Maladies infectieuses

Une architecture pour gérer la prochaine pandémie

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L’architecture mise en place à votre insu

En trois ans, l’OMS a mis en place un système de gestion des pandé­mies à quatre niveaux. Polaris II en a été la répé­ti­tion générale.

Dr Robert W. Malone

6 mai 2026
Source en anglais : Malone News

Alors que la classe poli­tique passait les trois dernières années à débattre pour savoir si l’Organisation mondiale de la santé tentait secrè­te­ment de prendre le contrôle du monde, l’OMS a fait quelque chose de bien plus inté­res­sant et de bien plus impor­tant : elle a mis en place, au vu et au su de tous, une archi­tec­ture complète pour gérer la prochaine pandé­mie. Puis elle a orga­nisé une répé­ti­tion générale.

Cette répé­ti­tion géné­rale avait un nom : l’exercice Polaris II. Elle s’est dérou­lée les 22 et 23 avril 2026. Vingt-six pays y ont parti­cipé, ainsi que 600 experts en urgences sani­taires et plus de 25 orga­ni­sa­tions parte­naires. Le scéna­rio mettait en scène une nouvelle bacté­rie fictive qui s’était propa­gée dans 27 pays et avait été décla­rée urgence de santé publique de portée inter­na­tio­nale.1 Les pays ont activé leurs struc­tures de coor­di­na­tion d’urgence, mobi­lisé leurs effec­tifs, harmo­nisé leurs poli­tiques au-delà des fron­tières et (cela mérite qu’on s’y attarde) exploré des outils basés sur l’IA pour la plani­fi­ca­tion des effec­tifs.2

Si l’on se contente de lire le commu­ni­qué de presse, cela ressemble à un exer­cice sur table. Un exer­cice d’entraînement. Un exer­cice utile, même, étant donné que la dernière pandé­mie a tué des millions de personnes et mis en évidence de réelles défaillances de coor­di­na­tion. Qui pour­rait s’opposer à s’entraîner ?

Mais Polaris II n’est pas un événe­ment isolé. C’est la surface visible de quelque chose de bien plus vaste qui a été assem­blé, pièce par pièce, depuis 2023. Et une fois que l’on voit la struc­ture, il est diffi­cile de ne plus la voir.

Quatre niveaux, trois ans

Ce qui a en réalité été mis en place, c’est un système à quatre niveaux étroi­te­ment imbri­qués qui a mûri à une vitesse remarquable :

Niveau 1 : le niveau des trai­tés. Le 20 mai 2025, la 78e Assemblée mondiale de la santé a adopté l’Accord de l’OMS sur les pandé­mies par 124 voix pour, aucune contre et 11 absten­tions. 3 Il s’agit seule­ment du deuxième traité juri­di­que­ment contrai­gnant jamais négo­cié en vertu de l’article 19 de la Constitution de l’OMS.4 Le premier était la Convention-cadre pour la lutte anti­ta­bac de 2003, et la plupart des gens n’en ont jamais entendu parler car le tabac est impo­pu­laire et le traité ne susci­tait aucune contro­verse. Celui-ci est diffé­rent. L’Accord sur les pandé­mies établit un système d’ac­cès aux agents patho­gènes et de partage des avan­tages, une chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment mondiale et un réseau logis­tique, ainsi qu’un nouveau méca­nisme finan­cier.5 Il entrera en vigueur 30 jours après 60 rati­fi­ca­tions, dans l’at­tente de la fina­li­sa­tion de l’an­nexe PABS actuel­le­ment en cours de négo­cia­tion jusqu’en 2026.6

Parallèlement au traité, les amen­de­ments de 2024 au Règlement sani­taire inter­na­tio­nal sont entrés en vigueur en septembre 2025. Entre autres chan­ge­ments, ils ont intro­duit un nouveau niveau d’alerte « urgence pandé­mique », un cran au-dessus de la dési­gna­tion exis­tante d’« urgence de santé publique de portée inter­na­tio­nale ».7 Le RSI est contrai­gnant pour les États membres depuis 2005. Les amen­de­ments élar­gissent son champ d’application opérationnel.

