Cancer – dépistage

 -  -  16


Le dépis­tage de masse des cancers est un domaine qui suscite beau­coup d’in­ter­ro­ga­tions, en raison de l’in­cer­ti­tude des résul­tats et des effets drama­tiques de l’an­nonce d’un diag­nostic.

Je laisse au lecteur le soin de consulter les nombreux articles consa­crés à ce sujet. Par exemple, cette page (lien:cgaa) du site Juste après dres­seuse d’ours et celle-ci (lien:4r1m) du site Atoute​.org. En France, le collectif Cancer Rose (lien:9h5b) a été créé pour faire connaître au public les données scien­ti­fiques les plus récentes sur le dépis­tage du cancer du sein, cible de nombreuses critiques.

(Suite de la page Cancer - nouvelles pistes)

Voici quelques infor­ma­tions (à compléter) sur des tech­niques de dépis­tage non-invasives, peu connues mais promet­teuses.

Il s’agit de dépis­tage et non de diag­nostic. Toute obser­va­tion devrait être suivie d’un diag­nostic de certi­tude : biopsie (lien:xa4h) etc.

Dépistage ISET

Source : www​.iset​by​ra​re​cells​.com

La méthode ISET® (Isolation by Size of Epithelial Tumor Cells) inventée par une équipe de l’INSERM dirigée par Prof. Patrizia Paterlini-Bréchot (lien:j2qz) permet l’isolement et la carac­té­ri­sa­tion de cellules tumo­rales circu­lant dans le sang à un stade précoce de la maladie. Voir son ouvrage Tuer le cancer (2017 lien:c6hs) et un article (lien:7obj).

Notre espoir était de détecter l’in­va­sion tumo­rale au tout début. Grâce à des études sur l’animal, on savait que ces cellules circulent dans le sang des années avant que les méta­stases appa­raissent. Or les patients meurent à cause des méta­stases, pas de la tumeur primi­tive. Comme pour le virus du sida, ces cellules mutent, et à force de muter, elles sont de plus en plus résis­tantes parce qu’on leur en laisse le temps.

Ce test — dont les brevets appar­tiennent aux insti­tuts publics de recherche — est commer­cia­lisé par RareCells (lien:xu66) et dispo­nible à Paris (labo­ra­toire Probio lien:htcg).

➡ La tech­no­logie ISET est par ailleurs utilisée pour isoler des cellules fœtales circu­lantes dans le sang maternel en vue du diag­nostic prénatal non-invasif de mala­dies et anoma­lies géné­tiques. J’ai person­nel­le­ment soutenu ces travaux face à l’in­curie d’ins­ti­tu­tions sous la pres­sion de lobbies anti-IVG/IMG (voir dossier lien:xhva).

Thermographie

Le dépis­tage précoce des cancers par ther­mo­gra­phie (lien:14f3) a long­temps été proposé comme méthode alter­na­tive — non-invasive — à la mammo­gra­phie (lien:rkum). Il consiste à utiliser une caméra infra­rouge pour comparer les tempé­ra­tures (en surface) du corps, par exemple entre les seins droit et gauche, sachant que l’in­flam­ma­tion peut être signalée par une éléva­tion de tempé­ra­ture.

Bien que validée en 1982 aux USA par la Food and Drugs Administration pour le dépis­tage du cancer du sein (en complé­ment d’autres méthodes), cette tech­nique a été aban­donnée au profit de l’écho­gra­phie en raison des nombreux résul­tats faus­se­ment posi­tifs et faus­se­ment néga­tifs qu’elle produit. En 2000, l’American College of Radiology statuait qu’elle n’est d’aucune utilité, même en complé­ment à la mammo­gra­phie (lien:c7se).

échographie ductoradiale

Source : lien:tjla

L’écho­gra­phie ducto­ra­diale du sein a été inventée par Dr. Michel Teboul (voir la page lien:tjla et la vidéo lien:e0of). J’ai assisté à un sémi­naire d’un des rares écho­gra­phistes qui la pratiquent, le Dr. Dominique Amy (2018 lien:nfzm ; Francescatti, D & Goer, D, eds., 2014 lien:p9i1, p. 97–112). Il exerce au Centre d’ima­gerie médi­cale du Jas de Bouffan (av. Jean Monnet) à Aix-en-Provence. Cette méthode dix fois plus précise que la mammo­gra­phie (lien:rkum) permet de détecter des tumeurs milli­mé­triques le long des canaux lacti­fères et d’ob­server leur évolu­tion. Les tumeurs du sein sont épithé­liales (lien:2p75) et donc invi­sibles par mammo­gra­phie au dessous du centi­mètre (6 à 8 ans d’âge).

Dr. Philippe Lagarde écrit (lien:wgnl) :

La mammo­gra­phie ne sert plus qu’a détecter les micro­cal­ci­fi­ca­tions quand elles existent, ce qui n’est pas toujours le cas. L’échographie ducto­ra­diale permet de dresser une carto­gra­phie anato­mique et lésion­nelle des deux seins extrê­me­ment utile au chirur­gien avant une inter­ven­tion (pour bien situer la lésion), dessiner le lobe opéré sur la peau et décider de la posi­tion de la cica­trice, véri­fier s’il n’existe aucune autre lésion multi­fo­cale (sur le même lobe) ou multi­cen­trique (sur d’autres lobes) (non visibles à la mammo­gra­phie dans la plus part des cas).

La détec­tion de tumeurs de très petite taille permet à la patiente de renou­veler le test après quelques mois et, en cas d’évo­lu­tion jugée inquié­tante, d’exercer un choix éclairé pour le passage à un diag­nostic invasif ou une inter­ven­tion. L’ablation chirur­gi­cale de ces tumeurs en début de forma­tion, très peu muti­la­toire, peut aussi être prati­quée si la patiente le souhaite.

Il est choquant que cette tech­nique d’ima­gerie n’ait pas été choisie pour le dépis­tage orga­nisé du cancer du sein, en rempla­ce­ment des mammo­gra­phies impré­cises et poten­tiel­le­ment toxiques. Les palpa­tions des méde­cins géné­ra­listes induisent un stress déme­suré chez les femmes qui doivent ensuite fran­chir plusieurs étapes avant de béné­fi­cier d’un examen en imagerie de haute qualité.

(Suite sur la page Cancer - approche métabolique)

➡ Les réfé­rences biblio­gra­phiques complètes sont sur la page Cancer - conclusion et références.

➡ Le contenu de cet article ne se substitue pas aux recom­man­da­tions des profes­sion­nels de santé consultés par les lecteurs.


16 recommandation(s)
0 commentaires
222 visites
bookmark icon

Écrire un commentaire...

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.