Avant-propos

Ma démarche

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En lisant ces pages, vous cher­chez peut-être un anti­dote à des choix insa­tis­fai­sants en matière de soin du corps, hygiène de vie ou « philo­so­phie de l’exis­tence »… Au fil du texte, vous rencon­tre­rez un large éven­tail de liens vers des articles de synthèse ou des recommandations.

Ce serait toute­fois une erreur d’en attendre des recettes à collec­tion­ner pour aller mieux. Du style : « Vous dormez mal ? Prenez du magné­sium ! » avec un lien vers un service de vente en ligne… Ce que proposent ad nauseam de nombreux sites « de santé ». Or je n’ai rien à vendre !

Je fais partie de ceux qui déplorent l’en­va­his­se­ment d’un discours New AgeN1 hostile à la méde­cine scien­ti­fique mais porteur d’un consu­mé­risme de thérapies.

Cette obses­sion du bien-être est nour­rie par la crainte du vieillis­se­ment et de la mala­die, para­doxa­le­ment asso­ciée chez beau­coup à une hygiène de vie approximative.

Quel que soit votre problème — ou celui de vos proches — une inter­ven­tion ponc­tuelle a de fortes chances de se réduire à son effet placeboN2. Au début, tout va mieux, le remède semble tenir ses promesses, et cela peut durer des jours ou des semaines. Puis il perd son effi­ca­cité et on passe à autre chose…

Sommaire

Feuille de route

Il existe, bien entendu, des médi­ca­ments et inter­ven­tions peu effi­caces. J’en distingue trois caté­go­ries en ordre crois­sant d’uti­lité. La première : les arnaques, qui sont légion. La seconde, des pratiques qui permettent une amélio­ra­tion tempo­raire, par exemple un régime amai­gris­santN3 suivi d’une rechute — l’effet « yo-yo »N4. La troi­sième caté­go­rie, et la plus inté­res­sante à mes yeux, est celle d’in­ter­ven­tions qui ne s’avèrent effi­caces qu’une fois inté­grées à nos condi­tions d’exis­tence.

➡ En clair, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…

Exemples :

  • Consommer « assez » de viande pour couvrir ses besoins en fer hémi­nique (voir N5) et en protéines offre peu d’in­té­rêt si l’on néglige d’in­clure aux repas suffi­sam­ment de vita­mine C permet­tant l’ab­sorp­tion du fer (voir l’étudeN6), ou encore si des facteurs anti­nu­tri­tion­nels empêchent l’as­si­mi­la­tion des protéines (voir l’étudeN7).
  • Se dépen­ser en jogging ou à bicy­clette le dimanche matin ne sert pas à grand chose si l’ef­fort est récom­pensé par des sucre­ries ou un festin fami­lial… L’entraînement peut d’ailleurs s’avé­rer dange­reux s’il se pola­rise sur la perfor­mance — voir mon article Overdose d’exercice ➜ danger.
  • Modifier son régime alimentaire ne produit pas d’ef­fet durable sur la santé à moins d’in­ter­ve­nir simul­ta­né­ment sur la boisson, l’exercice physique, la restriction calorique, le sommeil, le stress… et j’en oublie certainement.
Health Tools400

Après quelques années de lecture et de mise à l’es­sai de multiples recom­man­da­tions, j’en suis venu à consti­tuer une liste mini­male d’amé­lio­ra­tions de l’hy­giène de vie, une feuille de route que chacun peut adap­ter à son âge et à sa condi­tion physique :

  1. Nutrition, hydratation, protéines, glucides et lipides, compléments alimentaires etc.
  2. Exercice physique d'endurance
  3. Entraînement fractionné de haute intensité (HIIT)
  4. Gymnastique involontaire
  5. Demi-jeûne fractionné
  6. Sommeil
  7. Position assise et debout etc.

Une version impri­mable de ce programme peut être télé­char­gée ici — et collée sur votre frigo : N8. 🙂

➡ C’est une synthèse person­nelle, pas une « exper­tise collec­tive ». Les lecteurs sont invi­tés à commen­ter, complé­ter ou contre­dire ces propo­si­tions en préci­sant leurs sources documentaires.

Je tiens à rappe­ler que ces pratiques ne peuvent pas se substi­tuer à un trai­te­ment médi­cal, bien qu’elles puissent contri­buer à l’ef­fi­ca­cité du soin ou la conso­li­da­tion d’une guéri­son. Seuls des profes­sion­nels de santé peuvent vous guider en présence de patho­lo­gie. Je n’ai aucune compé­tence ni voca­tion à donner un avis sur un trai­te­ment.

Les sources

Le site LeBonheurEstPossible.org est la partie visible d’un travail de veille scien­ti­fique qui occupe la majeure partie de mon temps depuis avril 2014. Il fait l’ob­jet de mises à jour quasi quoti­diennes. La collecte de données touche en prio­rité les publi­ca­tions de biomé­de­cineN9 porteuses de propo­si­tions que l’on peut mettre en pratique dans sa vie personnelle.

