te­ment. Cela a été montré depuis fort long­temps déjà (à partir des années 60) avec le virus de la polio (Ledinko, 1963 ; Cooper, 1968 ; Cooper et al, 1974), les aphto­vi­rus (McCahon et al, 1977 ; McCahon, 1981 ; King et al, 1982), les virus de la mala­die de Newcastle et de la grippe (Hirst, 1962), ainsi que les coro­na­vi­rus (Makino et a, 1986 ; Baric et al, 1990) qui sont d’ailleurs les cham­pions de la recom­bi­nai­son virale puisque leur taux de recom­bi­nai­son (dès lors que deux génomes de coro­na­vi­rus sont en contact) peut aller au delà de 10% (Makino et al, 1986 ; Baric et al, 1990) alors qu’il est en géné­ral, pour les autres virus à ARN, de l’ordre de 0,1 à 2% (Lai, 1992).

De plus, les coro­na­vi­rus sont capables de recom­bi­ner avec des virus à ARN d’une autre famille : des évène­ments de recom­bi­nai­son ont en effet pu être mis en évidence entre, d’une part, un virus de la grippe et, d’autre part, des coro­na­vi­rus bovins, murins et un coro­na­vi­rus humain (Luytjes et al, 1988).

Contrairement à ce qu’on entend très souvent, les coro­na­vi­rus mutent peu par rapport à d’autres virus à ARN, et ceci malgré le fait que le génome des coro­na­vi­rus est plus grand que celui des autres virus à ARN […] Les coro­na­vi­rus échappent à cette règle car l’enzyme respon­sable de la répli­ca­tion de leur génome est dotée d’un système de détec­tion et de correc­tion des erreurs. Cela ne veut pas dire qu’ils ne mutent pas […] mais ils mutent peu. En revanche, […] les coro­na­vi­rus sont les cham­pions de la recom­bi­nai­son, et c’est le prin­ci­pal méca­nisme qui leur permet d’échapper au système immunitaire. […]

Et comme expli­qué précé­dem­ment, la vacci­na­tion géné­tique n’est pas neutre sur la capa­cité de Sars-Cov2 à varier puisque les vaccins géné­tiques font courir le risque d’augmenter l’apparition de variants par recom­bi­nai­son (entre le maté­riel géné­tique vacci­nal et le génome d’un virus infec­tant). Et cela est vrai pour tous les vaccins géné­tiques, qu’ils soient à ARN ou à ADN. Dans le cas des vaccins tels que celui d’AstraZeneca utili­sant un virus à ADN pour déli­vrer le maté­riel géné­tique vacci­nal, celui-ci sera, une fois dans la cellule, converti en ARN (codant la protéine Spike), lequel pour­rait bien sûr recom­bi­ner avec un virus infec­tant à ARN de la même manière que quand le maté­riel géné­tique vacci­nal est direc­te­ment de l’ARN.

De plus, dans le cas des coro­na­vi­rus au moins, il s’avère que le méca­nisme de recom­bi­nai­son passe par des portions d’ARN corres­pon­dant à une répli­ca­tion partielle d’un virus paren­tal (Makino et al, 1986). Avec l’ARN vacci­nal, on four­nit direc­te­ment une portion d’ARN viral, ce qui repré­sente donc un facteur de faci­li­ta­tion pour ces évène­ments de recom­bi­nai­son. Par ailleurs, la recom­bi­nai­son entre un virus infec­tant et un frag­ment seule­ment du maté­riel géné­tique d’un virus appa­renté a large­ment été obser­vée chez les plantes trans­gé­niques dans lesquelles a été volon­tai­re­ment intro­duit un gène viral, et infec­tées par un virus appa­renté (Lommel and Xiong, 1991 ; Gal et al, 1992 ; Green and Allison, 1994 ; Wintermantel and Schoelz ; 1996 ; Frischmuth and Stanley, 1998 ; Borja et al, 1999 ; Adair and Kearney, 2000 ; Varrelmann et al, 2000 ; Latham and Steinbrecher, 2004). […]

[…] en vacci­nant massi­ve­ment en période de pandé­mie, on crée une pres­sion de sélec­tion en faveur des variants. En quelque sorte, on crée avec la vacci­na­tion de masse vis-à-vis des variants la même situa­tion qu’avec l’utilisation intem­pes­tive d’antibiotiques vis-à-vis des bacté­ries résis­tantes aux anti­bio­tiques : celles-ci ont la voie libre car toutes les bacté­ries sensibles sont déci­mées et ne peuvent donc plus « occu­per le terrain » et limi­ter la proli­fé­ra­tion des résistantes.

