Dawn Phenomenon

Publié il y a 3 années -


Le Dawn Phenomenon (DP, phé­no­mène de l’aube lien:he7p) est un méca­nisme décrit il y a une tren­taine d’années. Il est obser­vable, avec une sévé­ri­té for­te­ment variable, chez 75% des per­sonnes atteintes de dia­bète de type 2 (lien:a3u9) (trai­tées ou non à l’insuline). Il se tra­duit le plus sou­vent par un réveil très mati­nal et de la dif­fi­cul­té à se ren­dor­mir.

Ce qui suit est pour l’essentiel extrait des pages The Dawn Phenomenon (lien:qx16) et Insulin Resistance is Good ? (lien:q62j) par Dr. Jason Fung (2015) ain­si que Dawn PheNOMNOMNOM (lien:94ok) par Bill Lagakos (2015). Ces pro­po­si­tions sont évo­quées comme le « modèle insu­line » expli­ca­tif du méca­nisme de l’obésité, en contra­dic­tion avec le modèle calories‐in, calories‐out (CICO) qui ne traite que de l’équilibre entre apport et consom­ma­tion de calo­ries (voir mon article Diabète de type 2). Dans mon article Manger et bouger ? j’ai aus­si men­tion­né le modèle « lep­tine » plus com­plexe mais appa­rem­ment plus conforme aux don­nées expé­ri­men­tales.

C’est le rythme cir­ca­dien (lien:fgu7) qui crée le Dawn Phenomenon (lien:he7p). Juste avant le réveil (vers 4h00), notre orga­nisme sécrète une plus grande quan­ti­té d’hor­mone de crois­sance humaine (Human Growth Hormone, HGH lien:v2fc), de cor­ti­sol (lien:oae4), de glu­ca­gon (lien:6dn2) et d’adré­na­line (lien:bbo7). Prises ensemble, ces hor­mones sont dési­gnées comme anti­ré­gu­la­trices. Cela signi­fie qu’elles vont à l’encontre de l’effet régu­la­teur de l’insu­line (lien:nwfn) qui vise à dimi­nuer la quan­ti­té de sucre dans le sang. Par consé­quent, la gly­cé­mie (lien:iuhf) aug­mente. Le pic noc­turne d’hormone de crois­sance est consi­dé­ré comme la cause pre­mière du Dawn Phenomenon (lien:he7p).

DawnPhenom2
Source : lien:qx16

Ces mon­tées d’hormones nor­males dans le cycle cir­ca­dien (lien:fgu7) nous pré­parent au jour à venir. En effet, le glu­ca­gon (lien:6dn2) demande au foie de libé­rer du glu­cose (lien:ld5p). L’adré­na­line (lien:bbo7) nous donne de l’énergie phy­sique. L’hor­mone de crois­sance humaine (lien:v2fc) est uti­li­sée pour répa­rer et syn­thé­ti­ser des protéines. Le cor­ti­sol (lien:oae4), hor­mone du stress, agit comme un acti­va­teur géné­ral. Après tout, nous ne sommes jamais aus­si déten­dus que dans le som­meil pro­fond. Ces hor­mones nous demandent donc gen­ti­ment de nous pré­pa­rer au réveil.

Sachant que ces hor­mones ont toutes ten­dance à aug­men­ter la gly­cé­mie (lien:iuhf), on pour­rait s’attendre à ce que celle‐ci crève le pla­fond au petit matin. En réa­li­té ce n’est pas ce qui se passe : l’insu­line (lien:nwfn) est là pour s’assurer que la gly­cé­mie n’augmente pas trop. Toutefois, si l’on observe les mesures de taux san­guin, il y a une légère aug­men­ta­tion le matin. Par consé­quent, même chez un non‐diabétique, la gly­cé­mie n’est pas constante sur 24 heures. Le Dawn Phenomenon existe donc chez des sujets nor­maux, bien que l’augmentation de gly­cé­mie soit très faible — par exemple de 89 à 92 mg/dl.

En fait, notre orga­nisme a la pos­si­bi­li­té de sto­cker de l’énergie ali­men­taire sous la forme de sucre (gly­co­gène lien:necd) et de graisse. Quand on mange, on stocke de l’énergie. Quand on dort (ou jeûne), le corps a besoin de res­ti­tuer cette éner­gie sto­ckée. Vers 4h00 du matin, sachant qu’on va bien­tôt se lever, l’organisme se pré­pare au jour à venir. Il le fait en uti­li­sant les hor­mones anti­ré­gu­la­trices pour libé­rer du sucre dans le sang. On peut voir que la pro­duc­tion de glu­cose chute dans la nuit et com­mence à remon­ter vers 4h00. L’insuline inter­vient alors comme un « frein » pour limi­ter cette remon­tée.

Certaines per­sonnes ont une gly­cé­mie (lien:iuhf) nor­male sauf pen­dant le Dawn Phenomenon (lien:he7p) Cela indique qu’elles ont trop de sucre sto­cké dans le foie et qu’elles ont besoin de conti­nuer à le dépen­ser. Elles ont encore du tra­vail à faire pour se libé­rer de leur dia­bète. La solu­tion est simple : consom­mer moins de sucre (régime pauvre en glu­cides et riche en graisses — Low Carb High Fat, voir mon article Glucides ou lipides ?) ou en brû­ler plus (par le jeûne inter­mit­tent lien:3p44). Le plus rai­son­nable étant de com­bi­ner les deux. C’est ce cock­tail, selon Jason Fung, qui ren­drait réver­sible le dia­bète de type 2 (lien:a3u9) (voir article lien:hr8y).

Sur sa page Dawn PheNOMNOMNOM (lien:94ok) Bill Lagakos pré­cise que pour pra­ti­quer le jeûne inter­mit­tent il vaut mieux évi­ter l’option qui consiste à sup­pri­mer le petit‐déjeuner (voir mon article Jeûne et restriction calorique). Certains adeptes du « paléo » ont une pré­fé­rence pour le ‘skip­ped break­fast’, ima­gi­nant que nos ancêtres chasseurs‐cueilleurs par­taient chas­ser le ventre vide et consom­maient le pro­duit de leur chasse en fin de jour­née… En d’autres termes, la meilleure pra­tique consis­te­rait à veiller de ne pas aug­men­ter la gly­cé­mie le soir.


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