Certain·e·s pour­ront s’éton­ner que de nombreux sujets qui « font le buzz » ne soient pas abor­dés : j’ai choisi de me limi­ter à ceux issus de publi­ca­tions dans la presse scien­ti­fique, ou pour le moins qui font état d’une expé­rience clinique digne d’in­té­rêt. Autrement dit, un éven­tail un peu plus large que celui de la méde­cine fondée sur les preuvesN10 en prenant soin de préci­ser que telle ou telle obser­va­tion n’a pas encore été « vali­dée » (ou ne peut pas l’être) par des études cliniques.

La page Liens vers d'autres sites permet d’élar­gir la recherche dans le web fran­co­phone et anglo­phone. Je ne garan­tis pas la véra­cité des conte­nus de ces sites, mais j’es­saie pour le moins d’évi­ter ceux à voca­tion commerciale.

De nombreuses réfé­rences complètent mes articles pour invi­ter les inter­nautes à une lecture critique. Je veille toute­fois à ce qu’on puisse lire tous les articles « en diago­nale », quitte à reve­nir plus tard sur les liens.

Wikipedia

Les termes tech­niques sont expli­ci­tés, chaque fois que possible, par des liens vers l’en­cy­clo­pé­die coopé­ra­tive WikipediaN11.

Parmi toutes les sources « tout public » dispo­nibles sur Internet, Wikipedia se veut la plus proche de l’idéal de neutra­lité : Facebook est devenu un réser­voir de désin­for­ma­tion virale, Twitter un espace de défou­le­ment et Youtube le terrain de jeu des trollsN12 et de leurs théo­ries de conspi­ra­tion (Schwartz O, 2019N13)…

De manière para­doxale, la neutra­lité (et la perti­nence) d’une page de Wikipedia peuvent augmen­ter lorsque ses éditeurs appar­tiennent à des camps oppo­sés, c’est le cas par exemple de sujets poli­tiques sensibles. En pratique, cette neutra­lité est assu­rée, non par un renon­ce­ment des « perdants » à leurs convic­tions, mais par des règles d’édi­tion qui obligent les éditeurs à adop­ter un langage respec­tueux et « distan­cié » — c’est une ency­clo­pé­die — tout en citant des sources véri­fiables. À propos de l’étude de Shi F et al. (2019N14), Oscar Schwartz écritN13 :

Ils ont constaté que lors­qu’une commu­nauté d’édi­tion est pola­ri­sée poli­ti­que­ment, la profon­deur et la préci­sion de l’in­for­ma­tion s’amé­liorent consi­dé­ra­ble­ment et inver­se­ment, à mesure que les commu­nau­tés de travail deviennent idéo­lo­gi­que­ment homo­gènes, la qualité de la page se dété­riore de manière spectaculaire.

Ces obser­va­tions sur le trai­te­ment de l’in­for­ma­tion poli­tique s’ap­pliquent à l’in­for­ma­tion médi­cale, sujette elle aussi aux contro­verses et à la mani­pu­la­tion d’opi­nions, sans oublier la fraude scien­ti­fique. Ainsi, les articles en fran­çais sont souvent de bien moindre qualité que ceux en anglais parce que leurs rédac­teurs ont tendance à gommer toute contra­dic­tion pour parve­nir à « la vérité ». Selon eux, celle-ci peut émer­ger d’un consen­sus plutôt que d’un échange critique obéis­sant aux règles de bonne pratique édito­riale sur Wikipedia. Ainsi, faute de discus­sion, certaines pages finissent par affi­cher l’opinion majo­ri­taire sur un sujet ; mais une opinion n’est pas une réalité scien­ti­fique… Sauf peut-être pour la secré­taire perpé­tuelle de l’Académie des sciences en France décla­rant à la radio (24 avril 2020) que cette auguste insti­tu­tion avait pour objec­tif de rappe­ler des « véri­tés scien­ti­fiques irré­fu­tables » ! La nature même d’un fait scien­ti­fique est de se soumettre à l’épreuve de la réfu­ta­tionN15. Une propo­si­tion irré­fu­table ne saurait exis­ter que dans les cadres de la méta­phy­sique, de la reli­gion ou d’une idéo­lo­gie. Mais ce scien­tisme de bar du commerce est dans l’air du temps…

Selon Justin Knapp, un contri­bu­teur très proli­fique de l’en­cy­clo­pé­die, la « bureau­cra­tie robuste » de Wikipedia est indis­pen­sable pour « culti­ver un espace de désac­cords signi­fiants »N13 :

En raison de leur mission parta­gée [de créer une ency­clo­pé­die], les rédac­teurs de Wikipedia se situent géné­ra­le­ment à un niveau de surplom­be­ment de leur propre système de valeurs. Et les valeurs [à ce niveau] prévalent géné­ra­le­ment sur tout désac­cord sur une ques­tion particulière.