Niveau 2 : Le niveau du cadre. Le Corps mondial d’intervention en cas d’urgence sani­taire a été lancé lors de l’Assemblée mondiale de la santé de mai 2023.8 Son propre document-cadre le décrit comme « plus qu’un simple cadre de main‑d’œuvre ; c’est un enga­ge­ment en faveur de la soli­da­rité mondiale, qui donne la prio­rité à la souve­rai­neté et à l’équité ».9 Dans la pratique, il s’agit d’un réseau mondial perma­nent de forces d’intervention natio­nales d’urgence doté de méca­nismes permet­tant un déploie­ment rapide au-delà des fron­tières. Il a été activé pour la première fois en octobre 2024 en réponse à l’épidémie de variole du singe en République démo­cra­tique du Congo.10

En octobre 2025, l’OMS a publié le Cadre natio­nal d’alerte et d’intervention en cas d’urgence sani­taire.11 Ce docu­ment indique aux pays comment struc­tu­rer leur réponse natio­nale aux urgences : détec­tion, noti­fi­ca­tion, évalua­tion des risques, acti­va­tion, inter­ven­tion, bilan. Il intègre le critère de perfor­mance « 7–1‑7 » : sept jours pour détec­ter une épidé­mie, un jour pour noti­fier les auto­ri­tés, sept jours pour mener à bien les actions de réponse précoce.12 Il intègre plus de 300 recom­man­da­tions issues des analyses de la COVID-19 dans une doctrine natio­nale unique.13

Niveau 3 : le niveau des programmes. HorizonX est le programme-cadre qui trans­forme les exer­cices de simu­la­tion d’événements ponc­tuels en un régime de tests perma­nent et récur­rent. Il a été lancé en octobre 2024 en tant qu’initiative pluri­an­nuelle pour la « prépa­ra­tion multi­sec­to­rielle aux urgences liées aux zoonoses ».14 Polaris n’en est qu’un volet. L’OMS a mené envi­ron 50 exer­cices de simu­la­tion rien qu’en 2025.15 La formu­la­tion utili­sée dans les propres docu­ments de l’OMS est révé­la­trice : la prépa­ra­tion est censée deve­nir « un inves­tis­se­ment continu » plutôt qu’« un effort pério­dique ».16

Niveau 4 : le niveau des exer­cices. Polaris I en avril 2025, avec plus de 15 pays.17 Polaris II en avril 2026, avec 26 pays.1 De futures itéra­tions sont prévues indé­fi­ni­ment dans le cadre d’HorizonX. Chaque exer­cice soumet les niveaux supé­rieurs à des tests de résis­tance et génère un rapport post-opérationnel qui alimente le perfec­tion­ne­ment du cadre.18

Ce n’est pas un hasard de la bureau­cra­tie. C’est un système conçu de toutes pièces. Chaque couche renforce la suivante. Le traité four­nit l’autorité juri­dique. Les cadres four­nissent la doctrine opéra­tion­nelle. Le programme insti­tu­tion­na­lise la pratique. Les exer­cices génèrent la justi­fi­ca­tion empi­rique pour la pour­suite du développement.

Ce qu’en dit l’OMS

L’OMS ne fait aucun mystère de tout cela. Le Directeur géné­ral l’a dit clai­re­ment après la conclu­sion de Polaris II : « L’exercice Polaris II a montré ce qu’il est possible de faire lorsque nous agis­sons ensemble. Il a démon­tré que la coopé­ra­tion mondiale n’est pas facul­ta­tive ; elle est essen­tielle. » 19

Relisez cette phrase : pas facultative.

