Maladies infectieuses

Le feuilleton du hantavirus

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Le feuille­ton du hanta­vi­rus conti­nue : la peur l’emporte sur les faits, et pour­quoi nous dispo­sons déjà de solu­tions. Un regard objec­tif sur les erreurs de la presse (et ce qu’elle a plus ou moins bien compris).

Par Robert W. Malone, MD, MS · Directeur médi­cal, Curativa Bay

Le récit a évolué. Nous savons désor­mais — grâce à l’OMS et à diverses auto­ri­tés sani­taires qui s’efforcent de conte­nir l’image autant que le virus — que les passa­gers à bord du MV Hondius ont contracté la souche Andes du hanta­vi­rus. C’est ce détail que la presse a saisi, ampli­fié et trans­formé en une nouvelle série de « fictions alar­mistes » (fear porn). Mais avant de succom­ber à l’angoisse théâ­trale qui semble être le mode domi­nant de commu­ni­ca­tion en matière de santé publique ces jours-ci, exami­nons ce que cela signi­fie réellement.

Le 6 mai 2026
Source (en anglais) : Curativa Bay

L’origine de l’histoire : oui, cela venait d’Amérique du Sud

Le navire a quitté l’Argentine fin mars. L’Argentine, où la souche Andes circule depuis au moins 1995, où des épidé­mies se sont produites régu­liè­re­ment, et où, rien qu’entre juillet 2025 et janvier 2026, au moins 20 décès ont été signa­lés. Ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas un phéno­mène émergent. Il s’agit d’un agent patho­gène connu dans une région endé­mique connue, et appa­rem­ment, une personne (ou plusieurs) qui en était porteuse est montée à bord d’un bateau de croisière.

La ques­tion que la presse aurait dû poser — et qu’elle n’a pour l’essentiel pas posée — est simple : comment le virus est-il passé de l’Argentine au navire ? La réponse est presque certai­ne­ment une conta­mi­na­tion par des rongeurs lors de l’approvisionnement ou de l’embarquement. Il s’agit d’un problème logis­tique, pas d’un signe avant-coureur de pandé­mie. C’est tout à fait prévi­sible et, fran­che­ment, tout à fait évitable avec des proto­coles d’hygiène adéquats.

Mais le récit ne fonc­tionne pas ainsi. La lutte contre les rongeurs dans les ports semble banale. Ennuyeuse. Peu moti­vante pour un média d’information qui tourne 24 heures sur 24.

Transmission interhumaine : rare, documentée et déformée

Voici ce que la science montre réel­le­ment au sujet de la souche Andes et de la trans­mis­sion inter­hu­maine : elle est possible, mais extrê­me­ment rare, et elle néces­site un contact intime et prolongé — le genre de contact qui se produit entre conjoints, entre le person­nel soignant et des patients grave­ment malades, ou entre des membres d’une même famille vivant dans un espace confiné pendant une épidé­mie active.

La presse, inévi­ta­ble­ment, a présenté cela comme une menace immi­nente. Le sous-entendu est le suivant : un virus capable de se trans­mettre d’une personne à l’autre circule libre­ment sur un navire. La civi­li­sa­tion est en jeu. Peu importe que les cas docu­men­tés de trans­mis­sion inter­hu­maine soient extrê­me­ment rares, ou que, lorsqu’ils se sont produits, ils aient eu lieu dans des contextes d’intimité profonde ou d’exposition directe au sang et aux fluides corpo­rels de patients grave­ment malades.

Soyons précis : le virus des Andes se propage prin­ci­pa­le­ment par le biais de parti­cules en suspen­sion dans l’air prove­nant des excré­ments de rongeurs infec­tés. Lorsque des humains le contractent, c’est géné­ra­le­ment en inha­lant direc­te­ment ces parti­cules. Oui, des cas de trans­mis­sion inter­hu­maine ont été docu­men­tés — prin­ci­pa­le­ment en Argentine et au Chili, et prin­ci­pa­le­ment dans des condi­tions de contact étroit et prolongé. Mais comme l’a fait remar­quer un expert avec une rete­nue admi­rable : « Ce n’est pas un virus qui se propage comme la grippe ou comme la COVID. C’est tout à fait différent. »

La voie de trans­mis­sion, lorsqu’elle se produit entre humains, semble impli­quer une expo­si­tion impor­tante aux fluides corpo­rels — et non le contact fortuit qui carac­té­rise les virus respi­ra­toires. C’est impor­tant. Très important.