Cette vision idéa­liste n’est pas parta­gée par certains spécia­listes de Wikipedia, entre autres son co-fondateur Larry SangerN16 qui estime qu’elle est deve­nue le champ de bataille de groupes œuvrant à la pour­suite d’agen­das parti­cu­liers. Toute tenta­tive d’ins­crire un point de vue dissi­dent sur une page contrô­lée par ces groupes donne lieu à une révo­ca­tion. Sanger a rejoint un autre projet d’en­cy­clo­pé­die (EveripediaN17) utili­sant la tech­no­lo­gie block­chainN18 pour assu­rer dans la trans­pa­rence la prise de déci­sion décen­tra­li­sée de modi­fi­ca­tions à partir de votes de « porteurs de jetons ».

Une diffé­rence fonda­men­tale entre les pages de mon site et celles de Wikipedia est la cita­tion de sources primaires, par exemple un article sur le site d’une revue scien­ti­fique à comité de lectureN19, là où Wikipedia n’ac­cepte que des sources secon­daires, par exemple ce que tel jour­nal ou tel ouvrage dit de cet article (WikipediaN20) :

La présence d’une infor­ma­tion dans une source secon­daire donne un certain degré d’ob­jec­ti­vité et de neutra­lité aux choix des infor­ma­tions rete­nues dans un article, car cette sélec­tion a été faite par des tiers et non par les wikipédiens.

La bataille fait rage dans le domaine des méde­cines « non conven­tion­nelles » car des moteurs de recherche (comme Google) ou des héber­geurs de conte­nus (comme Pinterest) modi­fient leurs algo­rithmes pour masquer des conte­nus quali­fiés de « désin­for­ma­tion » par des agences d’éva­lua­tion. Ces agences signalent tout désac­cord avec les infor­ma­tions four­nies par les orga­nismes offi­ciels ou les socié­tés savantes. Leurs détrac­teurs les accusent de compli­cité avec les indus­triels de la phar­ma­cie ou de l’agro-alimentaire. Dans le camp opposé, on dénonce les conflits d’in­té­rêt entre auteurs « déviants » et une indus­trie qui tient le marché de « produits natu­rels » ou de « trai­te­ments alter­na­tifs ». Théâtre de nombreuses confron­ta­tions et contro­verses, la page Wikipedia en fran­çais dédiée à Gilles-Éric SéraliniN21 illustre bien ce dilemne et la diffi­culté d’en four­nir un compte-rendu distancié.

Pour éviter de repro­duire sur ce site les biais induits (à mon insu) sur les sujets sensibles, je limite autant que possible les liens aux pages Wikipedia faci­li­tant la compré­hen­sion d’un terme médi­cal ou technique.

Autres sources

Quelques sites de litté­ra­ture « para­scien­ti­fique » rédi­gés par des méde­cins ou cher­cheurs anglo­phones — Lucie MailingN22, Jason FungN23, Denise MingerN24, Bill LagakosN25 etc. — contiennent des liens vers des sources fiables (jour­naux à comité de lectureN19) et sont riches en commen­taires. Ils me servent souvent de points d’en­trée vers les publi­ca­tions scien­ti­fiques. Ces auteurs s’af­frontent parfois dans des contro­verses étayées de réfé­rences précises. Des profes­sion­nels de santé, des coaches spor­tifs et autres « routards de la vie saine » contri­buent aux commen­taires dont la somme peut dépas­ser la taille de l’ar­ticle. Autant de pistes nouvelles…

Par contre, de nombreux sites de « santé natu­relle », en fran­çais ou en anglais, n’existent que pour soute­nir la vente de produits mira­cu­leux avec souvent des annonces de « condi­tions excep­tion­nelles », selon un modèle bien rôdé aux USA — voir mon article “Health coaching” : business models en roue libre…

Un des plus fréquen­tés dans le monde anglo­phone est celui du Dr. J. Mercola. Il m’ar­rive d’y faire réfé­rence sur des sujets correc­te­ment docu­men­tés, mais trop de pages de son site sont enta­chées d’er­reurs, que ce soit par un biais de sélec­tion des sources ou le détour­ne­ment de données statis­tiques. Quand je signale ces erreurs dans un commen­taire, les « disciples » serviles essaient dans un premier temps de me contre­dire, puis notre échange est effacé lors­qu’ils sont à court d’ar­gu­ments. D’autre part, j’ai déjà reçu du spam publi­ci­taire dont l’ana­lyse révé­lait que Mercola avait cédé mon adresse à des socié­tés tierces. Pour finir, depuis qu’il se pose en victime d’une censure exer­cée par Google, J. Mercola fait la promo­tion d’un des anciens employés devenu « lanceur d’alertes », proche de l’extrême-droite raciste et anti­sé­mite, qui présente Donald Trump comme une autre victime de mani­pu­la­tions de requêtes Google et de la traduc­tion auto­ma­tique — de ses tweets ! L’appétence de Mercola pour les théo­ries de complot est malheu­reu­se­ment indis­so­ciable de sa popu­la­rité. En décembre 2020 il a plei­ne­ment versé dans le complo­tisme asso­cié à l’épi­dé­mie de CoVID-19.