Par consé­quent, en admet­tant que les vaccins soient sûrs et effi­caces, il faut bien sûr vacci­ner mais seule­ment une frange de la popu­la­tion (les plus vulné­rables vis-à-vis du virus), et surtout pas ceux qui permettent au virus d’origine de circu­ler sans en être victimes. Or cette popu­la­tion existe — et c’est une aubaine — : ce sont les jeunes. Il est donc stupide de vouloir vacci­ner les popu­la­tions non sensibles, et notam­ment les jeunes, au prétexte que des variants circulent. Il faut faire exac­te­ment le contraire. Cela ne veut pas dire qu’il ne faudra jamais les vacci­ner, mais pas avant que nous soyons défi­ni­ti­ve­ment sortis de la pandémie.

C’est la raison pour laquelle, au lieu d’assister à une véri­table compé­ti­tion puérile entre les pays pour savoir qui aura vacciné le plus en un mini­mum de temps, la vacci­na­tion devrait être coor­don­née à l’échelle mondiale en défi­nis­sant, pays par pays, région par région, des pour­cen­tages de personnes à vacci­ner. Mais pour cela, il faudrait dispo­ser d’une struc­ture qui pour­rait, par exemple, s’appeler « Organisation Mondiale de la Santé »…

Un exposé plus détaillé figure dans la vidéo d’un entre­tien de Christian Vélot avec Xavier Azalbert (29 juin 2021N49) ainsi que dans sa visio­con­fé­rence du 22 avril (2021N50).

Jean-Marie Claverie préci­sait au début de la campagne de vacci­na­tion en France (19 janvier 2021A57) :

Dans une situa­tion « natu­relle » où la propa­ga­tion du virus se fait au hasard, sans qu’on lui oppose une résis­tance autre que notre simple éloi­gne­ment les uns des autres pour éviter la conta­gion, les variants gardent l’énorme handi­cap de leur rareté (1/1 000) qui rend diffi­cile leur multi­pli­ca­tion. Leur fréquence dans la popu­la­tion des virus circu­lants a donc peu de chance d’augmenter.

Ce n’est plus le cas si l’on cible les virus « stan­dards » par des mesures qui dimi­nuent leur effi­ca­cité de multi­pli­ca­tion. C’est très préci­sé­ment le cas de la vacci­na­tion, dont l’action recher­chée est d’empêcher les virus dotés d’une protéine S stan­dard d’interagir avec le récep­teur (par la forma­tion d’anticorps « neutralisants »). […]

En pleine pandé­mie active, les variants sont produits chaque jour en grande quan­tité, dans les non-vaccinés, puis sélectionnés/amplifiés au sein de la petite mino­rité des vacci­nés faible­ment proté­gés par une première dose. De plus, il semble probable que l’immunité acquise par le vaccin ne fait qu’éviter les formes sévères de la Covid-19 sans inhi­ber l’infection virale peu symp­to­ma­tique (et donc la créa­tion de variants).

Le tableau ci-dessous donne la liste des variants iden­ti­fiés début septembre 2021, ainsi que les pour­cen­tages d’hos­pi­ta­li­sa­tion, de réani­ma­tion et de décès enre­gis­trés à l’IHU de Marseille (7 septembre 2021A13) :

Variants iden­ti­fiés à l’IHU de Marseille. Source : (7 septembre 2021A13)

Statistiques fiables ?

