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Publié il y a 2 années -


Le Bonheur est Possible est le troi­sième « remède » d’Épicure gravé sur le mur d’un por­tique chez le phi­lo­sophe grec Diogène d’Œnoanda. Les deux pre­miers — Les dieux ne s’occupent pas des hommes / La mort n’est pas à craindre — nous en par­le­rons le moment venu ?

Vous trou­ve­rez ici une série d’articles dédiés à la santé dans tous ses aspects : l’entre­tien du corps et des facul­tés men­tales, leur adap­ta­tion aux lieux et époques de la vie, leur épa­nouis­se­ment dans les rela­tions inter­per­son­nelles. Ces sujets forment la trame de ce qu’il est convenu d’appeler bon­heur.

Cette com­pi­la­tion s’appuie sur une abon­dante lit­té­ra­ture scien­ti­fique pour docu­men­ter les choix que nous effec­tuons de manière consciente (mais pas tou­jours bien infor­mée) en termes de nutri­tion, de bois­son, de som­meil, d’exer­cice phy­sique etc.

Depuis fin 2015, des ate­liers Santé auto­nome (lien:9niq) sont pro­po­sés par l’auteur. Leurs fiches tech­niques sont repro­duites en annexe de l’ouvrage.

Pour celles et ceux qui ne jouissent pas d’une par­faite santé, un cha­pitre est consa­cré à des mala­dies dont le soin fait l’objet de débats dans le monde de la recherche bio­mé­di­cale. Un cadrage qui peut faci­li­ter la prise de déci­sion des patients, après éva­lua­tion de la balance bénéfice-risque (lien:km36) de chaque trai­te­ment.

Le bonheur est dans le corps

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Selon une enquête au Royaume-Uni (Liu B. et al., 2015 lien:6re5), ce serait moins la per­cep­tion d’un « manque de bon­heur » qui dimi­nue­rait la lon­gé­vité que le constat per­son­nel d’une dégra­da­tion phy­sique. L’indicateur de santé le plus per­ti­nent n’est pas l’espé­rance de vie (lien:wn5l) mais plu­tôt l’espé­rance de vie sans inca­pa­cité (lien:kxnn) — voir mon article Vivre bien et long­temps.

Pour le phi­lo­sophe Épicure (lien:5hql) qui a souf­fert de mala­die toute sa vie, le bon­heur pou­vait se résu­mer à l’absence de dou­leur (ata­raxie). D’autres épi­cu­riens ont prôné la recherche du plus grand plai­sir, une atti­tude condam­née par la morale judéo-chrétienne et une éthique pla­to­ni­cienne oppo­sant « corps » et « âme »… Platon dési­gnait le corps comme un tom­beau de l’âme :   »[…] il inter­vient sans cesse dans nos recherches, y jette le trouble et la confu­sion et nous para­lyse au point qu’il nous rend inca­pable de dis­cer­ner la vérité. » (Phedon, 66be)

Dans les socié­tés libé­rées des inter­dits moraux, le corps et le plai­sir ont été réha­bi­li­tés au point de légi­ti­mer un hédo­nisme consu­mé­riste.

Transhumanism_h+_2.svgOu, plus encore, s’affranchir de leurs limites : c’est le pro­jet du trans­hu­ma­nisme (lien:4k3x) et le rêve d’un post-humanisme (lien:ayqp) qui feraient de quelques élus des robots extra­or­di­nai­re­ment intel­li­gents (ou extra­or­di­nai­re­ment débiles ? lien:mavm) défiant la mort.

Matière à sensations

Une saine parade contre ces dérives me paraît de renouer avec la démarche « épi­cu­rienne » de réha­bi­li­ta­tion de la sen­sa­tion. Sophie Van Der Meeren écri­vait en pré­face des Lettres d’Épicure (Bréal 2003 lien:cr1k, p. 50) :

Pour Épicure, les sens ne nous trompent pas ; ils nous livrent tou­jours l’objet tel qu’il est, la source de l’erreur étant le juge­ment que nous por­tons sur la sen­sa­tion. En effet, une sen­sa­tion n’existe pas seule, mais dans sa réin­ter­pré­ta­tion par la rai­son, qui sta­tue sur elle : si je me trompe, c’est parce que mon juge­ment a com­mis une erreur d’appréciation. Le par­tage ne se fait donc pas entre sen­sa­tion et vérité, mais entre deux types de juge­ments sur la sen­sa­tion.

Aucune pra­tique de santé ne tient ses pro­messes, sur le long terme, si elle ne sait répondre aux besoins fon­da­men­taux de notre orga­nisme, besoins qui sont révé­lés par ses sen­sa­tions internes (voir mon article Gymnastique invo­lon­taire).

Observer les sen­sa­tions en se gar­dant de les inter­pré­ter est une pro­po­si­tion étran­gère à de nom­breuses tech­niques de soin « alter­na­tives ». À défaut d’un voca­bu­laire concret décri­vant leurs sen­sa­tions et leurs actions, cer­tains thé­ra­peutes empruntent mots et images à des modèles scien­ti­fiques inadé­quats : éner­gé­tique (lien:iai2), magné­tisme (lien:n3cx), quan­tisme (lien:sc0x)… Ces emprunts peuvent décré­di­bi­li­ser leur pra­tique quelle qu’en soit l’efficacité. Ils ins­tallent leur réa­lité dans un monde ima­gi­nal (lien:rwwx) — selon Henri Corbin (lien:zh5m) — déta­ché du savoir empi­rique.

Renouer avec l’involontaire

En pro­lon­ge­ment de cette réflexion, je recom­mande la lec­ture de l’ouvrage d’Andréine Bel (2014 lien:bphq) dont j’ai été co-éditeur : Le Corps accordé - Pour une approche rai­son­née de la santé et du soin de soi.

Elle y pré­sente une pra­tique de soin « domes­tique » (yukidō lien:f4s8) qui uti­lise la sen­sa­tion comme un outil pour inter­ro­ger les com­pé­tences du vivant. Cette approche est illus­trée par des exemples de suivi d’affections chro­niques bénignes qui d’ordinaire résistent aux soins inter­ven­tion­nistes.

Il s’agit, dans cette approche, d’accompagner des pro­ces­sus invo­lon­taires contri­buant au main­tien de la santé.

Voir la table des matières (lien:0826), l’index (lien:3exk) et le glos­saire (lien:bfh6).

Bernard Bel
https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​U​t​i​l​i​s​a​t​e​u​r​:​B​e​l​b​e​r​n​ard

Avant de pour­suivre la lec­ture, n’oubliez pas de consul­ter l’article Ma démarche… !

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