Parmi les sources fran­co­phones les plus inté­res­santes, quelques émis­sions de radio que l’on peut écou­ter en podcast. J’ai été (ou suis) abonné aux suivantes :

  • La Conversation scien­ti­fiqueN26 (Étienne Klein, France Culture) — ma préférée !
  • La Méthode scien­ti­fiqueN27 (Nicolas Martin, France Culture)
  • Les Cours du Collège de FranceN28 (France Culture)
  • Matières à penserN29 (France Culture)

Les sites de ces émis­sions contiennent des liens vers les sources docu­men­taires et les ouvrages cités.

Vigilance et esprit critique

confusion

La lecture d’une page en ligne me prend parfois plusieurs jours pour consul­ter les sources et suivre les commen­taires qui renvoient à d’autres sites ou à des articles de synthèse.

➡ Différence avec les sites fran­co­phones souvent commen­tés de manière super­fi­cielle, quand ils ne sont pas colo­ni­sés par des trolls…

Je consulte fréquem­ment les avis contraires sur des sites comme skep​dic​.comN33, ratio​nal​wiki​.orgN34, scien​ce​ba​sed​me​di​cine​.orgN35, ou en tapant un mot clé avec ‘debun­ked’, ‘quackery’ ou ‘hoax’ comme requête d’un moteur de recherche.

Ici aussi avec prudence, car un scep­ti­cisme de façade semble être le fonds de commerce de certains auteurs. Les uns font preuve d’un confor­misme naïf drapé dans une rhéto­rique de « socio­lo­gie pour les nuls » (exemple typique d’un site anonyme : N36), d’autres n’existent que pour leur seule acti­vité de quack­bus­ting (chasse aux charlatans).

Mon but n’est pas de convaincre mais d’ex­pli­quer. Cela, dans les limites de mes compé­tences et des infor­ma­tions auxquelles j’ai pu avoir accès. N’ayant rien à vendre ni répu­ta­tion à défendre, j’ex­plore les sujets qui ont des impli­ca­tions pratiques sur notre santé et notre style de vie. J’évite toute prise de posi­tion sur ceux qui relèvent de débats d’ex­perts, ce qui ne m’empêche pas de me tenir au courant des débats en cours. C’est pour­quoi, entre autres, ce site ne dit rien sur la sécu­rité des vaccins ni sur le chan­ge­ment climatique…

Ultime précau­tion : pour tout ouvrage proposé sur une plate­forme de vente en ligne, je consulte en premier les avis les plus défa­vo­rables — par exemple une seule étoile chez Amazon​.com.

Illustration des dispa­ri­tés entre « résumé », « intro­duc­tion » et « résul­tats » d’une publi­ca­tion scientifique

En remon­tant à la source de l’in­for­ma­tion, par exemple le texte inté­gral d’un article de jour­nal scien­ti­fique, on peut en corri­ger une descrip­tion incom­plète, voire erro­née, qui était celle d’au­teurs insuf­fi­sam­ment atten­tifs à la rédac­tion de leur résumé. Ces contre­sens sont repro­duits à l’iden­tique sur une multi­tude de sites. Plus grave pour nous, les cita­tions sont souvent traduites en fran­çais sans aucune mention des sources ! 🙁

La diffé­rence entre le contenu d’un article et les conclu­sions appa­rais­sant dans son résumé ou son titre incite le lecteur peu averti à accor­der de l’im­por­tance à un résul­tat non signi­fi­ca­tif. Les auteurs ont réalisé un “spin” pour trom­per leur vigi­lance. En 2019, des spins ont été déce­lés dans plus de la moitié de 116 articles publiés en psychia­trieN37.

De l’erreur involontaire à la fraude

Certaines études scien­ti­fiques font l’ob­jet de rétrac­ta­tions suite à la décou­verte d’in­co­hé­rences, voire de fraudesN38 qui avaient échappé aux relec­teurs. Un édito­rial du rédac­teur en chef du pres­ti­gieux jour­nal The Lancet affir­mait en 2015 que près de la moitié des études biomé­di­cales seraient faussesN39. Il s’agit surtout de biais métho­do­lo­giques qu’Alexis Clapin a décrits dans son excellent ouvrage Enquêtes médi­cales & évalua­tion des médi­ca­ments : de l’er­reur invo­lon­taire à l’art de la fraudeN40.

