Entretien entre Dr. John R. Christy et Dr. Jed Macosko
1er décembre 2020
Résumé réalisé par NotebookLM
Synthèse sur les données et la politique climatiques
Cette note d'information synthétise les arguments clés du professeur John Christy concernant le débat sur le changement climatique, basés sur son travail approfondi avec les
données satellitaires. Le point central de sa position est qu'il existe une divergence significative entre les observations empiriques et les prédictions des modèles climatiques.
Les données satellitaires de son équipe (UAH), validées par des mesures indépendantes comme celles des ballons-sondes, indiquent un taux de réchauffement planétaire
d'environ 1,5 °C par siècle. Christy soutient que ce rythme est beaucoup plus graduel que les prévisions alarmistes et qu'il s'est déjà
produit dans le passé géologique. Il affirme que 100 % des modèles climatiques surestiment systématiquement le réchauffement par rapport aux données
réelles.
Christy conteste également l'idée que les événements météorologiques extrêmes (ouragans, tornades, inondations, sécheresses) aient connu une
augmentation statistiquement significative. Selon lui, les données observées ne confirment pas les hypothèses d'une aggravation de ces phénomènes.
Sur le plan politique, il critique vivement les politiques énergétiques basées sur ce qu'il considère comme des modèles climatiques exagérés. Il soutient
que ces politiques ont un impact "extrêmement négatif" sur les pays en développement en leur refusant l'accès à l'énergie abordable (basée sur le carbone),
ce qui, selon lui, condamne des centaines de millions de personnes à une vie "brutale et courte". Il préconise de se concentrer sur des problèmes de pollution tangibles et mortels (pollution
de l'eau et de l'air par les aérosols) plutôt que sur le CO₂, qu'il ne considère pas comme un polluant atmosphérique. Enfin, il rejette les énergies solaire et éolienne
comme des solutions viables à grande échelle mais considère le nucléaire comme une option potentielle, bien que freinée par des obstacles réglementaires.
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1. La Controverse des Données : Satellites contre Modèles
Le cœur de l'argumentation de John Christy repose sur la construction et l'analyse de jeux de données climatiques, en particulier ceux dérivés des satellites, qu'il
oppose aux résultats des modèles climatiques théoriques.
A. Méthodologie et Portée des Données Satellitaires
- Principe de Mesure : L'équipe de Christy utilise les émissions de micro-ondes de l'oxygène dans l'atmosphère, captées
par des satellites, pour déterminer la température d'une couche atmosphérique profonde, s'étendant de la surface jusqu'à environ 35 000 pieds (environ 10,7 km).
- Importance de la Couche Atmosphérique : Cette couche est considérée comme cruciale car c'est là que se déroulent
tous les phénomènes atmosphériques pertinents.
- Historique : Les données satellitaires analysées par son équipe couvrent une période de 41 ans.
B. Fiabilité et Validation des Données
- Réfutation des Critiques : Christy qualifie de "légendes urbaines" les affirmations, notamment celles attribuées à Michael Mann,
selon lesquelles ses données auraient été "démystifiées" (debunked).
- Validation par les Pairs : Il souligne que son travail a été publié et continuellement amélioré au fil du temps, avec
la dernière analyse complète publiée dans l'International Journal of Remote Sensing. Cette publication a conclu que les données satellitaires
UAH étaient celles qui concordaient le mieux avec les mesures indépendantes.
- Corroboration Indépendante : La principale méthode de validation consiste à comparer les données satellitaires avec des mesures
entièrement indépendantes, notamment celles provenant des lâchers de ballons-sondes. La forte corrélation entre ces deux ensembles de données sert de "bon contrôle" de la précision
des satellites.
- Faiblesses Reconnues : Interrogé sur les faiblesses potentielles de sa méthode, Christy admet que l'instabilité des capteurs des
engins spatiaux est un défi. Cependant, ce problème est géré en comparant en permanence les données de plusieurs satellites en orbite pour détecter et corriger les dérives.
La comparaison avec les données des ballons-sondes permet de confirmer que ces corrections sont efficaces.