Ce n’est pas le langage d’une coor­di­na­tion inter­na­tio­nale volon­taire entre États souve­rains égaux. C’est le langage d’une obli­ga­tion morale soute­nue par une archi­tec­ture insti­tu­tion­nelle. Le Directeur géné­ral affirme (à juste titre, de son point de vue) que l’OMS a passé trois ans à construire un système dans lequel la non-coopération n’est plus une option sérieuse pour aucun pays souhai­tant rester au sein de l’ordre sani­taire mondial.

Un article évalué par des pairs dans la base de données de la National Library of Medicine rend expli­cite le lien entre ces diffé­rents niveaux. L’Accord sur la pandé­mie, note-t-il, « renforce l’importance du GHEC » en souli­gnant que chaque pays doit « déve­lop­per, renfor­cer et proté­ger une main‑d’œuvre quali­fiée et suffi­sante pour préve­nir, se prépa­rer et répondre aux urgences sani­taires, y compris pendant les pandé­mies ». L’article pour­suit : « Le GHEC, avec son mandat de réponse rapide et son exper­tise en matière de santé mondiale, sert de bras opéra­tion­nel de l’Accord. Il traduit en actions les enga­ge­ments de haut niveau de l’Accord.« 20

Il n’y a aucune ambi­guïté ici. Le cadre est le bras opéra­tion­nel du traité. L’exercice teste le cadre. Le programme rend ces tests perma­nents. Le traité confère à l’ensemble une dura­bi­lité juridique.

La question de la souveraineté, posée en toute honnêteté

La réponse stan­dard des insti­tu­tions aux inquié­tudes concer­nant cette archi­tec­ture consiste à poin­ter des clauses spéci­fiques et à dire : voyez, le traité préserve la souve­rai­neté. Le texte stipule expli­ci­te­ment qu’il n’autorise pas l’OMS à diri­ger, ordon­ner ou modi­fier les lois natio­nales. Les ministres britan­niques ont déclaré qu’en aucun cas l’OMS n’aurait le pouvoir d’imposer des confi­ne­ments.21 Les porte-parole de l’OMS rejettent les inquié­tudes rela­tives à la souve­rai­neté comme étant de la désinformation.

Ces décla­ra­tions sont tech­ni­que­ment exactes. Elles sont égale­ment quelque peu hors de propos.

Dans l’État admi­nis­tra­tif moderne, la souve­rai­neté est rare­ment cédée par un seul acte spec­ta­cu­laire. Elle s’érode par l’accumulation d’engagements souples, de normes tech­niques, de critères de perfor­mance, de pres­sion par les pairs, de condi­tions de finan­ce­ment et de dépen­dances infor­ma­tion­nelles. Un pays qui a signé l’Accord sur les pandé­mies, restruc­turé son person­nel d’urgence natio­nal confor­mé­ment aux direc­tives du GHEC, adopté les délais 7–1‑7 du Cadre natio­nal d’alerte et d’intervention, inté­gré sa surveillance au Réseau mondial d’alerte et d’intervention en cas d’épidémie, et s’est engagé à parti­ci­per aux exer­cices HorizonX n’a formel­le­ment renoncé à aucune souve­rai­neté. Il a simple­ment fait des dizaines de choix pratiques qui, pris dans leur ensemble, signi­fient que sa réponse à la pandé­mie sera fonc­tion­nel­le­ment indis­cer­nable de ce que l’OMS aurait prescrit.

Ce n’est pas un complot. C’est le méca­nisme normal par lequel fonc­tionnent les systèmes tech­no­cra­tiques inter­na­tio­naux. L’Union euro­péenne fonc­tionne ainsi. Le FMI fonc­tionne ainsi. L’OCDE fonc­tionne ainsi. Ce qui est nouveau, c’est la rapi­dité et l’am­pleur de la version de l’OMS, ainsi que le fait qu’elle s’ar­ti­cule spéci­fi­que­ment autour des pouvoirs d’ur­gence, un domaine dans lequel les opinions publiques natio­nales accordent histo­ri­que­ment une défé­rence consi­dé­rable à quiconque est iden­ti­fié comme l’au­to­rité légitime.