Une vidéo de Décoder l’éco (Chaillot P, 6 août 2021A18) compare les données de la DRESS (direc­tion réali­sant les statis­tiques pour le minis­tère de la santé en France) sur les Entrées hospi­ta­lières et décès de patients Covid-19 selon le statut vacci­nal et la présence de la muta­tion L452R (31 mai au 11 juillet 2021N51) — tableau 1 page 6 — avec celles du suivi des victimes d’attentats et de situa­tions sani­taires excep­tion­nelles (base SI-VIC) pour la même période. Si les effec­tifs de personnes en soins conven­tion­nels sont à peu près iden­tiques, ceux des personnes en soins critiques ou décé­dées pour CoVID sont nette­ment supé­rieurs dans la base SI-VIC (récu­pé­rés dans la base GEODEN52) : le double (1880 contre 926) pour ce qui concerne les décès. La diffé­rence suggère une suréva­lua­tion des décès dus à la CoVID dans les données hospi­ta­lières (SI-VIC) :

Source : Décoder l’éco (6 août 2021A18)

Jusqu’au 31 mars 2021, la créa­tion d’un dossier dans SI-VIC était condi­tion­née à un diag­nos­tic de CoVID-19 confirmé biolo­gi­que­ment, alors qu’a­près cette date seule une tomo­den­si­to­mé­trie (TDM) thora­cique évoca­trice de diag­nos­tic de CoVID-19 est néces­saire. Une des deux expli­ca­tions envi­sa­gées dans la vidéo est que ce déca­lage de 954 morts corres­pon­drait à des personnes vacci­nées — non dépis­tées, confor­mé­ment aux instruc­tions — de sorte que le pour­cen­tage correct de morts (complè­te­ment) vacci­nés serait 56 % (103 + 954)/1880) et non 11 % (103/926) comme affi­ché par la DRESS. Le pour­cen­tage de morts non-vaccinés pendant la même période aurait été de 38 % (720/1880) et non de 78 % (720/926). On aurait donc plus de morts vacci­nés que de non-vaccinés, contrai­re­ment au discours justi­fiant la poli­tique vacci­nale, mais en concor­dance avec les données israé­liennes et britan­niques à la même époque.

La DRESS a tenté avec beau­coup de maladresse de justi­fier sa « métho­do­lo­gie » qu’elle a expli­qué par une erreur sur les dates — voir le commen­taire de P Chaillot au début de sa vidéo (18 octobre 2021A1), puis un “fact-checker” de Libération s’est contre­dit dans les deux parties de son article (ibid.)…

Un autre problème de ces statis­tiques est lié à la défi­ni­tion précise du statut vacci­nal : selon le CDC aux USA, une personne est comp­tée comme « vacci­née » 14 jours après avoir reçu toutes les doses (soit 1 ou 2) du vaccin. Il s’en­suit qu’une personne qui n’a reçu qu’une dose d’un vaccin ARNm ou qui a reçu la deuxième dose il y a moins de deux semaines, est étique­tée « non vacci­née ». En France (mais pas dans les autres pays euro­péens) la défi­ni­tion est deve­nue un peu moins contrai­gnante car la période d’at­tente après le deuxième injec­tion a été réduite à une semaine pour les vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca, ou quatre semaines après l’injection unique pour le Janssen (AFP, 13 juillet 2021A24).

Or ce sont des périodes parti­cu­liè­re­ment propices à l’in­fec­tion, du fait de la neutra­li­sa­tion partielle du système immu­ni­taire, sans négli­ger que certaines personnes risquent de plus s’ex­po­ser car elles se croient tout de suite proté­gées. Ce biais augmente consi­dé­ra­ble­ment l’ef­fec­tif de « non-vaccinés » dans les popu­la­tions atteintes de CoVID symp­to­ma­tique ou de formes graves.

Une analyse plus détaillée de l’in­ter­pré­ta­tion par le minis­tère de la santé en France des données de la DRESS est propo­sée dans une vidéo de Pierre Chaillot (5 octobre 2021A4). L’auteur y rappelle entre autres que la spéci­fi­cité des tests anti­gé­niques est proche de 98 %. Il s’en­suit que 2 % des personnes testées posi­tives sont clas­sées comme « malades asymp­to­ma­tiques ». Dans une situa­tion où l’in­ci­dence de la CoVID-19 est en forte baisse alors que de très nombreuses personnes (parmi les non-vaccinées) ont recours aux tests pour béné­fi­cier du pass sani­taire, cette popu­la­tion de faux malades augmente consi­dé­ra­ble­ment en propor­tion des rares personnes vacci­nées qui ont recours au test, d’où une illu­sion de reprise de l’épi­dé­mie qui permet d’agi­ter le chif­fon rouge contre les réfrac­taires à la vaccination.