C. Divergence Fondamentale avec les Modèles Climatiques
- Taux de Réchauffement Observé : Selon les données satellitaires, "la Terre se réchauffe à un rythme d'environ 1,5 °C
par siècle". Christy qualifie ce taux de "beaucoup plus graduel que les prédictions désastreuses qui tendent à dominer les médias".
- La Faille des Modèles : L'utilisation principale de ces jeux de données est de tester les théories climatiques, qui sont principalement
exprimées à travers les modèles climatiques. Le résultat de cette comparaison est sans appel selon Christy :
- Position Épistémologique : Christy insiste sur le fait qu'il ne propose pas son propre "modèle". Il utilise des "données
réelles" pour invalider les prédictions générées par les modèles théoriques.
2. Analyse des Phénomènes Météorologiques Extrêmes
Christy applique la même approche basée sur les données pour évaluer les affirmations concernant l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements
météorologiques extrêmes.
A. Examen des Tendances Globales
- Absence de Tendances Significatives : Christy affirme que son équipe a examiné les tendances de nombreux phénomènes
et que les affirmations selon lesquelles "les choses s'aggravent" sont "simplement fausses".
- Phénomènes Étudiés : La liste inclut les ouragans, les tornades, les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur.
- Conclusion : Aucune tendance significative n'a été observée dans un sens ou dans l'autre pour la plupart de ces phénomènes.
Il note que les tornades pourraient même être "significativement en baisse".
B. Le Cas Spécifique des Ouragans
- Données Actuelles : Christy soutient que "les données sont assez claires" sur le fait qu'il n'y a pas de changement statistiquement
significatif concernant les ouragans. Il pense même que des scientifiques comme Michael Mann ne contesteraient pas ce point factuel.
- Hypothèse d'une Aggravation Future : Il reconnaît l'argument populaire selon lequel le réchauffement des océans devrait
logiquement entraîner des ouragans plus puissants à l'avenir. Cependant, il oppose à cette hypothèse une observation empirique :
3. Implications Politiques, Énergétiques et Morales
Christy étend son analyse des données à une critique des politiques climatiques actuelles et propose une hiérarchisation différente des priorités environnementales.
A. Critique des Politiques Énergétiques
- Le "Côté Extrêmement Négatif" : Les politiques énergétiques basées sur des modèles climatiques qu'il
juge "exagérés" ont des conséquences graves. En s'appuyant sur son expérience en Afrique, il affirme : "sans énergie, la vie est brutale et courte".
- Impact sur les Pays en Développement : Il soutient que refuser aux nations pauvres l'accès à l'énergie issue du carbone
– "le moyen le plus rapide et le plus sûr" pour elles d'améliorer leur niveau de vie – revient à les condamner à la pauvreté.
- Argument Moral : Il remet en question le droit moral du monde développé d'imposer de telles restrictions : "Est-ce notre rôle
de dire 'vous ne pouvez pas faire ça' ? Je ne pense pas que moralement, nous ayons une position légitime pour le faire."
B. Priorités Alternatives et Solutions Énergétiques
- Redéfinir le Problème : Christy plaide pour une réorientation des efforts vers des problèmes qui tuent des millions de personnes aujourd'hui,
comme la pollution de l'eau et la pollution de l'air (causée par les aérosols, et non le CO₂).
- Statut du CO₂ : Il précise que "le dioxyde de carbone n'est pas un polluant atmosphérique", tout en reconnaissant son
rôle de gaz à effet de serre.
- Énergies Renouvelables : Il rejette l'éolien et le solaire comme des solutions viables à grande échelle, citant un rapport
de l'État de Washington sur les "terribles problèmes" de stabilité du réseau électrique qu'ils provoquent.
- L'Option Nucléaire : Il identifie l'énergie nucléaire comme une technologie capable de fournir l'énergie à
la demande nécessaire à une économie moderne sans émissions de carbone.
- Obstacles au Nucléaire : Il conclut que les principaux freins au développement du nucléaire, du moins aux États-Unis, ne sont
pas liés à la physique mais à des "problèmes de paperasserie" ("red tape problems").