Lorsque le prochain agent patho­gène appa­raî­tra, la ques­tion ne sera pas de savoir si les gouver­ne­ments natio­naux conser­ve­ront le droit légal de tracer leur propre voie. Ils le feront. La ques­tion sera de savoir si un gouver­ne­ment, dans le feu de l’urgence, avec ses propres insti­tu­tions inté­grées aux cadres de l’OMS, son person­nel formé à la doctrine de l’OMS et ses données tran­si­tant par les réseaux de l’OMS, jugera poli­ti­que­ment possible de s’écarter de cette ligne. L’architecture est préci­sé­ment conçue pour que la réponse soit non.

La question du financement

Il y a un détail dans les docu­ments Polaris II de l’OMS qui mérite plus d’attention qu’il n’en a reçu. Noyée dans l’article de fond de l’OMS pour le Pacifique occi­den­tal sur l’exercice, une phrase recon­naît que les travaux menés dans le cadre de l’initiative GHEC sont finan­cés par la Fondation Gates et l’Institute of Philanthropy.22 Il ne s’agit pas d’une note de bas de page insi­gni­fiante. Le GHEC est l’épine dorsale opéra­tion­nelle de toute l’architecture de réponse à la pandé­mie : le cadre de main‑d’œuvre perma­nente que l’exercice Polaris met en œuvre, que l’Accord sur les pandé­mies renforce et qui est activé lors de véri­tables épidé­mies. Une part impor­tante de la concep­tion et de la mise en œuvre de cette archi­tec­ture a été finan­cée par une seule fonda­tion privée.

Vous pouvez avoir deux réac­tions face à cela. La première réac­tion, celle adop­tée par une grande partie de la presse tradi­tion­nelle, est que le finan­ce­ment philan­thro­pique privé de la santé mondiale est une pratique de longue date, que la Fondation Gates a fait un véri­table bien en matière de vacci­na­tion et d’éradication des mala­dies, et que le fait de le poin­ter du doigt est le premier pas vers une théo­rie du complot. La deuxième réac­tion est qu’une archi­tec­ture mondiale de réponse aux urgences, dotée d’un fonde­ment juri­dique au niveau des trai­tés, qui fonc­tionne selon des doctrines en partie finan­cées et façon­nées par une seule fonda­tion privée, soulève des ques­tions légi­times sur la respon­sa­bi­lité démo­cra­tique qui n’ont rien à voir avec des théo­ries du complot.

Ces deux réac­tions peuvent être vraies en même temps. Les contri­bu­tions de la Fondation Gates à la santé mondiale sont réelles. Tout comme l’est le fait qu’aucun élec­to­rat, nulle part, n’a voté pour que Bill Gates soit l’un des co-architectes de la réponse insti­tu­tion­nelle à la prochaine pandé­mie. Dans un système consti­tu­tion­nel qui prend la respon­sa­bi­lité au sérieux, « cet acteur privé a de bonnes inten­tions et des ressources utiles » n’est pas une réponse suffi­sante à « qui est cette personne et de quelle auto­rité dispose-t-elle pour co-concevoir cela ? »

Ce que Polaris II a réellement testé

En exami­nant de près les détails opéra­tion­nels, les impli­ca­tions appa­raissent clairement.