Le signa­le­ment de fraudes est devenu monnaie courante car initié de manière trans­pa­rente par les acteurs de la recherche avec l’ins­tal­la­tion du site PubPeerN41. Ce site colla­bo­ra­tif permet aux scien­ti­fiques de faire la distinc­tion entre des fake news et de véri­tables alertesN42. Il est bien entendu criti­qué par celles/ceux qui se perçoivent comme « victimes » poten­tielles de ce qui est (incor­rec­te­ment) dési­gné comme de la « déla­tion ». Un lecteur commenteN43 :

Et pour­quoi les cher­cheurs auraient-ils peur de se faire « épin­gler » sur des sites tels que ‘PubPeer’ ou ‘For better science’ lorsque le travail a été fait en toute bonne foi et selon les règles déon­to­lo­giques ? Bien entendu l’erreur peut se glis­ser, dans les publi­ca­tions scien­ti­fiques comme ailleurs, malgré les filtres impo­sés par les revues spécia­li­sées. Mais une erreur, tout comme une mauvaise inter­pré­ta­tion de données, cela ce corrige !

Certains lanceurs d’alertes inter­viennent ouver­te­ment, comme Prof. Vicky Vance dans la très média­ti­sée « affaire Voinnet » tandis que la plupart se protègent sous l’ano­ny­mat afin d’évi­ter toute réper­cus­sion sur leur carrière, sachant que leurs orga­nismes de tutelle ont tendance à impo­ser une loi du silenceN44

➡ Je ne sais s’il vaut mieux rire ou pleu­rer en écou­tant de brillants expo­sés sur l’éthique scien­ti­fique par des orateurs qui paraissent vivre dans un monde où n’exis­te­raient ni fraude scien­ti­fique ni conflits d’intérêt !

Un exposé compré­hen­sible sur les méthodes de mani­pu­la­tion de données a été publié par Milton Packer — voir la version fran­çaise dans mon article Comment détecter une manipulation de données ?

Le proces­sus de rétrac­ta­tion de publi­ca­tions est docu­menté entre autres par Retraction WatchN45. Voir par exemple, dans le domaine qui nous inté­resse, une série d’ar­ticlesN46 sur les bien­faits suppo­sés de la curcu­mineN47 qui avaient été cités plusieurs milliers de fois, ou encore la rétrac­ta­tion de publi­ca­tions aux données mani­pu­lées sur les risques des vaccinsN48Retraction Watch est à son tour la cible de critiques (exempleN49) sur son manque de trans­pa­rence, de possibles conflits d’in­té­rêt et l’ab­sence de respon­sa­bi­lité (accoun­ta­bi­lity) envers la commu­nauté scien­ti­fique dont il est supposé signa­ler les dérives.

Dessin de Leonid Schneider. Source : (N50)

L’augmentation expo­nen­tielle du volume de publi­ca­tions en biomé­de­cine, notam­ment dans des jour­naux scien­ti­fiques en quête de noto­riété, se traduit par un « trop-plein » qui incite les cher­cheurs à privi­lé­gier le facteur d’im­pactN51 devant la qualité scien­ti­fique de leurs produc­tions. Il devient hasar­deux de navi­guer dans un flot d’in­for­ma­tions entre­tenu par la multi­pli­ca­tion des cita­tions. Faute d’ac­cès aux données brutes et de répli­ca­tion des résul­tats, la popu­la­rité d’une théo­rie nouvelle n’est pas un indice fiable de sa perti­nence. Lire à ce sujet Overflow in science and its impli­ca­tions for trust (Siebert S et al., 2015N52).

La pres­sion exer­cée sur les cher­cheurs et leurs équipes par les déci­deurs char­gés de répar­tir une manne finan­cière toujours plus réduite (dans le secteur public) est à l’ori­gine d’une pratique en rupture avec l’éthique scien­ti­fique : la publi­ca­tion dans des jour­naux « préda­teurs » qui acceptent contre paie­ment à peu près n’im­porte quel article sans préju­ger de sa valeur scien­ti­fique — voir la Beall’s listN53. Certains jour­naux affichent même dans leur « comité scien­ti­fique » les noms de profes­seurs célèbres qui n’ont jamais été solli­ci­tés pour en faire partie… Ils sont asso­ciés à des groupes sans loca­li­sa­tion véri­fiable qui décernent — moyen­nant rému­né­ra­tion — des « prix scien­ti­fiques » aux cher­cheurs en demande de visi­bi­lité, ou orga­nisent des preda­tory confe­rences sur des bateaux de luxeN54.

David William Hedding signa­lait par exemple, en 2019, que les Sud-Africains publient cinq fois plus que les nord-Américains et les Brésiliens dans cette presse de médiocre qualité, résul­tat du fait que chaque publi­ca­tion rapporte à l’équipe scien­ti­fique une prime d’en­vi­ron 7000 dollars USN55.