Pour mesu­rer préci­sé­ment l’ef­fi­ca­cité des vaccins en termes de trans­mis­sion, il faudrait croi­ser les données de deux fichiers : celui des personnes conta­mi­nées et celui des personnes vacci­nées. Ces fichiers étant anony­mi­sés — secret médi­cal et protec­tion des données person­nelles —, à chaque indi­vidu est attri­bué un iden­ti­fiant (un code alpha­nu­mé­rique) qui garan­tit l’uni­cité de la saisie. Or, en France, le premier fichier (SI-DEP) est géré par l’AP-HP et le second (VAC-SI) par l’Assurance-Maladie. Ces fichiers étant indé­pen­dants, les iden­ti­fiants ne corres­pondent pas et le croi­se­ment néces­saire à la mesure de l’ef­fi­ca­cité serait donc impos­sible. Cette infor­ma­tion a été publiée dans Le Canard enchaîné (30 juin 2021 page 3) et confir­mée 3 semaines plus tard dans Le Monde (Sanchez L, 21 juillet 2021A22). L’auteur de l’ar­ticle du Canard s’est contenté d’écrire : « […] les iden­ti­fiants choi­sis ne sont pas toujours exac­te­ment les mêmes d’un fichier à l’autre. » L’expression « pas toujours exac­te­ment » (que j’ai souli­gnée) est comique, car de deux choses l’une, soit les iden­ti­fiants sont les mêmes et la mise en rela­tion est possible, soit ils ne le sont pas ! L’auteur précise toute­fois qu’un « spécia­liste » aurait déclaré : « Nous devrions pouvoir croi­ser les données pour 80% de la popu­la­tion […] Je n’ai pas idée de la date. Là, on est plutôt dans le domaine de la recherche. »

Le flou artis­tique de ce « domaine de la recherche » est un signe que la mesure de l’ef­fi­ca­cité en termes de protec­tion contre la trans­mis­sion ne fait pas partie des prio­ri­tés du gouver­ne­ment, et, plus grave, qu’elle n’était pas envi­sa­gée au moment de la concep­tion des bases de données… Du grain à moudre pour les complo­tistes ! Les autres peuvent se rassu­rer en écou­tant les chants de sirènes du big data, du deep lear­ning et de l’Intelligence Artificielle (connexion­niste) ; nos infor­ma­ti­ciens ne sont-ils pas les meilleurs du monde ?

✓ Références

🔵 Notes pour la version papier :
- Les iden­ti­fiants de liens permettent d’atteindre faci­le­ment les pages web auxquelles ils font réfé­rence.
- Pour visi­ter « 0bim », entrer dans un navi­ga­teur l’adresse « https://​leti​.lt/0bim ».
- On peut aussi consul­ter le serveur de liens https://leti.lt/liens et la liste des pages cibles https://leti.lt/liste.