Ce que cela signifie : protection respiratoire, contrôle des aérosols et pourquoi nous ne devrions pas paniquer

Si — et c’est un « si » condi­tion­nel — la trans­mis­sion inter­hu­maine via la souche Andes se fait par des gout­te­lettes respi­ra­toires ou des aéro­sols (comme le suggèrent les données dispo­nibles concer­nant la voie de trans­mis­sion la plus probable), alors nous dispo­sons d’outils de préven­tion bien établis qui n’ont rien à voir avec les vaccins ou les antiviraux.

C’est là que la discus­sion devient inté­res­sante, et que les auto­ri­tés de santé publique semblent remar­qua­ble­ment peu curieuses.

Le discours des médias est qu’il n’y a ni remède, ni vaccin. C’est vrai dans le sens où il n’existe aucun anti­vi­ral approuvé par la FDA spéci­fi­que­ment pour le hanta­vi­rus, ni aucun vaccin préven­tif large­ment utilisé. Mais ce cadre de réfé­rence — « nous ne pouvons rien faire » — est fonda­men­ta­le­ment trompeur.

Nous dispo­sons de stra­té­gies d’atténuation des aéro­sols. Nous dispo­sons de contrôles envi­ron­ne­men­taux au niveau des pièces. Nous dispo­sons d’interventions topiques et respi­ra­toires capables de trai­ter les parti­cules virales présentes dans l’environnement et sur les muqueuses. Ces approches ne relèvent pas de la spécu­la­tion. Elles ne sont pas non prou­vées. Elles comptent en fait parmi les approches les plus directes et les plus en amont qui existent en matière de préven­tion des mala­dies infectieuses.

La conversation qui manque : l’acide hypochloreux et la prévention à la source

Ce qui m’amène à l’acide hypo­chlo­reux (HOCl) — une molé­cule qui mérite bien plus d’attention dans les discus­sions sur le contrôle des virus respi­ra­toires et envi­ron­ne­men­taux qu’elle n’en reçoit actuellement.

Le HOCl n’est pas un produit phar­ma­ceu­tique. Ce n’est pas un vaccin. C’est un agent anti­mi­cro­bien natu­rel, un acide faible que le système immu­ni­taire humain produit dans les neutro­philes et d’autres cellules immu­ni­taires spéci­fi­que­ment pour tuer les agents patho­gènes. Lorsqu’il est utilisé dans des formu­la­tions contrô­lées — que ce soit sous forme de spray nasal, de désin­fec­tant de surface ou d’aérosol pour pièces —, il offre un méca­nisme simple pour réduire la charge virale au point d’exposition ou de transmission.

Considérez cela comme une préven­tion en amont. Ne pas attendre que quelqu’un présente des symp­tômes. Ne pas attendre qu’un virus atteigne les poumons ou provoque une mala­die systé­mique. Au contraire, inter­ve­nir au site de l’infection initiale — la muqueuse nasale, les voies respi­ra­toires, l’environnement contaminé.

Une formu­la­tion de HOCl en spray nasal offre une acti­vité anti­vi­rale directe au niveau de la prin­ci­pale porte d’entrée des agents patho­gènes respi­ra­toires. La nébu­li­sa­tion dans une pièce — la disper­sion d’une fine brume de HOCl dans un espace clos — permet de contrô­ler les virus dans l’environnement sans le profil de toxi­cité des désin­fec­tants chimiques tradi­tion­nels. Ces deux approches sont valables sur le plan méca­nis­tique, fondées sur l’immunologie et immé­dia­te­ment appli­cables à une situa­tion comme celle à bord du Hondius.

Dans un contexte de soins de santé — ou de quaran­taine sur un bateau de croi­sière —, ces inter­ven­tions offrent des options qui ne font actuel­le­ment pas partie du débat domi­nant, bien qu’elles soient plus faci­le­ment acces­sibles et déployables que d’attendre la mise au point de médi­ca­ments anti­vi­raux ou de vaccins.

La véritable histoire : ni nouvelle, ni sans précédent, gérable avec des outils connus

Voici ce qui s’est réel­le­ment passé : un virus endé­mique en Amérique du Sud depuis des décen­nies, qui a tué des personnes en Argentine avec une régu­la­rité prévi­sible (quoique tragique), s’est intro­duit à bord d’un navire. Un petit nombre de personnes sont tombées malades. Certaines ont dû être hospi­ta­li­sées. D’autres sont décé­dées. Cela donne à réflé­chir. Ce n’est pas non plus sans précédent.

La souche des Andes a démon­tré sa capa­cité de trans­mis­sion inter­hu­maine lors d’épidémies précé­dentes, notam­ment en Argentine et au Chili. La litté­ra­ture scien­ti­fique à ce sujet est claire. Mais il est égale­ment clair que cette trans­mis­sion est rare, limi­tée et se produit dans des contextes épidé­mio­lo­giques spéci­fiques. L’épidémie actuelle à bord du Hondius ne repré­sente pas un chan­ge­ment fonda­men­tal dans le compor­te­ment du virus, ni l’émergence d’un nouvel agent patho­gène ou d’un isolat viral nouvel­le­ment adapté doté d’une trans­mis­si­bi­lité accrue.