Sur le site For Better Science, Smut Clyde décrit en détail les pratiques frau­du­leuses d’au­teurs ou éditeurs de jour­naux préda­teurs s’ef­for­çant d’ac­cré­di­ter des thèses margi­nales sur les liens entre vacci­na­tion et mala­dies auto-immunes, la toxi­cité des adju­vants, de nouveaux trai­te­ments « bio-médicaux » de l’au­tisme etc. Ces publi­ca­tions sont par la suite citées en réfé­rence par des groupes de pres­sionN56 ou des mili­tants en panne d’es­prit critique…

Créer une nouvelle « revue scien­ti­fique » est en réalité très facile : il suffit par exemple de remplir le formu­laire de SciEPN57, un service préda­teur lancé en 2012 avec la créa­tion simul­ta­née de 85 « revues » (Schneider L, 2021N58). Selon la Beall’s list, « cette pratique consis­tant à créer un éditeur avec un nombre exces­sif de revues est appe­lée “démar­rage de flotte” »

Les articles publiés dans ces jour­naux préda­teurs peuvent néan­moins être réfé­ren­cés sur PubMedN59 via des pratiques de contour­ne­ment. Schneider cite le cas d’un profes­seur de méde­cine à New York (2021N58) :

Ce qui est bizarre, c’est que les articles de McFarlane (et de sa femme !) publiés dans ces revues préda­trices, prin­ci­pa­le­ment dans l’American Journal of Medical Case Reports, sont tous bien réper­to­riés dans PubMed, ce qu’il obtient en utili­sant une faille acces­sible aux cher­cheurs finan­cés par les NIHN60 [National Institutes of Health aux USA]. Seulement, McFarlane n’est pas vrai­ment financé par les NIH, le profes­seur blanc utilise la subven­tion d’un collègue de la faculté desti­née à la forma­tion à l’an­ti­ra­cisme et au recru­te­ment des mino­ri­tés ! Et il n’y a rien que PubMed puisse ou veuille faire contre cet abus du système.

Des services de rédac­tion auto­ma­tique d’ar­ticles fictifs au contenu très élaboré, avec de fausses iden­ti­tés et/ou affi­lia­tions (incluant des iden­ti­fiants ORCID) existent sous le surnom de moulins à papier (paper mills). Ils sont prin­ci­pa­le­ment utili­sés par des cher­cheurs en biomé­de­cine chinois en quête de promo­tion, souvent pour vanter les quali­tés de la méde­cine tradi­tion­nelle chinoise, ce qui les met à l’abri de toute suspi­cion de leurs chefs poli­tiques. Les paper mills effec­tuent toutes les démarches de soumis­sion des articles en se faisant passer pour leurs auteurs avec de fausses adresses mail (2020N61 ; 2021N62). Il est vrai­sem­blable que des membres de comi­tés édito­riaux (ou des relec­teurs) de jour­naux scien­ti­fiques renom­més ont été corrom­pus pour lais­ser passer de tels articles moyen­nant rémunération.

Un exposé très clair sur les dérives de pratiques scien­ti­fiques a été publié par Jérémy Anso (2019N63). Je tiens à clari­fier que, si de telles malver­sa­tions méritent d’être mises en exergue, c’est unique­ment pour inci­ter les lecteurs à la vigi­lance : tout ce qui est publié dans une revue à comité de lecture, quelle que soit sa répu­ta­tion, n’est pas obli­ga­toi­re­ment fondé scien­ti­fi­que­ment. (Les fact-checkers qui exercent dans les médias tombent faci­le­ment dans le panneau…) Il reste que, comme dans toute profes­sion, ce sont des phéno­mènes margi­naux. On ne peut pas nour­rir avec de tels argu­ments le discours complo­tiste « on nous cache tout »… Par contre, la réflexion sur les pratiques de recherche et de commu­ni­ca­tion des résul­tats de recherche peut rappe­ler ce prin­cipe fonda­men­tal : La science est un héroïsme collec­tifN64.

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Credit : Ricardo Martinez. Source : N65

Un scep­ti­cisme construc­tif (‘vigi­lan­tism’) est donc attendu dans le monde scien­ti­fique et celui plus vaste de la presse de vulga­ri­sa­tion, avec des effets posi­tifs et parfois néga­tifs (Teixeira da Silva JA, 2016N66). Cette vigi­lance serait le seul rempart contre des mouve­ments anti-science qui, selon certains, mettent en péril la démo­cra­tie dans les pays indus­tria­li­sés. Réflexion qui trouve un écho inquié­tant dans l’ac­tua­lité parti­sane. Otto SL (2012N65) cite :

La plate­forme du Parti Républicain au Texas condamne « l’en­sei­gne­ment de tech­niques de pensée critique et programmes du même ordre … qui ont pour objec­tif de défier les croyances établies des étudiants et de sabo­ter l’au­to­rité parentale ».