Au Brunei, l’équipe de gestion des inci­dents au sein du CDC natio­nal a testé des procé­dures de surveillance et d’intervention rapide liées aux aéro­ports, puis a examiné le suivi des voya­geurs trans­fron­ta­liers avec les pays voisins. 23 En Malaisie, le Centre de prépa­ra­tion et de réponse aux crises a testé l’activation du système natio­nal de gestion des inci­dents et a coor­donné ses efforts avec les parte­naires de l’ASEAN.24 Tout au long de l’exercice, les orga­ni­sa­tions parte­naires ont contri­bué à une « enquête de carto­gra­phie des parte­naires mondiaux utili­sée en temps réel pendant l’exercice pour simu­ler l’adéquation entre les besoins ponc­tuels des pays et les capa­ci­tés dispo­nibles des parte­naires ».25

Ce qui est mis en pratique ici ne se limite pas à une réponse médi­cale. Il s’agit d’une surveillance inté­grée et trans­fron­ta­lière des mouve­ments de popu­la­tion ; d’une mise en corres­pon­dance en temps réel des besoins natio­naux avec les capa­ci­tés des parte­naires inter­na­tio­naux ; d’une acti­va­tion stan­dar­di­sée de la gestion des inci­dents à travers des systèmes poli­tiques radi­ca­le­ment diffé­rents ; et de l’utilisation d’outils d’IA pour affec­ter le person­nel d’urgence. Ce sont là des capa­ci­tés de gouver­nance. Elles ont des appli­ca­tions bien au-delà des épidé­mies bactériennes.

L’exercice s’est arti­culé autour d’une bacté­rie fictive. Les dispo­si­tifs mis en pratique sont indé­pen­dants du scénario.

La défense honnête, et pourquoi elle est insuffisante

La défense honnête de tout cela se résume en gros comme suit : la COVID-19 a tué des millions de personnes et mis en évidence des défaillances catas­tro­phiques dans la coor­di­na­tion inter­na­tio­nale. La surveillance était frag­men­tée, les vaccins ont été mono­po­li­sés, l’information circu­lait de manière inégale, les pays pauvres ont été les plus touchés, et personne n’était aux commandes. L’architecture actuelle est une tenta­tive de corri­ger préci­sé­ment ces défaillances. Les exer­cices pratiques sont la norme. Les trai­tés sont le fonde­ment de la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale. Les indi­ca­teurs 7–1‑7 consti­tuent des critères de perfor­mance raison­nables. Tout cela aurait dû être fait depuis longtemps.

Cet argu­ment est tout à fait valable, et tout critique conser­va­teur ou liber­taire sérieux devrait le recon­naître. La réponse à la COVID a été un désastre. La coor­di­na­tion inter­na­tio­nale a été mauvaise. L’instinct de vouloir y remé­dier n’est pas malveillant.

Mais l’ob­jec­tion des conser­va­teurs et des liber­taires n’est pas qu’il ne faille rien faire. Elle est double.

Premièrement, les leçons tirées de la COVID-19 sont contes­tées, et l’ar­chi­tec­ture en cours de construc­tion ne reflète qu’un seul ensemble de conclu­sions. De nombreux analystes sérieux ont conclu que la réponse à la COVID a échoué en raison d’une auto­rité trop centra­li­sée agis­sant sur la base d’informations incom­plètes, et non d’une auto­rité insuf­fi­sante. Des confi­ne­ments d’une sévé­rité sans précé­dent, des ferme­tures d’écoles, des obli­ga­tions vacci­nales, la répres­sion de la dissi­dence sur les hypo­thèses de fuite en labo­ra­toire, la discré­di­ta­tion de l’immunité natu­relle, la poli­ti­sa­tion des débats sur les trai­te­ments précoces : ce sont là des échecs de l’autorité centra­li­sée, et non de la décen­tra­li­sa­tion. Une véri­table analyse a poste­riori tien­drait compte des deux aspects de l’échec. L’architecture de l’OMS est construite presque exclu­si­ve­ment autour de la leçon « plus de coor­di­na­tion » et prati­que­ment pas du tout autour de la leçon « moins d’excès ».