Ce qu’elle repré­sente, c’est ce qu’elle a toujours repré­senté : un agent patho­gène zoono­tique, présent dans les popu­la­tions de rongeurs d’Amérique du Sud, capable de se propa­ger occa­sion­nel­le­ment aux popu­la­tions humaines et, dans de rares circons­tances, capable d’une propa­ga­tion inter­hu­maine limi­tée. Les méca­nismes à l’origine de ce phéno­mène sont bien compris. L’épidémiologie est bien documentée.

Le problème n’est pas que nous manquons de compré­hen­sion. Le problème est que la compré­hen­sion ne fait pas vendre de publicité.

Ce qu’il convient de faire

Concrètement, la réponse devrait être simple :

Contrôle envi­ron­ne­men­tal. Désinfection rigou­reuse du navire, en veillant à l’ex­clu­sion et au contrôle des rongeurs. Il s’agit là d’une mesure de santé publique élémen­taire, et elle est efficace.

Isolement des cas symp­to­ma­tiques. Précautions stan­dard pour tout agent patho­gène respi­ra­toire, avec un équi­pe­ment de protec­tion appro­prié pour les profes­sion­nels de santé et le person­nel soignant.

Protection des muqueuses. Pour les contacts étroits et le person­nel de santé, les formu­la­tions en spray nasal à base d’HOCl offrent un méca­nisme ration­nel et fondé sur des preuves pour réduire la charge virale au site primaire d’infection. Ce n’est pas spécu­la­tif — cela repose sur l’immunobiologie de l’immunité innée.

Contrôle des aéro­sols dans l’environnement. La nébu­li­sa­tion des pièces avec de l’HOCl offre un méca­nisme de contrôle des parti­cules virales dans les espaces communs, rédui­sant le risque de trans­mis­sion aérienne sans recou­rir à des vaccins, des anti­vi­raux ou des confi­ne­ments prolongés.

Aucune de ces inter­ven­tions ne néces­site d’autorisation régle­men­taire qu’elle n’ait déjà reçue. Aucune ne néces­site des années de déve­lop­pe­ment. Toutes opèrent au niveau de la préven­tion et de l’intervention précoce, et non de la gestion de crise.

Le point de vue plus large

Le discours média­tique autour de la souche Andes est conçu pour susci­ter l’anxiété face à une nouvelle menace. Mais cette menace n’est pas nouvelle. Il s’agit d’une itéra­tion d’une réalité zoono­tique de longue date — une réalité qui a été gérée, plus ou moins bien, depuis des décen­nies. La diffé­rence aujourd’hui est que nous dispo­sons d’outils supplé­men­taires : des aéro­sols anti­mi­cro­biens ciblés, des anti­vi­raux topiques vali­dés par des données probantes, et une bien meilleure compré­hen­sion de la dyna­mique de la trans­mis­sion respi­ra­toire qu’il y a ne serait-ce que cinq ans.

Le discours des sources offi­cielles — il n’y a ni remède, ni vaccin, donc rien ne peut être fait — est non seule­ment incom­plet sur le plan factuel, mais aussi stra­té­gi­que­ment indé­fen­dable. Il ignore la possi­bi­lité d’une préven­tion à la source, d’une inter­ven­tion en amont avant que la mala­die systé­mique ne s’installe, et de contrôles envi­ron­ne­men­taux suscep­tibles de réduire consi­dé­ra­ble­ment le risque de transmission.

Si l’objectif est d’informer le public et de proté­ger la santé, ce débat doit s’élargir. Si l’objectif est de main­te­nir un discours d’impuissance et de peur, alors l’approche actuelle est tout à fait logique.

Je laisse aux lecteurs le soin de déci­der ce qui se passe réellement.

Merci de votre lecture.

— Robert W. Malone, MDMS

Le Dr Robert W. Malone est direc­teur médi­cal de Curativa Bay (CuraClean Technologies). Il est méde­cin, scien­ti­fique et inven­teur de la tech­no­lo­gie à la base des vaccins à ARNm. Il a siégé au sein de plusieurs comi­tés consul­ta­tifs sur la biotech­no­lo­gie et la biodé­fense et écrit régu­liè­re­ment sur la prépa­ra­tion aux pandé­mies, les contre-mesures médi­cales et les poli­tiques de santé publique.

Article créé le 7/05/2026 - modifié le 7/05/2026 à 07h50 • 133 visites

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