Un essai remar­quable sur le scep­ti­cisme construc­tif est l’ar­ticle de Denise Minger qu’elle a construit sur des exemples d’ana­lyse de théo­ries de complot qui circu­laient pendant l’épidémie CoVID-19 : Some thoughts on thin­king criti­cally in times of uncer­tainty, and the trap of lopsi­ded skep­ti­cism (2020N67).

La compi­la­tion et l’ana­lyse d’in­for­ma­tions ne se réduit donc pas à l’empilage d’opi­nions choi­sies en renfor­ce­ment d’idées précon­çues. Elle néces­site un niveau mini­mum de compré­hen­sion des sujets traités.

« Experts » Youtube

Les réseaux sociaux et les blogs ont permis la nais­sance une nouvelle caté­go­rie de scien­ti­fiques que je désigne comme « experts Youtube ». Il s’agit de cher­cheurs qui ont un pédi­grée attesté par leurs publi­ca­tions dans des jour­naux scien­ti­fiques à comité de lecture. Certains occupent même un poste de respon­sa­bi­lité dans un orga­nisme de recherche publique. Mais ils se rendent visibles dans les médias grand public ou dans des ouvrages de vulga­ri­sa­tion en abor­dant des sujets qui n’ont de scien­ti­fique que l’apparence.

On voit ainsi d’an­ciens prix Nobel s’éga­rer dans des pseu­dos­ciencesN68, un syndrome para­doxal dési­gné comme « mala­die du Nobel »N69. Une tren­taine de cas patho­lo­giques ont été signa­lés par leurs pairs, mais dans leur sillage gravitent de nombreux experts Youtube qui occupent l’es­pace média­tique avec des théo­ries fantai­sistes emprun­tant le voca­bu­laire scien­ti­fique — la physique quan­tique se prête parti­cu­liè­re­ment bien à ce type d’en­fu­mage ! Il est diffi­cile, en vision­nant leurs vidéos, de distin­guer ceux qui croient ce qu’ils racontent de ceux qui se jouent de la crédu­lité de leur audi­toire. Quoi qu’il en soit, cette expo­si­tion leur offre une bien plus grande popu­la­rité sur Facebook ou Twitter que les articles sérieux soumis « dans la vraie vie » à des revues scien­ti­fiques dont le lecteur moyen ne compren­drait même pas les titres.

➡ De manière inex­pli­quée, ces « experts Youtube » sont très rare­ment des femmes…

Le doute, le regret et la curiosité

Source : N70

Dans son exposé Les pseu­dos­ciences ont-elles gagné sur Internet ?N71, Acermendax expose les biais inhé­rents aux méca­nismes cogni­tifs que nous mettons en œuvre dans un souci de rationalisation :

En résumé, nous commen­çons par croire, et ensuite nous cher­chons des raisons de justi­fier nos croyances. Pour le cher­cheur en psycho­lo­gie Daniel Kahnemann, cela s’explique par l’existence de deux « systèmes » dans notre cerveau [N72]. Le système 1 est rapide, toujours à l’affût, il saute sur toutes les anoma­lies ou tous les sché­mas qui offrent de quoi construire une narra­tion. Le système 2 est plus lent, coûteux, il analyse, il raisonne.

Mais le système 2 est-il lui-même objec­tif ? Peut-on le compa­rer à un scien­ti­fique ration­nel qui évalue prudem­ment la vrai­sem­blance des propo­si­tions ? En réalité, il est souvent au service du système 1 comme un avocat au service de son client [N73] : il cherche à vali­der les conclu­sions, à donner de la cohé­rence à ses cogni­tions. Il est un arti­san beso­gneux du biais de confir­ma­tion, et un humain peut être très intel­li­gent, possé­der un système 2 extra­or­di­nai­re­ment effi­cace et malgré tout persis­ter dans des croyances fausses, car son intel­li­gence lui four­nit de grandes quan­ti­tés d’arguments donnant un semblant de vali­dité à sa vision du monde. Bon gré mal gré, nous confon­dons « vrai » et « faci­le­ment justi­fiable à l’aide d’arguments qui me viennent à l’esprit ».

[…]

Le remède aux croyances fausses tient dans le bon usage d’un outil simple : l’inhi­bi­tion cogni­tive. Il s’agit tout simple­ment d’un « frein mental ». Il permet de prendre le temps de ques­tion­ner une idée, une infé­rence, une opinion, avant de l’incorporer à notre vision du monde. Pour aller vers plus de ratio­na­lité, nous devons avoir un recours conscient et métho­dique à ce frein, un outil d’autant plus vital que votre bolide est puis­sant : les personnes très intel­li­gentes, si elles ne savent pas frei­ner, peuvent finir par croire des choses complexes, baroques, complè­te­ment fausses, voire dange­reuses non pas malgré mais en raison même de leur intelligence.