Deuxièmement, la rapi­dité et l’am­pleur de la mise en place dépassent tout proces­sus démo­cra­tique normal permet­tant de l’éva­luer. Trois ans entre le lance­ment du GHEC et un traité contrai­gnant, un cadre natio­nal harmo­nisé, un programme d’exer­cices insti­tu­tion­na­lisé et deux exer­cices mondiaux. Aucune légis­la­ture natio­nale n’a sérieu­se­ment débattu des impli­ca­tions. Aucune élec­tion n’a été influen­cée par cette ques­tion. L’Accord sur les pandé­mies a été adopté par consen­sus à l’Assemblée mondiale de la santé avec 11 absten­tions et aucune objec­tion, ce qui semble être un consen­sus écra­sant jusqu’à ce que l’on se souvienne que la plupart des popu­la­tions des États membres n’ont aucune idée de ce qui s’est passé.

À surveiller

L’annexe du PABS est en cours de négo­cia­tion jusqu’en 2026 et sera soumise à la 79e Assemblée mondiale de la santé.26 Une fois adopté, l’Accord sur les pandé­mies sera ouvert à la signa­ture et à la rati­fi­ca­tion. Il entrera en vigueur après 60 rati­fi­ca­tions.6

Les parle­ments natio­naux seront confron­tés à un moment crucial lorsque la rati­fi­ca­tion leur sera soumise. Dans la plupart des pays, cela ne susci­tera qu’une atten­tion média­tique mini­male, et la rati­fi­ca­tion sera trai­tée comme une forma­lité tech­nique. Dans d’autres (et les États-Unis sont le plus impor­tant d’entre eux), la rati­fi­ca­tion fera l’objet d’une contes­ta­tion poli­tique et pour­rait ne pas avoir lieu du tout. La posi­tion des États-Unis sous l’administration actuelle sur les ques­tions rela­tives à l’OMS en géné­ral, et sur l’Accord sur les pandé­mies en parti­cu­lier, sera l’une des variables les plus déter­mi­nantes pour savoir si cette archi­tec­ture devien­dra la norme univer­selle ou un régime dont certains grands pays se retireront.

Pour l’instant, la struc­ture est en place. Polaris II a prouvé qu’elle fonc­tionne. HorizonX garan­tit qu’elle conti­nuera d’être mise en pratique et affi­née. Le volet conven­tion­nel attend ses rati­fi­ca­tions finales.

En résumé, voici la situa­tion : entre 2023 et 2026, au vu et au su de tous, avec des commu­ni­qués de presse complets à chaque étape, l’OMS et ses parte­naires ont mis en place un système mondial de gouver­nance des pandé­mies à quatre niveaux, plus complet et plus inté­gré sur le plan opéra­tion­nel que tout ce qui a existé aupa­ra­vant. Que vous consi­dé­riez cela comme un progrès attendu depuis long­temps ou comme une ingé­rence discrète dépend de votre opinion sur l’autorité centra­li­sée, la gouver­nance tech­no­cra­tique et les leçons tirées de la dernière pandémie.

Mais l’ar­chi­tec­ture est bien réelle. Ce n’est pas un complot. C’est un projet. Et ce projet est en grande partie achevé.

* * *

Si vous souhai­tez véri­fier l’un des faits ci-dessus, sachez qu’ils proviennent tous de commu­ni­qués de presse offi­ciels de l’OMS, des documents-cadres publiés, de la réso­lu­tion de l’Assemblée mondiale de la santé et d’ana­lyses évaluées par des pairs. Rien n’est caché. C’est, d’une certaine manière, ce qui est le plus frappant.