  • A1 · r2x1 · Vidéo “Covid-19 : Statistiques et mensonges, suite” – J Mercier & P Chaillot (18 octobre 2021)
  • A2 · w5uu · Vidéo “Epi-phare, une étude d’auto-validation du ministre de la Santé” – P Chaillot (13 octobre 2021)
  • A3 · y2vl · Impact de la vacci­na­tion sur le risque de formes graves de Covid-19 – M Zureik (11 octobre 2021)
  • A4 · cux7 · Vidéo “Le dessous des chiffres du Ministère de la Santé” – P Chaillot (5 octobre 2021)
  • A5 · xv4c · Serious viola­tions and mani­pu­la­tions of the trial proto­col : This is how Pfizer mana­ged to obtain the FDA’s emer­gency autho­ri­za­tion for chil­dren – Y Shir-Raz (1er octobre 2021)
  • A6 · k6sw · Estimates of pande­mic excess morta­lity in India based on civil regis­tra­tion data – M Banaji & A Gupta (1er octobre 2021) 🔵 preprint
  • A7 · op02 · Increases in COVID-19 are unre­la­ted to levels of vacci­na­tion across 68 coun­tries and 2947 coun­ties in the United States – SV Subramanian & A Kumar (30 septembre 2021)
  • A8 · nm9b · Video “‘You Sir, Are The One Ignoring Science’: Rand Paul Battles Becerra Over COVID-19 Rules” (30 septembre 2021)
  • A9 · h3wj · A Canadian COVID-19 study that turned out to be wrong has spread like wild­fire among anti-vaxxers – A Miller (25 septembre 2021)
  • A10 · qv2r · mRNA COVID-19 Vaccination and Development of CMR-confirmed Myopericarditis – T Kafil et al. (24 septembre 2021) 🔵 retiré
  • A11 · bo8m · FDA Authorizes Booster Dose of Pfizer-BioNTech COVID-19 Vaccine for Certain Populations – FDA (22 septembre 2021)
  • A12 · gcj5 · Vidéo “Home iver­mec­tin based kits in India” – John Campbell (22 septembre 2021)
  • A13 · j09y · Vidéo “L’ IHU parle toujours !” – IHU Marseille (7 septembre 2021)
  • A14 · jp0x · Comparing SARS-CoV‑2 natu­ral immu­nity to vaccine-induced immu­nity : rein­fec­tions versus break­through infec­tions – S Gazit et al. (25 août 2021) 🔵 preprint
  • A15 · q62v · Herd immu­nity a ‘mythi­cal’ goal that will never be reached, says Oxford vaccine head – A Pollard (10 août 2021)
  • A16 · pk75 · Covid 19 : l’Islande s’in­ter­roge sur sa stra­té­gie d’im­mu­nité collec­tive – Y Bourdillon (10 août 2021)
  • A17 · o93l · Reduced Risk of Reinfection with SARS-CoV‑2 After COVID-19 Vaccination — Kentucky, May–June 2021 – AM Cavanaugh et al. (6 août 2021)
  • A18 · q4nr · Vidéo “Efficacité de la vacci­na­tion : Il manque plus de la moitié des décès !” – P Chaillot (6 août 2021)
  • A19 · e50g · Delta infec­tions among vacci­na­ted likely conta­gious ; Lambda variant shows vaccine resis­tance in lab – N Lapid (2 août 2021)
  • A20 · vu0m · Six Month Safety and Efficacy of the BNT162b2 mRNA COVID-19 Vaccine – SJ Thomas et al. (28 juillet 2021) 🔵 preprint
  • A21 · dgi4 · The Pfizer mRNA Vaccine : Pharmacokinetics and Toxicity – M Palmer & S Bhakdi (23 juillet 2021) 🔵 preprint, à confirmer
  • A22 · g0z9 · Parmi les malades du Covid-19 en France, combien sont vacci­nés ? – L Sanchez (21 juillet 2021)
  • A23 · u0ot · Comment fabri­quer une contre-vérité scien­ti­fique – Favionu (15 juillet 2021)
  • A24 · j84s · Le schéma vacci­nal sera consi­déré comme complet une semaine après la seconde dose – AFP (13 juillet 2021)
  • A25 · l0bd · Covid-19 : les essais de phase 3 des vaccins sont-ils termi­nés « depuis des mois », comme l’affirme Olivier Véran ? – A Maad (8 juillet 2021)
  • A26 · we0j · Covid-19, vaccins expé­ri­men­taux, stra­té­gie vacci­nale : entre­tien avec Christian Vélot (8 juillet 2021)
  • A27 · j9qw · Myocardites après admi­nis­tra­tion du vaccin anti-Covid de Pfizer : un signal de sécu­rité désor­mais confirmé en France – APMnews (6 juillet 2021)
  • A28 · xq1k · « Toute personne non-vaccinée sera conta­mi­née par le variant Delta » : les terri­fiantes prévi­sions de l’ARS – Céline (4 juillet 2021)
  • A29 · i3ma · Sur la licéité d’une obli­ga­tion vacci­nale anti-Covid – P Ségur (1er juillet 2021)
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  • A31 · k6ij · The Safety of COVID-19 Vaccinations – We Should Rethink the Policy – H Walach et al. (24 juin 2021) 🔴 rétracté
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Article créé le 4/10/2021 - modifié le 20/10/2021 à 14h23

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