Dans une émis­sion La Méthode scien­ti­fique (16/5/2019N74), le cher­cheur en psycho­lo­gie Olivier Houdé utilise le terme « système 3 » pour dési­gner l’in­hi­bi­tion cogni­tive, préci­sant que ce système peut être actionné par trois émotions : le doute, le regret et la curio­sité. Je recom­mande vive­ment, à ce sujet, la lecture de l’ou­vrage L’intelligence humaine n’est pas un algo­rithme (Houdé O, 2019N70).

Le défi de l’actualisation des pratiques médicales

Depuis une quin­zaine d’an­nées à l’écoute d’usager·e·s du système de santé fran­çais, je suis convaincu que les pratiques médi­cales ont besoin d’évo­luer pour méri­ter la quali­fi­ca­tion de « méde­cine scien­ti­fique ». Les profes­sion­nels de santé que je croise (et parfois consulte) ne disposent ni du temps ni des compé­tences pour mettre à jour leurs connais­sances en lisant des publi­ca­tions scien­ti­fiques. La plupart se contentent de ce qu’ils ont appris sur les bancs de la faculté. Imaginez un gara­giste qui ne connaî­trait que les véhi­cules du début de sa carrière !

Ce qui passe aujourd’­hui pour de la « forma­tion conti­nue » se réduit à la trans­mis­sion d’éléments de langage de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. On peut en mesu­rer l’im­pact sur chaque méde­cin en consul­tant la base de données publique Transparence-SantéN75.

Le lobbying des indus­triels s’étend aux « experts » de « socié­tés savantes » — guille­mets néces­saires — qui parti­cipent à la rédac­tion de recom­man­da­tions de pratique clinique ou de notes d’in­for­ma­tion publiées par la Haute Autorité de Santé (HAS). Un article de la revue indé­pen­dante Prescrire (janvier 2018, page 71) suggère qu’en­vi­ron 80% de ces docu­ments ne sont pas en accord avec les données actuelles de la science, suppo­sées servir de réfé­ren­tiel du code de déon­to­lo­gie médi­caleN76. Or les méde­cins sont léga­le­ment contraints de suivre les recom­man­da­tions de pratique clinique !

La périnatalité

Ce site n’aborde que très rare­ment le sujet de la recherche médi­cale dans le domaine de la péri­na­ta­lité : gros­sesse, accou­che­ment, soins aux nouveau-nés et jeunes enfants.

C’est un choix déli­béré car je suis concep­teur et admi­nis­tra­teur, depuis 2004, d’une grande base de données coopé­ra­tive, acces­sible au public et aux profes­sion­nels, qui traite ces sujets en détail : la base de données biblio­gra­phiques de l’AFARN77.

Positionnement éthique

Ma critique vise prin­ci­pa­le­ment les pres­crip­tions suppo­sées préve­nir des mala­dies ou des acci­dents avec la seule aide de médi­ca­ments, sans consi­dé­ra­tion des facteurs de risque modi­fiables — en résumé, l’hy­giène de vie. Je suis ferme­ment convaincu de l’ef­fi­ca­cité de la méde­cine moderne dans les situa­tions d’ur­gence et pour les opéra­tions chirur­gi­cales quand celles-ci ne peuvent pas être évitées.

Sur le plan éthique, bien qu’o­bligé de citer les études basées sur l’ex­pé­ri­men­ta­tion animale, et conscient de la diffi­culté — parfois l’im­pos­si­bi­lité — d’en extra­po­ler les résul­tats aux humains, je souhai­te­rais chaque fois que possible son rempla­ce­ment par des procé­dures qui n’in­duisent pas de souf­frances inutiles : modé­li­sa­tion infor­ma­tique, cultures in vitro etc. Voir le dossier Les méthodes « alter­na­tives » à la recherche animaleN78.

Vous avez la parole !

J’invite les lectrices et lecteurs à faire preuve de sens critique : consul­ter les sources et m’in­for­mer de toute inco­hé­rence dans leur inter­pré­ta­tion. Enfin, signa­ler d’autres sources, surtout lors­qu’elles paraissent contre­dire mon propos.

➡ Utiliser les commen­taires au bas des articles sur le site pour les messages publics, ou le formulaire de contact pour les messages privés.

▷ Liens

🔵 Notes pour la version papier :
- Les iden­ti­fiants de liens permettent d’atteindre faci­le­ment les pages web auxquelles ils font réfé­rence.
- Pour visi­ter « 0bim », entrer dans un navi­ga­teur l’adresse « https://​leti​.lt/0bim ».
- On peut aussi consul­ter le serveur de liens https://​leti​.lt/​l​i​ens et la liste des pages cibles https://​leti​.lt/​l​i​ste.

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Article créé le 21/08/2015 - modifié le 27/05/2021 à 21h35

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