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Bibliographie

1. Organisation mondiale de la Santé, Région du Pacifique occi­den­tal. « Les pays démontrent leurs capa­ci­tés de réponse et de coor­di­na­tion en cas d’urgence sani­taire mondiale lors d’une simu­la­tion multi­na­tio­nale menée par l’OMS. » Avril 2026. https://​www​.who​.int/​w​e​s​t​e​r​n​p​a​c​i​f​i​c​/​n​e​w​s​r​o​o​m​/​f​e​a​t​u​r​e​-​s​t​o​r​i​e​s​/​i​t​e​m​/​c​o​u​n​t​r​i​e​s​-​s​h​o​w​c​a​s​e​-​g​l​o​b​a​l​-​h​e​a​l​t​h​-​e​m​e​r​g​e​n​c​y​-​r​e​s​p​o​n​s​e​-​a​n​d​-​c​o​o​r​d​i​n​a​t​i​o​n​-​c​a​p​a​c​i​t​i​e​s​-​t​h​r​o​u​g​h​-​a​-​w​h​o​-​l​e​d​-​m​u​l​t​i​-​c​o​u​n​t​r​y​-​s​i​m​u​l​a​t​ion

2. Organisation mondiale de la Santé. « S’entraîner aujourd’­hui pour les urgences de demain – L’OMS réunit des pays et des parte­naires pour simu­ler une réponse à une épidé­mie majeure. » 27 avril 2026. https://www.who.int/news/item/27–04-2026-practicing-today-for-tomorrow-s-emergencies-who-convenes-countries-and-partners-to-simulate-response-to-major-disease-outbreak

3. Actualités de l’ONU. « Les nations adoptent un enga­ge­ment histo­rique pour se prému­nir contre de futures pandé­mies. » 21 mai 2025. https://​news​.un​.org/​e​n​/​s​t​o​r​y​/​2​0​2​5​/​0​5​/​1​1​6​3​451

4. Global Biodefense. « Ce que l’ac­cord de l’OMS sur les pandé­mies et les réformes du RSI signi­fient pour l’ave­nir de la prépa­ra­tion aux pandé­mies. » 23 juillet 2025. https://​global​bio​de​fense​.com/​2​0​2​5​/​0​7​/​2​3​/​w​h​a​t​-​t​h​e​-​w​h​o​-​p​a​n​d​e​m​i​c​-​a​g​r​e​e​m​e​n​t​-​a​n​d​-​i​h​r​-​r​e​f​o​r​m​s​-​m​e​a​n​-​f​o​r​-​t​h​e​-​f​u​t​u​r​e​-​o​f​-​p​a​n​d​e​m​i​c​-​p​r​e​p​a​r​e​d​n​e​ss/

5. Actualités de l’ONU, « Les nations adoptent un enga­ge­ment histo­rique pour se prému­nir contre de futures pandé­mies », 21 mai 2025.

6. Organisation mondiale de la Santé. « Accord de l’OMS sur les pandé­mies ». https://​www​.who​.int/​h​e​a​l​t​h​-​t​o​p​i​c​s​/​w​h​o​-​p​a​n​d​e​m​i​c​-​a​g​r​e​e​m​ent

7. Organisation mondiale de la Santé. « Plus forts ensemble — les étapes marquantes de 2025 ». 23 décembre 2025. https://​www​.who​.int/​n​e​w​s​-​r​o​o​m​/​s​p​o​t​l​i​g​h​t​/​s​t​r​o​n​g​e​r​-​t​o​g​e​t​h​e​r​-​m​i​l​e​s​t​o​n​e​s​-​t​h​a​t​-​m​a​t​t​e​r​e​d​-​i​n​-​2​025

8. Organisation mondiale de la Santé. « Cadre du Corps mondial d’intervention en cas d’urgence sani­taire ». Publication B/78043. https://​www​.who​.int/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​b​/​7​8​043

9. Association inter­na­tio­nale des insti­tuts natio­naux de santé publique. « Cadre du Corps mondial d’intervention d’urgence sani­taire de l’OMS » (PDF). https://​ianphi​.org/​_​i​n​c​l​u​d​e​s​/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​/​s​e​c​t​i​o​n​s​/​t​o​o​l​s​-​r​e​s​o​u​r​c​e​s​/​g​h​e​c​-​h​i​g​h​l​i​g​h​t​s​/​w​h​o​-​g​h​e​c​-​f​r​a​m​e​w​o​r​k​.​pdf

10. Organisation mondiale de la Santé. « L’OMS et ses parte­naires activent pour la première fois le Corps mondial d’intervention d’urgence sani­taire en réponse à l’épidémie de variole du singe. » 29 octobre 2024. https://www.who.int/news/item/29–10-2024-who-and-partners-activate-global-health-emergency-corps-for-the-first-time-in-response-to-mpox-outbreak

11. Organisation mondiale de la Santé. « Cadre natio­nal d’alerte et d’intervention en cas d’urgence sani­taire ». Publication 9789240113893. 23 octobre 2025. https://​www​.who​.int/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​i​/​i​t​e​m​/​9​7​8​9​2​4​0​1​1​3​893

12. Organisation mondiale de la Santé. « L’OMS publie de nouvelles orien­ta­tions à l’intention des pays pour la coor­di­na­tion des urgences sani­taires ». 23 octobre 2025. https://www.who.int/news/item/23–10-2025-who-launches-new-country-guidance-for-health-emergency-coordination

13. OMS, « L’OMS lance de nouvelles orien­ta­tions natio­nales pour la coor­di­na­tion des urgences sani­taires », 23 octobre 2025.

14. Organisation mondiale de la Santé. « L’OMS lance le nouveau programme Horizon X pour la prépa­ra­tion aux urgences dans le cadre de l’approche « One Health ». » 13 octobre 2024. https://www.who.int/news/item/13–10-2024-who-launches-new-horizon-x-programme-for-one-health-emergency-preparedness

15. OMS, « Plus forts ensemble — les étapes marquantes de 2025 », 23 décembre 2025.

16. OMS, « S’entraîner aujourd’­hui pour les urgences de demain », 27 avril 2026.

17. Organisation mondiale de la Santé. « L’OMS rassemble les pays pour tester la réponse collec­tive à une pandé­mie », 4 avril 2025. https://www.who.int/news/item/04–04-2025-who-brings-countries-together-to-test-collective-pandemic-response

18. OMS Pacifique occi­den­tal, « Les pays présentent leurs capa­ci­tés de réponse et de coor­di­na­tion en cas d’urgence sani­taire mondiale », avril 2026.

19. OMS, « S’entraîner aujourd’­hui pour les urgences de demain », 27 avril 2026.

20. « Souveraineté, équité, soli­da­rité : progrès concer­nant le Corps mondial d’ur­gence sani­taire ». Bibliothèque natio­nale de méde­cine, PMC12374631. https://​www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​m​c​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​P​M​C​1​2​3​7​4​6​31/

21. Bibliothèque de la Chambre des communes du Royaume-Uni. « Qu’est-ce que le projet de traité de l’OMS sur la prépa­ra­tion aux pandé­mies ? » Note d’information CBP-9550. https://​commons​li​brary​.parlia​ment​.uk/​r​e​s​e​a​r​c​h​-​b​r​i​e​f​i​n​g​s​/​c​b​p​-​9​5​50/

22. OMS Pacifique occi­den­tal, « Les pays présentent leurs capa­ci­tés de réponse et de coor­di­na­tion en cas d’urgence sani­taire mondiale », avril 2026.

23. OMS, Région du Pacifique occi­den­tal, « Les pays présentent leurs capa­ci­tés de réponse et de coor­di­na­tion en cas d’urgence sani­taire mondiale », avril 2026.

24. OMS, Région du Pacifique occi­den­tal, « Les pays présentent leurs capa­ci­tés de réponse et de coor­di­na­tion en cas d’urgence sani­taire mondiale », avril 2026.

25. OMS, Région du Pacifique occi­den­tal, « Les pays présentent leurs capa­ci­tés de réponse et de coor­di­na­tion en cas d’urgence sani­taire mondiale », avril 2026.

Article créé le 7/05/2026 - modifié le 7/05/2026 à 09h51 • 67 visites

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